• ACTUALITÉS

    Pour le pape François, la performance est le « veau d’or de notre époque »

    Antoine Mékary I ALETEIA
     
    En marge d'un colloque organisé par l’Académie des sciences sociales, le pape François a affirmé que la performance est le « veau d'or de notre époque ».

    Le souverain pontife a reçu ce 20 octobre en audience les participants à un colloque de trois jours organisé par l’Académie des sciences sociales intitulé : « Changer les relations entre marché, État et société civile ». Le successeur de saint Pierre a alors fustigé la performance « le veau d’or de notre époque ». Selon lui, nous ne pouvons pas lui sacrifier « des valeurs fondamentales comme la démocratie, la justice, la liberté, la famille, la Création ».

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  • Académie des sciences sociales : le pape invite à « civiliser » le marché

    Une éthique amie de l’homme (Traduction intégrale)

    Académie pontificale des sciences sociales © L'Osservatore Romano

    Académie Pontificale Des Sciences Sociales © L'Osservatore Romano

    « Nous devons tendre à « civiliser le marché », dans la perspective d’une éthique amie de l’homme et de son environnement, affirme le pape François.

    Le pape François a reçu en audience les participants à la rencontre organisée par l’Académie pontificale des sciences sociales, ce vendredi 20 octobre 2017, dans la Salle Clémentine du Palais apostolique.

    Le pape invite à « se mettre au service du développement humain intégral »: il s’agit d’aller « au-delà du modèle d’ordre social qui prévaut aujourd’hui, en le transformant de l’intérieur ».

    Il faut aussi « repenser la figure et le rôle de l’État-nation dans un contexte nouveau », poursuit le pape. « L’État ne peut se concevoir comme le titulaire unique et exclusif du bien commun, sans permettre aux corps intermédiaires de la société civile d’exprimer, en liberté, tout leur potentiel ».

    Voici notre traduction du discours que le pape a prononcé en italien.

    HG

    Discours du pape François

    Mesdames et Messieurs,

    Je salue cordialement les membres de l’Académie pontificale des sciences sociales et les personnalités qui participent à ces journées d’étude, ainsi que les institutions qui soutiennent cette initiative. Elle attire l’attention sur une exigence de grande actualité, qui consiste à élaborer de nouveaux modèles de coopération entre le marché, l’État et la société civile, en rapport avec les défis de notre temps. En cette occasion, je voudrais m’arrêter brièvement sur deux causes spécifiques qui alimentent l’exclusion et les périphéries existentielles.
    La première est l’augmentation endémique et systémique des inégalités et de l’exploitation de la planète qui est supérieure à l’augmentation des revenus et de la richesse. Et pourtant, l’inégalité et l’exploitation ne sont pas une fatalité ni une constante historique. Ce n’est pas une fatalité parce qu’elles dépendent aussi, au-delà des différents comportements individuels, des règles économiques qu’une société décide de se donner. Que l’on pense à la production de l’énergie, au marché du travail, au système bancaire, aux allocations, au système fiscal, au secteur scolaire. Selon la manière dont ces secteurs sont conçus, ils ont des conséquences différentes sur la manière dont le revenu et la richesse se répartissent entre ceux qui ont concouru à les produire. Si c’est le profit qui prévaut en tant que fin, la démocratie a tendance à devenir une ploutocratie où croissent les inégalités ainsi que l’exploitation de la planète. Je le répète : ce n’est pas une nécessité ; on trouve des périodes où, dans certains pays, les inégalités diminuent et l’environnement est mieux protégé.

    L’autre cause d’exclusion est le travail non digne de la personne humaine. Hier, à l’époque de Rerum novarum (1891), on réclamait le « salaire qui convient » pour l’ouvrier. Aujourd’hui, au-delà de cette sacro-sainte exigence, nous nous demandons aussi pourquoi on n’a pas encore réussi à traduire dans la pratique ce qui est écrit dans la Constitution Gaudium et spes : « Il importe donc d’adapter tout le processus du travail productif aux besoins de la personne et aux modalités de son existence » (n.67) et – pouvons-nous ajouter avec l’encyclique Laudato si’ – dans le respect de la création, notre maison commune.

    La création d’un nouveau travail a besoin, surtout en ce temps, de personnes ouvertes et entreprenantes, de relations fraternelles, de recherche et d’investissements dans le développement d’énergie propre pour résoudre les défis du changement climatique. Ceci est, aujourd’hui, concrètement possible. Il faut s’affranchir des pressions des lobbies publics et privés qui défendent des intérêts sectoriels ; et il faut aussi surmonter les formes de paresse spirituelle. Il faut que l’action politique soit vraiment mise au service de la personne humaine, du bien commun et du respect de la nature.

    Le défi à relever est alors de s’employer courageusement pour aller au-delà du modèle d’ordre social qui prévaut aujourd’hui, en le transformant de l’intérieur. Nous devons demander au marché non seulement d’être efficace dans la production de richesse et pour assurer une croissance durable, mais aussi de se mettre au service du développement humain intégral. Nous ne pouvons pas sacrifier sur l’autel de l’efficacité – le « veau d’or » de notre temps – des valeurs fondamentales comme la démocratie, la justice, la liberté, la famille et la création. En substance, nous devons tendre à « civiliser le marché », dans la perspective d’une éthique amie de l’homme et de son environnement.

    Un discours analogue consiste à repenser la figure et le rôle de l’État-nation dans un contexte nouveau comme celui de la mondialisation, qui a profondément modifié le précédent ordre international. L’État ne peut se concevoir comme le titulaire unique et exclusif du bien commun, sans permettre aux corps intermédiaires de la société civile d’exprimer, en liberté, tout leur potentiel. Ce serait une violation du principe de subsidiarité qui, associé à celui de solidarité, constitue un pilier porteur de la doctrine sociale de l’Église. Ici, le défi est de savoir comment raccorder les droits individuels au bien commun.

    En ce sens, le rôle spécifique de la société civile est comparable à celui que Charles Péguy a attribué à la vertu de l’espérance : comme une petite sœur se tient au milieu des deux autres vertus – foi et charité – en les tenant par la main et en les tirant en avant. Il me semble que la position de la société civile est la même : « tirer » en avant l’État et le marché afin qu’ils repensent leur raison d’être et leur façon d’agir.

    Chers amis, je vous remercie pour votre attention à ces réflexions. J’invoque la bénédiction du Seigneur sur vous, sur vos proches et sur votre travail.

    © Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

    source ZENIT.org

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  • Franciscains en Terre Sainte : témoins de foi, de fraternité et de paix (traduction complète)

    Lettre du pape pour le 800e anniversaire

    P. Francesco Patton, custodia.org

    P. Francesco Patton, Custodia.Org

    Saint François a envoyé ses frères « dans toutes les nations comme témoins de foi, de fraternité et de paix », rappelle le pape François qui évoque aussi la « dimension missionnaire et universelle » voulue par le fondateur de l’Ordre.

    Le pape François a adressé au Custode de Terre Sainte, le père Francesco Patton, O.F.M., une lettre à l’occasion des 800 ans de présence franciscaine sur cette terre. La lettre a été remise par le préfet de la Congrégation pour les Églises orientales, le card. Leonardo Sandri, en visite en Terre Sainte du 16 au 21 octobre 2017, à l’occasion des célébrations pour cet anniversaire, au cours de la messe solennelle qu’il a présidée ce mardi 17 octobre 2017, dans l’église du Saint-Sauveur à Jérusalem.

    Le pape a invité les franciscains de la Custodie à être « des témoins joyeux du Ressuscité en Terre Sainte », auprès des « plus pauvres et [des] plus faibles, dans l’éducation de la jeunesse (…), dans l’accueil des personnes âgées et dans le soin des malades, en vivant concrètement au quotidien les œuvres de miséricorde.

    Voici notre traduction de la lettre envoyée par le pape François, en italien.

    HG

    Lettre du pape François

    au Révérend Père Francesco Patton, O.F.M.,

    Custode de Terre Sainte.

    J’ai appris avec joie que cette Custodie, à l’occasion des 800 ans de la présence franciscaine en Terre Sainte, a voulu célébrer cette importante et joyeuse fête par de nombreuses initiatives religieuses, pastorales et culturelles, toutes orientées vers la redécouverte de la louable contribution des « frères à la corde », comme ils furent surnommés – dans les lieux où le Fils de Dieu s’est fait chair et a habité parmi nous (cf. Jn 1,14). À cette occasion, je suis heureux de vous adresser des salutations particulières, ainsi qu’à tous les frères qui maintiennent vivant le témoignage chrétien, étudient les Écritures et accueillent les pèlerins.

    Le séraphique Père François, dans le Chapitre de la Pentecôte de mai 1217, ouvrit l’Ordre à la dimension « missionnaire et universelle », envoyant ses frères dans toutes les nations comme témoins de foi, de fraternité et de paix ; et c’est ainsi que fut créée la Province de Terre Sainte, appelée au début d’Outremer et de Syrie. Cet élargissement de l’horizon d’évangélisation fut le commencement d’une aventure extraordinaire qui a conduit, il y a huit siècles, les premiers frères mineurs à débarquer à Acri, où vous avez commencé le 11 juin dernier les célébrations du centenaire, renouvelant votre adhésion à l’appel de Jésus, dans la fidélité à l’Évangile et à l’Église.

    Assidus dans la contemplation et dans la prière, simples et pauvres, obéissant à l’évêque de Rome, vous vous êtes engagés aussi dans le présent à vivre en Terre Sainte à côté de frères de différentes cultures, ethnies et religions, semant la paix, la fraternité et le respect. Votre disponibilité à accompagner les pas des pèlerins provenant de toutes les parties du monde, en les accueillant et en les guidant, est connue de tous. Vous êtes consacrés à la recherche des témoignages archéologiques et à l’étude attentive des Saintes Écritures, en mettant à profit la célèbre affirmation de saint Jérôme qui a vécu retiré à Bethléem pendant de nombreuses années : « Ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ » (Comm. in Is., Prol.: PL 24,17).

    Je ne veux pas oublier, outre la custodie et l’animation des sanctuaires, votre engagement au service de la communauté ecclésiale locale. Je vous encourage à persévérer, joyeux, dans le soutien de nos frères, surtout les plus pauvres et les plus faibles, dans l’éducation de la jeunesse – qui risque souvent de perdre l’espérance dans un contexte encore privé de paix –, dans l’accueil des personnes âgées et dans le soin des malades, en vivant concrètement au quotidien les œuvres de miséricorde.

    M’unissant à mes vénérés prédécesseurs, à partir de Clément VI, qui vous a confié la garde des lieux saints par la Bulle Gratias agimus, je désire vous renouveler ce mandat, en vous encourageant à être des témoins joyeux du Ressuscité en Terre Sainte.

    Vous êtes les ambassadeurs du peuple de Dieu tout entier qui, avec libéralité, vous a toujours soutenus, en particulier à travers la « Collecte pour la Terre Sainte », qui contribue à faire en sorte que, sur la Terre de Jésus, la foi soit rendue visible par les œuvres. La Congrégation pour les Églises orientales, qui célèbre son propre centenaire ces jours-ci, vous soutient particulièrement.

    Enfin, je désire vous rappeler les paroles de votre fondateur : « Je conseille, j’avertis et j’exhorte mes Frères dans le Seigneur Jésus-Christ, quand ils vont par le monde, qu’ils évitent de disputer, de débattre par paroles et de juger les autres ; mais qu’ils soient doux, pacifiques, modestes, pleins de mansuétude et d’humilité, et qu’ils parlent honnêtement à tous, comme il convient » (Règle, 3, 10-11: FF 85).

    Je confie la Custodie de Terre Sainte, chacune de ses communautés et tous les frères à la maternelle protection de la Vierge Marie et, tout en invoquant l’intercession de votre saint patron Antoine de Padoue, je vous donne de tout cœur la bénédiction apostolique.

    © Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

    source ZENIT.org

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  • FAO: «Les guerres et les changements climatiques déterminent la faim», diagnostic du pape François

    Journée mondiale de l’alimentation 2017, objectif «Faim Zéro»

    Journée mondiale pour l'alimentation 2017, FAO © L'Osservatore Romano

    Journée Mondiale Pour L'alimentation 2017, FAO © L'Osservatore Romano

    « Les guerres et les changements climatiques déterminent la faim, par conséquent évitons de la présenter comme une maladie incurable », déclare le pape François.

    Le pape s’est rendu au siège de la l’Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à Rome, ce lundi matin 16 octobre 2017, à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation (#WFD2017 #ZeroHunger), avec pour thème : « Changer l’avenir de la migration. Investir dans la sécurité alimentaire et dans le développement rural ».

    Il faut, a-t-il dit, « protéger le droit de tous les êtres humains à se nourrir à la mesure de leurs besoins, en participant également aux décisions qui les concernent et à la réalisation de leurs aspirations, sans devoir se séparer de leurs proches ».

    Dénonçant le lien entre la faim et les conflits, le pape s’est indigné : « À quoi sert-il de dénoncer que des millions de personnes sont victimes de la faim et la malnutrition à cause des conflits si l’on ne s’emploie pas efficacement pour la paix et le désarmement ? ».

    Quant aux effets des changements climatiques sur la faim, il faut, a affirmé le pape « un effort pour un consensus concret et actif si l’on veut éviter des effets plus tragiques qui continueront à peser sur les personnes les plus pauvres et les plus sans défense ».

    « Est-ce trop d’introduire dans le langage de la coopération internationale la catégorie de l’amour, déclinée en gratuité, parité dans le traitement, solidarité, culture du don, fraternité, miséricorde ? », a interrogé le pape pour qui « l’amour inspire la justice et est essentiel pour réaliser un ordre social juste ».

    Le discours du pape a été salué par de longs applaudissements debout de toute la salle, représentant les 194 nations membres participants aux efforts de la FAO pour vaincre la faim et la dénutrition dans le monde.

    L’intégralité du discours, que le pape François a prononcé en espagnol, se trouve ici dans notre traduction en français.

    A son retour, le pape a fait poster deux tweets sur son compte @Pontifex_fr à propos de cette Journée de l’alimentation et de sa visite à la FAO. Le premier affirme le droit de tous à la nourriture : « Nous devons répondre à l’impératif que l’accès à la nourriture nécessaire est un droit de tous. Un droit sans exclusions! » Le second est accompagné du hashtag « Faim Zéro » et appelle à la « conversion »: « Partager impose une conversion, et c’est contraignant. #ZeroHunger ».

    À son arrivée à 8h50, le pape avait été accueilli par le directeur général américano-brésilien de la FAO, M. José Graziano da Silva, et par l’observateur permanent du Saint-Siège auprès des organisations et organismes des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (F.A.O., I.F.A.D., P.A.M.), Mgr Fernando Chica Arellano.

    La sculpture que le pape a offerte à la FAO a été dévoilée dans le hall. C’est une sculpture en marbre blanc de Carrare, œuvre du sculpteur italien Luigi Prevedel, représentant Aylan, le petit réfugié syrien mort noyé devant la plage de Bodrum (Turquie) en octobre 2015, “symbole de la tragédie des migrations” souligne le Saint-Siège. La représentation mesure 0, 75 m de haut, 1,77 m. de longueur, 1,20 m de largeur et elle pèse 0,9 tonnes.

    Don du Pape à la FAO, Aylan, de Luigi Prevedel © L'Osservatore Romano

    Puis le pape a eu une brève rencontre, dans la Salle Chine, avec le directeur général, avec le directeur général adjoint, Daniel Gustafson et avec le chef du cabinet, Mario Lubetkin. La signature du livre d’honneur a eu lieu à l’issue de la rencontre : le pape a laissé comme message, en espagnol : « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger. C’est là-dessus que nous serons jugés. Je remercie la FAO pour les énormes efforts qu’elle fait. ».

    Le pape s’est rendu au deuxième étage de l’édifice où, dans la Salle Caraïbes, il a salué le président de Madagascar, le ministre de l’Agriculture de Madagascar, le ministre de l’Agriculture du Canada, le ministre de l’Agriculture de la France, le ministre de l’Agriculture des Etats-Unis d’Amérique, le sous-secrétaire pour l’environnement de la Grande-Bretagne, le secrétaire pour l’Agriculture de l’Allemagne, le commissaire européen pour l’Agriculture, le commissaire pour l’Agriculture de l’Union africaine, le ministre des Affaires extérieures du Mexique, l’ambassadeur du Japon à la FAO, le président du Fonds international pour le Développement agricole et le directeur exécutif du Programme mondial de l’Alimentation.

    À 9h15, dans la Salle Plénière, après l’ouverture de la rencontre par M. Enrique Yeves, la projection de la vidéo sur le thème de la Journée mondiale de l’alimentation et les paroles d’introduction du directeur général, M. José Graziano da Silva, le pape a prononcé son discours. À l’issue de celui-ci, le modérateur a déclaré suspendue la réunion et le pape François a quitté la salle. Après avoir pris congé du Siège de la FAO, il est rentré au Vatican à 10h15.

    Avec Anita Bourdin

    source ZENIT.org

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  • Jérusalem: trois jours de célébrations pour les 800 ans


    par Beatrice Guarrera |  13 octobre 2017

    Père Narcyz Klimas à Jérusalem devant l'un des panneaux pour les festivités. ©B. Guarrera

    Art, culture, archéologie et musique sont au programme pour commémorer cet anniversaire bien particulier. Entretien avec le père Narcyz Klimas, membre du comité organisateur de l'événement.

     

    La Custodie de Terre Sainte se prépare à célébrer un anniversaire important : les 800 ans de présence franciscaine en Terre Sainte. Sont donc prévus trois jours de conférences et de célébrations à Jérusalem les 16, 17 et 18 octobre. Frère Narcyz Klimas, conservateur archiviste adjoint, professeur et directeur du comité d'organisation des célébrations, explique ce qui est prévu.

    Quand a été créé le comité d'organisation des célébrations et qu'a-t-il été décidé ?

    En décembre, le Custode de Terre Sainte a décidé de mettre sur pied un comité de frères pour organiser les festivités liées aux 800 ans de présence franciscaine en Terre Sainte. Le 9 janvier 2017, nous nous sommes rencontrés pour la première fois et avons réuni toutes les idées. La mienne était d'organiser des conférences dans le couvent de Saint Sauveur à Jérusalem. Frère Eugenio Alliata, archéologue, a proposé d'exposer la pierre retrouvée au Cénacle lors des travaux de restauration. D'autres ont pensé à inviter des personnalités importantes pour se joindre à nos célébrations. Nous avons ainsi invité frère Michael Perry, Ministre général de l'Ordre des Frères Mineurs, et le cardinal Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales. Nous avons également eu l'idée d'exposer dans le salon de l’Immaculée, où se tiendront quelques-unes des conférences, la bulle la plus ancienne que nous avons, datant de 1230 : le pape Grégoire IX écrivit à l'évêque de Jérusalem et d'Antioche, lui demandant d’aider les franciscains. C'est une preuve que les franciscains étaient déjà présents en ces années-là.

    Comment se dérouleront les célébrations ? Que prévoient les premiers jours ?

    Le premier jour, le Custode, l’économe de la Custodie et le ministre général de l'Ordre rencontreront nos donateurs : ils parleront des projets dans lesquels la Custodie est engagée et leur expliqueront comment ils y contribuent et y contribueront. Après quelques rafraîchissements, le Ministre Général présidera dans l'après-midi une célébration liturgique qui sera suivie d’une rencontre avec les frères. Le deuxième jour, le 17 octobre, sera le cœur des festivités. Une messe sera présidée par le cardinal Sandri, qui tiendra ensuite une conférence sur un beau thème qu'il a lui-même choisi « ‘Prêchez toujours l'Evangile, et si c’est nécessaire, même avec des paroles !’ La présence franciscaine en Terre Sainte et au Moyen-Orient. » Ensuite, un exposé sera donnée  sur Frère Elia, le premier frère de la Province du Moyen-Orient. Tandis que dans l'après-midi, une conférence racontera comment était Acre quand les premiers frères ont débarqué. La journée s'achèvera par une conférence sur le travail de catalogage de photos de la Syrie présentées par le professeur Emmanuelle Main. Nous allons donc montrer les débuts de la Custodie et la situation actuelle, comme un fil continu qui ne s'interrompt pas.

    Le troisième jour sera, quant à lui, purement artistique et archéologique...

    Le 18 octobre, les récits de saint François viendront illustrer les fresques de Giotto dont la reproduction est exposée dans le salon de la curie custodiale. Nous recevons déjà des demandes pour l'exposer dans nos écoles, par exemple à Amman et Haïfa. Elle restera à Jérusalem jusqu'à la fin du mois d'octobre, voyagera ensuite dans toute la Terre Sainte et retournera finalement au couvent de Saint Sauveur pour l'anniversaire de la rencontre entre Saint François et le Sultan al-Malik-al Kamil. Il y aura aussi deux interventions sur le plan archéologique : frère Eugenio Alliata se concentrera sur les vestiges de l'ancien couvent franciscain de Sion, et en ce qui me concerne, je parlerai des premiers couvents franciscains au Moyen-Orient. Après, les vêpres de clôture seront présidées par le Custode, place sera donnée à l’art avec un concert organisé par l'Institut Musical de la Custodie, Magnificat.

    Avez-vous prévu d'autres réjouissances ?

    Dans deux ans, nous célébrerons l'anniversaire de la rencontre entre Saint François et le Sultan. Un comité d'organisation a été institué dans la province franciscaine d'Egypte auquel nous participerons,  frère Ibrahim Faltas, Conseiller du Custode et moi. J’apporterai ma contribution d'un point de vue scientifique. Lorsque le comité se réunira, il commencera à prendre les premières décisions.

    Pourquoi les Franciscains ont-ils été importants durant ces 800 années en Terre Sainte ?

    Parce que notre présence a été ininterrompue. Il n'y a pas d'autre groupe - non local -  qui ait résisté comme les franciscains depuis huit siècles. Nous sommes ici depuis 1217, sauf quelques années d'absence après les Croisades, où les frères, bien que n'étant pas présents de manière permanente, sont venus prier dans les lieux saints. Quand les Israéliens visitent nos archives, ils disent : « Vous avez une partie très importante de notre histoire. » Et c'est la même chose que je dis aux enfants qui viennent nous rendre visite : la Custodie fait partie de l'histoire de la Terre Sainte.

    Dans quelle mesure la Custodie de Terre Sainte accomplit-elle un travail fondamental pour la population locale ?

    L'éducation est l'un des domaines les plus importants : la Custodie a de nombreuses écoles. Même si beaucoup d'étudiants ne sont pas chrétiens, comme à Jericho, par exemple, il reste en chacun d'entre eux une trace de leur passage à l'école. La Custodie propose également de nombreux emplois pour les locaux, leur offrant la chance de pouvoir rester sur cette terre.

    Qui assistera aux célébrations ?

    Tous les représentants des Eglises et des différentes institutions de Terre Sainte ont été invités. Il y aura bien sûr les frères franciscains, les habitants du pays et des invités de l'étranger. Tout le monde sera bienvenu.

    source http://www.terrasanta.net/tsx/lang/fr/

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  • Églantine Gabaix-Hialé , « porte-parole » des enfants des camps en Irak

    Avec un groupe d’amis français, syriens et irakiens Églantine Gabaix-Hialé a recueilli des témoignages d’enfants des camps en Irak. Un projet réalisé en partenariat avec le magazine Astrapi.

    Églantine avec les enfants.

    Églantine avec les enfants. / Églantine Gabaix-Hial

    La lecture d’Astrapi dans sa jeunesse a peut-être influencé son engagement. Églantine Gabaix-Hialé, 38 ans, cheveux courts et allure juvénile, raconte avoir été marquée par la lecture de ce magazine destiné aux 8-10 ans. Aujourd’hui, bien des années plus tard, elle mène un projet relayé par la rédaction du mensuel jeunesse, édité par Bayard (également éditeur de La Croix), pour distribuer un journal aux enfants des camps, dans le Kurdistan irakien.

    « La société irakienne est très clivée, les différentes communautés, musulmane, yézidie et chrétienne ne se parlent pas, explique-t-elle autour d’un café, dans la petite bibliothèque de l’association l’Œuvre d’Orient, à Paris, pour laquelle elle travaille depuis un an. Avec un groupe d’amis, français, syriens et irakiens, nous avons eu l’idée de recueillir des témoignages d’enfants pour montrer que leur souffrance était la même, dans l’espoir de les aider un jour à reconstruire ensemble. »

    Camp de Baharka: Rafal, Noor, Walid Ismael / Églantine Gabaix-Hialé

    Camp de Baharka: Rafal, Noor, Walid Ismael / Églantine Gabaix-Hialé

     Oublier l’horreur de la guerre, malgré des conditions de vie difficiles

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