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    L'origine humaine revisitée par une découverte en Israël


    par Christophe Lafontaine |  26 janvier 2018

    Gros plan des dents accompagnant du maxillaire gauche provenant de restes humains trouvés dans la grotte de Misliya en Israël. Elles constituent le plus ancien trace d'Homo sapiens trouvé en dehors d'Afrique. © Israel Hershkovitz /Tel Aviv University

     La revue Science fait état vendredi 26 janvier 2018 de la découverte en Israël d’un bout de mâchoire humaine fossilisée qui amène à reconsidérer les premières migrations de l’humanité hors d’Afrique, il y a 200 000 ans.

     Nos ancêtres - les premiers hommes anatomiquement modernes - ont émigré d'Afrique, berceau de l’humanité, voici près de 200 000 ans. Et non pas il y a 80 000 ou 120 000 ans comme l’ont supposé jusqu’alors les chercheurs. Selon lesquels d’ailleurs, il n’existait en dehors de l’Afrique que des hommes de Néandertal. C’est une découverte faite en Israël qui oblige à «  réécrire toute l’histoire de l’évolution humaine », a expliqué à la BBC le professeur Israel Hershkovitz, qui a dirigé les travaux à la faculté Sackler de l'université de Tel Aviv.

    Misliya-1 - le nom officiel du fossile à l’origine de la découverte - est une mâchoire supérieure gauche d'un jeune adulte - dont le sexe n'a pas été déterminé. En utilisant trois différentes méthodes de datation, le fossile remonterait selon les chercheurs à une période allant de 177 000 à 194 000 ans. Ce fragment de maxillaire a été exhumé dans la grotte de Misliya sur les pentes occidentales du Mont Carmel, à 12 km de Haïfa au nord du pays. Doté de sept dents, il coïnciderait bien, selon les archéologues à celle d’un Homo sapiens. Et non d’un Homme de Neandertal. Les dents sont plus grandes que la moyenne pour un humain moderne, mais leur forme et l’anatomie faciale du fossile sont distinctement Homo sapiens, selon une analyse du fossile (découvert en 2002) mais dont les conclusions n’ont été publiées dans la revue américaine Science que le vendredi 26 janvier 2018, après que les chercheurs de l’équipe internationale en charge des fouilles, ont pris le temps et le plus grand soin pour analyser les ossements.

    Ce fossile est donc le plus vieux représentant de notre espèce moderne ayant vécu hors d'Afrique et laisse entendre que les migrations hors d’Afrique de l’Homo sapiens ont été beaucoup plus précoces qu'on ne le pensait.

    Le Proche-Orient, corridor de l’humanité

    « Cette découverte, que les premiers humains modernes étaient présents en dehors de l'Afrique plus tôt qu'on ne le croit, change complètement notre vision de la dispersion humaine moderne et de l'histoire de l'évolution », a déclaré le professeur Israel Hershkovitz, cité par i24news, la chaîne de télévision israélienne.

    Pour mémoire, l'Homo sapiens est d’abord apparu en Afrique, où les plus anciens fossiles de l'espèce remontent à 300 000 ans. Jusqu'à ce jour, les plus anciens fossiles d'Homo sapiens retrouvés en dehors d'Afrique provenaient de deux autres cavernes (Skhul et Qafzeh) en Israël (dont une située aussi sur le Mont Carmel) et qui sont datés d’environ 90 000 à 120 000 ans.  A noter que l’Homo sapiens n’est présent en Europe qu’à partir de 50 000 ans, peu avant la disparition de l’Homme de Néandertal.

    La région du Moyen-Orient a donc représenté un important corridor pour les migrations d'hominidés.  Et la grotte de Misliya se situait  dans un territoire qui était à l'époque occupé par des populations néandertaliennes. Ainsi Sapiens et Néandertal se sont croisés et mélangés.  Cela signifie que « les hommes modernes avaient potentiellement rencontré d'autres groupes d'humains archaïques pendant cette plus longue période de présence en Eurasie, offrant plus d'occasions d'échanges culturels et de croisements biologiques », explique le professeur Rolf Quam, professeur agrégé d’anthropologie à Binghamton, co-auteur de l’étude publiée dans Science et dont les propos ont été relayés par l’AFP.

    Des questions demeurent cependant en suspens : y-a-t-il eu une seule vague d’émigration ou plusieurs ? Autre interrogation : que signifie cette présence précoce de l’Homo Sapiens hors des confins de l'Afrique ? Est-elle liée, par exemple, au climat ? La Neue Zürcher Zeitung explicite en tous les cas que c'est à l'occasion de tous ces mouvements migratoires que le cerveau initialement allongé et archaïque de l'Homo sapiens s'est transformé en sphère de l'homme moderne, jusqu'à faire de lui la seule espèce humaine à avoir survécu.

    Indices archéologiques et modes de vie

    Les fouilles de la grotte de Misliya ont permis d’en savoir plus sur le mode de vie des chasseurs-cueilleurs qui l’ont habitée. La voûte de la caverne s'est effondrée il y a environ 160 000 ans et a ainsi protégé jusqu’à aujourd’hui le fossile de la mâchoire et d’autres objets enfouis dans les sédiments qui nous apprennent que les Homo sapiens de la région chassaient de nombreuses espèces de gibier (bisons, daims persans et gazelles).

    Ils savaient aussi allumer du feu et utiliser des outils en pierre similaires à ceux taillés par les premiers hommes modernes d'Afrique (période du Paoléolithique moyen). Par ailleurs, ils utilisaient largement les plantes. Ils avaient le sens du confort, note l’archéologue Mina Weinstein-Evron de l’Université d’Haïfa citée par Le Monde à propos de traces de végétaux entremêlés qui font penser « à des matelas ».
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  • Commentaires

    1
    marielle
    Mercredi 31 Janvier 2018 à 16:03

    Le texte est très intéressant.

     

    Marielle  Gladu

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