• Merci Micheline JL de m'avoir signalé cette lettre.
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    « FRANÇOIS : « COUPABLE ! »
    Lettre ouverte de soutien 
    d’un prêtre brésilien au Pape François

     


    Des messages de soutien affluent de par le monde au Pape François 
    après son appel au Peuple de Dieu et les attaques portées contre lui 
    par une minorité d'évêques étant foncièrement hostiles aux orientations 
    de son pontificat. Celui-ci, très saisissant, émane d'un prêtre brésilien.

    Le partager le plus possible dans vos réseaux peut déjà être considéré 
    comme un geste de soutien, de fraternité et de loyauté filiale apporté 
    au successeur de Pierre qui affronte la tempête.

    Merci et hauts les cœurs !

    « Cher Pape François !

    En fait, tu es coupable !
    Tu es coupable d'être un homme et de ne pas être un ange !
    Tu es coupable parce que tu as l'humilité d'accepter que tu te 
    trompes et que tu demandes pardon. Demander pardon pour toi 
    et pour nous. Et cela pour beaucoup est inadmissible.
    Tu es coupable parce que tu ne voulais pas être un juge, 
    un homme de loi, et tu es un exemple et un témoignage 
    de miséricorde.
    Tu es coupable car tu as abandonné la tradition de vivre dans des 
    palais et choisi de vivre comme les gens ordinaires.
    Coupable parce que tu as quitté la somptuosité de Saint Jean du 
    Latran et préféré visiter la pauvreté des prisons, des orphelinats, 
    des hôpitaux, etc.


    Tu es coupable !
    Tu as arrêté d'embrasser les pieds parfumés des éminences et tu 
    embrasses les pieds " sales " de condamnés, de femmes, de malades, 
    de personnes d’autres confessions religieuses, de gens " différents "!
    Tu es condamné parce que tu as ouvert les portes aux réfugiés et 
    parce que devant des sujets douloureux et en attente tu réponds 
    simplement : " qui suis-je pour juger ?".
    Tu es condamné parce que tu assumes ta fragilité en te demandant 
    de prier pour toi alors que beaucoup exigent que tu sois dogmatique, 
    intolérant et réglementaire.

    Pape François, tu es coupable pour tant et tant 
    de cœurs dits " infidèles ", " excommuniés " et " impurs " qui ont 
    redécouvert , grâce à toi, le beau visage du Christ plein de tendresse 
    et de miséricorde.
    Tu es coupable parce que " tu appelles les choses par leurs noms " 
    et tu ne t'empêches pas de rappeler aux évêques qu’ils ne sont pas 
    des pasteurs d'aéroport mais doivent porter " l’odeur de leurs brebis ".


    Tu es coupable parce que tu as déchiré les pages de l'intolérance, 
    des morales stériles et sans pitié, et tu nous as offert la beauté 
    de la compassion, de la tendresse et de la sincérité.
    Tu es coupable parce que tu nous a ouverts les yeux, ceux de 
    l'intelligence et de la raison ,mais surtout les yeux du cœur..
    Tu es coupable de vouloir porter la croix de l'Église au lieu de 
    détourner le regard, d'être indifférent aux douleurs et aux larmes 
    des hommes de notre temps.

    Tu es coupable parce que tu ne supportes pas les 
    crimes odieux faits au nom de Dieu et ceux qui parlent de Dieu 
    mais vivent contre lui.
    Tu es coupable parce que tu cherches la vérité et la justice, par 
    la miséricorde, au lieu de faire taire, cacher, minimiser ou ignorer.
    Tu es coupable parce que tu ne veux plus d'une Église de privilèges 
    et d'avantages, de gloires, et que tu nous apprends la force du 
    service, la richesse du lavement des pieds et la grandeur 
    de la simplicité.


    Pape François laisse toi blâmer pour ces "crimes". Tu sais qu'à tes 
    côtés, ils sont innombrables ces hommes et ces femmes qui, 
    comme toi, ne sont pas des anges, mais des personnes fragiles, 
    des pécheurs, qui espèrent que le Christ veille sur nous et pour nous.
    Tu sais qu'avec toi, il y a une immense procession de cœurs qui prient 
    pour toi à chaque instant ; pour toi, ils risqueraient leur vie. Ils te 
    suivent comme des brebis qui font confiance à leur pasteur.

    C'est le Christ qui t'a mis à la barre de cette 
    « barque » qu’est l'Église.
    C'est le Christ qui te donnera les forces pour poursuivre ce chemin 
    de "culpabilité" qui a fait tant bien fait au monde et à l'Église.


    Cher Pape François merci d'être « coupable » de rendre belle 
    l'Église comme la rêve Jésus.

    Père Antoine Teixeira
    Brésil


    Source : https://www.facebook.com/michel.cooltadel

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  • Le Pape François saluant des jeunes participants à la rencontre du samedi 15 septembre 2018 sur la place Politeama à Palerme.Le Pape François saluant des jeunes participants à la rencontre du samedi 15 septembre 2018
    sur la place Politeama à Palerme.  (Vatican Media)

    Le Pape François invite les jeunes Siciliens à refuser la résignation

    En conclusion de sa visite en Sicile, organisée à l’occasion du 25e anniversaire de l’assassinat par la mafia du bienheureux P. Pino Puglisi, le Pape François s’est exprimé devant les jeunes rassemblés sur la Place Politeama, au centre de Palerme.
     

    Cyprien Viet – Cité du Vatican

    «Nous avons besoin d’hommes et de femmes qui dénoncent la mauvaise vie et l’exploitation, qui vivent des relations libres et libératrices, qui aiment les plus faibles et sont passionnés pour la légalité, qui reflètent l’honnêteté intérieure», a déclaré le Pape lors de sa rencontre avec les jeunes.

    François a insisté sur le dynamisme inhérent à la rencontre avec Dieu, que les jeunes ne peuvent pas découvrir s’ils restent dans leur fauteuil avec une mentalité de retraité, mais qu’ils ne peuvent découvrir qu’en se mettant en chemin. En donnant des exemples bibliques, le Saint-Père a expliqué que Dieu aime parler avec des jeunes tout en cheminant… «Dieu déteste la paresse et aime l’action. Mais il ne s’agit pas de se bouger pour se maintenir en forme, il s’agit de bouger son cœur», car «le Seigneur parle à ceux qui sont en recherche».

    La solidarité est une caractéristique du chrétien

    En répondant à la deuxième question sur la définition de la dignité humaine pour les chrétiens, le Pape François a rappelé que «la Sicile, au cœur de la Méditerranée, a toujours été une terre de rencontre. Il ne s’agit pas seulement d’une belle tradition culturelle, mais c’est un message de foi». La solidarité n’est donc pas seulement l’expression de «bonnes intentions pour les personnes éduquées, mais des traits distinctifs du chrétien», car «le chrétien croit que Dieu s’est fait homme et que donc, en aimant l’homme, tout homme, on aime Dieu».  

    En répondant à une troisième et dernière question sur la façon d’être jeune dans ce territoire, le Pape a expliqué que «les jeunes sont appelés à être des aurores de l’espérance»«L’espérance surgira à Palerme, en Sicile, en Italie, dans l’Église, à partir de vous. Pour être des aubes d’espérance il faut se lever chaque matin avec un cœur jeune, rempli d’espérance, luttant pour ne pas se sentir vieux, pour ne pas céder à la logique de l’irrémédiable, cette logique perverse selon laquelle il n’y a pas de salut pour cette terre. Non ! Non au fatalisme et oui à l’espérance chrétienne ! Non à la résignation !», a martelé le Pape François.

    source https://www.vaticannews.va/

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  • Wim Wenders : « Réaliser ce film avec le pape François m’a vraiment bouleversé »

    ARTICLE | 12/09/2018 | Numéro 2122 | Par Edouard Huber

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    Le pape François et Wim Wenders

    Le pape François et Wim Wenders

    Vous avez révélé que c’est Mgr Dario Viganò (1) qui vous a demandé de faire ce film. Comment avez-vous réagi ?

    Je n’aurais certainement pas pensé à faire un film avec le pape François, si le Vatican ne m’avait pas approché pour savoir si j’étais disposé à discuter de cette proposition. J’étais très étonné, c’est le moins qu’on puisse dire ! Comme tous les cinéastes, je pourrais envisager le pape comme le sujet d’un film de fiction, mais pas d’un documentaire. Mais oui, je pourrais certainement envisager un tel projet ! Le nouveau pape, François, avait tout de suite attiré mon imagination. J’ai reçu la lettre de Mgr Viganò à la fin de 2013, la première année de son pontificat. Et quand nous avons parlé, quelques semaines plus tard, il est devenu clair que Don Dario pensait à un film que je pourrais développer moi-même, pour lequel nous devrions trouver un financement indépendant (ce n’est ni une commande ni une production du Vatican !) que je pourrais filmer dans un contact privilégié avec le pape François lui-même et pour lequel j’aurais également un accès complet aux archives du Vatican. Et quand Mgr Viganò a confirmé que le Vatican n’allait pas interférer avec mon film (il a tenu parole), j’ai dit oui. J’avais l’impression de suivre la tradition de mes films : Buena Vista Social Club a commencé par l’invitation de Ry Cooder à venir avec lui lors d’un voyage à Cuba, Pina, avec Pina Bausch elle-même, qui m’a exhorté à faire un film ensemble, et même Le Sel de la terrequi avait commencé par une invitation personnelle des Salgado père et fils à me joindre à eux.

    Mgr Viganò vous a-t-il dit pourquoi il vous a choisi ?

    Il a étudié le cinéma, l’a enseigné et écrit même des livres sur le sujet. J’avoue que j’étais aussi curieux que vous, alors je lui ai posé la question. Il m’a dit que c’était à cause de mon film Les Ailes du désir. Ce n’était pas un film « religieux », mais certainement un film « spirituel ». J’ai aussi voulu être sûr, à notre première rencontre, que Don Dario savait que j’avais quitté l’Église depuis longtemps. Ça n’a pas été pas un problème pour lui.

    Vous avez été frappé de voir que le pape choisissait le nom de François. Quelle importance a pour vous saint François, et en quoi éclaire-t-il l’action du pape ?

    J’ai été très ému quand le nouveau pape a été annoncé sur le balcon de la basilique Saint-Pierre et que son nom a été proclamé en latin « Franciscus ». C’est le seul moment de ma vie où neuf années douloureuses de latin ont finalement porté leurs fruits ! J’ai compris avant qu’elle soit traduite ce que cette phrase voulait dire, et pour moi, c’était un choc ! François était le nom du seul saint que j’avais connu enfant ! Celui qui était devenu totalement pauvre de son plein gré, celui qui avait parlé aux oiseaux et appelé toutes les créatures frères et sœurs !

    Je ne pouvais pas croire que cet homme (encore inconnu) avait eu le courage de choisir ce nom ! Saint François a été le réformateur le plus radical de l’Église. Aucun pape n’avait jamais osé relever le défi d’assumer l’héritage de son nom ! Puis je l’ai vu et j’ai entendu sa voix, son fameux «Buonasera», et j’ai ri quand toute la place Saint-Pierre a ri avec lui. Quand on m’a invité à faire ce film, j’ai su aussitôt que j’y aborderais le choix de son nom, qui annonçait tout à la fois une solidarité avec les pauvres et les exclus, un amour et des soins profonds pour la Terre Mère et un effort renouvelé pour établir la paix entre les religions.

    Saint François a été un révolutionnaire non seulement dans l’histoire de l’Église, mais pour l’humanité tout entière. Le pape François vit et personnifie ce dévouement. Il ne nous demande pas seulement d’envisager de faire avec moins, il montre comment cela peut être fait, en donnant l’exemple : en refusant de vivre dans le luxueux appartement de ses prédécesseurs ou en refusant d’être conduit dans de grandes limousines. Sa modestie et son apparence humble ne sont pas un spectacle. Il est cette personne et n’a pas à jouer son affection pour les pauvres.

    Pourquoi avez-vous inséré des épisodes filmés de la vie de saint François et pourquoi leur avez-vous donné l’allure de vieux film en noir et blanc ?

    Je me suis longuement demandé comment introduire la présence, brève et exemplaire, de saint François dans le film. Il y a une douzaine de films sur la vie du saint, mais après les avoir tous passés en revue, je me suis rendu compte qu’ils ne pouvaient pas me servir ; pas même le beau film de Rossellini sur les fioretti de saint François. Mon choix a été de tourner moi-même quelques scènes de la vie de saint François. Mais c’était plus facile à dire qu’à faire. Nous n’avions pas de département artistique. C’était un film à petit budget, malgré tout ! Nous avons choisi de faire un « film pauvre », car il semblait absurde de faire un film cher sur un homme qui disait toujours à tout le monde d’essayer de faire avec moins. Nous avons donc fait un film avec le moins possible. Il n’y avait pas d’argent pour filmer des séquences censées se passer au XIIIe siècle. Tout ce que nous pouvions nous permettre, c’était trois acteurs, l’un pour jouer le saint et deux autres pour représenter ses disciples. Et trois costumes. C’était comme ça : pas de plateau, pas de décors historiques.

    ▶︎ À LIRE AUSSI : Saint François d'Assise, le Prodigue

    Je me rappelais avoir déjà trouvé une solution pour un problème semblable : une caméra à manivelle française des années vingt, une Debrie. Tout ce qui s’y imprime a automatiquement l’aspect de son époque. Les spectateurs croient que nous avons trouvé ces images incroyables sur saint François dans un vieux film oublié. Mais non ! Si on regarde de près, on trouve des traces de la réalité contemporaine en arrière-plan. Nous avons photographié en négatif couleur, car certaines scènes à manivelle s’inspirent de fresques de Giotto, à la Renaissance, et nous pensions pouvoir laisser des couleurs dans nos scènes. Finalement, nous avons abandonné cette idée et scanné le négatif en noir et blanc. Cette caméra et le noir et blanc étaient les seuls « choix esthétiques » du film. Toutes les autres décisions ont été prises pour des raisons de simplicité et de vérité.

    À part ces quelques scènes de fiction avec saint François, le film a deux parties : les archives et les interviews. Quel sens a cette construction ?

    C’était une décision initiale. D’une part, un tête-à-tête intime, d’autre part, un regard sur le monde dans lequel le pape François agit, avec ses visites dans les prisons, les camps de réfugiés, les hôpitaux, et ses rencontres avec les gens simples et les chefs d’État, les membres du congrès américain, des Nations unies, etc. Je ne voulais pas faire un biopic. Un homme modeste comme lui ne voulait certainement pas d’un film centré sur lui. Il fallait donc faire un film avec lui.

    À la fin, c’est devenu une biographie de ce qu’il représentait. Pourtant, dans un premier temps, l’étendue du film était trop grande, presque effrayante. Tout semblait possible et pensable, d’autant que personne n’intervenait jamais (à un moment donné, j’avais très envie d’interférences ou de conseils !). Mais alors l’idée d’un « film pauvre » et d’un film qui s’abstiendrait d’« opinions » s’est montrée fructueuse. Je voulais vraiment éviter un film avec des « têtes parlantes », des gros plans de personnes parlant du pape François. Cela devrait plutôt être un film avec lui. Il devrait parler pour lui-même. Et si je devais avoir le privilège d’être face à face avec cet homme, je ne voulais pas garder ce privilège pour moi, mais le partager avec les spectateurs ! Je voulais qu’ils soient en prise avec le pape François !

    Suivre le pape autour du monde avec ma propre équipe aurait complètement dépassé notre petit budget. Pour toutes les séquences de voyage, j’ai eu accès aux archives du Vatican. De notre côté, nous avons tourné les longues interviews avec le pape François et les reconstitutions de la vie de saint François autour d’Assise. Pour toutes les séquences de voyage, j’ai eu accès aux archives du Vatican et aux images produites principalement par deux cameramen vraiment formidables qui ont suivi le pape François dans tous ses voyages. Nous avons également utilisé des images de chaînes de télévision du monde entier. Dans l’ensemble, j’ai eu des centaines d’heures de discours, de conférences, de visites dans des lieux publics.

    Quelle partie vous a demandé le plus de travail et laquelle vous a apporté le plus ?

    Les images des voyages du pape François sont celles que les gens ont vues à la télévision. Pourtant, je n’aurais pas pu m’en passer. Mais, pour moi, l’épine dorsale du film a été nos longues discussions : quatre sessions de deux heures avec lui. Nous les avons tournées avec un « interrotron », une sorte de prompteur, sauf qu’à l’écran, plutôt que ses réponses, le pape voyait mon visage. Donc, en parlant spontanément avec moi à travers cet outil, il était en fait en train de parler directement au public, les yeux dans les yeux. Pour moi, c’est là le cœur de ce film

    Vous appréciiez déjà l’action du pape avant le film. Après deux ans de travail sur le film, votre opinion a-t-elle changé ?

    Ce long temps que j’ai passé à regarder et à écouter le pape François, pas nécessairement en personne, mais au quotidien dans la salle de montage, a eu un grand impact sur moi. Son énergie positive et optimiste, sa confiance en Dieu, son humilité, son courage, sa gentillesse…, tout cela était contagieux et une grande source d’inspiration, pour devenir plus courageux, par exemple. Ou envisager moi-même de m’en sortir avec moins. Prendre ma foi chrétienne plus au sérieux également. L’attitude et l’ouverture du pape à l’égard des autres confessions, la manière dont il embrasse les gens d’autres religions comme des frères, étaient également très inspirantes. Aujourd’hui, je suis un « chrétien œcuménique » ardent, si une telle dénomination existe !

    ▶︎ À LIRE AUSSI : En 5 ans, le pape a fait plus de six fois le tour de la Terre

    À un moment, vous dites que ce pape a changé l’Église plus que quiconque avant lui. C’est un jugement extrême que les catholiques ne peuvent accepter. Comment le justifiez-vous ?

    C’est ma conviction, et je me suis senti assez assuré pour dire cela après tout ce temps passé avec lui. Je suis touché que vous citiez cette phrase, parce que c’est la seule fois où je donne une opinion dans le film. Mon idée était dès le début de m’abstenir de toute opinion personnelle, car aujourd’hui tout le monde a une opinion sur tout ! Je voulais que ce soit seulement le pape François qui parle et donne tout le fondement du film par sa voix.

    Encore une fois, pour revenir à votre question précédente, c’est également la méthode de mes autres documentaires : laissez le sujet (ou l’objet) du film parler pour lui-même ou parler lui-même. Quand j’étais jeune critique de cinéma, je ne voulais pas écrire sur les films que je n’aimais pas. Je pensais que c’était une perte de temps. Déjà en tant que critique de cinéma, je pensais que la critique était surestimée ! Décrire le film, ou mon expérience, ou essayer de rapprocher son contenu du lecteur, l’ouvrir, tout cela me semblait plus intéressant que de donner mon avis ou de sabrer le film. Mon approche du cinéma n’est pas si différente. Je fais des films pour quelque chose, pas contre quelque chose. Je pense qu’un « regard d’amour » est tout aussi pertinent qu’une « distance critique ». Pour l’un et l’autre, vous avez besoin d’une langue distincte.

    Mais revenons à cette phrase : j’ai hésité en l’écrivant. Devais-je dire cela ? J’ai eu à nouveau ce sentiment plus tard au moment d’enregistrer ma présentation et, à la fin, encore en la mixant. N’étais-je pas sorti de mon rôle de narrateur ? Finalement, après avoir d’abord supprimé cette phrase du montage, je l’ai remise à sa place. Après tout, c’était un film plutôt personnel, alors pourquoi ne pas laisser cette note personnelle ?

    Dans toutes les déclarations du pape, il existe très peu de termes religieux. Nous n’entendons jamais les noms de Jésus, du Saint-Esprit ou de la Vierge Marie, ni des termes théologiques ou liturgiques. Comment l’expliquez-vous ?

    Ce n’est pas vrai, et vous le reconnaîtrez si vous regardez à nouveau le film. Les mots « Christ », « Jésus » et « Dieu » apparaissent assez souvent dans le film. Seulement pas comme nous pourrions y être habitués. Le pape François ne parle pas dans un « langage religieux » classique. Il a précisé dès le début que sa parole et son message n’étaient pas seulement spirituels. Quand il nous parle en tant qu’homme de Dieu, il s’inquiète également de nos interactions en tant qu’êtres humains. Je me disais parfois que je le voyais plus comme un représentant des hommes devant Dieu que comme un représentant de Dieu devant l’homme !

    Il a précisé qu’il avait quelque chose à dire sur les questions sociales, sur la justice ou sur les réfugiés et surtout sur notre environnement. C’était le « legs », pour ainsi dire qu’il a assumé quand il a pris le nom de François. Le film traite de toutes ces questions, des problèmes sociaux, des inégalités en particulier, et du fait que tant de personnes sur toute la planète sont devenues des déchets humains. Quand le pape François parle de « la culture du gaspillage », il dit clairement qu’il ne parle pas seulement des océans remplis de plastique et des montagnes de bric-à-brac, mais aussi du gaspillage qu’on fait en jetant. Il parle de nos responsabilités sociales, en appelant chacun de nous à lutter pour la Terre-Mère et à nous unir derrière tous les efforts pour protéger le climat, à la fois individuellement et en tant que sociétés.

    Une grande partie de son appel à l’action aujourd’hui est en effet « politique ». J’ai compris dès le début – et tout au long de nos entretiens – qu’il assumait cette responsabilité et qu’il savait que sa voix contredisait, à de nombreux égards, la voix des autres leaders. Comme je travaillais sur ce film depuis quatre ans, il devenait de plus en plus évident que le pape François avait l’autorité morale de prendre la parole dans un monde où nos dirigeants mondiaux, en Amérique, en Russie, en Chine et aussi en Europe, n’avaient plus le poids moral pour nous parler, et de moins en moins. Je pense qu’il le sait et il est pleinement conscient d’appeler les gens, pas seulement les chrétiens et les croyants, mais tous les hommes de bonne volonté, à rien de moins qu’une révolution morale. Et aujourd’hui, c’est en effet nécessaire. Nous avons besoin d’un nouveau type de responsabilité les uns envers les autres, envers la communauté des hommes.

    Le titre « Un homme de parole » donne la première place à la parole. N’est-il pas préférable d’agir plutôt que de parler ?

    Vous ne pouvez pas séparer l’un de l’autre. Dès le début de son pontificat, François a clairement indiqué qu’il allait vivre ce qu’il prêchait. S’il dit que nous devrions tous essayer de faire avec un peu moins, eh bien il montre que c’est faisable. Il vit dans une simple pension, pas dans un palais, et il conduit une simple voiture, pas une limousine. Lorsque nous avons tourné dans un petit parc du Vatican, le pape François est arrivé dans une Fiat Panda. Il n’y a pas beaucoup plus petit ! Et laver les pieds des prisonniers, des réfugiés ou des sans-abri, ce n’est pas parler, c’est de l’action. Action symbolique, certes, mais beaucoup de choses que François fait sont au-delà des mots. Aller dans tous ces endroits « où ça fait mal », c’est de l’action, dans mon vocabulaire.

    Le pape conclut sur la beauté et le sens de l’humour. Est-ce vous-même ou le pape qui a choisi cette fin ?

    Avant notre dernier tournage, j’ai dit au pape François que nous n’avions pas vraiment de fin, et que nous devions trouver quelque chose de personnel pour terminer le film et dire au revoir au public. Il était bien conscient que, tout au long de nos entretiens, il s’était adressé directement au public, les yeux dans les yeux, pour ainsi dire. Il a réfléchi à ma remarque, a hoché la tête et a dit qu’il penserait à quelque chose. Et, à un moment de notre conversation, vers la fin de nos deux heures, je me suis rendu compte tout à coup, quand il parlait des artistes comme des apôtres de la beauté, que maintenant il y était : il menait consciemment notre film à sa fin.

    Ce qu’il a dit était exactement ce que j’avais demandé, mais il y est parvenu sous un angle très inattendu. Il est venu à cette fin, par une petite plaisanterie amusante, et j’ai vraiment dû essayer de ne pas éclater de rire pour ne pas gâcher le son. Il a fait finalement un petit geste d’adieu. C’était la fin qu’il s’était choisi pour le film.

    De toutes les paroles du pape, quelle est celle que vous gardez le plus ?

    Il dit tellement de choses étonnantes dans le film, mais ce qui m’a vraiment frappé, dans sa simplicité et son émotion, c’est sa question aux jeunes parents : « Joues-tu avec tes enfants ? Est-ce que tu perds du temps avec tes enfants ? » Tout le drame de notre civilisation semblait se résumer à cette petite question innocente.

    Edouard Huber 


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  •      

    Développement et Paix – Caritas Canada vous invite à partager le chemin avec les 68,5 millions d’enfants, de femmes et d’hommes qui ont dû fuir leur foyer.

    Joignez-vous à la campagne Partagez le chemin, qui demande au gouvernement canadien d’en faire plus pour s’attaquer aux causes profondes de la migration forcée. Personne de devrait avoir à fuir son foyer.

     

    Il y a plusieurs façons de manifester votre soutien!

    1. Apprenez-en plus sur les causes de la migration forcée
    Découvrez nos ressources sur la migration forcée, incluant des vidéos témoignages du Bangladesh, du Liban et du Nigéria. Vous y apprendrez comment les conflits, la persécution et l’exploitation des ressources naturelles, entre autres, forcent les gens à fuir leur foyer.

    2. Signez notre carte d’action
    Envoyez au Premier ministre Trudeau un message demandant au gouvernement canadien d’en faire plus pour s’attaquer aux causes profondes de la migration forcée.

    3. Marchez et amassez des fonds
    Cette année, nous demandons aux Canadiennes et aux Canadiens de marcher en solidarité avec les personnes migrantes et réfugiées. Notre objectif est de marcher 40,075 kilomètres, soit l’équivalent de la circonférence de la Terre. Profitez-en pour amasser des fonds qui serviront à financer les projets de développement communautaire de Développement et Paix dans les pays du Sud.

    4. Parlez-en !
    Notre guide de campagne comporte une multitude d’idées qui vous permettront de faire vivre la campagne Partagez le chemin dans votre communauté et de sensibiliser votre entourage à la migration forcée. Téléchargez gratuitement le matériel disponible.

     

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  • Le cardinal Leopolod Brenes, archevêque de ManaguaLe cardinal Leopolod Brenes, archevêque de Managua  (AFP or licensors)

    Ce dimanche au Nicaragua, des milliers de personnes ont manifesté pour exiger la libération des «prisonniers politiques». L’Eglise reste, elle, toujours la cible de vexations. Le cardinal Brenes, président de la conférence épiscopale, demande le respect des célébrations liturgiques.
     

    L’opposition au président Daniel Ortega s’est ranimée après 3 jours de grève générale globalement très suivie. Des manifestations ont eu lieu dans tout le pays ces derniers jours. Ce dimanche, des milliers de personnes ont répondu à l’appel lancé par des parents de manifestants emprisonnés, défilant dans les rues de la capitale Managua en brandissant des ballons bleu et blanc, -les couleurs du drapeau national-, demandant la libération des prisonniers politiques.

    Un prêtre molesté

    L’Eglise catholique reste quant à elle dans le viseur des autorités. Samedi, des inscriptions injurieuses envers l’Eglise et les prêtres ont été retrouvées sur un mur non loin de la cathédrale de Managua.

    En outre, le curé de la paroisse de San Miguel de Managua, le père Edwin Román raconte que dimanche, la police anti-émeutes et des sympathisants sandinistes se sont postés devant son église, déclamant allégrement des slogans pro-Ortega à l’aide d’un mégaphone alors qu’il célébrait la messe. Selon l’agence Fides, le prêtre est alors allédemander au nouveau directeur-adjoint de la police nationale, Ramón Avellán, de baisser le volume sonore mais n’a reçu pour toute réponse que coups et insultes. Défendus par les fidèles, le curé a pu finalement retourner dans l’église.

    Respect des églises et des célébrations

    L’archevêque de Managua et président de la conférence épiscopale, le cardinal Leopoldo Brenes a rappelé que les manifestations des deux parties devaient se tenir de manière pacifique. «Dans plusieurs églisesil y a des personnes qui arrivent avec des hauts-parleurs pour perturber les célébrations », a affirmé le cardinal qui demande avec instance de «respecter» l’eucharistie et la foi des fidèles.

     «Prier pour ceux qui nous insultent est un précepte que nous enseigne le Seigneur », a rappelé l’archevêque nicaraguayen, pour qui l’unique chose à faire est donc de «prier pour ceux qui calomnient» et propagent des diffamations. Il faut également «avoir la conscience d’un cœur propre, ne pas porter de haine» et ouvrir son cœur à la présence du Christ. De son côté, l’évêque de Grenade, Mgr Jorge Solórzano Pérez a relaté sur twitter une autre provocation: samedi, en pleine messe, des sympathisants du gouvernement sont entrés dans son église en hurlant. «Je demande, écrit l’évêque, que l’on respecte nos églises et nos célébrations liturgiques».

    source https://www.vaticannews.va

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  •  Merci à Martine pour m'avoir transmis cette information

     

     

    Chers amis,

    Dans une semaine déjà, le film LE PAPE FRANCOIS, UN HOMME DE PAROLE sera sur les écrans.

    Peut-être que les polémiques récentes autour de la personne du Pape en désarçonnent plus d’un. Je me permets sur ces sujets de vous faire suivre deux articles bien renseignés de nos partenaires La Croix et Aleteia :

    Accusations de Mgr Vigano contre le Pape : du vrai, du faux et du flou 

    Ce que le Pape a vraiment dit dans l'avion

    En attendant que toute la lumière soit faite à propos de cette histoire, je me permets de vous encourager à prévoir dès maintenant votre sortie au cinéma, car ce film est vraiment extraordinaire et permet d’entendre et de voir le Pape, sans le brouillard confusant médiatique actuel. C’est une page d’évangile sur grand-écran, susceptible de toucher chacun, qu’il soit incroyant ou baptisé de longue date. En quelque sorte, la cure « détox » de la rentrée.

    En attendant sa sortie dans une semaine, voilà un nouvel extrait :

    A très bientôt dans les salles.

    Hubert de Torcy

    source https://www.sajedistribution.com/accueil.html

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