• Pape François: éviter tout compromis avec la culture de haine

    Le Pape François a reçu ce vendredi matin les participants au XXe congrès de l’Association Internationale de Droit pénal. Dans le discours très dense qu’il leur a tenu, le Saint-Père s’est en particulier arrêté sur les omissions de la justice en terme de délits économiques et environnementaux, ainsi que sur les abus de pouvoir auxquels elle peut donner lieu.
     

    La dernière rencontre du Pape avec cette association internationale remonte à 2014; depuis lors, le Souverain Pontife note que, nonobstant quelques avancées, le Droit pénal n’est pas parvenu à préserver les sociétés des menaces qui pèsent sur les démocraties et l’État de droit; et les juristes devraient se demander en priorité comment contrer ce phénomène qui met en péril les institutions démocratiques. Dans ce contexte, deux aspects sont mis en exergue: celui de la divinisation du marché qui nourrit un modèle d’exclusion, et celui de «l’idéalisme pénal» qui ne tient pas compte de la réalité.

    Délits économiques aussi graves que des crimes contre l’humanité

    Une des omissions du Droit pénal tient à l’absence d’attention prêtée aux délits de la «macro-délinquance des corporations», pointe François. La finance mondiale est en effet à l’origine de «graves délits non seulement contre la propriété mais aussi contre les personnes et l’environnement». Il s’agit d’une «criminalité organisée»,  «responsable du surendettement des États et du saccage des ressources naturelles de notre planète». Aussi, le Droit pénal ne peut-il rester étranger à des attitudes qui profitent d’une position dominante au détriment du bien-être de nations entières. Ce sont là des «délits qui ont la gravité de crimes contre l’humanité quand ils conduisent à la faim, à la misère, à la migration forcée, et à la mort en raison de maladies évitables, au désastre écologique et à l’ethnocide des peuples indigènes», assène le Souverain Pontife.

    Traiter juridiquement l’écocide

    Il est du devoir du Droit de ne pas laisser des crimes impunis, à l’instar de tout ce qui peut être qualifié d’«écocide», à savoir «la contamination massive de l’air, des ressources de la terre et de l’eau, la destruction à grande échelle de la flore et de la faune, et toute action capable de produire un désastre écologique ou de détruire un écosystème». «Nous devons introduire dans le Catéchisme de l'Église catholique le péché contre l'écologie, contre la Maison commune, parce que c'est un devoir».

    En ce sens, le récent synode sur l’Amazonie a proposé de définir la notion de «péché écologique» comme péché contre Dieu, le prochain, la communauté, l’environnement ainsi que les futures générations, a rappelé le Pape. L’écocide doit se comprendre comme une cinquième catégorie de crimes contre la paix et devrait être reconnu comme tel par la communauté internationale. À cette aune, François lance un appel «à tous les dirigeants (…) pour qu'ils contribuent à assurer une protection juridique adéquate de notre maison commune».

    Attention à l’usage disproportionné de la force

    Depuis sa rencontre précédente avec l’association, le Pape observe encore l’augmentation de plusieurs abus de pouvoir dans le domaine de la justice, citant par exemple l’usage arbitraire de la détention préventive en cours dans plusieurs pays et qui contribue à la détérioration des conditions de détention.

    Mais François attire surtout l’attention sur «l’incitation involontaire à la violence» et s’en explique: certains pays ont revu le principe de légitime défense et l’on prétend désormais « justifier des crimes commis par des agents des forces de sécurité comme formes légitimes d’accomplissement du devoir». Il est important que la communauté juridique se mobilise pour éviter «que la démagogie punitive ne dégénère en incitation à la violence ou à l'usage disproportionné de la force. Ces conduites sont inacceptables dans un État de droit et, en général, accompagnent les préjugés racistes et le mépris des groupes sociaux marginalisés».

    La culture de haine gagne du terrain

    Le Pape s’inquiète aussi de la diffusion de la culture du déchet qui, combinée à des phénomènes psycho-sociaux, tend à devenir une «culture de haine». En témoignent de nombreux et récents épisodes loin d’être isolés et dans lesquels les malaises sociaux des jeunes et adultes trouvent leur expression. «Ce n'est pas un hasard si parfois réapparaissent des emblèmes et des actions typiques du nazisme qui, avec sa persécution des juifs, des tziganes, des personnes homosexuelles, est le modèle négatif par excellence de la culture du rejet et de la haine. Il faut être vigilant, tant dans le domaine civil que dans le domaine ecclésial, afin d'éviter tout compromis possible - supposé involontaire - avec ces dégénérescences». «Je vous confesse que lorsque j'entends certains discours, certains responsables des forces de l'ordre et de gouvernement, me viennent à l'esprit les discours d'Hitler en 1934 et 1936», a ajouté le Saint-Père.

    François pointe encore les fréquentes fausses accusations portées contre des dirigeants politiques, par le biais de «moyens de communication, d’adversaires ou d’organes judiciaires colonisés»; il relève l’instrumentalisation de la loi et de la lutte nécessaire contre la corruption pour «combattre les gouvernements indésirables, réduire les droits sociaux et promouvoir un sentiment d'anti-politique qui profite à ceux qui aspirent à exercer un pouvoir autoritaire».

    Dans le même temps, «il est curieux que le recours aux paradis fiscaux, expédient qui sert à cacher tout type de délit, ne soit pas perçu comme un fait de corruption et de criminalité organisée». Pareillement, les appropriations massives de fonds publics passent inaperçues ou sont minimisées comme s’il s’agissait de simples conflits d’intérêt.

    Grande responsabilité

    Le Pape s’évertue donc à lancer un appel solennel à tous ceux qui travaillent et étudient le Droit pénal: qu’elles gardent bien à l’esprit que ce Droit sert à «protéger les biens juridiques de majeure importance pour la collectivité, que chaque devoir, chaque charge dans ce domaine a toujours une résonance publique, et un impact sur la collectivité».

    «Pour que la fonction judiciaire pénale ne devienne pas un mécanisme cynique et impersonnel, nous avons besoin de personnes équilibrées et préparées, mais surtout passionnées par la justice, conscientes du sérieux de leur devoir et de la grande responsabilité qu'elles exercent. Ce n'est qu'ainsi que la loi - chaque loi, pas seulement la loi pénale - ne sera pas une fin en soi, mais au service des personnes », a lancé François.

    Une justice qui restaure

    Le Pape qui a conclu en plaidant pour une justice pénale qui restaure. Il existe une asymétrie entre le délit et la peine, note-il, et «l’accomplissement d’un mal ne justifie pas l’imposition d’un autre mal comme réponse». «Il s’agit de faire justice à la victime, non d’exécuter l’agresseur», affirme-t-il, rappelant que dans la vision chrétienne du monde, le modèle de justice trouve son incarnation parfaite en Jésus.

    Nos sociétés sont appelées à avancer vers un modèle de justice fondée sur le dialogue et la rencontre, assure enfin le Pape, qui se dit conscient de l’immense défi que cela représente, mais qu’il faut relever «si nous voulons traiter les problèmes de notre coexistence civile d'une manière rationnelle, pacifique et démocratique».


    votre commentaire
  • Pape François: s'unir dans la bataille pour la protection des enfants sur internet

    Le Pape François a développé ce jeudi matin, 14 novembre 2019, une longue et ferme réflexion sur la responsabilité des acteurs du numérique dans la lutte contre les abus sexuels sur mineurs, en recevant les participants à une rencontre organisée aujourd’hui et demain sur le thème: “Promouvoir la dignité numérique de l’enfant – Du concept à l’action”.
     

    Cyprien Viet – Cité du Vatican

    Cette rencontre est organisée par l’Académie pontificale des Sciences sociales, la “Child Dignity Alliance” et l’“Interfaith Alliance for Safer Communities”. Environ 80 personnalités y participent, parmi lesquelles des responsables politiques et religieux, des magistrats, et des représentants d’organisations internationales et d’ONG, mais aussi d’entreprises technologiques comme Microsoft, Apple, Amazon et Facebook. 

    Dans son discours, le Pape François a insisté sur l’importance d’un engagement de tous les secteurs de la société, les scientifiques, les entrepreneurs et décideurs économiques, les législateurs, les responsables politiques, les éducateurs, les psychologues, et aussi les leaders religieux et moraux. Il s’est ainsi réjoui de voir l’engagement interreligieux pris il y a un an lors de la conférence organisée à Abou Dhabi se prolonger aujourd’hui.

    La responsabilité spécifique de l’Église catholique

    Le phénomène terrible des abus sexuels commis par des membres du clergé donne aussi au Pape une responsabilité particulière dans ce combat. «L’Église catholique, dans les dernières décennies, après les expériences dramatiques vécues dans son corps, a atteint une vive conscience de la gravité des abus sexuels sur mineurs et de leurs conséquences, de la souffrance qu’ils provoquent, de l’urgence d’en soigner les blessures, de contrer ces crimes avec une décision maximale et de développer une prévention efficace. Elle se sent donc obligée à regarder vers l’avenir avec une vision à long terme», a-t-il souligné.

    Veiller à une utilisation saine et constructive des outils numériques

    Le «développement vertigineux des technologies de l’information et de la communication» pose des «questions cruciales pour le futur de l’humanité.» François a reconnu que ce développement offre «de nouvelles opportunités pour les mineurs, pour leur éducation et leur formation personnelle», y compris dans le domaine de la santé. Mais il faut veiller à ce que leur croissance soit «saine et sereine»«sans qu’ils soient objets de violences criminelles inacceptables ou d’influences gravement nocives pour l’intégrité de leur corps ou de leur esprit».

    Le Pape a donc dénoncé les réseaux d’abus sur mineurs qui diffusent images et vidéos à travers le monde, mais il a aussi alerté plus largement sur l’accès de nombreux mineurs à des produits pornographiques, qui provoquent des phénomènes graves de dépendance dont les effets catastrophiques sur le développement psychologique, émotif et sexuel sont reconnus par de nombreuses études. En soulignant que l’âge moyen du premier contact avec des images pornographiques est évalué à 11 ans, il a appelé à la mise en place de systèmes de filtrage plus efficaces. François a souligné la responsabilité morale des fournisseurs de contenus, qui ne peuvent pas se contenter de respecter les lois, mais doivent être proactifs, les législateurs étant toujours en retard par rapport à la rapidité du développement numérique.

    Le développement technologique «nous prend par surprise, car souvent nous voyons d’abord les aspects les plus fascinants et positifs, qui heureusement ne manquent pas, mais ensuite nous nous rendons compte des conséquences négatives quand elles sont déjà diffusées et qu’il est très difficile d’y remédier», a alerté François. La gravité des enjeux est généralement sous-estimée, y compris par les médias, qui devraient se pencher sur ces thèmes d’une façon moins superficielle.

     

    Concilier liberté et responsabilité

    «Un nœud crucial du problème regarde la tension, qui devient une contradiction à la fin, entre l’idée du monde digital comme un espace de liberté illimitée pour l’expression et la communication, et celle de l’usage responsable des technologies et donc de leurs limites», a expliqué le Pape. L’argument de défense de la “privacy” ne doit pas empêcher les fournisseurs de contenu d’assumer leurs responsabilités face à des phénomènes gravissimes comme «le trafic des êtres humains, l’organisation du terrorisme, la diffusion de la haine et de l’extrémisme, la manipulation de l’information et les abus sur mineurs». Le Pape a donc lancé un «appel pressant» aux grandes compagnies du secteur pour qu’elles agissent avec clarté et dans la conscience de leur devoir d’orienter le développement technologique vers le bien de la société.

    Le Pape a notamment donné l’exemple de l’intelligence artificielle, en expliquant que les ingénieurs qui développent les algorithmes ont une responsabilité éthique pour que les «images illégales et nocives» qui circulent sur les réseaux soient éliminées. Ils doivent s’engager «dans une noble compétition pour contrer l’usage pervers des nouveaux instruments à disposition». Les enjeux financiers sont énormes mais les nouvelles générations ne doivent pas être sacrifiées au profit de la croissance économique.

    Un mouvement transversal impliquant

    Au-delà des frontières étatiques, toutes les institutions et les personnes concernées doivent coopérer dans un «mouvement global» de protection de la dignité de la personne, et en particulier des mineurs. «La créativité et l’intelligence de l’homme sont merveilleuses, mais doivent être orientées dans la direction positive du bien intégral de la personne dans toute sa vie, à partir de l’enfance», a martelé François.

    L’évêque de Rome a conclu en soulignant le rôle des responsables religieux dans cette «bataille», car l’inspiration religieuse «fonde le respect de la dignité humaine sur la grandeur et la sainteté de Dieu, son Créateur et Sauveur». En saluant tous les leaders religieux présents, François a estimé que «la cause de la protection des mineurs dans le monde numérique, c’est-à-dire dans notre monde d’aujourd’hui et demain, doit nous voir unis, comme témoins de l’amour de Dieu pour les plus petits et sans défense»«Regardons- les dans les yeux : ce sont vos filles et vos fils, nous devons les aimer comme des chefs d’œuvre et des enfants de Dieu», a conclu le Pape avec gravité.

    source https://www.vaticannews.va/fr

    ------------------------------------------

    Articles récents

    votre commentaire
  • Les encouragements du Pape François à un capitalisme inclusif

    Le Pape François a reçu ce lundi matin une délégation du Conseil pour un capitalisme inclusif, une organisation américaine qui plaide pour une vision vertueuse de l’économie de marché, rompant avec la financiarisation des échanges et développant une vision économique à long-terme. Le Pape a mis en avant la dimension morale de la vie économique qui doit conduire vers un développement humain intégral.
     

    Olivier Bonnel-Cité du Vatican 

    Il y a trois ans, le Pape avait reçu les membres d’un congrès, le Fortune-Time Global Forum devant lesquels il avait déjà souligné la nécessité de mettre en place des modèles économiques plus inclusifs et plus équitables qui permettraient à chacun d'avoir sa part des ressources de ce monde et d'être capable de réaliser leur potentiel.

    C’est dans la dynamique de ce forum que les membres du Conseil pour un capitalisme inclusif se placent, un évènement, a souligné le Pape«qui a permis un échange d'idées et d'informations visant à créer une économie plus humaine et à contribuer à l'élimination de la pauvreté dans le monde.»

    Le capitalisme inclusif a pour ambition «de surmonter une économie d'exclusion et de réduire l'écart qui sépare la plupart des gens de la prospérité dont peu jouissent» a précisé François (cf. Exhortation apostolique Evangelii gaudium, 53-55).

    L’urgence d’un système juste et fiable

    Selon le Pape, «l'augmentation des niveaux de pauvreté à l'échelle mondiale montre que l'inégalité l'emporte sur l'intégration harmonieuse des peuples et des nations. Par conséquent, a-t-il plaidé, il est urgent de mettre en place un système économique juste et fiable capable de répondre aux défis les plus radicaux auxquels l'humanité et la planète sont confrontées.» 

    Dans son discours, François a également remis en perspective les travaux du Conseil pour un capitalisme inclusif. «L'histoire récente, en particulier la crise financière de 2008, nous montre qu'un système économique sain ne peut être fondé sur des profits à court terme au détriment d'un développement et d'investissements productifs, durables et socialement responsables à long terme» a-t-il souligné.

    Le Pape a cité son prédécesseur Saint Paul VI selon lequel «le vrai développement ne peut se limiter à la seule croissance économique, mais doit favoriser la promotion de chaque personne et de l'homme tout entier» (cf. Populorum progressio, 14). Ce développement dépasse largement les simples questions de l'équilibre budgétaire ou de l'amélioration des infrastructures, mais exige bien «un renouvellement, une purification et un renforcement de modèles économiques valables basés sur notre conversion personnelle et notre générosité envers ceux qui en ont besoin».

    Une conversion personnelle

    Pour François, un système économique sans préoccupations éthiques «ne conduit pas à un ordre social plus juste, mais plutôt à une culture de consommation et de gaspillage "jetable"».

    Au contraire, a poursuivi le Saint-Père, «lorsque nous reconnaissons la dimension morale de la vie économique, qui est l'un des nombreux aspects de la doctrine sociale catholique qui doit être pleinement respecté, nous pouvons agir avec charité fraternelle, désirant, cherchant et protégeant le bien des autres et leur développement intégral.»

    Le travail du Conseil pour un capitalisme inclusif rappelle que ceux qui s'engagent dans la vie économique et commerciale sont appelés à servir le bien commun en cherchant à accroître les biens de ce monde et à les rendre plus accessibles à tous, a encore souligné François, qui a précisé qu’il ne s'agissait pas simplement d'«avoir plus", mais d'«être plus» Ce qu'il faut, a-t-il conclu, est un «profond renouvellement des cœurs et des esprits pour que la personne humaine puisse toujours être placée au centre de la vie sociale, culturelle et économique.»

    Le Pape a ainsi remercié ses hôtes pour leur engagement à promouvoir une économie plus juste et plus humaine, en accord avec les principes fondamentaux de la doctrine sociale de l'Église et leur travail au service d’un capitalisme inclusif «qui n'abandonne personne, qui ne rejette aucun de nos frères et sœurs.»

    source  https://www.vaticannews.va/fr

    ---------------------------

    Articles récents

    votre commentaire
  • Une vue de New York dans un nuage de pollution, le 17 mai 2019.Une vue de New York dans un nuage de pollution, le 17 mai 2019.  (2019 Getty Images)

    À l’occasion de la 31e "Rencontre des Parties impliquées dans le Protocole de Montréal", une réunion annuelle dont l’édition 2019 se tient cette semaine à Rome, le Pape François a adressé un message d’encouragement aux personnes et institutions impliquées dans le processus d’élimination des substances chimiques ayant eu un rôle dans la détérioration de la couche d’ozone.
     

    Cyprien Viet – Cité du Vatican

    Ce travail avait été amorcé dans les années 1980 suite à des observations inquiétantes effectuées par la Nasa sur que qui était communément appelé le “trou de la couche d’ozone”. Mais depuis 30 ans, l’interdiction progressive de certains produits chimiques utilisés notamment pour les aérosols (les chlorofluorocarbones, ou CFC) a eu des résultats très concrets étayés par des études scientifiques, qui montrent à la fois la capacité de résilience de la nature et les résultats positifs d’une coopération internationale sérieuse et réaliste. Le Protocole de Montréal, signé en 1987 et entré en vigueur en 1989, a reçu progressivement l'adhésion de tous les États membres de l'ONU.

    Dans ce message lu par le cardinal-Secrétaire d’État Pietro Parolin dans le cadre de cette réunion organisée au siège de la FAO, le Pape rappelle que le Protocole de Montréal «représente un modèle de coopération internationale non seulement dans le domaine de la protection environnementale mais aussi dans celui de la promotion du développement humain intégral».

    Un rare sujet de consensus international

    Ce processus compte actuellement 197 États signataires, ce qui en fait la première Convention issue du système des Nations Unies à avoir obtenu «l’aval universel de la part de l’entière famille des nations». Et ces trois décennies d’effort portent des fruits encourageants, comme le montrent les études scientifiques sur la couche d’ozone qui se reconstitue.

    Le Pape identifie trois leçons concrètes à tirer de la réussite de ce processus. Tout d’abord, la fécondité de la coopération entre la communauté scientifique, le monde politique, les acteurs économiques et industriels ainsi que la société civile. En 2008, dans une déclaration accompagnant l’instrument d’adhésion du Saint-Siège à ce Protocole, il était indiqué que ce processus montre qu’il est possible «d’obtenir des résultats importants, qui rendent en même temps possible de sauvegarder la création, de promouvoir le développement humain intégral et de prendre soin du bien commun, dans un esprit de solidarité responsable, et avec de profondes répercussions positives pour les générations présentes et futures».

    Limiter et orienter la technique

    En reprenant les termes de son encyclique Laudato si, le Pape remarque que ce processus a prouvé que «la liberté humaine est capable de limiter la technique, de l’orienter, et de la mettre au service d’un autre type de progrès, plus sain, plus humain, plus social et plus intégral». Il espère que l’on pourra se souvenir plus tard de l’humanité du début du XXIe siècle comme de celle qui aura su «assumer avec générosité ses propres graves responsabilités» vis-à-vis des générations futures. Il s’agit d’un défi culturel qui doit amener chacun à se situer par rapport au bien commun.

    La deuxième leçon est que ce défi ne peut pas être affronté seulement sur la base de technologies alternatives, en l’occurrence de substances chimiques qui n’auraient pas les mêmes conséquences sur la couche d’ozone mais qui pourraient provoquer d’autres types de pollution. Le Pape annonce l’adhésion du Saint-Siège à l’amendement de Kigali, qui régule la mise sur le marché des produits alternatifs aux CFC.

    Un monde dans lequel tout est connecté

    Enfin, la troisième leçon est que «tout est connecté». Les multiples défis qui sont posés aujourd’hui demeurent complexes, mais ils sont aussi une stimulation pour refonder «une culture orientée vers le bien commun», avec une vision à long terme en formant de futurs leaders à la prise de décision responsable dans les domaines politique, scientifique et économique.

    Aucun acteur de ces processus complexes ne doit «absolutiser son propre point de vue». Tout doit être pensé de manière collective, dans le dialogue, dans une recherche équilibrée de solutions tournées vers le bien commun.

    «J’exprime mon espérance priante que le régime international pour l’ozone, et aussi d’autres initiatives louables de la communauté internationale pour le soin de notre maison commune, puissent continuer sur ce chemin complexe et contraignant, mais toujours stimulant», conclut le Pape François.

    source  https://www.vaticannews.va/fr/

    --------------------------

    Articles récents

    votre commentaire
  • Scandale au Vatican : lors du Synode sur l’Amazonie qui s’est clos dimanche et qui se penchait, entre autres, sur la crise environnementale, des statues traditionnelles incas symbolisant la Terre-Mère furent présentées au pape et intégrées à des temps de prière.

    Publié le 03 novembre 2019

    Le feu des idoles - La Presse

     

     

    Quelques jours après leur exposition, elles furent volées d’une église de Rome puis jetées dans le Tibre. Ce qui a entraîné le pape François à demander pardon aux peuples amazoniens pour ce brigandage méprisant envers leur culture.

    Quel sens donner à ce mélodrame autour de figurines de bois à l’effigie d’une femme enceinte ? Le vrai scandale réside-t-il dans leur ostension ou dans leur pillage ?

    Les milieux conservateurs ont violemment dénoncé la présence de cette « idole païenne » au cœur même du Vatican. Certains d’entre eux y ont même vu la preuve décisive que le pape et son entourage seraient sous la coupe de Satan, poussant l’Église à blasphémer contre le tout premier des Dix Commandements, qui stipule de ne pas adorer d’autre dieu, donc de ne pas se prosterner devant des idoles.

    Conséquemment, pour ces traditionalistes, le saccage des artefacts amazoniens a constitué un geste à la fois héroïque et prophétique, à l’image de Jésus chassant les marchands du temple. Sans compter que l’incident semble tomber du ciel pour tous ceux qui cherchent à discréditer le synode et son ordre du jour résolument progressiste.

    Les organisateurs de l’événement, quant à eux, rendent un son de cloche différent : il ne s’agissait évidemment pas de vénérer les statuettes comme si elles étaient Dieu. Ni d’insinuer que la « Pachamama », du nom andin des statuettes, équivaut plus ou moins à la Vierge Marie. Formuler cette accusation est même grotesque au possible.

    Il s’agissait plutôt d’honorer le souci millénaire des peuples de l’Amazonie pour la vie et la nature. C’était un geste d’accueil envers une culture somme toute étrangère pour l’Église romaine.

    Mais était-ce maladroit dans un contexte où l’Église est traversée de profondes polarisations ? Peut-être.

    Toutefois, quand l’on sait à quel point l’Église s’est faite impérialiste avec les cultures non européennes pendant des siècles et des siècles, une initiative un peu osée n’était pas de trop pour envoyer le message que cette époque touche à sa fin. Que l’Église est enfin prête à être véritablement catholique, c’est-à-dire riche des expressions et des vécus de foi chrétienne de partout sur la planète.

    Par ailleurs, l’accusation d’idolâtrie paraît d’autant plus malvenue que les participants au synode cherchaient justement à dégager l’Église de ce penchant.

    Car qu’est-ce que l’idolâtrie, au fond ? C’est mettre une autre réalité à la place de Dieu. C’est chérir de manière absolue quelque chose qui n’est pas l’absolu. C’est avoir le cœur à la mauvaise place : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Mt 6, 21).

    Et Dieu n’est pas seul à savoir à quel point l’Église est en train de s’éveiller d’une longue période « d’autolâtrie », d’idolâtrie d’elle-même. De longs siècles à confondre — pas toujours, mais régulièrement — ses propres intérêts institutionnels avec les intérêts de Dieu.

    Elle en émerge enfin, malgré d’énormes résistances au changement.

    Le Synode sur l’Amazonie, dont le document final entrouvre (timidement) la porte à l’ordination presbytérale d’hommes mariés, à l’ordination diaconale de femmes et à une plus grande flexibilité en matière d’adaptation culturelle de la liturgie, a réellement redirigé le regard de l’Église en périphérie de son nombril romain.

    La prochaine étape se jouera en Allemagne. L’Église de ce pays entreprendra bientôt une consultation mêlant laïques et clergé, qui risque fort de déboucher sur de petites révolutions en termes de structure et de discipline.

    Puisque le Vatican ne voit pas d’un bon œil qu’une Église particulière prenne l’initiative à sa place, on peut s’attendre à des flammèches. Mais des flammèches ne sont-elles pas nécessaires si l’on veut mettre le feu aux idoles ?

    source La Presse

    ----------------------- 

    Articles récents

    votre commentaire
  • L'éducation à la paix, essentielle pour les futures générations

    Le Pape François a inauguré, jeudi 31 octobre, l'exposition en mémoire du cardinal Jean -Louis Tauran, à l'Université pontificale du Latran à Rome.
     

    «Calligraphie pour le dialogue : promouvoir la culture de la paix à travers la culture et l’art», c’est le nom de l’exposition à l’Université pontificale du Latran, en mémoire du Cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux de 2007 à sa mort en 2018. Une exposition inaugurée ce jeudi 31 octobre en présence du Pape François, qui a rappelé l’importance du cœur de travail du cardinal Tauran : l’éducation à la paix.  

    L’éducation à la paix est essentielle, a expliqué le Saint-Père dans les murs de l’Université du Latran, car la responsabilité envers les nouvelles générations exige de les former et de les écouter pour «répondre aux défis de notre temps, sans nier la valeur immuable de la vérité, mais avec un langage compréhensible et contemporain». Aujourd’hui, il ne suffit pas de critiquer le passé ou l’existant, il s’agit, a détaillé François, de «faire preuve de créativité et de propositions pour l'avenir, en aidant chaque personne à grandir», passer ainsi du statut de spectateur à celui de protagoniste et fournir aux prochaines générations une méthode capable de valoriser l’expérience, qu’elle soit positive ou négative. Pour éviter les messages abstraits et inaudible, mieux vaut transmettre l’expérience des valeurs et des vertus que de se contenter de donner des indications. 

    Une exhortation qui concerne non seulement les croyants, «mais tous ceux qui sont motivés par le bien», qui savent «combien le dialogue est nécessaire sous toutes ses formes». Un dialogue qui ne consiste pas uniquement à prévenir et résoudre les conflits , mais également à faire ressortir les «valeurs et les vertus que Dieu a écrites dans le cœur de chaque homme et rendues évidentes dans l'ordre de la création». 

    La paix comme message 

     

    «Chercher et explorer toutes les possibilités de dialogue ne sont pas seulement une façon de vivre ou de coexister, mais plutôt un critère éducatif», a ainsi éclairé l’évêque de Rome, avant saluer la mémoire du cardinal Jean-Louis Tauran, «Il nous a fait comprendre qu'il ne suffit pas de s'arrêter à ce qui nous rapproche, mais qu'il faut explorer de nouvelles possibilités pour que les différentes traditions religieuses puissent transmettre, outre un message de paix, la paix comme message». 

    En juin 1993, à Vienne, lors de la Conférence des Nations Unies sur les droits de l'homme, alors que Mgr Tauran, secrétaire pour les relations avec les États, venait de terminer son discours, rappelant le nécessaire dialogue entre les religions, en quittant la tribune, il s'est retrouvé, par hasard, a raconté le Saint-Père, devant un membre de la délégation saoudienne qui lui a demandé comment faire pour approfondir l'importance du dialogue. Sa réponse a été : "Nous pouvons le faire quand je viendrai dans son pays". Un désir qui l'a accompagné au fil des ans, selon le Pape François, et ne s'est réalisé que quelques mois avant son décès avec sa visite à Riyad en avril 2018.

    Du 14 au 20 avril 2018, le cardinal Tauran s’était rendu en Arabie Saoudite où il avait rencontré le roi Ben Salmane et diverses autorités religieuses musulmanes. Une étape dans l’ouverture du royaume saoudien aux autres religions.

    source https://www.vaticannews.va/

    --------------------------

    Articles récents

    votre commentaire
  • (DLang) Agnès, ma collègue au magazine LE PELERIN, a proposé son propre regard sur la démarche synodale au fil des semaines passées, par le biais de quatre articles à découvrir ici. Une autre manière de continuer à réfléchir sur les enjeux cruciaux de cette rencontre.

    source https://eglisesetecologies.com/

    ------------------------------

    Articles récents

    votre commentaire
  • Synode sur l’Amazonie: le Document final présenté en congrégation générale

    La 15e Congrégation générale du Synode sur l’Amazonie s’est tenue ce vendredi après-midi, en présence du Pape François et de 182 pères synodaux. Elle a donné lieu à la présentation du Document final et à l’élection des membres du Conseil post-synodal.
     

    Vatican News – Cité du Vatican

    Les membres élus du Conseil post-synodal sont au nombre de 13, représentant les différents pays de la région amazonienne : quatre proviennent du Brésil, deux de la Bolivie, deux de la Colombie, deux du Pérou, un des Antilles, un du Venezuela et un de l’Équateur. Trois autres intègreront ensuite ce Conseil, par nomination pontificale. Il aura pour mission de procéder à la mise en œuvre des indications du Synode.

    La présentation du Document

    Tout de suite après ce vote, la 15e Congrégation générale a vu le Rapporteur général du Synode, le cardinal Claudio Hummes, qui est aussi président du Réseau ecclésial panamazonien, a présenté en Salle du Synode le Document final des travaux. En introduisant le texte, il a mis en évidence le grand travail accompli par la Commission pour la rédaction du Document, ainsi que par les cercles mineurs, qui ont présenté de nombreux amendements.

    Ce texte, a-t-il expliqué, s’intègre dans un moment d’urgence écologique, dans lequel il est nécessaire d’agir sans reporter au lendemain. La préservation de l’Amazonie est fondamentale pour le salut de la planète, a-t-il expliqué, et l’Église en est consciente. Il faut une conversion intégrale pour une écologie intégrale. L’Église, en effet, écoute le cri des peuples de l’Amazonie et le cri de la terre, qui sont le même cri, et aussi l’expression d’une grande espérance. Le Synode, a conclu le cardinal, sert à atteindre une communion ecclésiale, avec Pierre et sous la conduite du Pape.

    Le vote aura lieu samedi

    Dans la matinée du samedi 26 octobre, les pères synodaux pourront se dédier à une relecture individuelle du texte, et dans l’après-midi, la 16e Congrégation générale donnera lieu au vote.

    Enfin, selon la tradition des assemblées synodales, le Pape a offert aux participants la médaille du pontificat pour cette année 2019, représentant l’Amazonie.

    source  https://www.vaticannews.va/fr/

    --------------------------

    Articles récents

    votre commentaire
  • Briefing du Synode: le célibat sacerdotal, «trésor» et «défi intérieur»

    Les intervenants à la conférence de presse de ce jeudi 24 octobre étaient les suivants: le cardinal Beniamino Stella, préfet de la Congrégation pour le clergé; Mgr Alberto Taveira Corrêa, archevêque de Belém do Pará (Brésil); le père Eleazar López Hernández, expert en théologie indigène, membre du peuple zapotèque, membre du Centre national d’aide aux missions indigènes (Mexique); sœur Mariluce dos Santos Mesquita, Fille de Marie Auxiliatrice, membre de l’ethnie Barassana (Brésil); Delio Siticonatzi Camaiteri, membre de l’ethnie amazonienne Ashaninca (Pérou); Paolo Ruffini, préfet du Dicastère pour la communication; le père Giacomo Costa, jésuite, secrétaire de la commission pour l’information de ce Synode.
     

    Les paroles prononcées par le représentant d'un peuple autochtone ce jeudi ont l'intensité d'un plaidoyer. Delio Siticonatzi Camaiteri, membre du peuple Ashaninca, une ethnie amazonienne du Pérou, répondait  à la question d'un journaliste sur l’idée d’un rite amazonien spécifique, qui a émergé au cours de ce Synode.

    Un Synode centré sur le Christ

    «Je vous vois un peu inquiets comme si vous n'étiez pas capables de comprendre ce dont l'Amazonie a besoin, a déclaré le participant péruvien. Nous avons notre vision du cosmos, notre façon de voir le monde. La nature nous rapproche de Dieu. […] En tant qu'indigènes, nous vivons en harmonie avec tous les êtres vivants. […]Nous croyons en un seul Dieu. Nous devons rester unis. C'est ce que nous désirons en tant qu'indigènes. Nous avons nos propres rites, mais ce rite doit s'articuler sur le centre qu'est Jésus-Christ. Il n'y a rien d'autre à dire à ce sujet. Le centre qui nous unit dans ce Synode est Jésus-Christ», a souligné Delio Siticonatzi Camaiteri. Un Synode, a-t-il poursuivi, qui représente un espoir pour les indigènes, car il a permis l'ouverture d'un espace de dialogue et de rencontre pour défendre l'Amazonie.

    Répondant à une question sur les attentes liées au Synode, Mgr Alberto Taveira Corrêa, archevêque de Belém, au Brésil, a affirmé que «nous ne sommes pas ici comme s'il y avait une liste de désirs ou de décisions à prendre dans la direction que moi ou d'autres personnes voudrions. Nous sommes ici pour faire un chemin ensemble, et essayer de le mettre entre les mains du Saint-Père. Je suis très confiant, je nourris de grands espoirs», a assuré le prélat brésilien. Tous les dialogues et débats ont été très riches spirituellement, il y a eu beaucoup de partages au cours de ces travaux du Synode, s’est-il aussi réjoui.

    Beauté et exigences du célibat sacerdotal

    Le cardinal Beniamino Stella, préfet de la Congrégation pour le clergé, a quant à lui livré un rappel limpide et fort sur le sens du célibat sacerdotal. Le célibat est «un trésor que l'on garde dans des vases d'argile», c’est un «don de Dieu qu’il faut accueillir», «la grande beauté de la vie d’un prêtre». Il exige donc d’être cultivé par la «spiritualité, la prière» et «une discipline personnelle». Le célibat «a un sens, est une réalité qu'on peut vivre», a souligné le cardinal Stella, mais il faut être conscient que dans le monde actuel «cela requiert une grande exigence». Cette exigence du sacerdoce doit être toutefois présentée aux jeunes, a affirmé le prélat: «nous devons parler aux jeunes et leur présenter les besoins du sacerdoce latin comme un grand engagement et une grande beauté». Aujourd’hui, l'Église est d’ailleurs «la seule institution qui prêche un engagement "pour toujours"», a-t-il rappelé.

    «Le don du célibat représente pour les jeunes et pour les prêtres un grand défi intérieur, qu'il faut assumer au bout d'un long parcours de formation», a insisté le cardinal Stella, soulignant l’importance de la formation et de la présence de «qualités humaines très précises» chez les candidats au sacerdoce: équilibre, esprit sain, «affectivité transparente».

    «Ce que le Synode pourra dire sur les nouvelles voies du ministère, a conclu le préfet de la Congrégation pour le clergé, nous le laissons au discernement des Pères synodaux et au discernement final du Saint-Père».

    Vers un rite amazonien?

    Le cardinal Stella s’est également exprimé à propos d'un éventuel rite amazonien : «il est naturel, a-t-il déclaré, que cette initiative émerge du Synode: les peuples amazoniens sentent le besoin de pouvoir communiquer avec leur langue, leurs symboles et leurs rituels locaux. L'Amazonie est une réalité multiethnique et multilingue, composée de centaines de groupes ethniques et de centaines de langues. Il y a une attente dans ce domaine et aussi un besoin concret: nous verrons ce que dira le Synode», a-t-il affirmé, mettant en avant la nécessité d’approfondir le sujet et de prendre le temps de la réflexion, «en tenant compte de l'histoire, de la diversité des cultures».

    Le prélat a par ailleurs relevé la «compréhension réciproque» qui a régné entre le Pape et les évêques au long de ce Synode, estimant avoir vécu une touchante «expérience de famille».

    Foi et inculturation

    «Nous voulons pouvoir exprimer notre foi dans notre culture et notre langue», a expliqué Eleazar López Hernández, un prêtre catholique indigène appartenant au peuple zapotèque, au Mexique. «L'Église doit générer des visages spécifiques dans lesquels arrive une proposition chrétienne», a-t-il poursuivi. Enfin, le thème de la spiritualité indigène a été abordé par sœur Mariluce dos Santos Mesquita, religieuse de l'ethnie Barassana, au Brésil: «le Pape François écoute et propose de reconnaître, d'approfondir la spiritualité indigène en interaction avec la Parole de Dieu, que nous prêchons déjà», a-t-elle souligné.

    SOURCE https://www.vaticannews.va/fr

    ----------------------------- 


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique