• Pape François : un style de gouvernance inattendu - nfo.catho.be

    Pape François : un style de gouvernance inattendu

    papa francesco

    Cinq mois se sont écoulés depuis l’élection du , qui répondait au souhait de nombreux cardinaux de voir la curie romaine réformée et le Vatican assaini. Certes, le souhait du nouveau pontife d’optimiser et de moderniser le gouvernement de l’Eglise est visible, comme en témoigne la création de nombreux groupes et commissions consultatives. Mais on n’a pas encore constaté un remodelage de la curie. Pour l’heure, rares sont les indices qui pourraient révéler les intentions du pape en matière de nominations importantes.

    Le 17 avril 2013, un peu plus d’un mois après l’élection du pape François, le président du Conseil pontifical pour les textes législatifs affirmait à la télévision italienne que les délais pour une réforme de la curie par le nouveau pontife seraient rapides. Début août, c’était au tour du cardinal Timothy Dolan, archevêque de New York, de commenter par presse interposée l’action du pape, en des termes moins élogieux. « Nous souhaitions quelqu’un qui ait de bonnes capacités de gestion et jusqu’à présent, nous n’avons pas vu grand-chose« , regrettait-il dans une interview à l’hebdomadaire américain « National Catholic Reporter ». Sans doute le prélat américain attendait-il une réforme rapide de la part de ce pape dont les nombreux gestes inédits semblaient annonciateurs d’une révolution. Le pape François, en revanche, a décidé de se laisser le temps de la réflexion. Trois jours après son élection, il demandait d’ailleurs « un certain temps pour la réflexion, la prière et le dialogue avant toute nomination ou confirmation définitive« .

    Le Club des Huit

    Un mois jour pour jour après son élection, le pape avait pourtant débuté très fort, alimentant les espoirs des observateurs du Vatican et des catholiques en général, en créant de toutes pièces une structure inédite, répondant au simple nom de « groupe » de huit cardinaux. Ce groupe est officiellement chargé, d’une part, de « conseiller le souverain pontife dans le gouvernement de l’Eglise » et, d’autre part, d’étudier avec lui un projet de réforme de la curie romaine, en révisant la Constitution apostolique « Pastor Bonus » de Jean Paul II. La première réunion officielle de ce groupe aura lieu du 1er au 3 octobre prochain.

    Les mois suivants ont vu la naissance d’autres groupes de travail, tout aussi inattendus. Le 26 juin, le pape François a créé une commission chargée de l’informer sur les activités de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), la très controversée ‘banque du Vatican’, dont il avait remis en question la réelle utilité lors d’une de ses homélies matinales. Les cinq membres de cette commission sont en rapport étroit avec le pape François et devraient lui remettre un rapport conclusif avant la réunion très attendue des huit cardinaux.

    Collaborateurs religieux et laïcs

    Une autre commission a vu le jour le 19 juillet. Cette fois, il s’agissait d’enquêter sur l’organisation de la structure économique et administrative du Saint-Siège. La composition de cette commission est un indicateur de la manière dont le souverain pontife entend gouverner l’Eglise, à savoir en s’entourant de collaborateurs venus du monde entier, comme c’était déjà le cas pour le groupe des huit cardinaux, mais qui soient également issus du monde laïc. A l’exception de Mgr Lucio Angel Vallejo Balda, secrétaire de la Préfecture des affaires économiques du Saint-Siège, il s’agit d’experts en matière juridique, économique, financière et organisationnelle, venus pour l’essentiel du continent européen. Une rencontre avec le pape doit avoir lieu au cœur de l’été.

    Le 8 août, enfin, un « Motu proprio » du pape François a institué un Comité de sécurité financière chargé de coordonner les autorités compétentes du Saint-Siège et de l’Etat de la Cité du Vatican en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.

    Multiplication des conseils

    Le pape François a donc multiplié ces derniers mois les commissions et autres groupes chargés d’enquêter, de lui rapporter des informations et de le conseiller. En ce qui concerne la réforme à proprement parler des institutions vaticanes et de la curie romaine en particulier, c’est le statu quo. Depuis son élection, on a noté une seule nomination d’importance, celle du ministre général des franciscains, le Père José Rodriguez Carballo, au poste de secrétaire de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique. Quant à Mgr Guido Pozzo, il a retrouvé son poste de secrétaire de la Commission pontificale « Ecclesia Dei » et a également été nommé consulteur à la Congrégation pour la doctrine de la foi.

    Le bilan des nominations est donc plutôt maigre, d’autant que la plus attendue d’entre elles, celle du prochain secrétaire d’Etat, se fait toujours attendre. Il est probable que le pape François ne fera part de ses intentions qu’à l’automne prochain, après la fameuse réunion officielle du groupe des huit cardinaux.

    Un nouveau style

    Toutes les incertitudes encore en suspens peuvent s’expliquer par le style du pape François et sa manière de travailler. Au fil des mois, il a constitué autour de lui une petite équipe d’hommes de confiance qui l’entourent à la Maison Sainte-Marthe, au centre du Vatican. Il a ainsi déjà innové en choisissant sciemment de déplacer le centre décisionnel du gouvernement de l’Eglise depuis le Palais apostolique, qu’il a déserté dès le début de son pontificat, vers la maison Sainte-Marthe. Tant et si bien que, tandis que la Secrétairerie d’Etat continue son travail de routine, une autre secrétairerie, minuscule mais très active, est au service direct du pape et traite les dossiers qu’il veut résoudre par lui-même, sans interférences.

    Le pape François consulte, fait appel à de nombreux experts, mais au final est le seul à décider. C’est l’avis de spécialistes du Vatican, mais aussi et surtout d’un ami de longue date, l’Uruguayen Guzmán Carriquiry Lecour, secrétaire de la Commission pontificale pour l’Amérique latine. « L’art de gouverner du pape François lui vient de la tradition jésuite« , confiait-il à l’agence I.MEDIA. « Il écoutera les huit cardinaux, il se laissera conseiller… Mais l’histoire du Père, puis de l’archevêque et du cardinal Bergoglio, et encore plus du pape François, démontre que c’est lui qui prendra les décisions, dans la solitude face à Dieu« .

    Apic

    Source http://info.catho.be

    RETOUR À L'ACCUEIL

     

    « À Rocamadour, Marc Ouellet se dit «édifié» par le pape François - ProximoHomélie du 21ème dimanche du temps ordinaire (25 aout 2013) »

    Tags Tags : , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :