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    Parole d'Évangile ?

     

    loupeQuestionPendant les dernières années, la publication de romans et de supposées découvertes archéologiques ont renouvelé l’intérêt du public vis-à-vis des écrits du Nouveau Testament. En quoi ces textes et ces artefacts anciens disent-ils vrai? (Anonyme)

    RéponseC'est presque devenu une chose courante aujourd’hui de remettre en question la crédibilité des textes des évangiles en affirmant que ce ne sont pas des textes historiques. Alors, beaucoup de personnes n’osent plus mettre leur confiance en des textes qui ont pourtant été une source de vie pour les chrétiens depuis vingt siècles.

     

         Il faut être honnête et reconnaître que nous ne connaissons pas tous les détails liés à la rédaction des quatre évangiles. Nous admettons généralement que Jésus a vécu durant les années – 6 avant notre ère jusqu’au 14 nizan (avril) de l’an 30. Les chercheurs ne trouvent pas sur le terrain de traces précises de la présence de Jésus parmi nous. Cette situation est normale puisque sa mission s’est déroulée dans le cadre géographique restreint de la Galilée. Jésus, selon les sources, n’était pas le fils d’une grande famille. Ses parents étaient des gens ordinaires, pour ne pas dire des inconnus. Il doit sa réputation au fait qu’il a été un prédicateur itinérant qui a séduit les gens par des propos neufs sur la relation entre Dieu et les hommes. Ses paroles proposaient aussi un renouveau dans la conduite des relations interpersonnelles au nom même de la relation que Dieu entretient avec l’humanité.

     

         Cette prédication a marqué des hommes et des femmes au point que la foule s’est intéressée de plus en plus aux propos de cet inconnu. Les autorités juives se posent cette question : d’où est-il? La réponse est simple : sa mère est connue parmi nous de même que sa famille proche. Il n’est pas apparenté à une famille sacerdotale. Plus encore, il n’a pas fréquenté les grandes écoles rabbiniques. L’attention qu’il porte envers des malades et des possédés devient la marque de commerce de sa présence parmi les plus petits. 

     

         Cette popularité va cependant le plonger au cœur d’une controverse. Les autorités juives se posent cette question : doit-on lui permettre de continuer à exercer son ministère au risque de se mettre à dos les Romains qui occupent tout le territoire d’Israël? Ils préfèrent le livrer à Pilate. Ce dernier, après avoir entendu les propos de Jésus de même que ceux du Grand Prêtre et du Sanhédrin, croit bon  de le condamner à mort. L’histoire aurait pu se terminer sur cet événement tragique. 

     

         Trois jours après sa mort, des témoins affirment avoir découvert son tombeau vide. Jésus s’est alors fait reconnaître vivant par ses disciples. Cette bonne nouvelle s’est répandue dans le cercle des proches : Jésus est ressuscité. C’est à partir de ce moment que son histoire devient une « histoire sainte » et qu’on va se souvenir des paroles qu’il a prononcées et des actes prophétiques qu’il a posés. Ce matériel a été réuni de manière à donner naissance aux évangiles.

    Une bonne nouvelle

         Le mot évangile est un mot grec et il signifie « bonne nouvelle ». Il faut savoir qu’à cette époque le mot évangile ne désignait pas un livre qui racontait la vie d’un individu. Ce mot signifiait plutôt « la proclamation d’une grande victoire militaire, la naissance d’un empereur ou son accession au trône ». Il s’agissait de proclamer une « grande nouvelle » qui était bonne pour le peuple.

     

         Saint Paul emploie le mot évangile dans les années 50 lorsqu’il rédige ses lettres. On peut lire en 1 Corinthiens 15, 1 : « Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé… »  Paul, par ce mot, évoque alors « tout ce que Dieu a fait en Jésus ». Pour saint Paul, cette Bonne Nouvelle se trouve dans le mystère de la mort-résurrection de Jésus. C’est pour proclamer cet Évangile que Paul s’est mis en route. Le passage de la mort à la vie devient pour lui comme pour les autres témoins une Bonne Nouvelle qui indique la route du salut.

     

         Les spécialistes des Écritures signalent que c’est seulement à partir du 2e siècle « que les chrétiens désignent sous le mot évangile des écrits qui relatent la « vie » de Jésus, sans doute parce qu’ils les reconnaissaient différents des vies des prophètes, des philosophes ou autres grands personnages connus de leur temps. Ils savaient que, nés de la foi, ces récits appellent une réponse de foi. Car, bien qu’ils en aient l’allure, les évangiles ne sont pas des récits biographiques au sens strict du terme, mais des témoignages de foi qui appellent une réponse de foi. Si les évangélistes « racontent l’Évangile », c’est en effet pour susciter et faire grandir la foi et donc conduire au salut. »

    Les quatre évangiles

         Le texte de Marc est considéré comme le plus ancien. Il aurait été rédigé à Rome entre les années 65 et 70 pour une communauté de citadins éloignée de la culture juive. Cette communauté chrétienne était menacée par les persécutions. C’est le plus court des évangiles.

     

         L’Évangile selon Matthieu a probablement été rédigé au début des années 80. Cet évangile a été celui qui au cours des siècles a le plus servi à l’enseignement de l’Église. Raymond Brown explique que cela est dû au talent d’organisateur de l’évangéliste de même qu’à la clarté de son style. Il rapporte les grands discours de Jésus, dont le discours sur la montagne qui a marqué la prédication chrétienne dès les premiers siècles. Cet évangile a probablement été rédigé dans la région d’Antioche. Il était destiné à des chrétiens venus du judaïsme qui connaissaient bien les Écritures. Cependant, ces nouveaux chrétiens sont en conflit avec ceux du judaïsme officiel. Matthieu est le seul à employer le mot Église.

     

         L’Évangile selon Luc s’adresse à des chrétiens qui viennent du monde païen. La tradition affirme que « ce médecin » aurait accompagné saint Paul durant quelques années. C’est le plus long des quatre évangiles. Cet auteur qui a un goût prononcé pour l’histoire – on peut le considérer comme le premier historien du christianisme – semble être un païen converti au christianisme. Il a écrit vers les années 85. Luc est aussi un théologien qui écrit pour conforter la foi des chrétiens, en particulier celle de son ami Théophile, comme il l’indique dans le prologue de son évangile.

     

         Pour sa part, l’évangile de Jean, le dernier de la liste, a été écrit au début des années 90 à Éphèse ou en Syrie. Cet évangile est complexe. Jean Marchadour explique que l’évangile de Jean s’adresse à toutes sortes de lecteurs, que ce soit des savants, des pauvres, des croyants ou des non-croyants. Dans son évangile, Jean présente « la foi qui s’épanouit dans l’amour ». On dit souvent que l’évangile de Jean est « l’évangile des signes ». Ce sont les signes que Jésus accomplit qui nous permettent d’entrer plus en avant dans le mystère de Jésus. Selon Raymond Brown, la théologie que nous trouvons dans cet évangile s’exprime ainsi : « Jésus est le fils de Dieu venu en ce monde apporter la vie même de Dieu, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle et soit donc déjà jugé. »

     

         Les évangiles ne sont pas les procès-verbaux des enseignements de Jésus, mais ces textes proviennent de personnes qui témoignent que cet enseignement a changé la vie de ceux et celles qui l’ont suivi. Pour les quatre évangélistes, la vie de Jésus est la source de la vraie vie.

    Jérôme Martineau

    Source www.interbible.org

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