• LE CHRIST S’APPELE « LE FILS DE L’HOMME » - art. 48 Suzanne

    LE CHRIST S’APPELE « LE FILS DE L’HOMME »

    C’est la gloire de l’humanité

     

     D-L-f-Soleil levant NZ(3)

     

    Plus on réalise « l’amour fou » dont il a fallu que Dieu nous aime, pour venir parmi nous, pour faire siens les malheurs de notre vie, notre peine, notre mort, nos péchés, plus il nous devient difficile de persévérer sur le chemin du mal.

    Reprenons un extrait de l’œuvre  de Nicolas Cabasilas[1] - La Vie en Christ - :[2]

    « En effet, de même que l’enchantement met hors d’eux ceux qui aiment […] de même c’est son amour pour les hommes qui a vidé Dieu. Car ce n’est pas en restant dans son lieu qu’il appelle le serviteur qu’il aime, mais il descend le chercher, et le riche en arrive à descendre jusqu’au pauvre, et venu de lui-même il lui déclare son amour […] Un refus ne l’éloigne pas, et l’injure ne l’affecte pas ; éconduit, il assiège la porte, et fait tout pour que celui qu’il aime le reçoive ; il supporte l’affliction et il meurt ».

     

    De plus, la méditation de tout ce qu’à fait Dieu pour nous, nous fait prendre conscience de la dignité de notre nature. Lorsque cette pensée absorbe l’intelligence et qu’elle s’empare de l’âme, il n’est pas facile que notre esprit regarde autre chose, ni que le désir se dirige ailleurs, tant cette pensée est belle. L’enchantement est trop grand pour être supplanté par les pensées des hommes.

     

    Selon Nicolas Cabasilas, « l’homme a été créé dès le commencement pour le nouvel homme : le Christ. Si nous avons reçu la pensée, c’est pour reconnaître le Christ ; le désir, c’est pour courir vers lui ; nous avons la mémoire pour le porter en nous, car c’est lui-même qui a été l’Archétype de ceux qu’il a créés. »  C’est bien pourquoi l’homme s’élance vers le Christ, et par la nature, et par la connaissance, et par les pensées, et pas seulement à cause de sa divinité, qui se trouve être le terme de tout, mais aussi à cause de cette autre nature. C’est en lui que tous les désirs humains se dissolvent, et c’est lui la douceur des pensées.

     

    Il y a cependant « un devoir commun à tous ceux qui sont appelés par  le Christ », c’est la concentration des pensées en Christ, qui se parfait dans la prière.

    Il n’est pas indispensable qu’on se trouve dans des conditions particulières pour la prière. Nulle part le Christ est absent, et en aucune circonstance il ne nous abandonne, lui qui est plus proche de ceux qui le prient que leur cœur même. Il n’est pas non plus besoin d’avoir atteint les sommets de la sainteté car nous n’invoquons pas le Maître pour qu’il nous couronne. C’est pourquoi nous avons tous le devoir de prier, et même les « méchants » car, celui qui appelle est « bon ». D’ailleurs, le Christ nous aime tous, y compris ceux que nous n’aimons pas. Les saints mystères et la prière sont la voie commune à tous, le contenu commun de toutes les formes de la vie spirituelle.

     

    Par la prière, les pensées de l’homme et leur objet : les personnes, les choses, les situations, les préoccupations sont offertes au Christ, et le Christ est appelé à entrer en elles. La prière, même si elle n’aboutit pas à la contemplation, conduit les pensées et leur contenu à Dieu, illumine l’intellect et tout ce que l’intellect saisit dans la lumière de Dieu, et conduit ainsi l’homme à la vérité. C’est pourquoi la prière, selon toute la tradition patristique, est ce qui procure la connaissance authentique, et l’art de la prière peut être considéré comme la science et la philosophie véritables.

     

    Le Christ s’appelle « le Fils de l’Homme »

    Oui, le Christ s’est fait notre prochain en se déplaçant. Le prochain c’est celui vers lequel on s’est approché, c’est celui vers lequel on fait le pas. Le Christ vient nous offrir la paix de sa vie pour que nous continuions notre route et vivions de sa paix.

     

    « Entrer dans la paix du Christ c’est, pour chacun de nous, mettre les principaux actes de sa vie sous le regard du Seigneur.

    Déposer sa vie sans crainte d’avoir à la re-poser

    Demeurer dans l’amour.

    Avoir l’ardeur de la foi.

    Vivre dans un abandon, source d’espérance.

    Autant de chemins vers la paix telle que Jésus, seul, peut nous la donner.

    Laissons-nous à lui pour que ce soit lui qui fasse tout en nous. »[3]

     

    Suzanne Giuseppi Testut  -  ofs

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    [1] Nicolas Cabasilas XIVè siècle, spiritualité byzantine, « homme sage » resté laïc, proche des milieux monastiques de son temps, « mystique, hésychaste laïc ».

    [2] Nicolas Cabasilas, LA VIE EN CHRIST,  V-VII, Cerf, Paris, 1990

    [3] Voir notre livre, LA DEPOSITION « 7ème méditation », p 327,  Nouvelle Cité, 2009 

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