• Mozambique : Appel à la sérénité face aux dernières attaques terroristes. AED

    Mozambique

    Appel à la sérénité face aux dernières attaques terroristes.

    L’Église du Mozambique est préoccupée par les récentes attaques perpétrées par des membres d’un nouveau groupe djihadiste qui, d’octobre 2017 à juin 2018, ont déjà tué des dizaines de personnes, et sème la terreur en brûlant des maisons et en attaquant des églises ainsi que des mosquées dans la province de Cabo Delgado. L’évêque de Pemba, Mgr Luis Fernando Lisboa, lance un appel au « calme et à la sérénité » à tous les citoyens de cette région du nord du pays, qui est aussi l’une des plus pauvres.

    On dispose de peu de données sur ce groupe terroriste qui porte le même nom que l’organisation somalienne Al Shabab, mais qui n’a apparemment aucun rapport avec elle. Les rumeurs au sein de la population nuisent encore plus à la situation. « L’ennemi n’a ni visage ni porte-parole. Nous ne connaissons pas notre ennemi. On ne sait pas qui combattre. On ne sait même pas le motif de sa lutte. On parle de radicalisme religieux, de lutte pour les ressources naturelles, du commerce illicite d’armes, de conflits politiques, de rivalités ethniques… mais la vérité est que personne ne peut encore confirmer avec certitude de quoi il s’agit », déclare l’évêque de Pemba dans une déclaration adressée à l’Aide à l’Église en Détresse (AED), tout en expliquant que « les victimes des différentes attaques n’avaient aucune relation entre eux, ils étaient originaires de villages différents et étaient de religions différentes. Ce ne sont pas spécifiquement les chrétiens qui sont persécutés ». 

    Recevoir de l’argent pour attaquer

    Cette situation de grande violence « est absolument nouvelle pour tous », et a surpris le gouvernement, la population et les forces de sécurité. Dans la province de Cabo Delgado, de nombreuses personnes ont été détenues pour interrogatoire. « Certains ont déjà été remis en liberté, mais beaucoup d’autres ne le sont pas encore. Au Mozambique, ni les prisons ni le personnel pénitentiaire ne sont préparés à cette situation, et par conséquent, cela déclenche un certain nombre de problèmes liés à la violation des droits de l’homme », déplore l’évêque. Pour éviter d’autres attaques, « des voitures blindées ont été placées dans plusieurs districts, de nombreux soldats et policiers armés inspectent les gens et les voitures, en particulier dans la partie septentrionale de la province ».

    Un autre facteur aggravant est la situation d’extrême pauvreté et le chômage élevé des jeunes au Mozambique. Ils deviennent ainsi des proies faciles pour les terroristes. « On raconte que les jeunes qui ont accepté de participer à ce groupe se sont vu promettre de grosses sommes d’argent », affirme le prélat. « Nous pensons que le groupe terroriste veut ainsi exprimer sa fureur ou son mécontentement. C’est sa façon de crier et d’attirer l’attention. Les jeunes impliqués ne sont pas seulement des inconnus, des étrangers ou des “terroristes”, comme nous les appelons habituellement. Il y a aussi des jeunes de nos familles, de nos villages, de chez nous, de notre confession… »

    En tant que chef de l’Église du diocèse de Pemba, Mgr Lisboa rend visite aux communautés et aux paroisses touchées pour leur donner des paroles d’encouragement et pour soutenir spirituellement les missionnaires. « Nous travaillons pour calmer les esprits et demander aux gens de rester sereins. Nous avons demandé que ne soient pas diffusées d’images violentes sur les réseaux sociaux ni répandus plus de rumeurs concernant les faits ; cela crée encore plus de panique et suscite une atmosphère d’insécurité. Nous prions beaucoup et nous demandons de prier pour que ces attentats s’arrêtent et pour que les autorités arrêtent les coupables et qu’ils soient jugés. Nous ne devons pas nous sentir piégés ou paralysés, malgré la prudence dont nous devons faire preuve ». 

    Les ressources minières : sources de conflit permanent

    Interrogé sur les plus grands défis auxquels l’Église du Mozambique est confrontée en ce moment, l’évêque répond qu’« en général, et en particulier dans la province de Cabo Delgado, notre plus grand trésor, qui est en même temps notre grand problème, est la présence de ressources naturelles. Cela pourrait être l’occasion de mettre fin ou de réduire les écarts à l’intérieur du pays, mais c’est plutôt une source de conflit permanent. »

    L’évêque se souvient que « ces dernières années, après la découverte d’importantes ressources naturelles, nous avons fait l’objet d’une véritable invasion de personnes d’origines diverses, d’entreprises et de projets différents. Nos richesses peuvent générer de l’emploi, de la stabilité et de l’espoir pour notre société si elles sont bien gérées, distribuées et contrôlées. Les inégalités qui ont toujours existé ne peuvent disparaître qu’avec une distribution sérieuse et responsable des biens ». 

    Il y a beaucoup d’autres défis qui pèsent sur l’Église : la pauvreté, la malnutrition maternelle et infantile, les mariages prématurés, les grossesses précoces des jeunes filles, le manque de soins adéquats pour les populations, les conditions d’éducation, les dettes cachées contractées par le gouvernement précédent qui ont contribué à l’augmentation de la pauvreté, l’absence de réconciliation nationale après les deux guerres, pour n’en nommer que quelques-uns.

    Dans un communiqué envoyé de son diocèse, Mgr Lisboa encourage chacun à intensifier ses prières et à « ne pas être aveuglé par les préjugés religieux, ethniques et politiques, mais plutôt à former un grand courant de bons sentiments, de bonnes actions, de bonnes relations, de bons conseils, de bonnes initiatives… pour que la paix, qui est toujours le fruit de la justice, règne à nouveau parmi nous ».

     source https://acn-canada.org/fr

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