• "La petite fille à côté de l'Abbé Pierre, c’était moi" - Pèlerin

    "La petite fille à côté de l'Abbé Pierre, c’était moi"

    "La petite fille à côté de l'Abbé Pierre, c’était moi"
    C’est le fils de Françoise qui, voyant la photo de sa mère avec l’abbé sur la page Facebook de Pèlerin,
    a permis de la retrouver. © Guillaume Poli/CIRIC
     
    Une photo publiée sur la page Facebook de Pèlerin nous a permis, par hasard, de retrouver Françoise, secourue par l’Abbé Pierre alors qu’elle vivait sous les ponts de Paris avec sa mère, durant l’hiver 1954. Elle nous raconte…
     

    Cela fait bien longtemps que Françoise connaît l’existence de cette photo, mais elle n’a jamais accepté d’en parler ouvertement ; ou seulement par bribes, à ses cinq enfants. « Le retour en arrière était trop douloureux », confie celle qui a aujourd’hui 65 ans. Pris le 3 août 1955 à Paris, sur les berges de la Seine où les compagnons d’Emmaüs avaient monté un « village de toile » pour les sans-abri, le cliché est publié quelques mois plus tard dans la revue Noir et Blanc.

    La grand-mère maternelle de Françoise, sans nouvelles de sa petite-fille, la reconnaît et remonte sa piste jusqu’à une communauté religieuse de Marseille, où sa mère l’avait finalement abandonnée. Mais il faut revenir en arrière pour mieux comprendre.

     

    Un jour d'hiver, sous les ponts de Paris...

    Charenton, dans le Val-de-Marne, février 1954. Françoise a 3 ans et demi, sa mère la prend dans ses bras. Destination : inconnue. « Elle n’avait rien et nulle part où aller », raconte-t-elle. À l’époque, la seule chose claire pour cette jeune maman de 22 ans, c’est qu’il faut quitter le domicile conjugal et son mari qui travaille comme couvreur. Une partie de sa famille vit à Villemomble (Seine-Saint-Denis), mais elle ne les contactera pas. « Sans doute une honte de leur avouer la ­vérité, lâche Françoise. La situation entre mes parents était très compliquée. »

    Ces quinze jours de rue dans la capitale, ce fut « une ­éternité » 

    Mère et fille rejoignent donc Paris… et ses ponts. Ces quinze jours de rue dans la capitale, ce fut « une ­éternité ». Jusqu’à ce qu’un jeune abbé les découvre : « Ma mère se souvient seulement de lui avoir raconté sa situation et il nous a accompagnées dans un grand dortoir, plein de femmes et d’enfants. » Ce prêtre, c’est l’Abbé Pierre, qui vient de pousser son « cri de colère » sur Radio Luxembourg. Et puis un an et demi plus tard, alors qu’elles survivent grâce aux aides mises en place par Emmaüs, il y a ce cliché. 

    Dans ma tête, il reste un jeune homme timide, loin du personnage véhément que diffusait la télé. 

    Françoise n’a jamais revu l’Abbé Pierre après. « Mais je l’ai toujours suivi, car cet épisode m’a marquée à vie. Dans ma tête, il reste un jeune homme timide, loin du personnage véhément que diffusait la télé. Il savait ce qu’il voulait mais il était doux. » Quelque chose du bon Dieu peut-être ? « Cet homme avait la foi sans aucun doute mais il était avant tout foncièrement bon, se rappelle Françoise. De cette bonté de ceux qui aiment les gens et qui agissent d’abord pour les autres. C’est peut-être ça l’amour de Dieu ? »

    Celle qui se bat contre la maladie depuis de longues années, se dit croyante mais non pratiquante. Au cœur d’une vie d’épreuves et d’abandons, cette rencontre avec l’Abbé a été un « repère » : « C’est un peu mon père spirituel. Sa photo est dans mon portefeuille et dans ma chambre, confie- t-elle. Cela m’arrive même d’entrer dans un entrepôt Emmaüs seulement pour retrouver une atmosphère : quand je rentre là, c’est plus fort que moi, je me sens protégée. »

    source http://www.pelerin.com

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