• Le Roi de toute miséricorde - InterBible

    Le Roi de toute miséricorde

    La statue du Christ-Roi est une œuvre monumentale de style art déco, représentant le Christ, qui domine la ville de Świebodzin en Pologne. Inaugurée le 6 novembre 2010, elle mesure 52,5 m, ce qui en fait la plus haute statue de Jésus dans le monde.

    La statue du Christ-Roi est une œuvre monumentale de style art déco,
    représentant le Christ, qui domine la ville de Świebodzin en Pologne.
    Inaugurée le 6 novembre 2010, elle mesure 52,5 m,
    ce qui en fait la plus haute statue de Jésus dans le monde. 

    Jésus en croix est insulté : Luc 23, 35-43
    Autres lectures : 2 Samuel 5, 1-3; Psaume 121(122); Colossiens 1, 12-20

     « C’est le 20 novembre 2016, en la solennité liturgique du Christ, Roi de l’Univers, que sera conclue l’Année jubilaire. En refermant la Porte Sainte ce jour-là, nous serons animés de sentiments de gratitude et d’action de grâce envers la Sainte Trinité qui nous aura donné de vivre ce temps extraordinaire de grâce »  (Pape François, Misericordiae Vultus 5).

    Plus roi qu’on pense
    (Luc 23, 35-43)

         Jésus en croix n’a vraiment pas l’air d’un roi glorieux.  Immobilisé par les soldats, vidé de son énergie et de son sang, Jésus ne peut humainement apporter davantage aux personnes qui l’entourent. Et pourtant, l’action miséricordieuse continue. Dans cette dernière page dominicale de l’Évangile selon Luc, tout se joue dans les paroles et leur contraste. Paroles des chefs et des soldats, d’un côté. De l’autre, paroles d’un malfaiteur sympathique et de Jésus lui-même. Les paroles de dénigrement des chefs et des soldats imaginent en s’en moquant une puissance royale tournée sur elle-même. Ces paroles de dénigrement restent sans effet. Elles ne peuvent bloquer la force de la mémoire chez les personnes ouvertes à l’intervention de Jésus. Il transforme le souvenir en relation et en inclusion. Quatre brèves citations du texte suffisent pour démontrer cette dynamique de la Parole.

    35  Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu,l’Élu ! 
    37  Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même…
    42  Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. 
    43  Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis.

         Privé de sa dignité de membre du peuple de Dieu, Jésus en croix agit comme un roi en pleine possession de ses moyens. Parce qu'il se laisse bafouer, parce qu'il se laisse dénigrer, Jésus touche le coeur de celui qui reconnaît les limites du mal qu’il a fait.  Il lui ouvre une perspective différente.  Nous sommes déjà de bonnes personnes. Quelles perspectives étonnantes Jésus pourra-t-il ouvrir pour nous?

         Cette discussion politico-religieuse illustre un contenu essentiel de l’Année jubilaire qui se termine aujourd’hui. La discussion démontre que la miséricorde est un acte généreux qui convient tout à fait à Dieu, car cet acte correspond à sa propre nature divine. Le commentaire du pape François sur ce sujet est particulièrement éclairant : « La miséricorde est le propre de Dieu dont la toute-puissance consiste justement à faire miséricorde ».5  Ces paroles de saint Thomas d’Aquin montrent que la miséricorde n’est pas un signe de faiblesse, mais bien l’expression de la toute-puissance de Dieu. C’est pourquoi une des plus antiques collectes de la liturgie nous fait prier ainsi : « Dieu qui donne la preuve suprême de ta puissance lorsque tu patientes et prends pitié ».6  Dieu sera toujours dans l’histoire de l’humanité comme celui qui est présent, proche, prévenant, saint et miséricordieux »  (Misericordiae Vultus 6).

    Jésus roi assure notre héritage
    (Colossiens 1, 12-20) 

         La réflexion profonde de la deuxième lecture fournit l'argumentaire théologique pour apprécier la mise en scène trop brève de l'évangile. Dieu nous inclut dans l’héritage du peuple saint en nous arrachant au pouvoir des ténèbres. Ainsi nous prenons place dans le royaume de son Fils bien-aimé. En lui nous avons la rédemption, le pardon des péchés.

         Ce texte d’une grande profondeur consacre la différence, la distance qui séparent Jésus de l'humanité. Image du Dieu invisible, premier-né par rapport à toute créature, il est la source de vie d'où émergent et où convergent tous les éléments de la création. Puisque le Fils de Dieu se démarque autant de son milieu d'intervention, il peut vraiment lui apporter beaucoup.  Cette capacité immense provient de l'ampleur cosmique de son existence et de ses interventions. Il précède toute vie, et toute vie est orientée vers l'ultime contact avec lui.

         Pour vivre en croyants et en croyantes, nous devons contempler Jésus dans son action qui rayonne au-delà des limites du présent.  Le passé et l'avenir n'ont plus la même densité, grâce à lui. Ils sont garants de notre part d’héritage auprès de Dieu. Il s’agit d'une appartenance que rien ne peut remettre en cause dans le cœur de Dieu. Ainsi, sa miséricorde inépuisable devient la force stabilisatrice de notre univers. Quel paradoxe : la miséricorde s’avère la meilleure arme de notre Roi!

    Notre sang coule dans ses veines
    (2 Samuel 5, 1-3)

         Les thématiques de l’appartenance et de l’alliance sont évoquées dans un fragment de récit qui raconte le début du règne du roi David. Une prise de parole collective inaugure les quarante longues années de règne de David. Après quelques années de stage royal avec la tribu de Juda, le roi déploie son autorité sur l'ensemble du peuple de Dieu. Les tribus, puis les anciens se prononcent pour que David règne sur cette large entité.

         L’inauguration du règne de David est un événement majeur. Ce règne retentit jusqu’à nous. Il influence notre manière de nous représenter Dieu et son intervention dans le monde. Ce n’était pas le cas à l’origine. On s'est longtemps méfié de la royauté dans le peuple de Dieu. On craignait que le pouvoir royal ne porte ombrage à la visibilité de l'activité divine. Dieu avait promis d'intervenir au milieu de son peuple. Il fallait donc s'assurer que le roi laisse la grâce divine se manifester dans toute son ampleur. En aucun cas, ce roi ne devrait s'arroger une supériorité qui ne lui appartient pas. Connaissant la nature humaine, c'était vraiment tenter le sort…

         En reconnaissant David comme roi, les gens qui prennent la parole proposent deux éléments de discernement importants. On parle du sang de David, donc de son origine au sein de son peuple. On évoque aussi ses états de service, son implication dans la défense du peuple. Cette double référence continuera à jouer dans l'évangile, lorsque Jésus invitera dans son royaume, dans son paradis, le malfaiteur repenti...

         L'évangile prend ses distances avec la royauté davidique en soulignant les différences entre Jésus et les personnes qui l'entourent. Jésus appartient déjà à un univers « autre ». De plus, Jésus ne dépend nullement du jugement des gens qui l'entourent. Alors que David ne dit mot, Jésus domine le dialogue. Une autre différence s'établit entre la première lecture et l'évangile. La faiblesse du crucifié contraste avec les exploits militaires de David. Jésus ne sera pas apprécié comme roi pour les raisons qui ont conduit David à la gloire...

    Au-delà du Jubilé

         L’ouverture sur l’avenir est un fil conducteur des trois lectures principales de ce dimanche solennel. C’est un autre point d’arrimage avec ce dimanche de clôture annoncé par le pape François dans la Bulle d’indiction du Jubilé : « C’est le 20 novembre 2016, en la solennité liturgique du Christ, Roi de l’Univers, que sera conclue l’Année jubilaire…  Nous confierons la vie de l’Église, l’humanité entière et tout le cosmos à la Seigneurie du Christ, pour qu’il répande sa miséricorde telle la rosée du matin, pour une histoire féconde à construire moyennant l’engagement de tous au service de notre proche avenir… Combien je désire que les années à venir soient comme imprégnées de miséricorde pour aller à la rencontre de chacun en lui offrant la bonté et la tendresse de Dieu! Qu’à tous, croyants ou loin de la foi, puisse parvenir le baume de la miséricorde comme signe du Règne de Dieu déjà présent au milieu de nous. »  (Pape François, Misericordiae Vultus 5-6).

    5 Saint Thomas d’Aquin, Summa Theologiae, II-II, q. 30, a. 4.
    6  Prière d’ouverture du XXVIème dimanche du Temps ordinaire. Cette prière apparaît dès le VIIIème siècle dans les textes eucologiques du Sacramentaire Gélasien 1198.

     Alain  Faucher, ptre

     Source : Le Feuillet biblique, no 2508. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l'autorisation du Centre biblique de Montréal.

    source www.interbible.org

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