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    La foi du peuple argentin et les racines de la pensée de Bergoglio, dans L’Osservatore Romano

    « Le Père Fiorito et Bergoglio », par José Luis Narvaja

    Jorge Mario Bergoglio et Miguel Angel Fiorito @ Archives Jésuites

    Jorge Mario Bergoglio Et Miguel Angel Fiorito @ Archives Jésuites

    La foi du peuple argentin « est une foi qui s’exprime dans des gestes simples, transmis de père en fils : “Cette foi est liée à la culture qui s’appelle ‘populaire’, mais qui ne cesse pas pour autant d’être culture”, explique José Luis Narvaja en citant le jésuite argentin Miguel Ángel Fiorito. « Cette culture et une “sagesse” », précise-t-il.

    Dans L’Osservatore Romano en italien du vendredi 6 avril 2018, José Luis Narvaja signe un article intitulé « Le père Fiorito et Bergoglio », dans lequel il retrace les racines de la pensée théologique du pape François, à travers la personne du père Miguel Ángel Fiorito, dans les années qui ont suivi le Concile Vatican II.

    Évoquant la réception du Concile en Amérique latine, et le « dialogue théologique » suscité à l’époque, « qui a profondément influencé la pensée du futur pape », l’auteur explique que « dans les expériences partagées entres les jeunes jésuites du groupe du père Fiorito, il y avait une “base commune” : la référence constante à la “foi de nos ancêtres, de nos pères, de nos aïeux” ».

    Voici notre traduction de l’article publié dans L’Osservatore Romano.

    HG

    Le Père Fiorito et Bergoglio, par José Luis Narvaja

    Depuis l’élection du pape François, le 13 mars 2013, parmi les nombreuses questions qui ont été posées à propos de sa personne et de son histoire, nous trouvons aussi celles sur les racines de sa pensée en général et, en particulier, de sa pensée théologique.

    Entre 1968 et 1978, Jorge Mario Bergoglio a conclu sa formation de jésuite et il a commencé son ministère sacerdotal, d’abord comme maître des novices, puis comme provincial. Au moment de son ordination sacerdotale (1969), il avait presque 33 ans. À cette période, une personne a eu une grande influence sur lui : le p. Miguel Ángel Fiorito (1916-2005), qui fut recteur de l’Université del Salvador (1970-1973) à Buenos Aires, professeur de métaphysique, ainsi que doyen (1964-1969) à la Faculté de philosophie du Collège Massimo de San Miguel, et directeur de la revue « Stromata » dans laquelle étaient publiés des articles des professeurs de la Faculté. En raison de ses capacités intellectuelles et spirituelles, le p. Fiorito était devenu le point de référence indiscuté de ses étudiants.

    Déjà lorsqu’il était provincial, Bergoglio avait confié au père Fiorito deux charges importantes dans la province : celle d’instructeur de la « Troisième probation » (c’est-à-dire la dernière étape de formation des jésuites) et celle de directeur du « Bulletin de Spiritualité ». La majeure partie des études du père Fiorito sur la spiritualité de la Compagnie de Jésus, en particulier sur les Exercices de saint Ignace et sur le discernement spirituel, appartiennent à cette période.

    Dans ce climat de formation, avec les études formelles à la Faculté, il existait aussi un échange intellectuel informel, où l’on se partageait les lectures, les réflexions personnelles et les préoccupations pastorales et ecclésiales. Il est important de garder présent à l’esprit ce dialogue théologique, qui a profondément influencé la pensée du futur pape. Ces années sont celles qui ont immédiatement suivi Vatican II. La réception du Concile avait suscité en Amérique latine des pensées contrastées et une forte prise de conscience du continent. Les étudiants et les pères du Collège suivirent avec intérêt les développements du Concile et participèrent ensuite activement à son processus de réception et de mise en œuvre.

    Du point de vue historique, nous nous trouvons à une période de renouveau qui – en quelques mots – a été reçu de deux manières contrastées : certains comprirent le « renouveau » comme un changement, d’autres comme un rajeunissement. L’Église latino-américaine se trouvait dans une tension entre ces deux points de vue, sans toujours une orientation claire.

    Mais à cette période existe aussi une « manière d’être » particulière dans l’environnement intellectuel du Collège Massimo. L’étude, la réflexion et l’échange font mûrir des idées qui acquièrent une forme conceptuelle dans des articles qui apparaissent dans les deux publications déjà évoquées de la Faculté : la revue « Stromata » de philosophie et de théologie, et le « Bulletin de Spiritualité », orienté vers la formation spirituelle et pastorale. (…)

    Dans les expériences partagées entres les jeunes jésuites du groupe du père Fiorito, il y avait une « base commune » : la référence constante à la « foi de nos ancêtres, de nos pères, de nos aïeux ». Fiorito donne la raison de cette base commune historique dans le fondement théorique de sa réflexion, dans laquelle il présente une synthèse de l’histoire et de la foi de la nation argentine : « Notre terre a absorbé, dans son histoire de presque quatre siècles, deux impacts importants : celui des conquérants, qui est à l’origine au métissage ; et celui des immigrés, qui est à l’origine à une grande partie des Argentins d’aujourd’hui. Dans les deux cas, la foi a agi comme une « colle » et cela ne peut être oublié par aucun projet national. La foi est quelque chose qui, par son essence, – ou mieux par son existence même dans le cœur de l’homme – agit comme principe unifiant. La culture nationale est imprégnée de cette histoire de foi. Il y a une relation étroite entre la manière de vivre la foi modelée par le travail des missionnaires, hommes et femmes de Dieu, et la manière de mener son existence ».

    Le p. Fiorito décrit cette forme de culture du peuple fidèle argentin, qui vit sa foi communautairement, de sorte que toute sa vie acquiert le caractère joyeux du croyant. C’est une foi qui s’exprime dans des gestes simples, transmis de père en fils : « Cette foi est liée à la culture qui s’appelle « populaire », mais qui ne cesse pas pour autant d’être culture. (…) Elle est faite de coutumes et de traditions, et sent la vie et la mort, et connaît la lutte pour la vie à travers le travail sur la nature (les choses), avec les autres hommes (dans la société) et dans la recherche du mystère de son destin (Dieu et l’au-delà, qui est déjà, mais pas encore). Cette culture et une « sagesse » – dans le sens étymologique du terme : « saveur » des choses – qui connaît l’aspect positif et l’aspect négatif de la réalité et qui sait (…) ce qu’est aimer, et qui a l’intuition de ce que doit être son comportement moral ».

    © Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

    source ZENIT.org

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