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    Les livres d'Esdras et de Néhémie (2/6)

    Le retour de l'exil

    Pour mieux comprendre les livres d’Esdras et de Néhémie il faut remonter un peu dans le temps et revenir sur les événements de l’exil.

         Il est difficile d’évaluer la population des villes et des États de l’Antiquité parce que la plupart des sources écrites  exagèrent outrageusement et que les témoignages de l’archéologie sont toujours fragiles. En s’en tenant à une estimation réaliste, on peut penser que le Royaume de Juda, à la veille de la conquête par les Babyloniens, vers 600 AC,  pouvait compter au maximum 100 000 habitants dont peut-être le quart à Jérusalem. Le 2ième livre des Rois affirme que le roi de Babylone emmena en exil tout Jérusalem … soit dix mille exilés (2 R 24, 14). Mais dix ans plus tard Nabuzaradan déporta le reste de la population laissée dans la ville, les transfuges qui avaient passé au roi de Babylone et le reste de la foule (2 R 25, 11). Il restait donc des habitants à Jérusalem après la première déportation; après cette deuxième on a l’impression d’un vide total. Pourtant, tout de suite après, Godolias est nommé gouverneur de la population encore sur place (2 R 25, 22). Le livre de Jérémie fournit des données sans doute plus réalistes : 4600 personnes déportées en trois vagues, 597, 587 et 582 AC (Jr 52, 28-30). Cela représente environ 5% de la population. Il y eut sans doute de nombreuses victimes de la guerre, même si leur nombre est impossible à établir; il y eut aussi des exilés volontaires en Égypte  (cf. Jr 43, 4-7; 2 R 25, 25-27). Malgré tout, Jérusalem et ses environs ne sont pas devenues un désert pendant l’exil. De cette population restée sur place, composée surtout d’agriculteurs et de gens de petits métiers (2 R 25, 12), nous ne savons rien sinon que sa présence va peser lourdement sur les projets de réorganisation de la communauté revenue d’exil.

    La vie des exilés

         Les exilés appartenaient aux classes les plus aisées : dignitaires, notables, artisans et ouvriers spécialisés (2 R 24, 14). Transplantés en terre étrangère et laissés sans ressources, leur sort dut être pénible, surtout au début. On connaît la plainte célèbre : Au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion (Ps 137(136), 1). Mais les déportés n’étaient pas esclaves ni prisonniers. Le prophète Ézéchiel, qui partit avec le premier contingent en 597, donne dans son livre l’image d’une communauté bien organisée avec ses anciens (Éz 14, 1; 20, 1) et ses prophètes (Éz 13, 1-3.17). Jérémie, resté à Jérusalem, écrit aux exilés de s’installer dans leur nouveau pays et de travailler à sa prospérité (Jr 29, 4-7). Par ailleurs, la perspective d’un éventuel retour n’enchantait pas la population restée sur place qui s’était approprié les propriétés abandonnées (Éz 11, 14-21).

    L’intervention de Cyrus

    Ainsi parle Yahvé à son oint, à Cyrus dont j’ai saisi la main droite pour faire plier devant lui les nations et désarmer les rois, pour ouvrir devant lui les vantaux, pour que les portes ne soient plus fermées (Is 45, 1).

         À partir de 550 AC il devint évident pour tout observateur attentif de la scène politique que l’Empire babylonien n’était plus en mesure de résister à la nouvelle puissance montante, la Perse. La réputation de tolérance de ses dirigeants était déjà connue. C’est pourquoi une partie au moins des Judéens résidant à Babylone a vu dans ce changement de régime une promesse de salut en rendant possible un retour dans la patrie des ancêtres et la restauration d’une vie nationale. Le prophète qu’on nomme le Deutéro-Isaïe (Is 40 à 55) envisage cette restauration avec enthousiasme; il la décrit comme une marche triomphale où Yahvé prendra la tête de son peuple pour le conduire à travers le désert (cf. Is 40, 3-5).

         Lorsqu’arriva enfin la permission tant attendue (cf. Esd 1, 2-4; 6, 3-5), le peuple des exilés ne se leva pas comme un seul homme pour retourner en Judée. La plupart des exilés n’avaient jamais vu Jérusalem, ils avaient grandi en Mésopotamie et y avaient leurs affaires. Ce qu’on pouvait savoir de la situation sur place n’était pas très invitant : beaucoup de villes et de maisons en ruines, une population locale peu accueillante aux nouveaux venus. Il fallait beaucoup de courage et de foi aux premiers rapatriés pour tenter cette aventure et entreprendre le voyage.

     

    Jérôme Longtin, prêtre

    Source www.interbible.org

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