• Père Cantalamessa : la disponibilité de Marie est un modèle pour tous les chrétiens - VA

    La prédication de Carême du père Cantalamessa, en mars 2018.La prédication de Carême du père Cantalamessa, en mars 2018.  (Vatican Media)

    Père Cantalamessa : la disponibilité de Marie est un modèle pour tous les chrétiens

    Le prédicateur de la Maison pontificale a délivré ce vendredi sa première prédication de l’Avent 2019 sur le thème «Bienheureuse celle qui a cru ! », avec une première étape sur Marie dans l’Annonciation, avant, le 13 décembre, une prédication sur Marie dans la Visitation, et enfin le 20 décembre, sur Marie lors de la Nativité.
     

    «Chaque année la liturgie nous prépare à célébrer Noël par trois grands guides : Isaïe, Jean Baptiste et Marie : le prophète, le précurseur, la mère. Le premier l’annonça de loin, le second le montra présent dans le monde, la dernière le porta dans son sein. Pour l’Avent de cet an il m’a semblé bon de nous confier entièrement à la Mère», a expliqué le père Raniero Cantalamessa au début de sa première prédication en la chapelle Redemptoris Mater.

    «Marie n’a pas célébré l’Avent, elle l’a vécu dans sa chair, a souligné le capucin italien. Comme chaque femme enceinte  elle sait bien ce que signifie être “dans l’attente” et peut nous inspirer à marcher vers Noël avec une foi pleine d’attente». La joie et la disponibilité de Marie lors de sa visite à Élisabeth sont totales. «À première vue, l’acte de foi de Marie fut un acte facile et qui allait de soi. Devenir mère d’un roi qui régnerait pour toujours sur la maison de Jacob, la mère du Messie ! N’était- ce pas le rêve de toute jeune fille juive ? Mais c’est là une manière de raisonner tout humaine et charnelle. La vraie foi n’est jamais un privilège ou un honneur, c’est toujours une certaine forme de mort.» 

    La solitude de Marie dans son “oui” à Dieu

    «Déjà sur le seul plan humain, Marie se trouve dans une totale solitude. À qui peut-elle expliquer ce qui est arrivé en elle ? Qui la croira lorsqu’elle dira que l’enfant qu’elle porte dans son sein est “l’œuvre de l’Esprit Saint” ? Cela n’est jamais arrivé avant elle et n’arrivera jamais après elle», a rappelé que le père Cantalamessa. Mais Marie a osé dire “oui” à Dieu, à l’encontre de toutes les traditions de la société de l’époque.

    «L’acte de foi de Marie est un acte absolument personnel et unique, a détaillé le prédicateur. C’est l’acte de se fier à Dieu et de se confier complètement à lui. C’est une relation de personne à personne, et qu’on appelle la foi subjective. L’accent porte ici sur le fait de croire, plus que sur le contenu de la foi. Mais la foi de Marie est aussi très objective, communautaire. Elle ne croit pas en un Dieu subjectif, personnel, détaché de tout, qui ne se révélerait qu’à elle seule dans le secret. Bien au contraire, elle croit au Dieu de ses Pères, au Dieu de son peuple. Elle reconnaît dans le Dieu qui se révèle à elle, le Dieu des promesses, le Dieu d’Abraham et de sa descendance.»

    Un exemple d’humilité pour tous les chrétiens

    Cette attitude demeurent don un exemple d’humilité et d’objectivité pour tous les chrétiens actuels, qui doivent s’intégrer dans un histoire, dans une généalogie, et non céder à la tentation de se créer leur propre style de religiosité. «En m’unissant à la foi de l’Église, je fais mienne la foi de tous ceux qui m’ont précédé : la foi des apôtres, des martyrs, des docteurs. Les saints, ne pouvant emporter la foi avec eux au ciel où elle n’a plus raison d’être, l’ont laissée en héritage à l’Église.»

    Le père Cantalamessa a donné un conseil pratique pour se situer dans la même dynamique que Marie, dans une relation dynamique avec Dieu : «après avoir prié, pour que cela ne reste pas un geste superficiel, dire à Dieu avec les paroles mêmes de Marie : “Me voici, je suis le ser­viteur, ou la servante, du Seigneur : qu’il me soit fait selon ta parole !”. Je dis “amen, oui, mon Dieu, à tout ton pro­jet, je te cède tout moi-même !”».

    La foi est contagieuse

    Ce défi d’une disponibilité totale à Dieu doit être relevé par les prêtres eux-mêmes, et c’est de cette disponibilité clairement exprimée et vécue que découle la fécondité de leur ministère. «Le signe essentiel, celui que les fidèles perçoivent immé­diatement chez un prêtre, un pasteur, c’est s’il “y croit” : s’il croit en ce qu’il dit et en ce qu’il célèbre. Celui qui, dans le prêtre, cherche Dieu avant tout, le perçoit aussitôt. Celui qui, chez le prêtre, ne cherche pas Dieu peut être facilement trompé et induire en erreur le prêtre lui-même, le laissant se croire important, brillant, en marche avec son temps, alors qu’en réalité, lui aussi, comme nous le disions dans le cha­pitre précédent, est un homme “vide”. Même l’incroyant qui s’approche du prêtre dans un esprit de recherche, saisit aussitôt la différence. Ce qui le provoquera et pourra le met­tre salutairement en crise, ce ne sont pas en général de savan­tes discussions sur la foi, mais la foi toute simple. La foi est contagieuse. On ne contracte pas une maladie contagieuse en entendant seulement parler d’un virus ou en l’étudiant, mais en entrant en contact avec lui. Ainsi en est-il de la foi», a expliqué le père Cantalamessa.

    «La force d’un serviteur de Dieu est en proportion de la force de sa foi. Il nous arrive de souffrir et de nous lamen­ter dans notre prière : “Dieu, les gens abandonnent l’Église, ils restent dans le péché, pourquoi ?” Nous parlons et parlons, sans que rien ne change. Un jour les apôtres essayèrent de chasser le démon d’un pauvre enfant. Sans succès. Jésus, lui, chassa l’esprit mauvais, et les apôtres vinrent lui demander : “Et nous, pourquoi n’avons-nous pu le chasser ? Il leur dit : “A cause de la pauvreté de votre foi”», at-il souligné en citant le 17e chapitre de l’Évangile selon saint Matthieu.

    C’est donc à ce défi de la foi, de croire vraiment, que Marie nous invite en ce temps de l’Avent. «Nous aussi, croyons, pour que ce qui est arrivé en elle arrive aussi en nous. Invoquons la Vierge Marie sous ce titre plein de douceur : Virgo fidelis, Vierge fidèle, prie pour nous !», a conclu le prédicateur.

    source https://www.vaticannews.va/fr

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