• La Famille franciscaine Bonne nouvelle - Revue Message

    Mai - Juin 2018

    La Famille franciscaine Bonne nouvelle


    Un Ordre est né en Suisse romande

    Le 3 mars 2018 est à marquer d’une pierre blanche pour la famille franciscaine en Suisse et plus particulièrement en Suisse romande, le jour de la création de l’Ordre franciscain séculier, OFS, région romande. Pierre blanche car c’est ainsi que dans l’Empire romain on signale les monuments à caractère religieux. En 1978, par la volonté du Pape Paul VI, un des plus grands si ce n’est le plus grand pape du 20e siècle, car c’est lui qui a mené à terme le Concile Vatican II et qui a publié des encycliques très importantes, l’ancien Tiers Ordre est devenu l’Ordre franciscain séculier OFS. Par la mise sur pied de cette quatrième branche, la famille franciscaine est ainsi au complet chez nous : 1er Ordre, deuxième Ordre, Tiers-­Ordre régulier (TOR) et OFS.

    Pour se réjouir pleinement de cette naissance, il convient de dire deux ou trois choses fondamentales et aussi de relire l’histoire de ce qui s’est passé pour les laïcs franciscains en Suisse romande. En effet, en 1989, est né le Mouvement franciscain laïc, MFL. Dans un esprit d’Eglise, le mouvement a permis à des groupes divers fascinés par la spiritualité franciscaine de cheminer ensemble en fraternités. Cela a contribué au rayonnement de saint François et sainte Claire en Suisse romande.

    Créer un OFS en Suisse romande pourrait faire croire à une concurrence, penser que maintenant, il y a des « super laïcs » franciscains. Il n’en est rien. Tout d’abord, il s’agit d’un Ordre, sous-­entendu un « Ordre de la pénitence » en latin « Ordo pœnitentiae ». Pénitence en latin n’a pas la connotation ascétique et pénible du français. Il faut traduire le mot par « conversion ». La conversion désigne à la fois le retour au Père, mais aussi selon le terme grec « metanoia », l’idée de « re­-penser ». Il s’agit donc d’un lieu d’appartenance où les frères et les sœurs « re­-pensent » le monde, les relations, la société à la lumière de l’Évangile. Autre point important à rappeler : comme dans la vie religieuse, faire partie d’un Ordre est un don et une vocation. La vie religieuse est un don que le Christ fait à son Eglise. S’il s’agit d’un don alors il faut penser que l’OFS est une proposition de vie gratuite. Faire partie de l’OFS ne saurait être imposé à quiconque, mais cet engagement doit être offert. Comme d’autres états de vie, l’OFS dit et vit quelque chose de l’Evangile de façon propre sans être supérieur aux autres. Faire partie de l’OFS est une vocation, un appel personnel à accueillir en pleine liberté. Il faut se rappeler que, dans la Bible, l’appelé n’est jamais le premier bénéficiaire de l’appel mais, par la mission qui lui est confiée, le peuple.

    La Famille franciscaine Bonne nouvelle - Revue Message

    L’OFS est un Ordre séculier. Pour François, son cloître c’est le monde. Si cette intuition fondamentale vaut pour toutes les branches de la famille franciscaine, elle s’applique particulièrement à l’OFS. Il ne s’agit surtout pas d’imaginer que les membres de l’OFS vont devenir des moines, au contraire, ils vont rappeler à toute la famille l’engagement dans le monde. Les chrétiens vivent dans le monde mais ne sont pas du monde. S’inspirant de la Parole de Dieu, l’OFS agit dans le monde, pour un monde plus juste et fraternel. Leurs membres s’inscrivent donc dans la ligne du décret de l’apostolat des laïcs du Concile Vatican II et selon ce que disait Paul VI dans son discours de clôture du Concile Vatican II le 7 décembre 1965 : « Toute cette richesse doctrinale ne vise qu’à une chose : servir l’homme. Il s’agit, bien entendu, de tout l’homme, quels que soient sa condition, sa misère et ses besoins. L’Eglise s’est, pour ainsi dire, proclamée la servante de l’humanité juste au moment où son magistère ecclésiastique et son gouvernement pastoral ont, en raison de la solennité du Concile, revêtu une plus grande splendeur et une plus grande force : l’idée de service a occupé une place centrale dans le Concile ». L’OFS cherche à relever ce défi en mettant l’accent sur cet aspect diaconal de l’Eglise.

    Quels rapports nouer avec les autres branches de la famille et le Mouvement franciscain laïc ? Nous avons une belle expression dans la famille franciscaine : réciprocité vitale. Il y a d’abord réciprocité. Pour avoir réciprocité, il faut avoir des entités distinctes et autonomes. Les anciens Tiers­-Ordre étaient fortement dépendants du 1er Ordre avec des couleurs marquées par la vie et l’orientation de chaque branche : Capucins, OFM cap, Franciscains OFM, Conventuels OFM Conv. Devenant un Ordre à part entière, l’OFS a ses propres structures de gouvernement, d’orientations et de prise de décisions auxquelles les membres du 1er Ordre prêteront assistance. Réciprocité vitale, « vital » veut dire que chaque branche va permettre à chacun de vivre la spiritualité franciscaine de manière propre et différenciée. Le modèle de cette vitalité est bien sûr la communion trinitaire. Dans la Trinité tout est commun sauf la différence des personnes, chaque personne le Père, le Fils et l’Esprit se donnant l’un dans l’autre sans domination et ni perte. Il ne s’agit donc pas de supériorité des uns sur les autres mais d’échange, de réception, de fécondité réciproque.

    Créer un OFS ne veut pas dire fermeture. Au contraire, son caractère international va signifier que partout dans le monde, il y a des frères et des sœurs qui incarnent la spiritualité de François et de Claire. Cette ouverture est une chance de connaître non seulement les injustices, les pauvretés, les difficultés, mais aussi comment les frères et les sœurs s’engagent au quotidien pour faire face à ses difficultés. Il s’agit d’amour selon ce qu’en dit l’Evangile, non pas tant de proposer des choses, mais avant tout recevoir des autres, de se laisser évangéliser par eux. En retour, en Suisse romande, l’OFS pourra témoigner au plan international de son ouverture œcuménique et interreligieuse.

    « Heureux les cœurs purs ». La charte de l’OFS est le projet de vie. Le mot « projet » est celui qui permet de mieux comprendre ce qui est appelé « cœur » dans la Bible. En effet, le projet est ce qui mobilise toute la personne, son intelligence, son énergie, sa volonté. Il s’agit donc d’une appartenance forte à l’image de celle de la famille, mais en accolant l’adjectif « pur », est indiqué que ce projet doit être conforme au projet de Dieu lui­même. Chacun sait que pour le connaître il n’y a qu’un chemin celui de Jésus qui nous fait connaître le Père. Soyons dans la joie de nous évangéliser les uns les autres par la manière engagée de vivre l’Evangile, de nous conformer au Fils avec la créativité et la force que l’Esprit nous donne pour revenir au Père.

    Fr. Marcel Durrer, ofm cap

    source Revue MESSAGE

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  • Commentaires

    1
    Damay-Gouin Alice
    Samedi 16 Juin à 13:08

    Joie et Merci ! Comme je me retrouve pleinement dans cet état d'esprit ! " Pour François, son cloître  c'est le monde..." 'Il s'agit d'amour, non pas tant de proposer des choses mais avant tout de recevoir des autres...'  etc... Oui, Merci infiniment !!!

     

    2
    Paul yogo
    Lundi 18 Juin à 12:25
    Paix et joie, je me réjoui de savoir vôtre existence qui coïncide avec nôtre projet de communauté de l'ofs du diocèse d'ESEKA. Les détails + tard pour collaborations
      • Lundi 18 Juin à 14:24

        Merci Paul, Oui lorsque tu auras des développements, ce site OFS se fera un plaisir de le partager.

        Richard

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