• L'appartenance à l'OFS - partie 5

     Suite 5 Appartenance à l'OFS

    Emanuela De Nunzio
    13. La pluriappartenance.

    Un des obstacles majeurs qui s'interposent à la coresponsabilité est celui que nous appelons conventionnellement la “pluriappartenance”, ce qui veut dire la tendance de quelques franciscains séculiers à adhérer à une multiplicité d’associations et groupes ecclésiaux. Il ne faut pas oublier que “La vocation à l'OFS est une vocation spécifique qui informe la vie et l'action apostolique de ses membres” (CC.GG. art.1). Quand le franciscain séculier est aussi inséré dans d'autres associations, l'inspiration franciscaine qui devrait imprégner toute sa vie dans chacune de ses expressions et manifestations, se “noie” dans le mélange avec d'autres spiritualités. En outre, les engagements s'additionnent et se superposent, empêchant l'observance ponctuelle des obligations dérivant de la vie de Fraternité.

     

    Ces considérations devraient être bien présentes aux responsables de la formation et aux Conseils des Fraternité, quand ils évaluent l'aptitude du candidat à la Profession dans l'OFS.

     

     

    Appartenance et mission

     

    14. Ouverture au monde. Dans l'ère de la globalisation, dans une situation multiculturelle et plurireligieuse, mais aussi caractérisée par l'individualisme et le scepticisme, l'Eglise se trouve de nouveau, comme déjà dans les premiers siècles du christianisme, devant le devoir de proposer aux hommes le message de Jésus. L'annonce de l'Evangile est un don gratuit que l'Eglise fait au monde et les franciscains séculiers, “qui lui sont plus fortement unis par la Profession”, sont appelés à annoncer le Christ “par la vie et par la parole” (Règle n°6). Parole et témoignage s'éclairent réciproquement : si la parole est démentie par la conduite, elle reste inefficace ; mais la même chose vaut pour le témoignage, quand il n'est pas soutenu par une annonce claire et sans équivoque. L'amour du Christ, en fait, est communiqué aux frères par les exemples et les paroles, par toute la vie.

     

    Le champ de la mission est aujourd'hui immense : les secteurs plus en marge de la société, les communautés indigènes, les pauvres dans les zones urbaines, les migrants, les réfugiés, les exclus...  L'objectif doit être celui de promouvoir l'universalité du message chrétien à travers la présence, (qui a le sens de témoignage et dialogue de vie), l'annonce et la prière. Mais évangéliser n'est pas une prérogative de quelques uns dans le peuple de Dieu, qui a été tout entier consacré et appelé à annoncer le salut: “La vocation universelle à la sainteté est étroitement liée à la vocation universelle à la mission ; chaque fidèle est appelé à la sainteté et à la mission” (Redemptoris missio n°90).

     

    S'il est vrai, et il est vrai, qu'une Eglise qui n'est pas missionnaire trahit son devoir fondamental, il est tout aussi vrai que l'OFS en tant quel tel, et chaque Fraternité locale, et chaque franciscain séculier individuel, comme “membre vivant de l'Eglise”, doivent devenir “témoin et instrument de sa mission parmi les hommes”. Il faut en premier lieu porter l'Evangile aux personnes de manière crédible. Pour cela il faut du courage et de la disponibilité pour suivre des nouveaux chemins, en triomphant de la tentation de rester parmi les personnes qui pensent comme nous et de se contenter de cultiver notre petit jardin.

     

    La mission des franciscains séculiers s'enracine dans l'ordre de l'être, dans la vie configurée aux conseils évangéliques (cf. n°10, 11, 12 de la Règle), dans l'esprit des Béatitudes du Royaume. Leur style et leur forme de service s'adaptent aux talents et à la situation personnelle et familiale de chacun, ainsi qu'aux exigences du milieu dans lequel ils travaillent. Leur engagement apostolique se réfère de façon particulière à la pratique de la charité, à la transformation du dessein de réunir toutes choses dans le Christ en une réalité, à l'engagement au travail et à l'exercice responsable de sa profession, et cela sans négliger l’activité politique à proprement parler, la vraie. Parlant de Ste Catherine de Sienne, un de ses biographes a écrit : “la compromission avec les circonstances fait partie de la sainteté”.

     

    Aussi face aux défis inédits et insidieux posés par la globalisation, les chrétiens ne se résignent pas à une économie ou à une vision de la société orientée seulement vers l'efficacité, qui laisse de côté les plus faibles, ou sur un étatisme qui étouffe la liberté et humilie la personne. Il faut donc se battre dans chaque pays avec des “initiatives courageuses”, par l'affirmation d'un Etat qui soit vraiment laïc, c'est-à-dire au service de la vie sociale selon le concept thomiste du “bien commun”, repris vigoureusement dans le grand magistère oublié de Léon XIII. De même dans les pays où les chrétiens sont en minorité, où ils ne peuvent exercer aucun poids politique, les vertus chrétiennes peuvent résolument motiver et aider leurs compatriotes à accepter la démocratie comme manière de vivre. Celui-ci doit inclure les plus fragiles, ceux qui sont aujourd'hui en marge ou exclus, il doit inclure aussi les générations futures, auxquelles nous devons transmettre un monde vivable.

     

    La ville et le territoire sont le lieu où les relations authentiques se construisent, où la charité chrétienne peut imprégner le fonctionnement des structures civiles. Est demandé aux franciscains séculiers, à chacun personnellement ou communautairement, l'attention envers les plus faibles et les œuvres de miséricorde : la présence aux malades, l'enseignement aux analphabètes, le soin des enfants, l'aide aux anciens, le réconfort aux affligés... Ce sont les engagements de toujours, pratiqués par les Frères et Sœurs de la Pénitence depuis leur origine, mais aujourd'hui ces besoins se présentent souvent sous une forme nouvelle et requièrent de nouvelles formes d'interventions.

     

    Mais attention : il ne faut pas confondre la fin et les moyens. Les moyens sont la vie et la parole, mais la fin est l'évangélisation (“Allez et annoncez l'Evangile au monde entier...”). “…Il existe chez certains l’idée que les projets sociaux sont à promouvoir avec une urgence maximum, alors que les choses qui concernent Dieu et la foi catholique elle-même sont des choses plutôt particulières et moins prioritaires. Cependant …l'expérience est justement que l'évangélisation doit avoir la priorité, que le Dieu de Jésus Christ doit être connu, cru et aimé, afin que les choses sociales puissent elles aussi progresser, afin qu’advienne la réconciliation... Le fait social et l'Evangile sont simplement inséparables entre eux” (du discours du Pape à Ratisbonne).
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    1-
    http://ofs-de-sherbrooke.over-blog.com/article-26411134.html
    2- http://ofs-de-sherbrooke.over-blog.com/article-26465095.html
    3- http://ofs-de-sherbrooke.over-blog.com/article-26504070.html
    4- http://ofs-de-sherbrooke.over-blog.com/article-26542321.html
    5- http://ofs-de-sherbrooke.over-blog.com/article-26626234.html
    6- http://ofs-de-sherbrooke.over-blog.com/article-26680827.html
    7- http://ofs-de-sherbrooke.over-blog.com/article-26719113.html
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