• Les 7 paroles du Christ en croix - Élisabeth

    Les 7 paroles du Christ en croix.

     

      Les 7 paroles du Christ en croix - ÉlisabethEn ces jours de carême j'aimerais méditer deux des paroles du Christ.

    Eli, Eli, lama sabahtani, traduit par mon Dieu mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?

    Oh ce cri  si poignant du psalmiste, ce cri bouleversant repris par le Christ sur le bois de la croix. Cri terrible à entendre pour tout homme qui souffre et  qui est dans l'obscurité de l'épreuve. Cette interrogation s'imprime en lettres de feu dans l'espace, transperce tous les temps pour rejoindre chacun d'entre nous là où il se trouve. Cri terrifiant d’une douloureuse incompréhension poussé par le Fils de l'Homme. Mon Dieu mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? Elle n'en finit pas de blesser tous les cœurs  cette  terrible question laissée sans réponse.

    Mais l'on peut lire autrement ce verset, donner une autre interprétation dans un dialogue permanent et vivant avec la parole de Dieu. Une interprétation qui n’annule pas la précédente mais qui bouge le sens pour nous mettre  en mouvement, en chemin  avec  un autre regard, une autre écoute.

     LAMA, pourquoi, peut  se lire Lé MA, en vue de quoi ? De quel projet ? J’ai envie d’écrire de  quel bonheur ce moment si terrible où l’homme fait l’expérience  du silence de Dieu. En vue, nous le savons, du rachat, de la rédemption et  du don de la vie éternelle. En vue  du plus grand amour. Car ce que nous appelons abandon, ce que nous ressentons comme un abandon est l'expression du plus grand amour celui qui se retire pour  permettre à l'autre d'exister. Il y a comme un  voilement de la puissance du Très haut, comme un retrait pour créer  un espace, l'espace pour l'Homme d’être et d'agir. Cela est comparable à un père qui apprend à son tout petit enfant à marcher. Ne lui lâche-t-il pas à un moment les mains pour  que celui-ci se tienne debout tout seul et avance. Retrait nécessaire pour que l'autre grandisse, avec le risque de la blessure, de l'incompréhension, le prix du plus grand amour, mystère de la souffrance d'un Dieu qui nous aime. Car ne nous y trompons pas, comment le sacrifice du Fils aurait-il pu avoir lieu si le Père n'avait consenti ?. Le Fils donne sa vie, le Père donne son Fils dans un accord parfait du souffle par amour pour le monde. Et si le Christ, sur la croix interroge comme nous le ciel c'est par ce qu’il a voulu revêtir totalement, jusque là, notre humanité. Aussi, lorsque dans nos vies nous sommes au cœur de la tourmente, ne crions pas lama pourquoi, car il n’y a jamais de réponse satisfaisante à ce genre de question qui enferme,  mais plutôt léma, en vue de quoi, quel enseignement, quelle croissance, quel surcroit d’amour ? Tout est une question de relecture , de renouvellement du sens de notre histoire  afin d’ entrer dans une dynamique de vie et non plus de mort.

    Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis.

    Cette parole et la réponse du Christ à la demande d'un homme qui comme lui est cloué au bois de la croix.

    -          Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu viendras avec ton royaume.

    -          Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis.

    Ne dirait-on pas un dialogue d’insensés ? Car voilà deux hommes suppliciés qui n'ont plus que quelques heures à vivre et l'un demande à l'autre de le sauver et l'autre tranquillement lui assure qu'il est sauvé. C'est du délire, mais pas celui que l'on croit. Oui quelque chose de complètement fou, de complètement surréaliste est en train de se passer là. Rien moins que  le don de la vie éternelle. Pour cela il aura suffi d'une parole, d'une demande. Mais quelle parole ! Une parole folle qui défie toute logique. Qu'on y réfléchisse un peu, ce n'est plus l'homme qui enseignait avec autorité, qui était acclamé et qui faisait des miracles que celui qu'on appelle le bon larron a devant lui et à qui  il adresse cette demande dans un extraordinaire acte de foi. Faisant fi de ce que ses yeux de chair voient, il sort de ses limites et aussitôt tout bascule. Et par-delà le visible dans l'invisible du monde, il rencontre l'amour de son créateur. Ne nous y trompons pas, nous sommes dans le Christ l'instrument de notre résurrection. Sans notre conversation, sans cette sortie de nos limites, sans cette folie de l'homme qui épouse la folie de la croix rien n'est possible. Le mauvais larron, c'est l'homme qui désespère, qui crie  à quoi bon ? C'est impossible, soyons réalistes, raisonnables ? C'est l'homme qui enfermé dans sa souffrance, fait de sa croix un instrument de mort. Aujourd'hui si tu sais changer de regard, si tu sais aller par de la raison, tu seras avec moi dans le paradis. Aujourd'hui et non pas demain, le passage de l'existence à la vie dans le Christ se fait en un instant. Le paradis c’est  le lieu où se rejoignent enfin le désir de Dieu pour l'homme et le désir de l'homme pour Dieu en des noces éternelles.

    Elisabeth

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