• Parabole du chouchou - Alice

    Parabole du chouchou


    Alice-petit-fils.jpgJeune, je suis partie comme missionnaire laïque, 2 ans, en Afrique où j'enseignais dans un collège tenu par des religieuses. En rentrant, je me suis présentée au noviciat des sœurs franciscaines missionnaires de Marie, à la Ferté-sous-Jouarre. J'y suis entrée en disant qu'alors, j'avais choisi librement le célibat! Non, j'avais été formée pour accepter ce choix mais il n'était pas naturel pour moi. Seulement, je voulais donner ma vie à Dieu et alors, l'Église ne proposait que la solution de la vie religieuse (mais évidemment, pour moi, il ne m'était pas proposé de devenir prêtre.) A l'époque je n'ai pas particulièrement entendu une valorisation du sacrement du mariage. L'amour humain s'use avec le temps à cause de la routine. Et ne parlons pas de ce que l'on a entendu sur la sexualité...


     La maîtresse des novices m'a conseillé de ne pas poursuivre car « je tombe trop facilement amoureuse ».
    Est-ce à dire que pour entrer dans la vie religieuse, il faut commencer par fermer son cœur?

    J'ai donc repris mon métier d'enseignante. Et j'ai découvert ce que j'appelle la parabole du''chouchou''.


    Je me suis lancée dans l'enseignement en me disant: « Alice, aime tes élèves de manière équitable et que personne ne puisse dire que ''tel (le) élève est ton chouchou'' ». Mais je me suis vite rendue compte qu'en voulant agir ainsi, je fermais mon cœur.

    Alors, j'ai pensé autrement: « Alice, aime équitablement tes élèves et que chacun(e) puisse se dire  '' Merci, car cette prof m'aime!'' » Et alors, mon cœur a commencé à se dilater.


    Mais n'est-ce pas ainsi que Dieu nous aime? Ne disons-nous pas, chacun(e), individuellement ''Merci, Seigneur car Tu m'aimes !!!'

    Puis je suis tombée amoureuse d'un jeune religieux qui était dans le trou noir, la crainte de s'engager dans le célibat pour être ordonné. Nous nous aimions et il me proposait le mariage mais je ne pouvais l'accepter car je ne voulais pas l'empêcher d'être généreux et de donner totalement sa vie à Dieu. Je voyais le geste d'Abraham mais je n'ai pas vu l'agneau qui me remplacerait sur l'autel du célibat. J'ai donc «été sacrifiée, volontaire!!! » Et je n'étais plus qu'un tas de ruines.


    Puis, j'ai rencontré celui qui est devenu mon ''petit homme''. Et, à notre cérémonie de mariage, nous avons proclamé notre vocation missionnaire, au cœur de ce monde. « être le levain dans la pâte ». Maintenant, retraitée, je découvre que moi, aussi, j'ai donné ''généreusement'' ma vie à Dieu, en étant femme, épouse, maman, mamie, engagée dans la société.

    Donc, je pense maintenant que notre vocation à être missionnaire peut se vivre en toute situation, mariè(e) ou célibataire, laïc -laïque ou religieux-religieuse ou prêtre et … le célibat ne sera libre que si d'autres peuvent choisir la prêtrise tout en étant marié(e)s.

    (oui, je crois aussi que la prêtrise n'est pas réservée à un genre! Le 1er missionnaire est la Samaritaine. Beaucoup des habitant(e)s de sa ville ont cru au Messie grâce à son témoignage)


    Découvrons la valeur de notre témoignage dans notre vocation de baptisé(e)s et nous avons aussi toute notre place pour aller moissonner à sa moisson ou travailler à sa vigne. Et c'est tous, toutes ensemble que nous œuvrons pour le Seigneur et pas uniquement aux affaires de l'Église.


    Merci, Seigneur, de me savoir aimée et d'avoir appris à ne pas fermer mon cœur!


    Alice

     

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  • Commentaires

    5
    Alice Damay-Gouin
    Mercredi 3 Juillet 2013 à 20:15

    Merci,pour ces commentaires. C'est curieux, mais il me semble que la réponse d'Hervé est une réponse d'homme, bien homme qui ne s'inquiète pas qu'une femme ne puisse pas faire telle chose, uniquement parce qu'elle est femme. En d'autres lieux, on appelle ça "de la discrimination"!!!

    AUCUN ARGUMENT THEOLOGIQUE NE PEUT JUSTIFIER UNE DISCRIMINATION.

    Jésus a embauché 12 hommes. BON. Pouvait-il faire autrement? dans la société de l'époque? Mais combien étaient célibataires?

    Ô Joie, on dit que nous sommes CO-RESPONSABLES! MAIS, nous femmes, religieuses comprises, nous devons toujours être dirigées par "un pasteur". NOUS N'AVONS PAS VOIX AU CHAPITRE et nous n'avons aucune once de pouvoir.

    Mais, avant tout, j'aimerais aussi UNE VALORISATION DU SACREMENT DU MARIAGE.

    Alice

    4
    Hervé
    Mercredi 3 Juillet 2013 à 20:15

    Je trouve cela désolant que l'auteure de ce texte conteste les règles traditionnelles de l'Eglise. Si l'Ordination Sacerdotale est réservée aux hommes célibataires, ce n'est pas contre les femmes ou contre le mariage, mais cela correspond à un appel différent : les époux ont un rôle à jouer, mais ce n'est pas le même que celui des prêtres, qui sont configurés au Christ. 

    Jean-Paul II avait écrit de belles choses sur la vocation de la femme (dont une encyclique). Elle n'a pas moins de valeur parce qu'elle ne peut pas choisir la prêtrise ! 

     

    Restons fidèles à l'enseignement de notre Eglise. Fraternellement,

    Hervé

    3
    Luce Beaulieu (Madam
    Mercredi 3 Juillet 2013 à 20:15

    Nous avons lu dernièrement la déclaration de Mgr Fisichella, si je ne m'abuse en Australie qui dit que les femmes ne sont plus uniquement des collaboratrices mais des CO-RESPONSABLES .

    Voilà une affirmation qui rejoint ce texte de réflexion d'Alice.

                                     Bon dimanche

    2
    Lundi 3 Septembre 2012 à 19:14

    Bonjour Hervé et merci pour ta contribution.

    Et si Dieu appelait aussi une femme au sacerdoce, autre temps autre ....

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    1
    Dimanche 2 Septembre 2012 à 15:05

    Merci Luce pour ta contribution et bon dimanche

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