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    La CDF aux évêques américains: l'avortement ne doit pas mener à la division

    Le cardinal Luis Ladaria Ferrer, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a écrit une lettre au président de l'USCCB, Mgr José Horacio Gomez. «Il serait trompeur de donner l'impression que l'avortement et l'euthanasie constituent à eux seuls les seules questions sérieuses de la doctrine morale et sociale catholique», a-t-il averti.
     

    Vatican News

    Dialogue, prudence, concorde, unité. Telles sont les lignes directrices avec lesquelles la Congrégation pour la Doctrine de la Foi exhorte les évêques des États-Unis à poursuivre leurs discussions «pour aborder la situation des catholiques occupant des fonctions publiques qui soutiennent la législation autorisant l'avortement, l'euthanasie ou d'autres maux moraux».

    Le cardinal-préfet de ce dicastère, Luis Ladaria Ferrer, a écrit au président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), Mgr José Horacio Gomez, dans laquelle il déclare que toute discussion sur la question «devrait être contextualisée dans le cadre plus large de la dignité de la réception de la communion par tous les fidèles, plutôt que par une seule catégorie de catholiques, reflétant leur obligation de conformer leur vie à l'ensemble de l'Évangile de Jésus-Christ alors qu'ils se préparent à recevoir le sacrement». Il serait trompeur et réducteur de donner «l'impression que l'avortement et l'euthanasie constituent à eux seuls les seules questions sérieuses de l'enseignement moral et social catholique qui nécessitent l'intervention de l'Église».

    Dans la continuité du cardinal Ratzinger

    La lettre du cardinal Ladaria est datée du 7 mai 2021 et fait suite à une lettre envoyée par Mgr Gomez le 30 mars dernier, informant la Congrégation pour la Doctrine de la Foi que les évêques américains se préparaient à rédiger un tel document à la suite de certaines controverses concernant le nouveau président des États-Unis, Joe Biden, et son soutien aux politiques pro-choix. Le cardinal s'est montré reconnaissant pour les informations reçues et, surtout, pour l'intention du président de l'épiscopat d'envoyer le projet de document «pour une révision informelle avant sa présentation au corps des évêques pour un vote».

    Le cardinal a ensuite répondu à la demande de la Congrégation de mettre à disposition une copie de la lettre envoyée en 2004 par le cardinal-préfet de l'époque, Joseph Ratzinger, à celui qui était alors le cardinal Theodore McCarrick, déchu de l’état clérical en 2019 mais qui était alors président de la conférence épiscopale américaine. Le document signé par le cardinal Ratzinger quelques mois avant son élection au pontificat était une lettre privée aux évêques, et il avait établi que «ces principes n'étaient pas destinés à être publiés»; par conséquent, explique le cardinal Ladaria, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi continuera à respecter ce souhait.

    En même temps, le cardinal reconnaît que les principes contenus dans la lettre peuvent aider les évêques à rédiger leur document, mais qu'ils «ne doivent être discutés que dans le contexte de la note doctrinale de 2002 qui fait autorité», intitulée "Sur certaines questions concernant la participation des catholiques à la vie politique". Ce texte avait précédé de deux ans la «communication personnelle» du cardinal Ratzinger.

    Aider les évêques à maintenir l'unité

    Lors de la visite des évêques des États-Unis à Rome en 2004, dans le contexte de la campagne présidentielle qui allait mener à la réélection de George W. Bush, une certaine division était apparue au sein de la conférence épiscopale sur ce sujet délicat. Le cardinal Ratzinger avait donc proposé «des principes généraux sur la digne réception de la Sainte Communion afin d'aider les ordonnances locales aux États-Unis dans leurs relations avec les politiciens catholiques pro-choix dans leurs juridictions». Ainsi, précise le cardinal Ladaria Ferrer, la communication de celui qui allait devenir le Pape Benoît XVI «fournit un enseignement magistériel sur le fondement théologique de toute initiative concernant la question de la digne réception de la Sainte Communion».

    La même question a refait surface, 15 ans plus tard, lors de la série de visites ad limina effectuées par les évêques des États-Unis auprès du Pape François. À cette occasion, souligne la missive, la CDF avait conseillé d'engager le dialogue entre les évêques pour préserver l'unité de la Conférence épiscopale face aux désaccords sur ce sujet controversé. Elle avait exprimé son inquiétude face au risque que l’affirmation d’une politique nationale sur cette question ne devienne «une source de discorde plutôt que d'unité au sein de l'épiscopat et, plus largement, de l'Église aux États-Unis».

    Le soutien à la législation pro-choix est incompatible avec l'enseignement catholique

    La CDF invite donc à dialogue en deux phases, d'abord entre les évêques eux-mêmes, puis entre les évêques et les politiciens catholiques pro-choix dans leurs juridictions. À la lumière de la Note doctrinale du cardinal Ratzinger, les chrétiens sont appelés «à se dissocier d'une conception du pluralisme dans la clé du relativisme moral, nuisible à la vie démocratique elle-même, qui a besoin de fondements vrais et solides, c'est-à-dire de principes éthiques qui, par leur nature et leur rôle de fondement de la vie sociale, ne sont pas "négociables», réaffirme le cardinal Ladaria avec fermeté.

    Les évêques devraient affirmer en tant que Conférence que «ceux qui sont directement impliqués dans les organes législatifs ont une obligation grave et claire de s'opposer à toute loi qui attaque la vie humaine.» Mais une fois cette position réaffirmée, les évêques doivent entrer en dialogue avec les politiciens catholiques de leurs juridictions qui adoptent des positions pro-choix, afin de «comprendre la nature de leurs positions et leur compréhension de l'enseignement catholique».

    Une fois assumées ces deux phases de dialogue, l'épiscopat catholique des États-Unis sera «confronté à la tâche difficile de discerner la meilleure façon pour l'Église aux États-Unis de témoigner de la grave responsabilité morale des fonctionnaires catholiques de protéger la vie humaine à tous ses stades». S'il était décidé de formuler une politique nationale sur la réception de la communion, une telle déclaration - recommande la CDF - devrait «exprimer un véritable consensus des évêques sur la question», à condition que toute disposition en la matière «respecte les droits des Ordinaires individuels dans leurs diocèses et les prérogatives du Saint-Siège».

    D'où l'invitation à faire «tous les efforts» pour dialoguer avec les conférences épiscopales des autres pays «puisque cette politique est formulée à la fois pour apprendre les uns des autres et pour préserver l'unité de l'Église universelle».

    source https://www.vaticannews.va/

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