• Le journal du Vatican dénonce l’exploitation des religieuses dans l’Église -Echo F-F

    Le journal du Vatican dénonce l’exploitation des religieuses dans l’Église

    Marie Malzac, Journal La Croix, Mars 2017 

    Le journal du Vatican dénonce l’exploitation des religieuses dans l’Église -Echo F-F
    (photo source La Croix)

    « Les religieuses sont perçues comme des volontaires dont on peut disposer, ce qui donne lieu à de véritables abus de pouvoir », notamment de la part de la hiérarchie ecclésiastique. C’est ce qu’affirme sœur Cécile, qui témoigne sous un prénom d’em‐ prunt dans un long article publié dans le numéro de mars du mensuel féminin de L’Osservatore Romano, Femmes, Église, monde (« Donne, Chiesa, mondo »). 

    De façon inhabituelle, le « quotidien du Vatican » s’empare ainsi d’une question mettant directement en cause un fonctionne‐ ment en cours dans une partie de l’E' glise, en dénonçant le « travail (presque) gratuit » de très nombreuses religieuses « en situation de travail domestique peu reconnu », au service « de cardinaux et d’évêques, aux cuisines d’institutions religieuses ou dans des tâches de catéchèse et d’enseignement ». Sans horaires, et avec une rétribution minime, voire inexistante. 

    Autre témoin de cet article, sœur Marie regrette quant à elle que les religieuses ne soient que « rarement invitées à s’asseoir à la table des personnes qu’elles servent ». 

    « Un ecclésiastique peut‐il envisager de se faire servir un repas par sa religieuse, avant de la laisser manger seule dans la cuisine, une fois qu’il a été servi ? Est‐il normal qu’un consacré soit ainsi servi par une autre consacrée » ?, s’interroge‐t‐elle. 

    D’autant que les personnes consacrées « dédiées aux travaux domestiques sont le plus souvent des femmes », remarque encore la religieuse, venue d’Afrique et arrivée à Rome il y a une vingtaine d’années. « Notre consécration n’est‐elle pas égale à la leur ? » 

    Une responsabilité « partagée » 

    Les conséquences psychologiques, affirment les religieuses, sont importantes. « Rébellion intérieure », « frustration » – jus‐ qu’à la prise de médicaments – mais aussi « peur de parler ». 

    Pour les sœurs venues d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine, les histoires personnelles peuvent être « complexes ». Ainsi, les familles des unes et des autres peuvent avoir bénéficié de l’aide de leur congrégation : « une mère malade dont les soins ont été payés  »,  «  un frère qui a pu réaliser ses études en Europe grâce à la supérieure  »…  Les  sœurs  se  sentent  de  cette  façon « redevables, liées, et donc se taisent ». 

    La « responsabilité » de telles situations, avance l’article, n’est pas « uniquement masculine mais bien souvent partagée ». Ainsi, sœur Marie raconte l’expérience d’un recteur d’université qui souhaitait qu’une religieuse, particulièrement douée, poursuive ses études de théologie. Ce à quoi s’était opposée sa supérieure. 

    Pour sœur Véronique Margron, dominicaine de la Présentation, théologienne moraliste, et présidente de la Conférence des religieuses et religieux en France (Corref), ces pratiques n’ont « heureusement plus cours en France ou de façon tout à fait mar‐ ginale ». Mais elles subsistent à l’étranger et sont, à ses yeux, les traces « d’un monde en train de s’écrouler ». 

    « On cumule les discriminations » 

    Le fait que L’Osservatore Romano ait décidé de traiter cette question est « positif » à ses yeux : « l’Église dénonce ses propres pratiques, c’est important ». Mais il est « scandaleux » que les témoins de l’article aient dû témoigner « anonymement ».

    Pour sœur Véronique Margron, qui se montre également sévère envers les supérieures qui permettent de telles situations, cela signifie « qu’elles ont peur, cela entre dans un jeu subtil et scandaleux de pressions, d’avantages… ». 

    A' ses yeux, le sujet dépasse les relations hommes‐femmes. « Il y a dans ce phénomène une dévalorisation des religieuses jeunes venues du Sud du monde, souligne‐t‐elle. On cumule les discriminations. » Alors que la vie religieuse est censée être à l’opposé de cela, puisqu’elle doit normalement se fonder « sur des rapports de réciprocité, d’égalité : nous sommes toutes sœurs entre nous ». 

    L’article de L’Osservatore Romano n’est pas sans faire écho à un ouvrage sur le point de sortir en Espagne et préfacé par le pape François. Dans Dix choses que le pape François propose aux femmes, l’auteur Maria Teresa Compte, directrice du Master en doctrine sociale de l’E' glise de l’Université pontificale de Salamanque, approfondit le thème de la place de la femme dans l’E' glise et dans la société. 

    « Je suis inquiet de voir comment, y compris dans l’Église, le rôle de service auquel tout chrétien est appelé, dérive parfois, dans le cas des femmes, vers des rôles qui relèvent plutôt de la servitude », affirme notamment le pape dans sa préface.

    source  Télécharger « Echo #99.pdf » via La Croix

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