• Qu'il est formidable d'aimer ! Mais, Seigneur, aujourd'hui,...- Alice

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    Qu'il est formidable d'aimer ! Mais, Seigneur, aujourd'hui, je suis démunie, et je me tourne vers Toi, en toute confiance.

     

    Qu'il est formidable d'aimer ! Qu'il est formidable !

    Qu'il est formidable d'aimer ! Qu'il est formidable de tout donner pour aimer !

    ...Quand il y a Ta Présence pour vivre et espérer.

    .. Quand les chemins du risque s'appellent vérité

    ...Quand les quatre horizons conduisent vers la paix.

    ...Quand on n'a que sa vie et qu'on veut la donner.

     

    Seigneur, qu'il est formidable d'aimer ! Mais aujourd'hui, je suis démunie !

    Je n'ai que ma vie et je veux la donner, faire un don total de ma vie à Toi, Seigneur Dieu-Amour. Combien de temps m'a-t-il fallu pour comprendre que ce don total n'était pas réservé au prêtre, au moment de son ordination mais que, moi, femme, épouse, maman, mamie, retraitée mais engagée au cœur de la société, je peux Te donner ma vie, à chaque instant . Je peux devenir offrande, trouver ce simple geste d'ouvrir les mains pour t'offrir le monde vivant, animé et inanimé, ouvrir mon cœur, mes oreilles, mes antennes aimantes, lors de chacune de mes rencontres avec l'un(e) ou l'autre.

     

    A chaque instant, moi, laïque, je peux faire un don total de ma vie, au sein du mariage, dans mon amour de mon petit homme (mais pourquoi petit ? ...Terme affectueux, chez moi), de mes enfants, de ma famille, de mes proches mais aussi, dans mon amour des autres. Je veux T'aimer, Seigneur, en aimant l'autre avec qui j'ai construit cette vie à deux et une famille mais aussi en aimant les autres. Et je m' émerveille et je chante : "Qu'il est formidable d'aimer !"...

     

    Sur ce chemin d'Amour, avec les autres, quel long apprentissage pour apprendre à aimer celui ou celle qui devient, un instant, mon prochain, apprendre à délester mon propre sac à dos pour aider les autres à porter le leur, cheminer ensemble, partager, soulager en délestant, en portant à sa place...Et je me tourne, avec confiance, vers Toi, Seigneur, pour me guider sur ce chemin d'Amour. Tu me bouscules et j'apprends à me laisser faire, me laisser conduire là où je ne voudrais pas aller. Et je découvre qu'en ayant mis toute ma confiance en Toi, je marche avec assurance, sans me soucier du qu'en dira-t-on, sans me soucier de ce que je vais devenir et ...

    je m'émerveille car je vois la joie dans les yeux de telle ou telle personne et cette joie m'est rendue au centuple. Merci, Seigneur, de cette joie qui jaillit de mon cœur ! En réponse de celle des autres. Joie de cette femme lorsqu'elle a vu que je venais la voir chez elle ! J'avais à peine commencé à gravir l'escalier qu'elle avait ouvert sa porte d'entrée ! Et cette rencontre chez cette autre personne ! J'ai été reçue comme "un chien dans un jeu de quilles" puis... elle a fini par m'offrir un café. Mais ma joie lorsque je l'ai vue revenir dans notre groupe, la semaine suivante, avec un large sourire. Joie aussi de cet immigré que j'ai appris à connaître en étant présente, au sein du groupe RESF(réseaux d'éducation sans frontières) auprès de sa famille lors de ses multiples difficultés administratives. Comment oublier sa mise en rétention administrative avec sa femme, alors en fauteuil roulant, traumatisée par ce qu'elle avait vécu dans son pays et avec ses 2 enfants en bas-âge. Comme cette famille, ainsi que d'autres, a été bourlinguée durant cette période hivernale, faisant tous les lundis, leur baluchon car elles ne savaient pas où, le soir, elles dormiraient. La trêve hivernale s'achève à la fin de ce mois, cela ne va pas améliorer leur vie .... Comme, lundi, je proposais à cet homme, un café, celui-ci a insisté pour me l'offrir. J'ai fini par accepter et j'ai vu la joie dans ses yeux en mettant ses pièces dans la machine à café. Il retrouvait sa dignité d'homme...Merci, Seigneur pour tous ces petits actes que tu m'amènes à poser ainsi et qui me donnent une telle joie. "Mon fardeau est léger !"

    Mais, Seigneur, je ne voudrais pas oublier aussi mes joies auprès de mon petit homme et de ma famille. Que je sache aussi, regarder mes proches, chaque jour, avec un regard neuf et que je m'émerveille aussi en découvrant tous leurs petits actes d'amour vécus au jour le jour et que je puisse toujours chanter , avec eux : "qu'il est formidable d'aimer !"Je remercie, tendrement, mon petit homme de m'avoir aidée à devenir cette femme heureuse que suis maintenant. Oh ! Oui, merci...

     

    Qu'il est formidable d'aimer, de marcher tous ensemble et de découvrir, chaque jour, cette richesse d'aimer ! Mais, aujourd'hui, je viens vers Toi, en toute confiance, mais complètement démunie. Comment porter cette souffrance ? Comment mettre, dans mon sac à dos, cette grosse pierre que je ne peux soulever ? Je suis démunie devant cette personne qui ne peut supporter l'idée de sa propre mort, qui se révolte face à sa future mort. Je suis démunie et cette souffrance est là, en moi, elle me hante. Cette révolte est- là, en moi, alors que j'envisage ma propre mort, tranquillement, puisque j'ai placé toute ma confiance dans le Seigneur mais je suis démunie face à cette personne en souffrance.

     

    Qu'il est formidable d'aimer, même si parfois je trouve un petit goût salé. Seigneur, aide-moi à trouver d'autres personnes sur ce chemin, pour porter, accompagner cette personne révoltée, en souffrance. Qu'ensemble, avec d'autres, nous arrivions à lever cette pierre...

    Alice

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