• La grande aventure de la vie - Bruno

    La grande aventure de la vie.

     

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    Avec Christ dans l’aventure du travail ; avec Christ dans l’aventure de la douleur ; avec Christ dans l’aventure de la mort. Sans s’étonner, le chrétien rencontre Dieu dans la rue et dans le travail de chaque jour.

     

    Sous la lentille du microscope, devant la table d’opération, quand il scrute les profondeurs ultimes de la matière, en une recherche fébrile et épuisante ; quand il approfondit les mystères de la vie et que, devant la mort, il pressent faiblement la lueur de l’au-delà ; quand il évolue dans les détours absorbants de la technique, le chrétien palpe la présence de son Christ. Et dans les cris de l’art, il entend Dieu ; dans les appels les plus subtils de son âme d’artiste, il entend le Christ et il pénètre l’angoisse des poètes et de leur monde, si souvent tourmenté, parce que, derrière leur inquiétude, dans leur esprit éternellement ouvert à plus de clarté, il perçoit le désir d’un plus haut idéal, d’une lumière qui est la Lumière ; et, à ses côtés, la présence du Christ.

     

    Dans toutes les activités humaines, dans la vie banale et courante de tous les jours, dans le boire et le manger, dans les rires et les pleurs, le chrétien éprouve sans cesse la présence de Christ.

     

    Nous vivons dans un siècle qui court : les gens n’ont plus le temps de rien. Cela nous arrive à toi et à moi. L’homme n’a pas d’autre choix que cette alternative : ou se laisser vaincre par le travail ou le sanctifier ; pas de milieu. Il en va de même pour la douleur : elle détruit les uns ; elle sanctifie les autres. Et c’est la même douleur, le même travail.

     

    L’Amour de Dieu, que nous devons mettre dans notre travail, réclame que cette activité soit humainement parfaite ; sinon, c’est une fumisterie ; c’est une insulte que nous adressons au ciel. Et n’est-il pas vrai qu’il y a, dans notre camp, beaucoup, énormément de gens qui s’occupent davantage de l’amour de Dieu dans le travail que du travail fait avec amour pour Dieu ? Apprends d’abord à faire tes travaux à la perfection, puis tu comprendras ce que c’est que les faire dans la présence de Christ !

     

    Il nous faut des architectes qui construisent des maisons dignes de Dieu et qui se refusent à donner aux temples un air de garage et de piscines.

     

    Il nous faut des éditeurs chrétiens pour des revues pieuses qui ne discréditent pas la noblesse du message chrétien.

     

    Il nous faut des peintres qui soient amis de la vérité, qui se refusent à imiter dans le plâtre les veines du marbre. Ne pas mentir dans ton travail, et jamais dans les choses de Dieu. Car Dieu est ami de la pauvreté, mais non du mensonge.

     

    Il nous faut des sculpteurs qui se refusent à modeler des statues de série pour la consolation des bigots et des dévots.

     

    Il nous faut des musiciens qui se refusent à composer des chants religieux dont un homme puisse rougir à les chanter.

     

    Pour que les œuvres soient pleines de Dieu, il ne suffit pas qu’elles soient bonnes, il faut qu’elles soient bien faites, avec intelligence, avec diligence, avec promptitude.

     

    Il veut que tout ce que nous Lui offrons d’humain soit sans défaut. Que notre travail et notre repos, les anges puissent les contempler, et qu’ils soient acceptables à Ses yeux.

     

    Veux-tu vivre une Vie contemplative dans le monde ?

     

    Offre au Seigneur tous les instants de ta Vie. Fais ce que tu dois faire et sois ce que tu fais. Et ta conduite , unique aux yeux de Dieu comme aux yeux des hommes, aura la force, aura le feu des cris poussés par les prophètes.

     

    Chaque jour, dans mes fonctions d’éducateur de rue, je vois Christ me parler lorsque tu évoques tes blessures. Je vois Christ rire quand ton rire éclate comme le diamant sur ton visage meurtri.

     

    Je vois Christ pleurer quand tes parents ont fermés la porte de leurs cœurs. Je vois Christ bafoué, battu, massacré mais aussi, heureux de vivre quelques moments de paix.

     

    Je vois Christ trop souvent crucifié par la haine des hommes.Ou leur indifférence.

     

    Je vois Christ ivre ou drogué pour échapper aux réalités que tu estimes trop dures.

     

    Alors, je me dis intérieurement que Dieu est partout au milieu des hommes et surtout, dans la rue là où le malheur, la pauvreté, la violence s’abattent comme des fatalités qu’elles ne sont pas. Oui, je me dis, Dieu est dans la rue et c’est bien ainsi. Le soir en rentrant chez moi, je prie en me souvenant des visages qui habitent encore ma conscience et je confie tout à Dieu. Il sait bien ce que tu vis et mieux que moi, puisqu’Il te suit jours et nuits dans les rues que tu arpentes avec ton désespoir. Il est près de moi lorsque je suis avec ou sans toi. Il vit dans la rue de mon cœur nomade et mendiant que je suis devenu, grâce à toi, grâce à Lui.

     

    Bruno LEROY.

    Source http://brunoleroyeducateur-ecrivain.hautetfort.com

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  • Commentaires

    7
    Alice.Damay-Gouin
    Mercredi 3 Juillet 2013 à 20:31

    Merci, Bruno, pour ta réponse. J'avoue que j'ai été un peu sonnée par ton vocabulaire et ton analyse. Je n'ai pas cette science... Mais je pense qu'un commentaire doit pouvoir nous aider à avancer dans la recherche commune de la Vérité et peut-être de la reconnaissance du Christ Vivant, en nous et en tout autre.

    Je retiens "Effectuer chaque geste, chaque action, voire chaque pensée en union parfaite avec Dieu". Je dis oui, tout en ajoutant "dans une démarche avec d'autres". J'ai appris depuis longtemps à m'unir à d'autres pour défendre des personnes, de meilleurs conditions de travail, des idées. Cela m'a appris que c'est avec d'autres que l'on sauve le monde. J'ai une vision d'une dimension horizontale et je réagis lorsque la prière me semble n'avoir qu'une direction verticale. J'ai aussi découvert que ce sont les autres qui me nourrissent, chaque jour, du pain d'amour et qui nourrissent aussi ma foi.

    Par contre, je fais aussi partie de ceux et celles qui "prétendent avoir reconnu le Christ"    que j'avais suivi durant mes soixantes premières années sans trop Le connaître et sans Le reconnaître. Cela m'a transformée! Et je m'émerveille chaque jour, Dans la joie, l'Espérance et la Paix du Christ, en toute fraternité, Alice

    6
    Alice Damay-Gouin
    Mercredi 3 Juillet 2013 à 20:31

     

    Cher Bruno,

    Ton article m'interroge beaucoup. J'y trouve 2 idées "phare": l'offrande et la reconnaissance du Christ dans notre vie. La 1ère idée m'a masqué la seconde alors que celle-ci m'est devenue tellement importante  !

     

    L'offrande 

    Il me semble que cette offrande est, dans la Genèse, l'origine du 1er crime relaté. Mais comment savoir ce qui plaît réellement à Dieu ? Abraham comprend qu'un sacrifice humain ne plaît pas à Dieu. Isaac à la vie sauve.

    Le Christ a-t-il fait des offrandes rituelles à Dieu ? ?? Mais sa vie, dans l'amour de son Père, est offrande. Puis ...nous avons l'offrande du pain et du vin.

    Et pour nous, nous donnons notre vie à Dieu, en répondant à l'appel du sacerdoce ou dans la vie religieuse. D'où mon essai dans un noviciat... Mais on m'a conseillé de ne pas poursuivre dans cette voie! Comme je suis heureuse, au fil des ans, d'avoir appris à ne pas fermer mon cœur!

    Seulement, ce n'est qu'arrivée à l'âge de la retraite, que j'ai vraiment compris que je donnais chaque jour, ma vie à Dieu tout en étant femme, épouse, maman, mamie, femme retraitée du monde du travail mais encore engagée au cœur du monde. Chacun(e), enfant, adulte célibataire ou marié(e), peut donner généreusement sa vie à Dieu, en laissant à Dieu une place dans son cœur, en aimant l'autre, les autres.

    Puis, Bruno, vous mettez en valeur la perfection, l'excellence...

    Au Moyen-Age, l'abbé Suger disait "rien n'est trop beau pour Dieu" et les églises devenaient des temples remplis de trésors. Mais une pierre précieuse est-elle plus agréable aux yeux de Dieu qu'une simple pierre ? Ne font-elles pas partie d'une même création? Cette richesse exposée a fait réagir Bernard de Claivaux.

    Cette excellence dans le travail me gêne aussi. Nous souffrons de cette manière de vivre où il faut être le meilleur et pour cela, on écrase tous les autres pour arriver au sommet. Mais que deviennent tous les autres ? Cette exigence d'excellence dans le travail n'est-elle pas source de rejet ? Dans un groupe de prière, la prière est-elle plus agréable à Dieu si ne chantent le cantique que ceux , celles qui savent chanter ou acceptons-nous que tous, toutes chantent même si cela écorche les oreilles ? S'offrir à Dieu, en acceptant notre humanité et celle des autres !

    Pour que notre offrande plaise à Dieu ne suffirait-il pas que nous nous tournions vers Dieu, notre Père, notre Mère, en toute confiance comme un(e) enfant peut le faire en se jetant dans les bras de ses parents ? Ne suffirait-il pas que nous aimions ?

     

    Mais je voudrais faire ressortir, Bruno, ce sur quoi tu insistes: la Présence de Dieu, la Rencontre, la Reconnaissance.

    Dieu est présent à chaque instant, en tout lieu, en toute circonstance. A nous de savoir Le voir, L'écouter, Le reconnaître ! Dans le texte du jugement dernier, les béni(e)s du Père ont agit avec amour auprès des cassé(e)s de la vie et ils n'avaient pas, obligatoirement, reconnu le Christ.

    Les foules ont rencontré Jésus. Mais Le reconnaître !... Comme Zachée "Descends vite de ton arbre, de tes nuages, aujourd'hui, je veux demeurer chez toi", rencontre qui a transformé le bonhomme ! Le reconnaître sur le chemin d'Emmaüs en la personne d'un(e) étranger(e) ou, à Assise, en la personne d'un(e) mendiant(e), d'un lépreux, d'une lépreuse... Le reconnaître et changer notre vie. Aimer, aller vers l'autre, accepter qu'Un autre conduise mes pas... dans la confiance, l'Espérance, la Paix, l'Amour du Christ Vivant en nous et tout autre, au cœur de nos relations avec les autres, sur le chemin des hommes, des femmes et des enfants …

    Alice

     

    5
    Alice Damay-Gouin
    Mercredi 3 Juillet 2013 à 20:31

    "Il veut que tout ce que nous Lui offrons soit sans défaut"

    J'avoue que j'ai du mal à croire cela! Je médite souvent la parabole du bon grain et de l'ivraie. Cela me fait dire que nos actes ne sont ni totalement bons, ni totalement mauvais. Je préfèrerais: "Il veut que tout ce que nous Lui offrons soit fait avec amour.

    Alice

    4
    Dimanche 26 Février 2012 à 12:32

    Chère Alice,

    Je comprends parfaitement que mon article puisse poser questions et même troubler certains. En effet, si je vous lis bien, votre critique porte davantage sur une approche christologique dans laquelle vous ne vous retrouvez pas.

    Cet article est à méditer dans le contexte actuel et sa dimension anthropologique.

    En effet, il s’avère que j’ai volontairement occulté une présence précieuse et qui pourtant, fait le souffle de nos vies.  Je veux parler de l’Esprit saint !

    Le Christ était en osmose absolue avec Son Père et sa personne même était une offrande pour Dieu et les Humains. Mais, pour qu’un simple croyant tel que moi puisse parvenir à ce cheminement, il me faut l’aide indéfectible de l’Esprit. Sans l’Esprit, le chrétien ( ne ) n’est rien. De plus, il ne faut pas occulter la puissance de la prière qui donne de l’oxygène à nos rencontres et nous met dans un cœur à cœur avec Dieu.

    J’espère répondre comme il se doit à votre commentaire, car j’avoue me retrouver entièrement dans ce que vous écrivez, sauf certains détails.

    Par exemple, vous me dites que je mets en avant la perfection, l’excellence. Je n’avais pas appréhendé mon texte de cette façon.

    Pour la simple raison que celle-ci n’existe que dans la conscience chrétienne et non dans la réalité quotidienne. Je m’explique. Il n’est guère question d’être performant aux yeux ders Hommes. Je dirais que cela n’a point d’importance. Mais d’effectuer chaque geste, chaque action, voire chaque pensée en union parfaite avec Dieu Amour. Cela n’a rien à voir avec la performance économique des multinationales, dont je suis très loin d’en faire l’apologie. Et encore moins de savoir si un tel ou une telle chante d’une voix limpide ses  chants adressés à Notre Seigneur qui se moque bien du solfège et cependant sonde les cœurs et les reins. Tout cela est question d’intériorité et d’intimité avec Dieu.

    Ce que les autres peuvent en penser nous importe peu…

    Donc, oui une intention de tendre vers cette perfectibilité sans pour autant y prétendre sur cette terre. Le paraclet nous aide à trouver le dynamisme nécessaire dans tous ces cas de figures.

    Je trouve, si je puis me permettre, que vous avez une lecture horizontale de mes écrits. Et non verticale. Mais cela peut provenir de ma façon de rédiger clairement ce qui se dit mystiquement dans les contrées lointaines des personnes ayant vécues une expérience spirituelle qui ne se dit pas face aux Dogmes d’une Église parfois figée dans ses certitudes.

    Vous évoquez les disciples, les foules, Zachée…qui prétendent reconnaître le Christ et en fait savent à peine de qui il s’agit. Vous avez pleinement raison dans le sens où ces personnes devaient lui attribuer des titres de guérisseur, de libérateur politique, sans savoir réellement la direction tragique de sa mission donnée par le Père. Le Christ ne faisait que la Volonté de Dieu pour délivrer notre humanité de ses scissions internes.

    Les individus qu’il rencontrait sur son chemin n’avaient point eus l’onction de l’Esprit-Saint. Donc, ils ne pouvaient avoir qu’une approche sommaire du Christ. Sur de point, nous sommes entièrement d’accord.

    Dans la conclusion de votre commentaire, vous en appelez à la conversion. Je suis également en accord avec vous. Nous devons aimer les autres comme nous-mêmes. Les plus pauvres, les rejetés de notre système capitaliste et inhumain. Toutes ces personnes ont beaucoup à nous apprendre. Elles sont le miroir du Christ souffrant. En eux ou elles, je vois le Christ s’imprimer sur leurs visages comme d’indélébiles stigmates. Nous agissons selon les Dons que Dieu nous a offert, là où nous sommes. L’important dans la vie, c’est de découvrir les sourires de Dieu qui nous invite toujours à aller plus haut sur notre échelle spirituelle. Votre existence en Jésus-Christ est une splendeur de réflexions et de remises en questions. Continuez ainsi, Chère Sœur Alice, vous progressez chaque jour dans le regard de l’Amour. J’espère du fond de l’âme, même si j’ai répondu succinctement à vos interrogations, ne pas avoir été à côté de vos préoccupations.

    Sinon, n’hésitez pas à me le faire savoir !

    Je vous souhaite un Carême plein de saveurs, de parfums qui embaument la présence de Dieu auprès de ceux et celles que vous rencontrerez. Je vous souhaite la plus délicieuse vie dans les bras de Notre Seigneur Jésus-Christ.

    Je vous embrasse fraternellement et vous assure de mes prières.

    Votre frère, Bruno.

    Éducateur de rue.

    3
    Samedi 25 Février 2012 à 14:38

    Je ferai savoir à Bruno que tu as un message pour lui. Merci Alice

    2
    Mardi 21 Février 2012 à 15:50

    Merci pour Lui...

    1
    Mardi 21 Février 2012 à 15:17

    Bon matin,

                   Ah! ce qu'il est fort ce Bruno!

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