• Le Nouvel an - Élisabeth

    Le Nouvel an

     

    La bible nous raconte l’histoire d’une alliance entre Dieu et l’homme à travers la marche d’un peuple Israël, fils aîné d’une humanité de frères, tous fils d’un même Père. Ce livre porte en lui une « bonne nouvelle » : celle de la venue d’un messie rédempteur pour le salut du monde. Ce divin enfant est en gestation dans les entrailles maternelles d’Israël, appelé par les prophètes « la vierge de Sion ».

    Après des siècles d’affinement de sa « matrice » par l’étude, la prière et la pratique des commandements, Israël donne enfin naissance à ce fils en une de ses filles, Myriam, Marie. Cet enfant, appelé Jésus, en hébreu Yéshoua « Dieu sauve »,  ouvrira les portes de l’Alliance d’Israël à tous les hommes.

    Cependant, pour prendre conscience de ce long travail de gestation de génération en génération jusqu’à la mise au monde, il aurait peut-êtrefallu compter le temps selon le calendrier hébraïque qui commence à la création de « adam ».

    Jésus christ serait né aux environs de l’an 3758,  1343 ans après le don en 2448 de la Torah au mont Sinaï- Torah dont il est l’accomplissement. Il serait mort et ressuscité vers l’an 3791.

    Mais l’empereur Constantin en a décidé autrement, les compteurs du temps ont été remis à zéro, et avec la naissance du divin enfant,  a commencé une nouvelle ère, c’est pourquoi, nous passerons de l’an 2019 à l’an 2020.

    Dans quelques jours nous fêterons la nouvelle année. Qui se souvient encore que plus précisément, ce jour-là, nous fêtons la cérémonie de la circoncision de notre seigneur Jésus Christ ? 

    Dieu établit avec Abraham et sa descendance par Isaac une alliance éternelle, scellée dans la chair par le rite de la circoncision. Depuis, tout enfant mâle juif passe par ce rite pour entrer dans l'alliance. On fête la circoncision de Notre Seigneur Jésus le Jour de l'An, huit jours après sa naissance, le 25 décembre : « Et quand les huit jours furent accomplis pour circoncire l'enfant, alors son nom fut appelé Yéshoua, Dieu sauve »(Lc 2, 21). 

    Pratiquer la circoncision dans la chair, c'est en retrancher le prépuce (orlaen hébreu) suivant le commandement de Dieu (Gn 17,9-12). Le mot orla vient de la racine arèl qui signifie : « laisser intact »,  « incirconcis ». Ce terme est employé pour construire les expressions : « dur d'oreille », « cœur endurci » et « bègue » . En voici des exemples dans les Écritures :

    «Circoncisez donc le prépuce (orla) de votre cœur » (Dt 10, 16).

    Moise avait dit devant l’Éternel : « Je suis incirconcis des lèvres » (Ex 6, 30). Il signifiait par là qu'il bégayait, ce qui lui semblait être un handicap pour parler à Pharaon.

    «A qui parlerai-je, qui sommerai-je afin qu'ils écoutent ? Voici, leur oreille est incirconcise et ils ne peuvent entendre» (Jr 6, 10) !

    Être circoncis, c'est être blessé et être incirconcis, c'est refuser la blessure pour demeurer intact. Or justement ce qui ouvre le cœur et les oreilles de l'homme à un autre que lui, c'est la blessure. Par elle seule, nous devenons humains, c'est à dire perméables à la souffrance de l'autre et attentifs à l'écoute de la voix du Tout Autre qui murmure en nous. C'est tout le sens de la prophétie d’Ézéchiel :« J’ôterai leur cœur de pierre et je leur donnerai un cœur de chair.»  En hébreu, cœur de chair se dit lèvbassar.  En permutant entre elles les trois lettres du mot bassar chair, on lit le motchevar, brisé. Un cœur de chair, c’est un cœur brisé de la divine blessure. 

    Cependant, si le chrétien ne passe pas par le rite de la circoncision de la chair, ce n'est pas parce qu'elle serait caduque, le commandement de Dieu est éternel : c'est parce que tout baptisé revêt le corps du christ, un corps déjà circoncis.

    Il lui reste à pratiquer les autres circoncisions, celles du cœur, des lèvres, des oreilles.

    Être tout entier circoncis, c'est être crucifié, donné, profondément humain, c'est à dire divin.

    Être crucifié avec le Christ, c'est être tout entier « circoncis ». Par cette blessure-ouverture, la compassion, la tendresse, la charité, l'amour et la grâce, pénètrent notre chair et la densité de notre matière se divinise, son opacité fond, elle devient transparente, vitrail laissant passer la lumière de Celui qui est la lumière du monde. Tout baptisé, en Christ, bat du même battement que son cœur, un cœur brisé, d’où s'échappent les grâces d'amour pour le monde.

    Élisabeth

    Mille mercis Élisabeth et Bonne Année ! Richard

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