• L’amour comme acte révolutionnaire - Bruno

    L’amour comme acte révolutionnaire.

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    L’amour, acte révolutionnaire pour l’individu et la société, voilà qui peut surprendre ! L’amour comme acte révolutionnaire, pour l’individu mais aussi contre le système capitaliste et patriarcal. L’amour est un art et à ce titre nécessite connaissance et effort, alors que la plupart des gens le considèrent comme un effet du hasard, une chance.

    On pense habituellement que le problème essentiel est d’être aimé et non d’aimer. On pense aussi qu’en amour l’important, c’est de trouver le bon objet et non d’avoir la faculté : deux personnes tombent amoureuses « lorsqu’elles ont le sentiment d’avoir découvert le meilleur objet disponible sur le marché, compte tenu des limitations de leur propre valeur d’échange ». Il existe également une confusion entre tomber amoureux et être amoureux. Tomber amoureux c’est laisser s’abattre le mur qui sépare les individus, c’est un miracle de soudaine intimité facilité par la consommation sexuelle. Mais ce type d’amour est éphémère, l’intimité perd son caractère miraculeux, antagonismes et déceptions reprennent le dessus. Alors que les témoignages accablants montrent la difficulté d’aimer, on a coutume de considérer qu’il n’y a rien de plus facile et que nul n’a apprendre sur le sujet. Or l’amour est un art qui nécessite de maîtriser la théorie et la pratique, il doit devenir la préoccupation ultime de l’individu.

    « L’homme est vie consciente d’elle-même », de sa solitude, de sa séparation, de son impuissance devant les forces de la nature et de la société". L’expérience de la séparation d’avec la nature est source d’angoisse et suscite un sentiment de honte et de culpabilité. Dès lors comment surmonter cette séparation et trouver l’unicité ? La première solution partielle se trouve dans les états orgiaques (abolition du moi séparé ). Les rituels dans les tribus primitives font apparaître une exaltation collective, une fusion au groupe au cours de laquelle le monde extérieur disparaît. Ces orgies sexuelles permettent d’atteindre un orgasme amenant à l’état d’extase.

    Ces rituels sont admis par le groupe et ne suscitent ni angoisse, ni culpabilité. Alors que dans une société qui a renoncé à ces pratiques, ceux qui s’y adonnent (en se réfugiant dans l’alcool ou les drogues ) se sentent encore plus angoissés quand l’expérience prend fin. Quant à ceux qui recherchent l’orgasme sexuel pour échapper à l’angoisse de séparation, l’acte sexuel ne comble la distance entre les individus que pour un instant, ils se retrouvent ensuite avec un sentiment croissant de séparation.« Toutes les formes d’union orgiaques ont trois caractéristiques : elles sont intenses, même violentes ; elles mettent en jeu la personnalité totale, esprit et corps ; elles sont transitoires et périodiques ». La seconde solution partielle se trouve dans le conformisme. L’union au groupe constitue un moyen de surmonter la séparation : « c’est une union où, dans une large mesure, le soi individuel disparaît, et dont le but est d’appartenir à la foule. » Par peur d’être différent les gens veulent se conformer à un degré bien plus élevé qu’ils n’y sont contraints. Ils se contentent de manifester leur différence sur des points mineurs".

    Dans la société capitaliste, l’égalité des individus devient une égalité d’automates, d’hommes faisant les mêmes choses, ayant les mêmes idées et les mêmes sentiments. L’égalité des femmes a ainsi été pervertie, celle-ci se paie par l’élimination des différences : la polarité des sexes est entrain de disparaître. « Le processus social requiert la standardisation de l’homme, et cette standardisation, on l’appelle »égalité".

    L’union par conformisme est dictée par la routine mais suffit rarement à calmer l’angoisse de séparation. Elle concerne surtout l’esprit et peu le corps. Son seul avantage est d’être permanente. La troisième solution partielle se trouve dans le travail créateur où la personne s’unit avec son matériau. Mais dans le système économique, le travailleur devient un appendice de la machine ou de l’organisation bureaucratique, il n’y a plus de vrai travail créateur. L’amour est la seule solution humaine. « Le désir de fusion interpersonnelle est le plus puissant dynamisme en l’homme ». L’amour est la réponse plénière au problème de l’existence mais de quel amour s’agit-il ? Il existe des formes imparfaites de l’amour, par exemple l’union symbiotique. Il s’agit d’unions dont le modèle est la relation mère-foetus. La forme passive se trouve dans le masochisme et la forme active dans le sadisme.

    L’amour n’est une activité libre que s’il consiste essentiellement à donner, non à recevoir, sinon il s’agit d’une « passion » résultant d’une motivation inconsciente. Le don constitue la plus haute expression de la puissance : « donner est source de plus de joie que recevoir » parce qu’il exprime de vitalité. La sphère la plus importante du don ne se situe pas dans les choses matérielles mais dans les relations humaines : donner de sa vie. Celui qui donne ainsi de sa vie« enrichit l’autre, il en rehausse le sens de la vitalité en même temps qu’il rehausse le sien propre ». Dans le don, chacun est reconnaissant à l’autre de la vie qui naît pour les deux.

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    Source http://brunoleroyeducateur-ecrivain.hautetfort.com/
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    « l'Expérience d'Assise 2016 Homélie du 1er dimanche du Carême - 14 février 2016 »

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  • Commentaires

    5
    Damay-Gouin
    Mercredi 17 Février 2016 à 12:00

    Merci, Bruno pour cette longue réponse, nous sommes des personnes travaillant notre vocation de missionnaire dans ce monde, même si ne nous nenous exprimons pas de la même façon.

    Et Ah! Que j'aime lorsque Carême rime avec Aime!

    Merci!

    Alice

    4
    Mardi 16 Février 2016 à 19:09

    Bonjour Alice,

     

    Je sens à travers vos mots jaillir le bonheur. Je suis sincèrement satisfait pour vous que vous puisiez cette joie de vivre dans le quotidien de votre couple amoureux..

    Je sais, parfois mes mots se montrent tranchants et peuvent blesser certaines personnes se sentant concernées par mes propos.

    Loin de moi, l’idée de faire souffrir qui que ce soit. Je comprends votre émerveillement concernant les crêpes effectuées par Pierre. C’est un beau geste d’amour !

    Et je ne remets nullement en cause l’Amour en actes dans mon article sinon, je me renierai moi-même. L’Amour doit être d’abord vécu au quotidien avant que d’être narré, comme je le fais dans cet article. Je vous donne entièrement raison sur cette conception que vous avez du sentiment amoureux.

    Étant éducateur de rue depuis plus de trente six ans, je vis l’amour différemment avec les jeunes. Dans une forme de détachement complice oscillant entre la tendresse et la force.

     

    Mais, il est évident que dans la vie de chaque jour, je sonde le cœur et les gestes de mon épouse pour en saisir l’intensité et la quintessence. Vivre en admirant la splendeur de son cœur pour épouser son corps dans un tendre baiser….

     

    Vous avez mille fois raisons, Chère Alice, l’Amour est la plus magnifique source à laquelle nous abreuvons notre âme selon les circonstances de l’existence.

     

    Je vous parlais de routine mais, je ne sens point dans votre façon d’exprimer vos sentiments l’ombre d’habitudes mortifères. Au contraire, vous êtes fréquemment dans l’allégresse émerveillée de Pierre. Vous le considérez comme étant le prolongement de vous-même. Et Dieu que cela est resplendissant.

     

    Je vous remercie d’avoir écrit franchement que vous pensiez de mon article. Celui-ci faisait écho à St François qui hurlait : l’Amour n’est pas aimé !

     

    Je vois tellement de relativisme au niveau de la sexualité non seulement chez les ados mais aussi les adultes. Leur philosophie est je te prends, je te jette. Il me fallait écrire rappelant que Dieu est le fondement d’un couple sinon, celui-ci tourne vite en haine et routine. Et le couple se désagrége car, l’un ou l’autre va ailleurs chercher de nouvelles sensations. Voilà peut-être cette impression négative que vous percevez dans mon texte. Et pourtant, je suis empli de joie de vivre, d’Espérance, d’humour et de rires joviaux…

     

    Il faut savoir accepter les différences de l’autre. Et je sais que vous le faites quotidiennement.

    Je ne crains rien pour votre couple. Simplement, votre réponse était si froide à mon encontre que je n’avais pas saisi son contenu.

     

    Je vous souhaite une longue, très longue vie d’Amour sous le regard aimant de Dieu en compagnie de Pierre.

    Je vous remercie pour votre intervention qui nous a remis le cœur à l’heure !

     

    Bien Fraternellement, Bruno.

     

     

     

    3
    Damay-Gouin
    Mardi 16 Février 2016 à 11:34

    Merci, Bruno, pour votre réponse! J'avoue que décortiquer l'amour dans des dimensions philosophique... je ne sais pas!!! Mais pour moi l'Amour se traduit par des actes . Chez-nous, l'Amour grandit car de plus en plus attentif à l'autre et aux autres. Je vous parle de crêpes. Heureuse surprise faite par Pierre qui m'a aussi montré, par cet acte, qu'il allait mieux, puisque depuis un an, il ne se sentait plus capable de rester debout pour les faire cuire.

    Rechercher les recettes oubliées des plats préférés de Pierre ne me semblent pas, non plus, vivre dans la routine, mais essayer de l'aimer en pensant à lui faire plaisir... Et aussi, après 35 ans de vie commune, nous avons aussi plaisir à nous retrouver autour d'un repas, nous avons encore beaucoup de choses à nous dire!!! Et notre amour ne connaît pas la routine puisqu'il se nourrit aussi de notre engagement dans le monde!

    Et je m'émerveille de tous ces petits miracles d'amour que je vois autour de moi!!!

    Et l'Amour , ma confiance en ce Dieu Amour, NOTRE Père-Mère, a brisé toutes mes chaînes et je suis libre, libérée!!!

    Je suis heureuse et je remercie!!!

     

    2
    Alice.Damay-Gouin
    Samedi 13 Février 2016 à 14:05

    Toujours cette vision négative... " l'important, c'est de trouver le bon objet"... "le sentiment amoureux ne dure pas..." Il me semble qu'il vaudrait mieux apprendre à respecter l'autre afin de ne plus nous donner une vision négative de la nature humaine. Acceptons notre humanité, n'essayons pas d'arracher l'ivraie mais apprenons à faire fructifier le bon grain!!!

    Aimons!

    Ah! Que j'aime lorsque Carême rime avec Aime ! J'ai décidé de faire un effort pour passer plus de temps en cuisine, retouver les recettes que j'ai oubliées depuis longtemps des petits plats préférés de Pierre, mon grand -petit homme. il m'a inspiré cette idée en me préparant, 2 fois, par surprise, des crêpes.

    Notre amour ne s'use pas, ne connaît pas la routine car il est basé sur le respect de l'autre et nos engagements dans le monde....

      • Dimanche 14 Février 2016 à 11:11

        Bonjour Alice,

        Ma vision n'est nullement négative. Elle fait partie intrinsèque de la Vie. De plus, vous me donnez une conception de l'Amour vraiment trop conforme et qui ne se remet pas en questions. Est-ce vraiment l'Amour d'ailleurs ?

        Passer plus de temps en cuisine pour retrouver des recettes. Cela est bien mais, est-ce de l'Amour ?

        Je vous écris un article conséquent sur l'Amour dans sa dimension philosophique, spirituelle, théologique et vous me parlez de crêpes... Si ! l'Amour peut devenir une routine s'il est basé sur un manque d'émerveillements réciproques et sur un manque de questionnements à deux des habitudes vécues.

        Aimons !

        Écrivez-vous, certes mais en mettant de la raison dans nos sentiments. Il existe des amours qui ne sont que des unions de traditions sans réelle consistance. Vivre l'Amour signifiant, c'est-à-dire qui donne Sens à moi-même et aux autres.

        Voilà un Amour qui se renouvelle chaque jour durant toute la Vie.

        Bien Fraternellement, Bruno.

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