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    L'enfance du Christ selon saint Luc (1/6)

    Les récits d'enfance : une préface qui en dit long

    le verbe 46 Le temps de l’Avent débute dimanche prochain. Les grandes figures bibliques de ce temps liturgique nous sont bien connues. Faisons-en un tableau à grands traits.


         Dans le Premier Testament, le prophète Isaïe est sans conteste la figure dominante : nul autre que lui s’est fait le chantre de l’espérance messianique. Comme deux autres prophètes se réclament de la pensée d’Isaïe, on ne s’étonnera pas que l’attente de l’Emmanuel, de Dieu-avec-nous, traverse plusieurs périodes de l’histoire israélite, de part et d’autre de l’exil babylonien (597-537). Les chrétiens du 1er siècle puiseront largement dans l’œuvre d’Isaïe pour comprendre et situer la mission du Christ dans l’histoire du salut.


         Dans le Nouveau Testament, un autre prophète, Jean le Baptiste, annonce l’accomplissement de cette espérance et invite les croyants à se convertir pour être prêts à accueillir l’envoyé de Dieu, le messie qui approche. Jean se tient donc sur la frontière des temps nouveaux et apparaît comme la lampe qui illumine le chemin qui fera passer le peuple de Dieu de la première à la nouvelle alliance. Comme disait saint Augustin, il est la voix qui annonce la Parole, Jésus Christ. L’évangéliste Luc présente le Baptiste dans la plus pure tradition prophétique des Amos et Michée; il a une parole incisive, interpellant tout un chacun à la conversion radicale. De nos jours, qui sait s’il n’aurait pas joué de la casserole et fait retentir sa voix dans le mouvement de critique sociale que le Québec a connu durant le printemps 2012?


         Et bien sûr, il y a Marie, la femme choisie de Dieu, la nouvelle mère des vivants comme disaient les Pères de l’Église, façonnée par l’Amour divin pour que la Parole vivante s’incarne dans son sein. Elle est la première à accueillir le don de Dieu et à le remettre à l’humanité entière. Luc la présente comme un disciple accompli, habitée par la Parole, adonnée à la prière, au service de l’évangélisation.


         La galerie des personnages de saint Luc ne s’arrête pas là. Il y a aussi tous ces croyants et croyantes de la première alliance qui sont déjà animés par l’Esprit de la Pentecôte. Ces Zacharie, Élisabeth, Syméon, Anne connaissent la joie de voir leur espérance messianique enfin accomplie. Et n’oublions pas les bergers, ces pauvres de Yahvé, qui sont les premiers témoins de l’annonce publique de la naissance du Fils de Dieu et qui eux aussi se font les porteurs de la Bonne Nouvelle.

    Tous ces personnages préfigurent ces femmes et ces hommes que Luc présentera dans son évangile, qui feront la rencontre de Jésus sur les routes de Galilée, qui seront saisis par sa parole et touchés par sa présence, qui seront interpellés dans leur foi et leur quête spirituelle.

    Un Évangile en miniature

         Une question revient sans cesse à propos des récits dits de l’enfance de Jésus que l’on trouve en guise d’introduction aux évangiles de Luc et de Matthieu. Comment doit-on lire ces textes? D’un point de vue strictement historique, ou exclusivement symbolique, ou purement merveilleux? Ou un savant mélange de tout cela? Les exégètes, comme Philon et Origène, lisaient toujours l’Écriture selon plusieurs sens (littéral, historique, symbolique, spirituel) en les mettant en relation les uns avec les autres. Cette diversité d’approches faisait apparaître la richesse de la Parole. Il ne saurait en être autrement encore de nos jours, même si nos techniques d’analyse ont évolué.


         En lisant les deux premiers chapitres de Luc, ne faisons pas comme si Jésus n’était pas né. Luc écrit ces pages une fois son recueil évangélique complété, pour en faire la préface de son œuvre. La rencontre du Christ ressuscité est donc préalable à ces récits et constitue la clé d’interprétation de tout ce qui s’y passe et se dit.


         Je vous proposerai à partir de dimanche prochain une série de découvertes de ces récits de l’enfance de Jésus. Tout en apportant une compréhension exégétique de ces récits, forcément limitée, je chercherai surtout à les mettre en relation avec d’autres passages de l’évangile de Luc.    Nous découvrirons ainsi que ces récits sont un évangile en miniature, comme les enluminures qui ornaient certains ouvrages du Moyen Âge et de la Renaissance.

     

    Yves Guillemette, ptre

    Source www.interbible.org

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