• La présentation au Temple - InterBible

    L'enfance du Christ selon saint Luc (6/6)

    La présentation au Temple

        présentation C’est dans le sanctuaire du Temple de Jérusalem que Luc a débuté son évangile avec l’annonce de la naissance de Jean au prêtre Zacharie. C’est à Jérusalem que Luc nous ramène pour assister à la présentation de Jésus au Temple, qui sera en fait une manifestation, une épiphanie (Luc 2, 22-32). Jésus ne reviendra à Jérusalem qu’au terme d’une longue montée qui le conduira aux événements de la passion. Pendant ses derniers jours, Jésus enseignera dans le Temple et s’élèvera notamment contre ceux qui ont fait de la maison de Dieu une maison de trafic (19, 45-48). C’est dans cette maison de prière, la maison de son Père, que Jésus s’était entretenu avec les Docteurs de la Loi (2, 41-50).


         Dans le récit de la présentation de Jésus, Luc se plaît à jouer avec les contrastes. Il insiste d’une part sur la fidélité des parents de Jésus à observer les préceptes de la Loi et d’autre part sur l’obéissance de Syméon à l’action de l’Esprit. Il y a un renversement d’attitude. Autre contraste : Marie vient présenter Jésus au Temple (ce qui n’était pas nécessaire) et c’est Syméon qui, prenant l’enfant, le présente à l’humanité comme la gloire d’Israël et la lumière des nations.

    La Loi et l’Esprit

         Dès le début du récit, saint Luc nous présentent Marie et Joseph comme des Juifs respectueux de la Loi de Moïse. En effet, la Loi prescrit que la mère d'un nouveau-né doit se présenter au Temple, quarante jours après sa naissance, pour les rites de sa purification. Le don de la vie et les pertes de sang lors de l’accouchement ont mis la mère en contact avec le sacré, puisque la vie appartient à Dieu. Il importe donc de libérer la mère du domaine du sacré en offrant un sacrifice. En même temps que cette démarche est accomplie, la Loi prescrit, si l'enfant est un garçon premier-né, de le racheter, car il appartient au Seigneur. C'est le cas notamment de Jésus. Pour ce rite, il n'est pas nécessaire que les parents amènent l'enfant. C'est ici que le récit de Luc prend du relief. Marie et Joseph amènent Jésus au Temple pour le présenter au Seigneur. L'évangéliste nous laisse entendre, par cette démarche, que Jésus appartient tout entier à Dieu, lui le Saint de Dieu, le Fils du Très-Haut, selon les paroles de l'ange Gabriel à Marie lors de l'annonciation.


         Bien qu’ils appartiennent à la première alliance, Syméon et Anne sont déjà habités par l'Esprit Saint. Syméon est qualifié d'homme juste qui vit de la foi en Yahvé et porte dans son cœur l'espérance messianique. Poussé par l'Esprit, il vient au Temple et voit l'accomplissement de son espérance. Il n'est plus besoin pour lui d'attendre le salut de Dieu, il le tient dans ses bras. Il prend alors conscience, en regardant l'enfant Jésus, que Dieu vient d'agir avec puissance en faveur de son peuple et qu'il tient la gloire de Dieu entre ses bras. Mais il voit encore plus loin: cet enfant sera la lumière qui guidera l'ensemble des nations à la rencontre de Dieu. Une fois le moment de joie passé, le regard clairvoyant de Syméon devient triste et saisit que la parole de Jésus provoquera la division et que sa mission ne se réalisera pas sans souffrance. On voit déjà se profiler la Passion. Cette souffrance atteindra même sa mère qui sera ainsi étroitement unie à son fils. Marie ira jusqu'au bout dans sa foi, avec ses moments de clarté et d'obscurité, de joie et de souffrance. Quant à Anne, elle prend le relais de Syméon et annonce à la ronde que Dieu vient de se manifester à Israël comme son libérateur en lui donnant Jésus, le sauveur.


         Il y a quelque chose de beau et de simple, de serein et de rafraîchissant dans le récit de la présentation de Jésus au Temple, malgré l'annonce de la division que provoquera la mission de Jésus. Saint Luc nous présente des personnes qui respirent la jeunesse de la foi parce qu'elles se laissent habiter et guider par l'Esprit du Seigneur. Leur vie passée, aussi riche qu'elle fut, ne les empêche pas de s'ouvrir avec confiance et émerveillement aux promesses de l'avenir. Tout tendus vers cet avenir que Dieu leur ouvre, ils s'y engagent avec une foi de qualité aussi grande que celle d'un autre aîné, Abraham, qui, sur la parole de Dieu, partit vers le pays que Dieu lui indiquerait au fur et à mesure de la route.

     

    Yves Guillemette, ptre

    source www.interbible.org

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