• Programme de formation continue ciofs - Avril 2012

     

    PRÉSIDENCE DU CONSEIL INTERNATIONAL DE L’OFS 

     

    PROGRAMME DE FORMATION  CONTINUE

    DOSSIER MENSUEL

    AVRIL 2012 – 3ème année - No. 28


     


    ÉVANGÉLISÉ POUR ÉVANGÉLISER

     

    Fr. Fernando Ventura, OFMCap,

    Dossier préparé par l'équipe du CIOFS pour la formation progressive

    Ewald Kreuzer, OFS, Coordinateur,

    Fr. Amando Trujillo Cano, TOR, Assistant général

    Doug Clorey, OFS,

     


     

     

    L'EXODE EST UN ECRIT FONDATEUR

    Dans le dossier de ce mois,  Fr. Fernando explique que le livre de l'Exode contient le récit de la fondation  d'Israël. C'est après que le peuple ait vu tous ses espoirs engloutis dans le sable du désert qu'Israël a découvert Dieu. Le récit de l'Exode est d'importance majeure car il montre que Dieu laisse ses marques dans l'histoire, que le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Père de Jésus-Christ, n'est pas un Dieu régnant dans un ciel distant, mais le Dieu d'ici et d'aujourd'hui.

    Découvrir le Dieu d'Israël

    Le Livre de l'exode est la clé permettant de découvrir comment Dieu crée ses traces dans l'histoire. Nous le constatons dès le début du Livre : le récit de toute la catastrophe commence par l'explication de la persécution en Egypte:" Un nouveau roi se lève sur l'Egypte, qui n'a pas connu Joseph"  (Exode 1: 8). En d'autres termes, un nouveau souverain est venu au pouvoir, sans aucune mémoire du passé, sans aucun arrière-plan d'Histoire. C'est  alors que tout semble perdu et que l'espoir est enterré sous le sable que Dieu est découvert. C'est par cela que l'Exode est l'évènement fondateur d'Israël. Le texte porte la charge symbolique entière du temps et de la mémoire. Nous avons pu survivre deux mille années parce que, de l'an 70 à l'an 1946, nous avons continué à nous souhaiter, chaque année nouvelle: " l'an prochain à Jérusalem". C'est notre point de départ et c'est ici que nous sommes: Dieu est le héros national d'Israël. Et, nous devons cette intuition brillante aux Juifs, aux gens de cet Ancien Testament qui a apporté le Dieu du ciel au monde. ,

    Un Dieu d'ici, d'aujourd'hui

    Dieu-d-Abraham--d-Isaac-.jpgLe Dieu d'Abraham, d'Isaac, de Jacob, le Père de Jésus-Christ n'est pas un Dieu d'un Ciel distant, mais le Dieu d'ici, d'aujourd'hui… un Dieu bohémien, un Dieu de la route, de la poussière, et du vent. Dans les textes anciens on lui parle familièrement car, en grec comme en hébreu, il n'y a pas de forme cérémonieuse correspondant à "Vous.” “Sois béni (style familier), Seigneur Dieu d'Israël, Roi éternel.” C'est ainsi que débutent toutes les formules de prières juives. Nous parlons à Dieu dans une langue familière, (comme le "tu" espagnol ou français), non par irrévérence mais parce que notre relation est étroite, le message étant que Dieu "s'est converti" à nous. Et, en fait, mon “moi” ne peut seulement grandir qu'a la lumière du "toi", forme familière du "vous"', qui existe dans ce rapport. Nous nous inclinons tous face à une Excellence. Mon “moi” ne peut grandir que dans une relation avec un “Tu”, (ce "vous" familier); C'est le message de la Bible; c'est le message de François. C'est l'appel à la fraternité universelle, sans maîtres ni esclaves... une société de frères et de soeurs.

    Mais voyez combien nous sommes loins de cette réalité! Dans notre vie de tous les jours nous expérimentons le manque de respect qu'exprime notre société. Nous menons une vie modelée par nos titres… notre fortune… notre caste.... à tous les niveaux et dans toutes les cultures. Et souvent nous continuons a faire montre de cette mentalité de caste jusque dans nos Fraternités, nos Couvents et nos Monastères.  C'est là notre erreur! Ce n'est pas la voie que nous sommes censés parcourir. Notre but ultime ne peut être la puissance. Mon but ultime ne peut être de devenir membre d’une organisation qui réglerait ma vie et la vie des miens pour servir une structure dans laquelle je me suis mis moi-même. Et c'est là ou nous en sommes:  des parasites,  parasites de l'Ordre,  parasites de fraternités,  de couvents ou de monastères. Il y en a marre de ces gens!

    Un Dieu qui voit, qui sait, et qui s'approche.,

    Revenons-en au dialogue entre Dieu et Moïse à l'Horeb (Exode 3: 7-10),  en portant une attention particulière aux verbes utilisés. Clairement, il n'est pas question d'un Dieu régnant dans un ciel distant. Il est question d'un Dieu qui voit, qui connaît, et qui descend délivrer. C'est kenos, « ou il délivre ». Souvent, ce n'est pas pour nous un kenosis (lui délivre) mais plutôt un anastasis (une résurrection). En devenant prêtres, religieuses et moines (et même Franciscains séculiers !), nous ne nous mettons pas au niveau de n'importe qui, nous montons plutôt l'échelle sociale. C'est une honte pour l'Ordre, mais cela s'observe dans chaque continent. Nous continuons à avoir beaucoup de vocations là où être prêtre, religieuse ou moine est encore considéré comme une promotion sociale; mais là ou cela n'est plus, la situation devient difficile. Elle nous impose de réfléchir. Sommes-nous venus pour un kenosis (moi-même-délivrer), ou pour un anastasis (résurrection)? Dans mon pays, l'on dit que les seuls qui peuvent vivre sans travailler sont les prêtres et les soldats.... peut-être est-ce exact !. Ce Dieu « converti à nous » descend pour être avec nous afin que nous puissions aussi monter avec Lui. C'est le Dieu qui descend vers mon monde, et se ‘convertit ' à moi afin que mon histoire puisse être transformée en éternité... afin que mon immanence puisse être transformée en transcendance. Tel est le chemin à suivre.  

    Le Message et le plan de Dieu .

    festin.jpgEt voici le message: “Yhvh des Troupes va donner pour tous les peuples sur cette montagne un festin de graisses, un festin de vins vieux, de graisse et de moelle, de vins vieux affinés. Sur cette montagne il engloutira toute l'étendue du voile qui voile tous les peuples et la toile tissée sur toutes les nations. Il engloutira même la mort pour longtemps. Il essuyera, - lui le Maître Yhvh - les larmes de tous les visages, la honte de son peuple, il l'ôtera de touter la terre. Oui, Yhvh a parlé.” (Isaïe 25: 6-8; Bible Bayard  2001). Tel est le texte eucharistique de l'Ancien Testament. Et tel est le défi d'intimité dont nous rêvons. Tel est Isaïe. Quel est le thème derrière le texte? C''est un repas. Qui est le cuisinier? Dieu! Qui invite au repas? Dieu! Qui sont les invités? Tous, y compris les catholiques. Et qu'y a t il au menu? Des nourritures riches et des vins de choix. Considérez le menu avec une idée de temps: une vache a besoin de temps pour engraisser… pour s'affiner, le vin a aussi besoin de temps. C'est un plan, c’est un projet de vie ouvert à tous, sans exception, sans exclusion.

    Malheureusement, notre Église continue à considérer certaines personnes comme marquées, exclues parce qu'elles sont ‘au-dehors’... parce que nous, les saints, nous ne pouvons vivre avec des pêcheurs. Mais, à cette fête, tout sont accueillis! La fête est préparée en prenant son temps,  et du temps pour tout… pour cette vie ensemble… pour cette expérience de communion et de fraternité. Et ce voile qui couvre les peuples? Qu'est-ce qui va se passer avec ce voile? Et d'abord qu’est ce, ce voile de deuil? Ce voile est un tissu qui nous empêche de voir, et donc met obstacle à la communication… non à cause de nos différences, mais en créant des différences. Que  fera Dieu  des larmes? Où dois-je être pour essuyer les larmes d'un autre? Où est Dieu? Ce n'est pas un Dieu dans un ciel distant, non, c'est un Dieu qui n'a pas peur de dire “Je vous aime!”

    Il est ce Dieu face à qui nous pouvons dire avec Isaïe "l'esprit du Seigneur est sur moi parce qu'il m'a oint." Qui a été oint? Nous sommes tout oints! Et pourquoi sommes-nous oints? L'onction ne sert qu'a une chose… à la Mission. Le reste est du folklore pur… le reste est discuter de couvertures chaudes : Faut-il les enlever ou les garder ?

    QUESTIONS POUR RÉFLEXION ET DISCUSSION EN FRATERNITÉ

    1. Pourquoi est-il si important pour nous de comprendre le sens de l'Exode?

    2. Comment nous, comme Fraternités, vivons-nous en solidarité avec toute l'humanité, quelle que soit notre place dans la société, notre fortune ou le pouvoir que nous pourrons penser avoir?

    3. De quelle façon nous autres, Franciscains séculiers, excluons-nous les autres de notre environnement quotidien? De quelle façon pratique pouvons-nous devenir des personnes qui incluent plutôt qu'excluent?

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