• Le fils prodigue - Élisabeth

     Le fils prodigue 

    Le retour du fils prodigue -  Rembrandt

    Retour du fils prodigue, par Rembrandt

    Cette parabole est sans doute la plus connue, la plus commentée et la plus aimée. Elle apaise le cœur inquiet du croyant et du « pécheur » que nous sommes. Elle nous apprend que le Père est miséricordieux. Non seulement Il pardonne, mais en plus, Il accueille celui qui revient à lui en festoyant, le rétablissant aussitôt dans sa dignité de fils. Tout est oublié, seule la joie des retrouvailles est à l’honneur.  C’est pourquoi cette parabole illustrée merveilleusement par Rembrandt, sert de support méditatif au sacrement de réconciliation.

    Cependant, dans ce récit ce qui me parle et m’interpelle, ce n’est ni l’attitude du Père, ni celle du fils prodigue car il n’y a là pour moi rien de nouveau. La Torah, c’est-à-dire les Ecritures, ont toujours enseigné que Dieu était miséricordieux, et que la voie du retour était celle du repentir et de la contrition. Ce qui résonne en moi, jusqu’à me faire frémir de crainte, c’est l’attitude du fils aîné et son dialogue avec le Père.

    Le fils aîné c’est le croyant, le pratiquant, celui qui ne faute pas, qui se conforme à la volonté de Dieu. Il fait sur lui, jour après jour, un immense travail pour dompter son mauvais penchant, et accomplir la volonté du Père. Mais en est-il heureux ? A-t-il dans ce service, et cette proximité, trouvé le bonheur ? Il semble, d’après ses paroles d’incompréhension et de révolte face à la joie que manifeste le Père face au pécheur repenti que non ! De plus, il ne voit pas comme le père que son frère, le fils cadet, était mort et qu’il est revenu à la vie et que c’est cela qui est fêté. Il n’a pas conscience que « le péché » conduit à la mort et qu’être auprès du père c’est être vivant. Il ne voit que la contrainte, les efforts, tout ce qu’il doit refouler pour demeurer auprès de lui ?

    Finalement, ce fils si obéissant était-il vraiment auprès du Père ? Il le servait mais son cœur, son désir n’y était pas. Il le servait comme un serviteur. Il vivait à côté de lui, mais il n’était pas proche de lui.  Il n’avait pas créé une relation, il n’avait pas pris conscience que l’important dans le service c’est la qualité de l’amour c’est pourquoi il ne savait pas que tout ce qui était au Père était à lui, qu’une tel partage était possible.

    L’attitude du fils aîné me questionne sur la qualité de mon service, de mon attachement à Dieu, à la Trinité Sainte. Dieu est-il ma joie, mon désir, mon centre, celui dont je ne veux jamais être séparé parce que je l’aime ?  Est-il mon tout ? C’est seulement si je rentre dans cette qualité de service que Sa volonté devient ma volonté et ma volonté Sa volonté. Il n’y a plus alors de séparation, de conflits d’intérêt. C’est ainsi que le Christ aimait et aime le Père. Ne dit-il pas : qui m’a vu a vu le Père ? le Père est en lui et il est dans le Père, ils ne font plus qu’Un tout en étant deux dans la « spiration » de l’Esprit Saint.

    Élisabeth

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