• François et le grand ayatollah Ali Sistani 

    Pape François et saint François et son frère musulman

    François d'Assise et le sultan Al-Kâmil

    Pape François et saint François et son frère musulman

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    Source du fils d'un ancien de la fraternité, Merci Réjean


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  • Le Pape encourage les prêtres et consacrés à persévérer dans leur témoignage de foi

    Pour la deuxième étape de son voyage en terre d'Abraham, le Pape François a rencontré les évêques, prêtres et religieux d’Irak à la cathédrale syro-catholique de Bagdad, lieu d’un terrible attentat le 31 octobre 2010, en pleine messe.
     

    François a été accueilli par le Patriarche syriaque catholique, Sa Béatitude Ignace Joseph III Younan, qui a exprimé «l’affection filiale et la profonde gratitude» de sa communauté pour cette visite de l’évêque de Rome, qui «préside dans la charité» parmi les Églises en communion.

    Il est ensuite revenu sur le souvenir douloureux de l’attentat du 31 octobre 2010, survenu en ce même lieu, qui a été depuis superbement restauré mais qui en porte encore des stigmates. «Les 48 martyrs massacrés durant la célébration de la Divine Liturgie dominicale, justement dans cette cathédrale il y a dix ans, ont mélangé leur sang avec celui de l’Agneau, pour témoigner à leurs frères oppressés, tués ou éradiqués, en Irak et dans le Proche-Orient, que Jésus lui-même, Dieu Sauveur, continuera comme il l’a promis à vivre en eux. Et nous, forts de cette foi, avec courage, nous voulons continuer à témoigner du Christ Ressuscité», a-t-il déclaré. Il a demandé au Pape de soutenir un aboutissement rapide du processus de béatification de ces martyrs.

    L’accueil chaleureux du cardinal Sako

    En son titre de président de l’Assemblée des évêques catholiques d’Irak, qui regroupe donc les différentes Églises en communion avec Rome, le cardinal Louis Raphaël Sako, Patriarche de l’Église chaldéenne a remercié le Pape pour sa visite sur la terre d’Abraham. «Bienvenue ô Père de notre Église», a-t-il déclaré, utilisant une expression populaire en arabe. «C'est une grande joie pour tous les Irakiens», a-t-il souligné.

    «Nous vous remercions de votre courageuse visite, qui approfondit en nous la confiance dans le Seigneur et nous encourage à continuer à vivre avec foi et constance, à consolider nos relations fraternelles entre nous, entre chrétiens et avec nos compatriotes musulmans, que nous aimons comme des frères», a-t-il souligné, dans l’esprit de l’encyclique Fratelli tutti.

    «Les chrétiens étaient très majoritaires lorsque les musulmans sont arrivés dans notre pays, et ils ont beaucoup donné aux musulmans. En effet, nos ancêtres ont créé un modèle de coexistence, contribuant grandement à la culture; aujourd'hui, nous sommes devenus une minorité, mais nous sommes une minorité vivante et active et nous avons contribué à la construction de l'Irak et au développement de sa culture», a rappelé le cardinal Sako.

    Il est ensuite revenu sur les tragédies récentes. «Ces dernières années, nous avons été soumis à de nombreuses difficultés, dangers et persécutions et le meilleur témoignage est cette cathédrale des catholiques syriaques dans laquelle nous sommes réunis, qui a été soumise à un attentat criminel à la bombe le 31 octobre 2010: au cours de la sainte messe, 48 martyrs ont été tués, dont deux de nos jeunes prêtres, Tha'er et Wasim, et beaucoup ont été blessés. En août 2014, Daech a chassé les 120 000 chrétiens de la plaine de Ninive et du Mossoul. Nous remercions Dieu que ces régions aient été libérées en 2017 et que 50 % de leurs habitants soient revenus», a tenu à souligner le Patriarche chaldéen.

    «Malgré ce qui nous a touchés et notre douleur, nous avons conservé notre foi, notre sérénité spirituelle et notre solidarité fraternelle, et toutes les Églises ont fait un grand travail pour soutenir les personnes touchées, les aider et soulager leur douleur», a-t-il rappelé.

    «Votre visite paternelle nous donne la force de surmonter l'adversité, nous rassure sur le fait que nous ne sommes pas oubliés et génère en nous la confiance et l'enthousiasme nécessaires pour poursuivre notre chemin de foi et de témoignage évangélique, malgré les difficultés, et pour contribuer avec nos compatriotes musulmans et d'autres à construire notre pays sur des règles solides et à établir les valeurs de citoyenneté et de coexistence sur la base d'une fraternité respectueuse de la diversité et du pluralisme. Si Dieu le veut, grâce à vos prières, à votre intérêt constant et à la bonne volonté des Irakiens, nous sortirons de nos crises vers un avenir meilleur», a assuré le cardinal Sako.

    Le Pape invite les chrétiens à témoigner de l'amour du Christ

    Embrassant tous les participants «avec une affection paternelle», le Pape a été accueilli avec une grande chaleur, dans un ambiance très festive rythmée par les chants et de youyous, revêtant un collier de fleurs aux couleurs du Vatican, en prenant le temps de saluer des personnes handicapées à l’entrée de la cathédrale. «Nous sommes réunis dans cette Cathédrale Notre-Dame du Perpétuel Secours, bénis par le sang de nos frères et sœurs qui ont payé le prix extrême de leur fidélité au Seigneur et à son Église», a-t-il souligné dans son discours en évoquant le massacre du 31 octobre 2010. «Puisse le souvenir de leur sacrifice nous inspirer à renouveler notre foi dans la force de la Croix et de son message salvifique de pardon, de réconciliation et de renaissance. Le chrétien, en effet, est appelé à témoigner de l’amour du Christ partout et en tout temps. C’est l’Évangile à proclamer et à incarner aussi dans ce bien aimé pays.»

    Même avec les difficultés posées par l’insécurité persistante et par la pandémie, «ce qui ne doit jamais être bloqué ou réduit, c’est notre zèle apostolique que vous puisez au racines très anciennes de la présence ininterrompue de l’Eglise sur ces terres, depuis les premiers temps», a souligné François en citant l’exhortation apostolique de son prédécesseur Benoît XVI Ecclesia in Medio Oriente, rédigée suite au Synode de 2010.

    «Nous savons combien il est facile d’être contaminé par le virus du découragement qui semble parfois se répandre autour de nous, a expliqué le Pape en filant une métaphore faisant écho à l’actualité. Pourtant, le Seigneur nous a donné un vaccin efficace contre ce mauvais virus: c’est l’espérance qui naît de la prière persévérante et de la fidélité quotidienne à notre apostolat. Avec ce vaccin, nous pouvons aller de l’avant avec une énergie toujours nouvelle, pour partager la joie de l’Évangile, comme disciples missionnaires et signes vivants de la présence du Règne de Dieu, Règne de sainteté, de justice et de paix», a rappelé l’évêque de Rome.

    «Comme nous le voyons dans l’histoire antique de l’Église sur ces terres, une foi vivante en Jésus est "contagieuse", elle peut changer le monde», a insisté le Pape.

    Faire face aux difficultés et aux persécutions sans perdre l’espérance

    «Les difficultés font partie de l’expérience quotidienne des fidèles irakiens», a-t-il reconnu. «Au cours des dernières décennies, vous et vos concitoyens avez dû affronter les effets de la guerre et des persécutions, la fragilité des infrastructures de base et la lutte continuelle pour la sécurité économique et personnelle, qui a souvent conduit à des déplacements internes et à la migration de nombreuses personnes, aussi parmi les chrétiens, dans d’autres parties du monde.»

    Le Pape a remercié les prêtres et les évêques pour leur proximité avec le peuple en ces temps d’épreuves, notamment à travers l’éducation et l’aide caritative, qui «représentent une ressource précieuse aussi bien pour la vie de la communauté ecclésiale que pour celle de toute la société. Je vous encourage à persévérer dans cet engagement afin de garantir que la communauté catholique en Irak, bien que petite comme une graine de moutarde (cf. Mt 13, 31-32), continue à enrichir la marche du pays dans son ensemble», a rappelé le Pape.

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    En mettant en avant la diversité des Églises, le Saint-Père a développé la métaphore du tapis oriental en expliquant que «Dieu lui-même est l’artiste qui a conçu ce tapis, qui l’a tissé avec patience et le reprise avec soin, nous voulant tous bien entrelacés entre nous comme ses fils et ses filles». Que l’exhortation de saint Ignace d’Antioche soit toujours dans notre cœur, a-t-il demandé: «Qu’il n’y ait rien entre vous qui puisse vous séparer, mais qu’il n’y ait qu’une seule prière, un seul esprit, une seule espérance, dans l’amour et dans la joie».

    Entre les chrétiens, les « nœuds » qui empêchent le tissage de la fraternité «peuvent être défaits par la Grâce, par un amour plus grand; ils peuvent être guéries par le pardon et par le dialogue fraternel, en portant patiemment les fardeaux les uns des autres (cf. Gal 6, 2) et en se réconfortant mutuellement dans les moments d’épreuve et de difficulté», a insisté François.

    S’adressant plus spécifiquement à ses frères évêques, le Pape a insisté sur leur devoir de proximité, tant avec Dieu dans la prière qu’avec leurs fidèles et leurs prêtres. «Qu’ils ne vous voient pas seulement comme des administrateurs ou des managers, mais comme des pères soucieux que leurs enfants se portent bien, prêts à leur offrir soutien et encouragement avec un cœur ouvert. Accompagnez-les par votre prière, par votre temps, par votre patience, en appréciant leur travail et en guidant leur croissance. De cette façon vous serez pour vos prêtres un signe visible de Jésus, le Bon Pasteur qui connaît ses brebis et donne sa vie pour elles (cf. Jn 10, 14-15)», a exhorté François.

    Il a invité les prêtres, religieux et religieuses, catéchistes et séminaristes à «partager la Bonne Nouvelle avec enthousiasme et avec courage, en vivant et en cheminant toujours à la lumière de la Parole de Dieu que nous avons le don et le devoir d’annoncer»

    Plutôt que de se laisser happer par les tâches administratives, «il est important de sortir au milieu de notre troupeau et d’offrir notre présence et notre accompagnement aux fidèles dans les villes et les villages. Je pense à tous ceux qui risquent de rester à la traîne: aux jeunes, aux personnes âgées, aux malades et aux pauvres. Quand nous servons le prochain avec dévouement, comme vous le faites, dans un esprit de compassion, d’humilité, de bienveillance, avec amour, nous servons réellement Jésus, comme lui-même nous l’a dit (cf. Mt 25, 40). Et en servant Jésus dans les autres, nous découvrons la vraie joie», a-t-il insisté, en exhortant les prêtres et consacrés à prendre son loin de leur lignage avec le peuple saint de Dieu, et à rester fidèle à la foi transmise par leurs mamans et leurs grands-mères.

    L’hommage aux martyrs de 2010

    Le Pape a ensuite évoqué «nos frères et sœurs morts lors de l’attentat terroriste dans cette cathédrale il y a dix ans et dont la cause de béatification est en cours. Leur mort nous rappelle avec force que l’incitation à la guerre, les attitudes de haine, la violence et l’effusion de sang sont incompatibles avec les enseignements religieux. Et je veux rappeler toutes les victimes de violences et de persécutions, appartenant à quelque communauté religieuse que ce soit. Je veux vous remercier pour votre engagement à être des artisans de paix, au sein de vos communautés et avec les croyants des autres traditions religieuses, en répandant des semences de réconciliation et de coexistence fraternelle qui peuvent porter à une renaissance d’espérance pour tous», a souligné François, en évoquant sa rencontre de samedi matin à Ur avec les responsables des autres religions.

    François a aussi évoqué la situation des jeunes, qui sont «porteurs de promesse et d’espérance, surtout dans ce pays. Ici, en effet, il n’y a pas seulement un inestimable patrimoine archéologique, mais une richesse incalculable pour l’avenir: ce sont les jeunes. Ils sont votre trésor et il convient d’en prendre soin, en nourrissant leurs rêves, en accompagnant leur chemin, en faisant grandir leur espérance. Bien que jeunes, en effet, leur patience a déjà été mise durement à l’épreuve par les conflits de ces années. Mais rappelons-nous, avec les anciens ils sont la pointe de diamant du pays, les fruits les plus savoureux de l’arbre: il nous revient de les cultiver dans le bien et de les irriguer d’espérance», a expliqué François.

    S’adressant à tous les participants, le Souverain Pontife a demandé que «leur témoignage, mûri dans les épreuves et renforcé par le sang des martyrs, soit une lumière qui resplendit en Irak et au-delà, pour annoncer la grandeur du Seigneur et faire exulter l’esprit de ce peuple en Dieu notre Sauveur» (cf. Lc 1, 46-47).

    «Que Notre-Dame du Salut et l’Apôtre Saint Thomas intercèdent pour vous et vous protègent toujours», a conclu François, en leur adressant sa bénédiction et en leur demandant de prier pour lui.

    source https://www.vaticannews.va/

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  •  Accueil officiel du pape François en Irak

    Pour la première fois, le pape François foule le sol irakien. Il est accueilli par le Premier ministre Moustafa al-Kazimi et son épouse à sa descente de l'avion sur le tarmac de l'aéroport de Bagdad. Ce pays à majorité musulmane, où les chrétiens représentent entre 1 et 2,5% de la population, a connu des années de conflits. Le pape entend encourager les chrétiens d'Irak et apporter un message de paix et de stabilité. Ce pèlerinage en Irak est le 33ème voyage apostolique du pape François. Pour en savoir plus sur ce voyage historique : https://www.ktotv.com/papeenirak
    VIDÉO - Accueil officiel du pape François en Irak
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
      
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  • Irak

    Le pèlerinage très politique du pape François

    Première historique, un pape se rend en Irak du 5 au 8 mars 2021. Ce sera une visite pour les chrétiens de ce pays, mais aussi une plongée sur la scène politique avec comme point fort une rencontre avec l’ayatollah Ali Al-Sistani, promoteur d’un « chiisme national ».

    source de la photo GOOGLE MAP

    Le pape au secours des chrétiens irakiens ? Pas si simple. En se rendant en Irak ce 5 mars 2021, le pape François entamera un voyage de quatre jours qualifié d’« historique » dans les milieux catholiques. Historique, et aussi politique. Certes, l’Irak résonne tout particulièrement pour les croyants et pour l’Église. Le pays abrite la ville de naissance d’Abraham, père mythique des monothéismes, aujourd’hui appelée Nassiriya. Le pape y présidera une cérémonie avec des dignitaires musulmans et d’autres religions, comme les yézidis. Et l’Irak est toujours le siège de plusieurs Églises des premiers temps, fondées par les évangélisateurs dans les années qui ont suivi la mort de Jésus sur la croix. L’Église chaldéenne, rattachée à Rome, représente les deux tiers des chrétiens irakiens.

    L’Irak est aussi le cœur de la souffrance des chrétiens orientaux, qui ont fui en masse le pays de leurs ancêtres. Ils étaient 1 500 000 en 2003, avant l’invasion américaine ; ils ne sont plus que 200 000 à 400 000, selon les estimations les plus optimistes, sur une population de 39 millions d’Irakiens. La plupart d’entre eux se sont installés aux États-Unis, au Canada, en Suède ou en France, où ils ont construit deux imposantes églises en banlieue parisienne. En 2015, le premier prêtre de l’Église chaldéenne né en France, Narsay Soleil, a été ordonné dans l’église Saint-Thomas Apôtre de Sarcelles. D’autres suivront sans doute, selon le destin habituel des diasporas qui s’installent dans une nouvelle vie au fil des générations. Il est très peu probable qu’ils reviennent, malgré l’espoir mesuré du clergé local.

    DES ÉTAPES SYMBOLIQUES À MOSSOUL ET ERBIL

    La fuite des chrétiens irakiens a commencé en 2003, dans le chaos engendré par l’invasion américaine : enlèvements, attentats, exactions des gangs et milices ont commencé à provoquer leur exode. Il s’est accéléré avec l’arrivée de l’organisation de l’État islamique (OEI), qui a chassé les chrétiens des villes du nord de l’Irak où ils étaient nombreux, à Mossoul et Qaraqosh principalement. Quelque 100 000 d’entre eux sont toujours réfugiés au Kurdistan irakien autonome, pour la plupart dans une situation précaire et provisoire.

    Le pape va bien sûr leur apporter le soutien de l’Église de Rome. Il devrait se rendre brièvement à Mossoul et à Qaraqosh où la cathédrale incendiée par l’OEI a été remise en état, et où la moitié des habitants chrétiens seraient revenus. Des messes sont également prévues, mais sans les foules habituelles à cause de la pandémie de Covid-19, à Erbil au Kurdistan pour les réfugiés, et à Bagdad, où l’une des célébrations aura lieu dans la cathédrale syriaque-catholique — autre Église rattachée à Rome — de Sayidat El-Najat, lieu d’un attentat et d’une prise d’otages qui fit 50 morts le 31 octobre 2010.

    Pour lire la suite c'est ICI

    Pour en connaitre un peu PLUS sur l'histoire chrétienne en IrakVOIR CETTE VIDÉO

    source https://orientxxi.info/

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  • Entretien avec le cardinal Pietro Parolin. Entretien avec le cardinal Pietro Parolin.  

    Cardinal Parolin: le Pape va porter l'espérance du dialogue en Irak

    L'Irak se prépare à accueillir le Successeur de Pierre. «Le Pape veut lancer un message vers l'avenir», explique le Secrétaire d'État du Saint-Siège dans un entretien à Vatican News.
     

    Massimiliano Menichetti - Cité du Vatican

    L'Irak attend que François reprenne ses voyages en choisissant d'apporter du réconfort à un peuple qui a souffert ces dernières années à cause des persécutions, de la guerre et des violences perpétrées par l’organisation du groupe État islamique, mais aussi de continuer à construire la voie de la fraternité et le grand pont du dialogue.

    Pour la première fois dans l'Histoire, un Pape se rendra en Irak. Le pays qui a donné naissance à Abraham et où réside l'une des plus anciennes communautés chrétiennes, a encore des blessures de guerre très visibles, et doit faire face aux fléaux de la pauvreté, du terrorisme et maintenant du Covid-19. Le Secrétaire d'État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin, évoque l'importance de ce voyage, en insistant sur l'urgence d'une collaboration pour reconstruire le pays et panser toutes les «blessures, pour commencer une nouvelle étape».

    Cardinal Parolin - Le Pape reprend ses pèlerinages apostoliques après cette assez longue période de suspension due à la crise sanitaire du Covid-19. Il les reprend en tournant son attention vers un pays particulièrement souffrant, un pays qui porte dans son corps les blessures de la guerre, du terrorisme, de la violence, des affrontements.  

    Le Pape veut donc manifester une attention particulière, une proximité particulière, à ce pays, à l'Irak. Le but et la signification de cette visite sont précisément de manifester la proximité du Pape avec l'Irak et les Irakiens; et de lancer un message important: nous devons collaborer, nous devons travailler ensemble pour reconstruire le pays, pour guérir toutes ces blessures, et pour commencer une nouvelle étape.

    VN - Il y a trois ans, lors d'une visite en Irak, vous avez dit que «les chrétiens et les musulmans sont appelés à éclairer les ténèbres de la peur et du non-sens». Quelle est la signification de ces mots à la veille du voyage du Pape?

    R. - Je crois que ces mots conservent toute leur pertinence. Je me souviens de les avoir prononcés dans un contexte joyeux, la veille de Noël dans la cathédrale chaldéenne de Bagdad, pleine de monde, pleine de chants et pleine de lumière, malgré le climat morose à l'extérieur. Je pense qu'ils conservent leur pertinence.

    Surtout, ils sont en accord avec la devise du voyage du Saint-Père: «Vous êtes tous frères». Or, cette fraternité vient du fait d'être enfants d'un même père. Il y a aussi une référence à Abraham, qui est né précisément en Irak.

    De là, son aventure a commencé après l'appel du Seigneur. Abraham, auquel se réfèrent tant les chrétiens que les musulmans. Ensuite, cette fraternité doit également se traduire par un engagement commun. C'est pourquoi je disais qu'ils sont appelés à être la lumière dans l'obscurité et à dissiper les obscurités, les nombreuses obscurités qui existaient alors, il y a deux ans, et que, même si un effort a été fait pour les surmonter, elles demeurent en grande partie.

    VN. - Ce sera une visite intense de quatre jours. Le Pape étreindra l'Église locale et participera à une rencontre interreligieuse à Ur, la ville d'Abraham, il visitera des lieux de persécution, de martyre et de reconstruction. Quel est l'objectif de ce voyage?

    R. – Le Pape veut lancer un message vers l'avenir, c’est le but du voyage. Il y a des situations et des réalités qui traversent une certaine souffrance, sauf précisément là où il y a eu persécution, martyre. L'Église elle-même connaît une situation difficile, le dialogue interreligieux doit être encouragé. Les difficultés peuvent toutefois être surmontées, s'il existe une bonne volonté et un engagement de la part de tous, pour se rassembler, pour collaborer afin de reconstruire. Je crois que le message sera le suivant: ne nous laissons pas bloquer par tout ce qui s'est passé, aussi négatif que cela ait pu être -et c'était très négatif- mais regardons devant nous avec espérance et courage pour reconstruire cette réalité de l'Irak.

    VN.- Quelle est la signification de la rencontre avec le Grand Ayatollah Al-Sistani? Un autre pilier pour le pont de la fraternité?

    R. - Oui, je le pense certainement, compte tenu également du fait qu'Al-Sistani est l'une des personnalités les plus symboliques et les plus significatives du monde chiite; et compte tenu également du fait qu'Al-Sistani s'est toujours prononcé en faveur d'une coexistence pacifique au sein de l'Irak, en disant que tous les groupes ethniques, les groupes religieux, font partie du pays. C'est très important car cela va dans le sens et dans la direction de la construction de cette fraternité entre chrétiens et musulmans qui doit caractériser le pays. C'est donc un moment important et je pense que ce sera certainement l'un des moments les plus significatifs de la visite du Pape en Irak.

    VN. - Ces dernières années, en raison de la violence, plus d'un million de chrétiens se sont expatriés d'Irak. Le voyage du Pape apporte-t-il aussi un espoir de changement en ce sens?

    R. - Il est certain que l'Église -les chrétiens, les catholiques- en Irak, attend le Pape avec beaucoup d'envie. Et il faut certainement les encourager à vivre leur vocation chrétienne dans cette situation difficile comme celle de l'Irak, je dirais que c'est presque une vocation au sein de la vocation chrétienne, celle des chrétiens du Moyen-Orient, de vivre dans leur réalité, dans leur environnement, dans leurs pays. Et donc certainement le Pape encouragera cette Église à être courageuse, capable de témoigner, et lancera aussi une invitation à rester précisément sur place pour témoigner de cette présence. Nous avons déjà dit à maintes reprises que sans les chrétiens, le Moyen-Orient ne serait plus le même.

    VN.- Le gouvernement irakien a salué ce voyage comme «un message de paix». Comment construire la stabilité, le dialogue et la coexistence après tant d'années de dévastation et de violence?

    R. - C'est un grand défi, un grand défi auquel le gouvernement, bien sûr, et toute la société, essaient de donner une réponse. Nous devons nous réunir et collaborer. Afin de se réunir pour collaborer, pour construire cette unité, il y a certainement un besoin de pardon et de réconciliation. Nous devons surmonter le passé, regarder vers l'avenir dans ce sens nouveau et positif. En même temps, il y a donc aussi des mesures à prendre, par exemple contre le sectarisme, qui malheureusement caractérise encore de larges franges de la société, contre la corruption, les inégalités et les discriminations, afin que chacun puisse avoir sa place et que chacun se sente citoyen du pays, avec les mêmes droits, avec les mêmes devoirs et avec le même engagement et la même responsabilité de contribuer à sa construction. Il me semble que ce devraient être les principaux moyens pour essayer de reconstruire le pays.

    VN. - Éminence, quel est votre souhait pour ce voyage?

    R. - Mon souhait est que ce moment, cette présence du Saint-Père, tant attendue, tant espérée et souhaitée, soit effectivement un moment de renaissance matérielle, de renaissance spirituelle pour le peuple irakien, afin que cela ait aussi des répercussions dans toute la région qui a besoin de bons exemples. Et que cela se fasse sous le signe de la fraternité: «Vous êtes tous frères», telle est la devise sous laquelle se déroule ce voyage du Pape.

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  • source de la photo  Google Earth 

    «Fratelli tutti» traduite en russe par des musulmans

    La semaine prochaine, la première traduction en russe de l’encyclique du Pape François sur la fraternité humaine sera présentée à Moscou. Un travail fait par des musulmans russes à l’approche de Noël.
     

    Vendredi 3 mars, le nonce apostolique en Russie, Mgr Giovanni D’Aniello, et l’archevêque de Moscou, Mgr Paolo Pezzi, présenteront aux côtés du directeur spirituel des musulmans de la Fédération de Russie, le grand mufti de Russie Ravil Gainutdin, la première traduction en russe de l’encyclique du Pape François sur la fraternité humaine, signée à Assise début octobre.

    La traduction a été réalisée, et l’ouvrage publié, par la maison d’éditions Medina avec l’aide du collectif scientifique du Forum musulman international, sous l’égide de la Direction spirituel des musulmans de la Fédération de Russie. Un travail effectué symboliquement à l’approche de la fête de Noël.

    Une collection pour promouvoir le dialogue

    La publication de Fratelli tutti en russe est le premier d’une série d’ouvrages publiés dans une collection intitulée "Dialogue interreligieux", «visant à promouvoir l'étude et la réflexion scientifiques sur les questions fondamentales concernant l'harmonisation des relations interreligieuses, ainsi qu'à enrichir substantiellement le discours interreligieux contemporain», peut-on lire dans le communiqué présentant cet événement. Ces ouvrages auront à cœur de mettre en lumière des initiatives de nature pacifiste et humanitaire, ainsi que les messages prononcés sur ces thèmes par les chefs religieux.

    La présentation de ce premier ouvrage aura lieu vendredi 3 mars à 16 heures, au centre culturel «Pokrovskie vorota», en plein centre de Moscou. Ce lieu d’échanges et d’exposition situé dans l’ancienne maison de maître de la famille Botkins, un grand collectionneur d’art qui jeta un pont entre la culture russe et celle d'Europe occidentale il y a 150 ans, a pour but de diffuser la culture chrétienne par la mise en œuvre de projets créatifs et ouverts à tous. Il est né de l’intuition de l’archevêque émérite de Minsk, Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, et du métropolite Filaret, l’ancien chef de l’Église orthodoxe russe au Bélarus, avec le soutien de la Caritas, du Fonds catholique italien "Russie chrétienne" et du Centre éducatif chrétien des saints Cyrille et Méthode basé à Minsk.

    Les dignitaires des différentes confessions présentes en Russie ont été invités à prendre part à cette présentation, ainsi que les représentants des autorités civiles, des membres du corps académique ou des organisations sociales.

    source https://www.vaticannews.va/

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  • Mes amies et amis, depuis plusieurs années je participe activement à l'entraide internationale avec Développement et Paix (Caritas Canada) vous ne serez pas surpris par des invitations à participer dans la mesure de vos possibilités, soit en bénévolat en partageant avec vos amiEs ce que je publierai et/ou en donnant de vos $.

    Les personnes moins fortunées du Sud vous disent Merci à l'avance.


    VIDÉO (1 MIN) - https://www.devp.org/fr/campaign/sharelove

     

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  • ACTION NON-VIOLENTE et CRISE ÉCOLOGIQUE
    Oscar Romero, une figure inspirante pour aujourd’hui (20 mars 2021)
      

    Samedi, 20 mars 2021 à 13h

     

    • Panel sur le thème « Courage devant le pouvoir : les luttes actuelles » avec Martin Bellerose (théologien), Marie-Eve Marleau (coordonnatrice du CDHAL) et une personne représentant Generación Romero (du Salvador).

    • Théâtre-forum

    Activité gratuite. Inscription obligatoire pour obtenir le lien Zoom à bit.ly/JourneeRomero

     

    Dimanche, 21 mars 2021 à 15h

    • Célébration œcuménique
    • Présentation culturelle

    Diffusion en direct sur YouTube à bit.ly/CelebrationRomero

    Journée Oscar Romero 2021

     source https://cjf.qc.ca/

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  • Père Ammar Yako : « Elle fait partie de notre histoire »

    L’église d’Al-Tahira, à Qaraqosh (Baghdeda), a été presque entièrement détruite sous le régime terroriste de l’État islamique (2014-2017). Ces dernières années, grâce à l’aide généreuse des bienfaiteurs de l’Aide à l’Église enDétresse (AED), l’église a été reconstruite et est maintenant presque entièrement restaurée. Le Pape François a confirmé qu’il se rendrait dans la basilique mariale le dimanche 7 mars, lors de sa visite dans le pays. L’œuvre pontificale de charité a interviewé le Père Ammar Yako qui supervise la reconstruction.

    L’église d’Al-Tahira, à Qaraqosh (Baghdeda), a été presque entièrement détruite (Photo 2018)

     

    AED – Quelle est l’histoire de l’église d’Al-Tahira ?

    Père Yako – La construction de l’église al-Tahira à Qaraqosh a commencé en 1932. Toute la population de Qaraqosh a participé aux travaux et a contribué volontairement à sa construction, qui a été achevée en 1948, lors de l’inauguration de l’église. Pour les gens, c’était un bon moyen de montrer leur foi. Grâce à nos parents et grands-parents, nous connaissons de nombreuses histoires sur l’époque de la construction de l’église. C’est grâce à leur travail acharné que cette grande église a été érigée.

    Le Père Ammar Yako : « Quand j’ai vu l’église détruite et incendiée,
    j’ai tout d’abord ressenti une grande tristesse. »
     
    Qu’est-il resté de l’église après l’invasion et les destructions commises par l’État Islamique ? 

    Comme vous le savez, en 2014, l’État islamique a conquis la ville et nous avons fui vers le Kurdistan. Après trois ans, la ville a été libérée et nous sommes revenus. Je me souviens très bien à quel point l’église était détruite. Elle était totalement calcinée. Toutes les croix ont été détruites, tout ce qu’il y avait à l’intérieur de l’église a été volé, y compris les statues et tout le reste. Les dirigeants de l’État Islamique ont écrit leurs noms sur les colonnes de l’église, et ont utilisé l’extérieur de l’église comme un terrain d’entraînement pour leurs nouveaux combattants.

    Qu’avez-vous ressenti quand vous êtes revenu et que vous avez vu tant de destruction ?

    Quand j’ai vu l’église détruite et incendiée, j’ai tout d’abord ressenti une grande tristesse. C’était tellement triste de voir le temple de Dieu comme ça, vide et détruit. Mais en même temps, j’ai ressenti la joie et le bonheur de revenir dans la ville et de rentrer dans l’église. Il y avait donc à la fois de la joie et de la douleur.

    Avoir la responsabilité des travaux de reconstruction, qu’est-ce que ça signifie pour vous ?

    Lorsque l’évêque m’a demandé de diriger l’équipe de reconstruction, ce fut pour moi un moment très heureux, parce que je me souvenais de tous ces gens qui avaient aidé à construire l’église autrefois, nos parents et nos grands-parents ; je me suis senti uni à tous ceux qui partageaient leur foi.

    Comment la reconstruction a-t-elle évolué ?

    La reconstruction a commencé en 2019. La première phase des travaux a été de fixer les piliers, ce qui a duré jusqu’à la fin de 2019. En 2020, nous avons commencé la deuxième puis la troisième phases, à savoir la reconstruction intérieure et la reconstruction extérieure de l’église. Dieu merci, nous avons atteint la phase finale des travaux, et nous espérons terminer bientôt tous les aspects de la reconstruction de l’église.

    Deuxième phase de la reconstruction de l’église

    Quelle a été la réaction de la communauté des fidèles en assistant à la reconstruction de l’église ?

    La reconstruction de l’église Al-Tahira est très importante pour la communauté de Qaraqosh. Tous les gens d’ici pensent que c’est leur maison, une partie de leur histoire. Il est donc très important de rouvrir l’église. Évidemment, à Qaraqosh, nous avons commencé par aider les gens à reconstruire leurs maisons, également avec l’aide de l’AED. Quand nous avons eu fini, beaucoup de gens nous demandaient quand nous allions commencer à reconstruire l’église. Dieu merci, nous avons maintenant presque fini. J’ai l’impression que les gens ont hâte de revenir ici, de prier à nouveau, et de montrer à tous que leur église est ouverte et que nous pouvons à nouveau prier Dieu dans cette église.

    Les constructeurs font de leur mieux pour achever la grande église Al-Tahira en vue de la visite du Saint-Père prévue en mars 2021.

    Que signifie pour vous la visite du Pape ?

    C’est formidable d’être ici en ce moment à Qaraqosh pour accueillir notre Pape. Après avoir entendu l’annonce que le Pape se rendrait en Irak et à Qaraqosh, j’ai été très heureux de savoir que je vais pouvoir recevoir le Saint-Père ici, dans cette église, dans cette ville, et de partager notre foi commune. Le Pape peut nous aider à vivre notre foi en ce moment, et nous pouvons lui montrer quelle est notre vie de chrétiens ici, à Qaraqosh, en Irak.

    Quels sont les défis rencontrés par les fidèles ici, en Irak ?

    En Irak, les chrétiens sont confrontés à de nombreux défis. Tout d’abord, ils font partie de ce pays qui est encore instable. Bien sûr, nous devons par-dessus tout servir Dieu pour nous aider à continuer notre vie en Irak. En tant que communauté, nous avons beaucoup d’autres défis à relever. En tant que minorité, nous n’avons pas beaucoup de possibilités d’emploi, c’est pourquoi nous devons nous efforcer de trouver du travail pour les membres de notre communauté. Cependant, le plus gros problème est l’émigration. De nombreuses familles sont maintenant loin de Qaraqosh et de l’Irak, et si la situation ne s’améliore pas, de nombreuses familles pourraient ne pas revenir.

    Pourriez-vous envoyer un message aux bienfaiteurs de l’AED ?

    Je tiens à remercier l’AED pour tout ce qu’elle a fait pour nous lorsque nous étions déplacés. Lorsque nous avons fui toutes les villes vers le Kurdistan, l’AED nous a soutenus pendant trois ans. Je remercie tous les bienfaiteurs pour leur aide. Quand nous sommes retournés à Qaraqosh, ils nous ont aussi aidés à reconstruire des maisons et des églises, et nous ont soutenus face à tant d’autres nécessités ! Merci beaucoup, et que Dieu les bénisse. Nous espérons qu’ensemble nous pourrons montrer au monde notre foi chrétienne.

    Pourquoi les bienfaiteurs de l’AED ne doivent-ils pas oublier la population de Qaraqosh ?

    Dans la situation actuelle, nous avons encore besoin de l’aide des œuvres de charité, et en particulier de l’AED, compte tenu des nombreux besoins des églises de Qaraqosh. S’il vous plaît, continuez de nous aider, carcela diffuse dans notre communauté l’espoir de pouvoir continuer de vivre ici à Qaraqosh.

    Source https://acn-canada.org/fr

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    Un an après, les fruits de la rencontre de Bari

    Mgr Francesco Cacucci, archevêque émérite de la ville qui a accueilli les évêques des pays riverains de la Méditerranée, évoque cette rencontre qui avait posé des jalons vers l'encyclique “Fratelli tutti”.
     

    Antonella Palermo - Cité du Vatican

    Une année s'est écoulée depuis la rencontre de réflexion et de spiritualité "Méditerranée, frontière de paix" organisée dans la capitale des Pouilles par la Conférence épiscopale italienne. Cinquante-huit évêques représentant dix-neuf pays avaient vécu quatre jours d’échanges et de témoignages scellés par la participation du Pape François, quelques jours avant que la pandémie de coronavirus ne provoque la suspension des déplacements de l’évêque de Rome.

    La transmission de la foi aux jeunes générations, les migrations, le dialogue interreligieux, le rapport des communautés catholiques avec les institutions civiles, les graves inégalités économiques et sociales constatées dans les différents pays: telles sont quelques-unes des questions abordées dans ce qui, selon les intentions des évêques italiens, a voulu se proposer comme un "Synode" impliquant toutes les Églises côtières : de l'Afrique du Nord à l'Italie, la France et l'Espagne ; du Moyen-Orient aux Balkans en passant par Malte et Chypre.

    L'invitation du Pape à construire la paix, prélude à Fratelli tutti

    Le Pape François a délivré à Bari un message fortement imprégné de l'esprit du document commun sur la fraternité humaine signé à Abou Dhabi. Il a renouvelé l'appel à «surmonter la logique de l'affrontement, de la haine et de la vengeance pour nous redécouvrir comme des frères».

    Il avait rappelé que la guerre est une folie «à laquelle nous ne pouvons pas nous résigner» et qui ne peut être acceptée «comme la manière inéluctable de régler les divergences et les intérêts opposés». D'où la nécessité de développer une théologie du dialogue et de l'accueil dans une Méditerranée minée par tant de foyers d'instabilité. Le potentiel de développement des pays méditerranéens ne doit pas être gâché par «une mentalité nationaliste», ni pas une instrumentalisation de la religion, avait martelé le Pape.

    «L'histoire a trop souvent connu des oppositions et des luttes, fondées sur la persuasion déformée qu'en s'opposant à ceux qui ne partagent pas nos croyances, on défend Dieu. En réalité, l'extrémisme et le fondamentalisme nient la dignité de l'homme et sa liberté religieuse, provoquant un déclin moral et encourageant une conception antagoniste des relations humaines. C'est aussi pour cette raison qu'il est urgent d'organiser une rencontre plus vivante entre les différentes confessions religieuses, animée par un respect sincère et une intention de paix», avait averti François.

    L'engagement à travailler sur le plan éducatif et culturel

    L'esprit de travail en faveur des peuples qui a caractérisé la réunion de Bari ne doit pas faiblir, selon les organisateurs, qui sont confiants que l'événement ne restera pas unique. La convivialité qui a marqué cette expérience, et dont le Pape s'est réjoui, doit être maintenue vivante.

    L'archevêque de Bari-Bitonto de l'époque, Mgr Francesco Cacucci, aujourd'hui émérite, en est convaincu. Depuis ce diocèse entre Orient et Occident, qui a toujours travaillé sans relâche pour établir des liens d'estime mutuelle et de fraternité, comme l'a rappelé François lui-même, Mgr Cacucci revient sur cette rencontre et sur le travail qui reste à faire pour rester dans le sillon tracé par les participants à la réunion.

    R. - Nous nous souvenons qu'il y a eu un précédent le 7 juillet 2018 lorsque, toujours à Bari, il y a eu une réunion des patriarches et des chefs des Églises chrétiennes, donc non catholiques, mais aussi orthodoxes et évangéliques, pour la paix au Moyen-Orient. C'est une longue histoire qui remonte à une parole prophétique de saint Jean-Paul II dite aux évêques des Pouilles à la fin des années 1990: il faut regarder vers la Méditerranée.

    Il est vrai que nous sommes immédiatement entrés dans la triste période de la pandémie, mais cette rencontre est restée vivante dans le diocèse, ainsi que la nécessité d'ouvrir nos Églises méditerranéennes à une réalité plus grande. Cela concerne la paix, mais aussi la connaissance entre les Églises individuelles. Il a été souligné la nécessité de poursuivre une connaissance réciproque également à travers des instruments qui doivent être encore améliorés. Parce que les pasteurs des pays qui surplombent la Méditerranée n'ont pas une connaissance mutuelle suffisante.

    Une sorte de Fidei donum devrait se développer parmi les Églises qui se trouvent sur la Méditerranée. En particulier, l'administrateur apostolique de la Turquie a souligné comment la présence de prêtres et de séminaristes en Turquie devient un encouragement pour les Églises qui ne sont pas nombreuses et qui se sentent parfois inconnues, isolées au sein de l'Église catholique. C'est donc précisément l'un des aspects qui, je l'espère, pourra être repris. Bari continue d'être un point de référence car sa situation géographique et son histoire ont une valeur propre au nom de Saint Nicolas, le saint universel qui, après la Vierge, est le plus vénéré au monde même par l'Église d'Orient.

    Le Pape a rappelé à cette occasion que la guerre ne peut jamais être confondue avec la normalité et que la Méditerranée est un potentiel extraordinaire. Comment ces mots résonnent-ils?

    R. - La Méditerranée indique l'ouverture, comme l'Europe indique essentiellement l'ouverture. J'ai pensé que les paroles du Pape pouvaient aussi servir de leçon à l'Europe. L'Europe ne sera jamais vraiment ouverte, comme le disait Jean-Paul II, si elle ne tient pas compte de la Méditerranée, qui ne correspond pas seulement au sud de l'Europe. La Méditerranée a sa propre centralité dans la vie de l'Église et ceci en continuité avec ce qui s'est passé aux premiers siècles.

    Nous ne devons pas oublier que l'Afrique proconsulaire, l'Afrique du Nord, était riche en Églises, surtout dans la dernière période de l'Empire romain. Nous ne devons pas oublier les richesses qui nous sont venues de cette région et les grands évêques, comme Augustin et Cyprien, qui éclairent encore l'Église aujourd'hui. Ainsi, la tâche de l'Église doit être une tâche de fraternité et d'unité. Les évêques sont venus à Bari sans bien connaître le but de cette rencontre et à la fin ils ont tous exprimé une grande joie, je m'en souviens très bien, d'avoir rencontré d'autres réalités et ils ont souhaité que cela continue.

    La Méditerranée continue d'être un cimetière pour de nombreuses personnes qui fuient et tentent de la traverser. Comment poursuivez-vous vos efforts d'accueil et d'intégration?

    R. - Nous avons une longue histoire à Bari. À la fin des années 90, il y a eu une immigration constante d'Albanais. A Bari, ils ont trouvé un accueil complet. Mais l'aspect de l'accueil - qui est dans l'ADN de notre terre - doit rencontrer ces expressions que les évêques, surtout d'Afrique du Nord, ont soulignées : ils ne veulent pas que leurs terres soient appauvries. L'aide que nous devons apporter, également en tant qu'Europe, est une aide qui doit tendre à garantir que les meilleures forces de ces pays ne quittent pas ces nations.

    Quel regard portez-vous sur le voyage du Pape François en Irak?

    R. - Je peux témoigner que le Patriarche chaldéen, qui était présent à Bari, a eu des paroles très incisives en référence à la communion des Églises qui surplombent la Méditerranée et qui sont au Moyen-Orient. J'aime à penser que ces paroles très incisives et aussi si librement exprimées par le Patriarche de Bagdad ont constitué un prélude très efficace à ce qui était alors la décision du Pape de se rendre en Irak. Cette visite est nécessaire car elle représente toute une histoire d'attention des pontificats précédents, en particulier de Jean-Paul II, envers l'Irak et envers la guerre en Irak, qui - comme nous le savons - n'a été jusqu'à présent que destructrice.

    source https://www.vaticannews.va/

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