• Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

    Crédit d'image: Solitude in the Woods.  Moon Night (détail), Ladislav Mednyánszky, 1870, Galerie nationale slovaque, Slovaquie.
     

    Thomas Merton:

    Contemplation et action 

    Un Dieu de la Terre
    mercredi 25 novembre 2020

     

    Une façon dont notre croissance dans l'amour se bloque est lorsque nous nous identifions tellement à notre groupe ou à notre pays que cela remplace notre foi en le Dieu unique de tous. Comme on le voit en politique aux États-Unis, la plupart des gens ne savent aimer que des gens qui leur ressemblent en ce qui concerne leur race, leur nationalité, leur religion ou leur parti politique. Thomas Merton a particulièrement mis en garde contre le phénomène que nous connaissons à notre époque sous le nom de «nationalisme chrétien». Lorsque la croyance en un pays et la religion se confondent, la voie alternative de Jésus passe au second plan. Je vous invite à lire les paroles stimulantes de Merton avec un esprit et un cœur bien disposés:

    Un «nationaliste chrétien» est celui dont le christianisme prend la seconde place et sert à justifier un patriotisme aux yeux duquel la nation ne peut pas faire de mal. Dans un tel cas, cela devient «foi chrétienne» et «héroïsme chrétien» de renoncer même à sa protestation chrétienne et d'obéir aux diktats de la nation (non chrétienne) sans aucun doute. Au lieu de cette indépendance chrétienne qui se rend compte que la Nation elle-même peut être soumise au jugement supérieur de Dieu, surgit la notion d'obéissance «chrétienne» dans laquelle les fidèles sont invités à accepter le dessein national sur la justification de tous les moyens. Ils renoncent à tout jugement et à tout choix pour suivre aveuglément l'autorité séculière puisque «le gouvernement sait le mieux». . .

    La grande question est alors une clarification. Nous ne pouvons plus nous permettre d'assimiler la foi à l'acceptation des mythes sur notre nation, notre société ou notre technologie; assimiler l'espoir à une confiance naïve dans notre image de nous-mêmes en tant que bons gars contre lesquels tous les méchants du monde sont ligués dans une conspiration; assimiler l'amour à une convivialité insensée, une compulsion mal vécue et semi-rayonnante dans le travail et le jeu, investie par des artistes commerciaux d'une aura de fausse joie. [1]

    Richard encore: Bien que nous puissions être reconnaissants pour toutes les libertés et privilèges protégés par nos gouvernements nationaux, nous ne pouvons pas leur permettre de prétendre qu'ils sont eux-mêmes la source fondamentale de ces droits. Ce rôle appartient à Dieu! Notre amour et notre respect pour la dignité humaine doivent s’étendre aux peuples de toutes les nations, pas seulement aux nôtres. J'ai écrit cette prière il y a près de dix ans à l'occasion de l'anniversaire des attentats du 11 septembre. Nous avons besoin de la grâce de la solidarité universelle pour rejoindre le Dieu Unique dans notre amour sans cesse grandissant pour le monde:

    Dieu de toutes les races, nations et religions,
    Vous savez que nous ne pouvons pas changer les autres,
    Nous ne pouvons pas non plus changer le passé.
    Mais nous pouvons nous changer.
    Nous pouvons vous rejoindre pour changer notre seul
    et commun avenir où l'Amour «règne»
    Le même sur tous.
    Aide-nous à ne pas dire «Seigneur, Seigneur» à aucun dieux nationaliste,
    mais à entendre le Dieu unique de toute la terre,
    et à faire la bonne chose de Dieu pour ce monde unique.

     

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  • « De la maison de Dieu, vous avez fait une caverne de bandits »
    (Luc, 19, 45-48) 

    Méditation : Le chant de Dieu - Stéfan Thériault

    Méditation : Le chant de Dieu

    En préparant une réunion l'autre jour, je suis tombé sur ce texte de Maurice Zundel:

    « La prière est le mouvement de retour vers notre origine,
    qui nous permettra de nous faire nous-même origine.
    Dès qu’on s’approche de Dieu, on lui ressemble et, au lieu de rien subir,
    on devient source de tout. La prière est donc essentielle à la vie,
    et c’est elle seule qui peut remonter le cours du mal
    et établir dans le monde le règne du Bien, s’il s’agit de retrouver ce Visage infini imprimé dans nos cœurs, si le Bien est Quelqu’un et non pas quelque chose ».

    Ce texte de Zundel a écho dans cet évangile par ces paroles :
    « Ma maison est une maison de prière ».
    Cette maison est celle de l'être humain qui est le temple de Dieu,
    le lieu désiré de toute éternité par Dieu et façonné par Lui
    afin qu'il trouve en Lui sa demeure.
    Et c'est là, dans l'intime de notre temple sacré que nous sommes appelés
    à prendre le chemin vers notre Origine et, au terme,
    être unis à cette Origine pour devenir nous-mêmes Origine.

    Plongés dans cette Origine, devenus Origine avec Dieu,
    nous ne subissons plus rien ou, dit autrement,
    nous ne sommes plus à la merci du mal mais nous devenons source de Vie,
    passeurs du Bien. Dans l'intimité de sa Présence,
    nous pouvons communiquer sa Vie, la Vie de Celui dont toute vie surgit.
    Nous découvrons « le Visage infini imprimé dans nos cœurs »,
    cette identité unique que nous portons.

    Pour ce faire, nous dit le texte aujourd'hui, nous devons nous faire enseignables. « Chaque jour dans le temple », dans l'intime de notre temple,
    nous sommes appelés à écouter le Fils qui enseigne
    et nous ouvre le mystère du Père dans l'Esprit.
    Comme ce « peuple tout entier, suspendu à ses lèvres », il nous faut écouter.
    Écouter la voix de Celui qui, sorti de l'Origine qui est le Père,
    nous chante Dieu et nous révèle ses échanges d'Amour.
    Cette Parole nous fait participer à son engendrement par le Père
    et nous découvre notre vrai Visage infini.

    Nous ne sommes pas « une caverne de bandits » mais un espace trinitaire,
    un lieu où chaque jour, comme Marie, nous devons nous agenouiller à ses pieds pour entendre la Voix du ciel
    et la laisser nous communiquer le Bien suprême : Dieu.
    L'humain est un pèlerin de l'Invisible, un habitant du Ciel,
    dont la grâce est de devenir, par cette grâce même,
    un dispensateur de Vie éternelle.

    Ne soyons pas de ceux et celles qui volent les biens des autres et de Dieu,
    comme ces vendeurs, mais soyons des dispensateurs du Bien,
    un Bien qui jamais ne s'épuise dans le don.
    Ne soyons pas comme ces « grands prêtres et (ces) scribes (...)
    qui cherchaient à le faire mourir », car quelle folie humaine
    de continuellement chercher à tuer Dieu en nous et dans les autres.

    Nous encombrons notre temple de mort et de rapines
    et n'accueillons pas notre Origine.
    Nous voulons tellement ne devoir rien à personne que nous oublions
    et ne sachons plus que tout est Don et que le don premier est Dieu même.

    Chaque jour, donc, je le répète, apprenons à écouter la Parole même de Dieu
    qui se dit dans l'intime de notre être et nous entraîne
    dans son « mouvement de retour » vers le Père. La prière n'est rien de sorcier.
    Elle est une écoute constante de ce Dieu qui se donne en nous,
    qui veut se donner par nous et qui sans cesse désire que nous marchions
    à chaque instant en sa Présence. Car, comme le disait Maurice Zundel,
    « le Bien est Quelqu’un et non pas quelque chose ».
    La prière est une simple rencontre où notre partenaire divin
    nous entraîne à la Source de tout, nous plonge dans notre Origine.

    Entendons en nous le chant de Dieu !

    Stéfan Thériault, directeur du Centre« Le Pèlerin »
    stheriault@lepelerin.org (www.lepelerin.org)20 novembre 2020

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  • Entre foi et foi - Stéfan Thériault

    Entre foi et foi

    Au Québec, la population, spécialement avec la Révolution tranquille,
    a rejeté la foi au nom de la science.
    La foi était vue comme un obscurantisme moyenâgeux dont il fallait nous débarrasser. Avouons-le, il y avait dans nos pratiques religieuses des formes d'obscurantisme
    qu'il nous fallait bien quitter. En ce qui a trait à la foi, il y a toujours deux aspects :
    l'objet de la foi et l'acte de foi.
    Ce qui pourrait, aussi, être exprimé par les binômes suivants :
    la révélation et l'engagement, la théologie et la sainteté, le don reçu et le don de soi.

    Le cœur de la foi chrétienne a toujours eu comme centre : Dieu, et la relation à Dieu.
    À ce Dieu qui se livre entièrement à nous
    et qui nous engendre comme ses fils et ses filles, nous sommes appelés,
    de par cet Amour, à nous engager à sa suite.
    La foi en Dieu sans l'acte d'engagement, la réciproque relationnelle qu'elle implique, serait vide.
    Ceci dit, la question qui a traversé l'histoire : Qui (ou quoi) est l'objet de notre foi ?

    Tout l'Ancien Testament témoigne du combat humain
    entre la foi en Dieu et la foi dans les idoles que l'humain se crée.
    Au cours des siècles, nous avons vu que l'humain blessé
    cherche à « être comme un dieu » et, dans le même acte,
    à se créer les idoles qui justifieront sa folie.
    Dans les faits, la foi véritable, celle sainement humaine et spirituelle,
    est la contemplation de la réalité et de son accueil et, au creux de cette réalité,
    la contemplation de l'Être, de Dieu, et de l'accueil de sa V(v)ie.
    Elle représente donc une relation vivante à la Vie.

    Quand la foi est blessée en nous, parce que plusieurs personnes n'ont pas cru en nous, nous n'arrivons pas ou nous arrivons difficilement à donner foi en nous
    et à donner foi en l'A(a)utre.
    Nous superposons au réel le visage de notre blessure
    et nous construisons des idoles qui ont le visage déformé de notre enfant blessé
    et de nos agresseurs.
    Et, pour ne pas s'écrouler intérieurement, nous mettons toute notre foi en ces idoles : l'argent, le pouvoir, la connaissance, notre propre personne, etc.

    Si la première éclaire l'intelligence pour lui révéler le sens des êtres,
    notre identité et celles des autres et le mystère de Dieu,
    la seconde y sur-imprime le visage de notre être souffrant et de son mal.
    Au jour le jour, nous célébrons et adorons le mal qui nous a été fait
    et nous le reproduisons.
    Cette reproduction est sans intelligence et profondément irrationnelle.
    Nous sommes prêts à tout détruire pour son maintien, car, comme à l'intérieur de nous, nous nous sommes effacés, à l'extérieur, tout s'est aussi effacé.

    Nous devenons complètement insensibles et aveugles
    en regard de ce que nous détruisons.

    Il me semble que les élections américaines actuelles sont un exemple troublant
    de ce combat en nous (et de son expression à l'extérieur de nous)
    entre une foi fondée sur la négation de nous-mêmes et de l'A(a)utre
    (donc sans vis-à-vis), cristallisée dans une idole et conduite hors de la réalité
    et une foi ancrée dans l'existence de nous-mêmes et de l'A(a)utre et posée dans le réel,
    et donc la vérité, de la V(v)ie. Et, ici, il nous faut bien comprendre trois choses :

    La première est que tout notre engagement ira à l'objet, qu'il soit réel ou irrationnel,
    de notre foi.
    La seconde est que le vrai drame humain est, à cet égard, le drame de l'objet de notre foi. Ce drame se veut, d'un côté, à croire en la mort et sa violence
    ou, de l'autre, à croire en la V(v)ie et en son Amour et sa fécondité.
    La troisième est que la vraie foi ne repose pas sur sa proclamation
    mais sur la relation vivante avec la V(v)ie, avec Dieu.
    À ce sujet, nous ne devons pas nous méprendre.
    Il ne suffit pas de parler en termes religieux pour confirmer que notre foi est vraie. Malheureusement, peut se cacher derrière nos discours religieux
    une foi malhonnête et mercenaire.
    De fait, nous voyons aujourd'hui des groupes chrétiens religieux aux États-Unis
    appuyés Donald Trump, mais ces groupes vivent dans une foi qui,
    tous les jours nient l'humain, Dieu et la réalité.
    Ils croient à une image de Dieu, une idole, qu'ils se sont fabriqués
    mais qui n'est en rien une relation vivante avec la Vérité qui est Dieu.

    Nous avons chacun-e à questionner notre foi et nous demander si nous croyons en Dieu ou en son image, si nous croyons en Dieu ou en des idoles
    bâties à partir de notre blessure et en regard desquelles, tous les jours,
    nous nous engageons et à qui nous consacrons notre vie.
    Vivons-nous dans le réel de Dieu et de notre humanité,
    donc dans la Vie, dans l'Amour et la Vérité ?
    Marchons-nous sur une et notre terre sacrée ?
    Ou continuons-nous à croire en la mort et la violence qui nous ont été faites,
    dans les idoles qui les représentent et qui nous exigent comme sacrifice
    la disparition de nous-mêmes, de l'humain et du divin.

    Puissions-nous vivre une profonde conversion de notre foi en la mort
    vers une foi en la V(v)ie, car c'est cette foi qui nous maintiendra soit en la mort
    soit en la V(v)ie.
    Soit dans la violence destructrice soit dans la puissance créatrice de l'Amour.
    Il est temps de voter pour l'humain et pour Dieu, sinon nous vivrons perdants.

    Stéfan Thériault, directeur, Centre « Le Pèlerin » stheriault@lepelerin.org

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  • Le Pape lors de l'audience générale de ce mercredi 18 novembre 2020.  (Vatican Media)

    Audience: la prière transforme l’inquiétude en disponibilité

    Ce mercredi 18 novembre, depuis la bibliothèque Palais apostolique, le Pape a poursuivi son cycle de catéchèses sur la prière lors de l’audience générale. Il s’est arrêté aujourd’hui sur la femme de prière qu’est la Vierge Marie. Suivant son exemple, François invite, dans la prière, à se mettre dans une attitude de disponibilité, avec un cœur ouvert à la volonté de Dieu, en ne dirigeant pas sa vie de manière autonome mais en la remettant entre les mains du Seigneur.
     

    «Quand le monde l’ignore encore, quand elle est encore une simple jeune fille fiancée à un homme de la maison de David, Marie prie». Le Pape invite à imaginer la jeune fille de Nazareth recueillie en silence, «en dialogue permanent avec Dieu». Elle est déjà «pleine de grâce et immaculée depuis sa conception», affirme François, mais elle ne sait encore rien de sa vocation. Marie appartient «au grand groupe de ces humbles de cœur que les historiens officiels n’insèrent pas dans leurs livres, mais avec lesquels Dieu a préparé la venue de son Fils» souligne-t-il.

    Une jeune fille humble qui attend que Dieu prenne les rênes de son chemin

     

    Comment décrire l’attitude de cette jeune fille? Elle ne dirige pas sa vie de façon autonome. Marie se montre docile, attendant que Dieu prenne les rênes de son chemin et la guide où Il veut. «La voix de Dieu guide ses pas là où sa présence est nécessaire, comme à l'heure culminante sous la croix» précise François.

    Le Pape revient sur le moment de l’Annonciation. Quand l’archange Gabriel se présente à elle, «son “Me voici”, petit et immense, fait tressaillir de joie la création tout entière» et, pour le Pape, il n’y a pas de meilleure façon de prier que de se mettre comme Marie dans une attitude d’ouverture.

    «Seigneur, ce que Tu veux, quand Tu veux et comme Tu veux». Les personnes les plus humbles prient de cette manière, se réjouit le Pape dans un aparté. Ils renoncent à se mettre en colère face aux problèmes quotidiens mais au contraire essayent d’aller de l’avant «en sachant que dans l’amour humble, offert dans chaque situation, nous devenons des instruments de la grâce de Dieu». François constate cependant que nombreux sont ceux qui voudraient tout, tout de suite, mais «la vie ne fonctionne pas ainsi et cette inquiétude nous fait mal», prévient-il.

    La prière adoucit l'inquiétude

    Le Pape encourage d’autant plus les fidèles à la prière qu’elle sait «adoucir l’inquiétude pour la transformer en disponibilité». D’ailleurs au moment de l’Annonciation, la Vierge Marie a su repousser la peur tout en ayant le présage que son “oui” lui aurait procuré des épreuves très dures. «Si, dans la prière, nous comprenons que chaque jour donné à Dieu est un appel, alors nous élargissons notre cœur et nous accueillons tout». Le Pape suggère aux fidèles de toujours demander à Dieu d’accompagner leur chemin «afin qu’Il ne nous laisse pas seuls, qu’Il ne nous abandonne pas à la tentation», en particulier dans les moments d’épreuves.

    Marie accompagne en prière toute la vie de Jésus, jusqu’à sa mort et sa résurrection ; et finalement elle accompagne les débuts de l’Église naissante. Elle prie avec les disciples qui ont traversé le scandale de la croix, avec Pierre qui a cédé à la peur. Elle est parmi les hommes et femmes que son Fils à appeler pour former sa communauté. «Elle ne fait pas le prêtre» dit le Pape, «non, elle prie avec eux, en communauté, comme un membre de la communauté». À nouveau, poursuit François, «sa prière précède l’avenir» : «par l’œuvre de l’Esprit Saint, elle est devenue la Mère de Dieu, et par l’œuvre de l’Esprit Saint, elle devient la Mère de l’Eglise».

    Marie, la première disciple de Jésus

    La prière de Marie est silencieuse. L’Évangile des noces de Cana raconte la prière de Marie à son Fils, mais sa présence est en soi toujours une prière, comme au Cénacle parmi les disciples. «Marie est présente parce qu'elle est Mère, mais elle est aussi présente parce qu'elle est le premier disciple», poursuit-il, en soulignant que c'est précisément pour cette raison qu’elle ne promet jamais de résoudre les choses mais exhorte toujours à faire ce que Jésus indique.

    Son «intuition féminine naturelle est exaltée dans son unique union avec Dieu dans la prière».  Le Pape évoque les paroles de l'évangéliste Luc: «Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur» (Lc, 2,19).  Tout ce qui lui arrive finit dans son cœur: les jours de joie comme les moments les plus sombres, quand elle a du mal à comprendre par quels chemins la Rédemption doit passer… jusqu'au vendredi de la Passion. La Mère garde tout dans son cœur et cela nourrit son dialogue avec Dieu.

    Une perle polie par l'acceptation de la volonté de Dieu

    Quelqu'un a comparé le cœur de Marie à une perle d'une splendeur incomparable, formée et polie par l'acceptation patiente de la volonté de Dieu à travers les mystères de Jésus médités dans la prière, rapporte François. «Comme ce serait beau si nous pouvions nous aussi ressembler un peu à notre Mère! Avec le cœur ouvert à la Parole de Dieu, avec le cœur silencieux, avec le cœur obéissant, avec le cœur qui sait recevoir la Parole de Dieu et la laisser croître avec une semence du bien de l'Église» conclut-il.

    SOURCE https://www.vaticannews.va/

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  • Pendant ce temps de pandémie, notre frère Pierre Brunette ofm présente sur la télé communautaire une série d'entretiens appelés: "Halte spirituelle". traitant de Laudato Si et du cantique des créatures de saint François. Voici la cinquième de cette série. ( env.30 min )

     

    source https://www.tvcargenteuil.com/emission/halte-spirituelle/

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  • « Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger

    pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »

    (Luc, 17, 11-19)

    Méditation : La gratitude ou la prière du pauvre - Stéfan Thériault

    Méditation : La gratitude ou la prière du pauvre

    Toute la vie de Jésus est une lente et longue marche vers Jérusalem,
    car toute sa vie est dirigée vers ce lieu et vers cette heure
    où il sera crucifié et mourra pour nous.
    Ce chemin, il le parcourt en libérant et en guérissant.
    Le récit d'aujourd'hui nous parle de sa rencontre avec dix lépreux.
    Leur guérison ou conversion semble un chemin en trois étapes :
    la soif, la marche et la gratitude.

    Nous ne pouvons être guéris sans nous, « Jésus, maître, prends pitié de nous. » L'Amour est toujours un acte libre, une soif.
    Si nous ne demandons pas à Dieu avec ardeur notre guérison et notre conversion, Il est comme sans pouvoir. La guérison n'est pas un acte magique
    mais le désir d'une rencontre avec Dieu avec un cœur sincère.
    Jésus n'a pas peur de notre lèpre et ne fuira pas devant nous.
    Qu'importe le mal que nous avons fait, il est toujours prêt à nous pardonner.
    C'est ce à quoi la traduction de Chouraqui du « prends pitié de nous » renvoie : « matricie-nous ». C'est le même verbe qu'il utilise
    pour traduire le fait de faire miséricorde.
    Cette matrice correspond aux entrailles de Dieu,
    où chacun-e trouve l'Amour dont il a besoin pour naître à nouveau.
    Désirons-nous cette naissance ? Là est la première étape à notre guérison.

    Si Jésus voit (« à cette vue ») en nous cette disposition,
    il nous demande d'aller nous « montrer aux prêtres ».
    Nous pouvons imaginer que, pour des lépreux dont le corps est déformé,
    « aller se montrer » n'est certainement pas simple.
    De plus, ils savent que, pour les prêtres juifs,
    cette maladie est signe de leurs péchés
    et qu'ils sont déjà condamnés à payer pour leurs fautes.
    Mais ce chemin, cette mise à nu de leur (notre) être dans sa lèpre
    est une condition pour la guérison.
    Nous ne pouvons être guéris sans la reconnaissance du mal qui nous habite
    et, donc, sans la prise de conscience de notre besoin de salut.

    Cette prise de conscience n'est pas non plus magique,
    elle implique de prendre la route (« en cours de route »).
    Elle est un chemin où nous osons nous acheminer,
    car nous croyons en la parole de Jésus.
    Cet acte de foi est nécessaire, faisant de ce chemin un lieu de confession
    où nous osons nous laisser regarder par Dieu, par les autres et, spécialement,
    par nous-mêmes. Depuis si longtemps notre vie est marquée par la lèpre
    et il est bien temps de la reconnaître si nous voulons être « matriciés » par Dieu.
    Et ce chemin, pour un ou pour l'autre, prendra le temps qu'il faudra.
    Il aura la vitesse de nos lenteurs.

    Puis, sur cette route, nous serons « purifiés »
    et nous serons témoins de notre guérison progressive.
    Un jour, nous verrons que l'emprise du mal sur notre vie n'est plus
    et que notre visage et notre peau n'ont plus la déformation de la lèpre.
    L'infection du mal s'est retirée.
    Par sa miséricorde, Jésus nous aide alors à naître à qui nous sommes vraiment.

    Mais au terme, ce qui scellera cette transformation
    et amènera jusqu'à la purification de l'âme et du cœur est la gratitude.
    Le récit nous raconte que seulement un sur 10 y arrive :
    « Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger
    pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »
    Cette constatation est troublante. Est-il vrai que nous demandons souvent à Dieu mais que, tous les jours, nous oublions la gratitude,
    c'est-à-dire de remercier Dieu pour tout ce qu'il fait pour nous ?
    Pire encore, entre notre demande intérieure à Dieu et le temps de notre guérison, est-il possible que nous en arrivions même à oublier Dieu ?

    L'essence de notre foi est la gratitude.
    Cette dernière est le signe d'une relation vraie avec Dieu.
    Nous pouvons demeurer des éternels preneurs mais la foi exige, au terme,
    notre amour pour Dieu, notre engagement à sa suite.
    « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »
    Le cœur de notre (re)lèvement est cette gratitude, expression d'un cœur
    qui n'est pas fixé que sur sa guérison et son propre bien-être
    mais sur Dieu, simplement.

    Il est dit souvent que la plus belle des prières est de dire merci,
    de reconnaître réellement ce que Dieu a fait pour nous.
    Puissions-nous trouver en nous aujourd'hui, à la fois,
    notre faim et notre soif de Dieu afin qu'elles montent en prière vers Dieu,
    que nous osions nous mettre en marche à sa Parole
    et nous laisser regarder jusque dans notre mort afin d'être purifiés
    et que, devant notre guérison, nous laissions surgir en nous
    une profonde gratitude envers Celui qui est la Source de tout.
    Sans Lui, nous ne pouvons rien faire.

    Nous attribuons souvent notre résilience à nous-mêmes
    et si elle n'était que le simple fruit de la grâce en celui qui se laisse regarder
    et, dans ce regard, se laisse « matricier » par Dieu.
    Puissions-nous retrouver le chemin de la reconnaissance !
    Nous reconnaître, ce n'est pas seulement nous voir nous-mêmes
    ou voir les autres et Dieu mais, surtout, par cette reconnaissance,
    reconnaître que tout nous est donné ! La gratitude est la prière des pauvres !

    Stéfan Thériault, directeur du Centre« Le Pèlerin »
    stheriault@lepelerin.org (www.lepelerin.org)11 novembre 2020

     

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  • Le Pape François exhorte à suivre Jésus en se mettant au service aux pauvres

    Le Pape François a célébré ce dimanche 15 novembre à la basilique Saint-Pierre la messe pour la Journée mondiale des Pauvres, depuis l’autel de la Chaire et devant une assistance limitée en raison de la pandémie de coronavirus. Dans son homélie, il a développé une réflexion sur le sens de la parabole des talents, tirée du 25e chapitre de l’Évangile selon saint Matthieu, lu ce jour à la messe.
     

    «Pour nous aussi, tout a commencé avec la grâce de Dieu qui est Père et qui a mis dans nos mains beaucoup de biens, en confiant à chacun divers talents», a expliqué François en mettant cette parabole en lien direct avec nos vies. «Nous sommes porteurs d’une grande richesse, qui ne dépend pas de tout ce que nous avons, mais de ce que nous sommes : de la vie reçue, du bien qu’il y a en nous, de la beauté qui ne peut être supprimée dont Dieu nous a dotée, parce que nous sommes à son image, chacun d’entre nous est précieux à ses yeux, unique et irremplaçable dans l’histoire.»

    Le Pape a insisté sur la stérilité des regrets que nous avons parfois tendance à cultiver avec complaisance, plutôt que d’investir sur nos capacités : «"Si seulement j’avais cet emploi, si seulement j’avais cette maison, si seulement j’avais de l’argent et du succès, si seulement je n’avais pas ce problème, si seulement j’avais de meilleures personnes autour de moi !..." L’illusion du "si seulement" nous empêche de voir le bien et nous fait oublier les talents que nous avons. Mais Dieu nous les a confiés parce qu’il connaît chacun d’entre nous et sait de quoi nous sommes capables ; il nous fait confiance, malgré nos fragilités. Il fait aussi confiance à ce serviteur qui cachera le talent : il espère que, malgré ses peurs, lui aussi utilisera bien ce qu’il a reçu. En somme, le Seigneur nous demande d’utiliser le temps présent sans nostalgie pour le passé, mais dans l’attente active de son retour», a insisté le Pape.

    Ne pas se complaire dans une attitude trop prudente

    «Dans l’Évangile, les bons serviteurs sont ceux qui risquent. Ils ne sont pas circonspects et méfiants, ils ne conservent pas ce qu’ils ont reçu, mais l’utilisent. Parce que le bien, s’il n’est pas investi, se perd; parce que la grandeur de notre vie ne dépend pas de ce que nous mettons de côté, mais du fruit que nous portons», a insisté François. 

    Dans cet extrait de l’Évangile, «les serviteurs qui investissent, qui risquent, par quatre fois sont appelés "fidèles" (vv. 21.23). Pour l’Évangile, il n’y a pas de fidélité sans risque. Etre fidèles à Dieu c’est dépenser sa vie, c’est laisser bouleverser ses plans par le service. C’est triste quand un chrétien joue sur la défensive, en s’attachant seulement à l’observance des règles et au respect des commandements. Ceci ne suffit pas, la fidélité à Jésus n’est pas seulement de ne pas commettre des erreurs», a insisté l’évêque de Rome. Le Pape a ainsi dénoncé les chrétiens trop «mesurés», qui se focalisent sur le respect des règles mais qui finissent par devenir rigides comme des «momies».

    Le serviteur paresseux, dans cette parabole, n’a certes «rien fait de mal! Oui, mais il n’a rien fait de bien. Il a préféré pécher par omission plutôt que risquer de se tromper. Il n’a pas été fidèle à Dieu, qui aime se dépenser; et il lui a fait la pire des offenses: lui restituer le don reçu. Le Seigneur nous invite par contre à nous mettre généreusement en jeu, à vaincre la crainte par le courage de l’amour, à dépasser la passivité qui devient complicité.»

    S’enrichir dans l’amour et non dans l’accumulation de biens

    Les banquiers dont il est question dans l’Évangile du jour sont les pauvres: «Ils nous garantissent un revenu éternel et nous permettent dès maintenant de nous enrichir dans l’amour. Parce que la plus grande pauvreté qu’il faut combattre est notre pauvreté d’amour. Le Livre des Proverbes loue une femme laborieuse dans l’amour, dont la valeur est supérieure aux perles: il faut imiter cette femme qui, dit le texte, "tend la main au malheureux"(Pr 31, 20). Tends la main à celui qui est dans le besoin, au lieu d’exiger ce qui te manque: ainsi tu multiplieras les talents que tu as reçus», a expliqué François. Et aujourd’hui, plutôt que de se demander ce qu’on l’on pourra acheter pour Noël, il vaut mieux se poser la question «Qu’est-ce que je peux donner aux autres, pour être comme Jésus, qui s’est donné lui-même».

    «À la fin de la vie, la réalité sera dévoilée : la fiction du monde selon laquelle le succès, le pouvoir et l’argent donnent sens à l’existence, déclinera, pendant que l’amour, celui que nous avons donné, émergera comme la vraie richesse.» «Demandons la grâce de voir Jésus dans les pauvres, de servir Jésus dans les pauvres», a exhorté François.

    En conclusion de son homélie, le Pape a remercié «les nombreux fidèles serviteurs de Dieu, qui ne font pas parler d’eux, mais qui vivent ainsi», en évoquant notamment l’abbé Roberto Malgesini, un prêtre assassiné à Côme, au nord de l’Italie, le 15 septembre dernier, et qui avait consacré sa vie aux sans-abri et aux personnes marginalisées. «Ce prêtre ne faisait pas de théories ; simplement, il voyait Jésus dans le pauvre et le sens de la vie dans le service. Il essuyait les larmes avec douceur, au nom de Dieu qui console. Le début de sa journée était la prière, pour accueillir le don de Dieu; le centre en était la charité, pour faire fructifier l’amour reçu; la fin un limpide témoignage de l’Évangile. Il avait compris qu’il devait tendre la main aux nombreux pauvres qu’il rencontrait quotidiennement, parce qu’il voyait Jésus en chacun d’eux.»

    «Demandons la grâce de ne pas être des chrétiens seulement en paroles, mais aussi dans les faits. Afin de porter du fruit, comme le désire Jésus», a conclu le Pape François.

    À la fin de la célébration, des denrées alimentaires ont été distribuées aux personnes démunies aux abords de la place Saint-Pierre.

    source https://www.vaticannews.va/

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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

    Crédit d'image: Femme et enfant (Silence) (détail), Jean-François Millet, 1855, Art Institute of Chicago, Chicago, Illinois.
     

    Le pouvoir transformateur de l'amour 

    Amour révolutionnaire

    jeudi 12 novembre 2020

    Est-ce les ténèbres du tombeau ou de l'utérus? Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est que la seule façon de persévérer est que chacun de nous se présente au travail. —Valarie Kaur

    Dans cet espace liminal dans lequel nous nous trouvons maintenant, l'activiste sikh, avocat des droits civiques et auteur Valarie Kaur estime que «l'amour révolutionnaire est l'appel de notre temps». Elle apporte la plénitude de sa foi et de son humanité pour répondre aux questions que beaucoup d'entre nous se posent. Je pense que vous trouverez ses idées assez convaincantes:

    Si vous grincez quand les gens disent que l'amour est la réponse, moi aussi. Le problème n'est pas avec l'amour mais avec la façon dont nous en parlons. On parle surtout d'amour comme d'un flot d'émotions. Mais les sentiments seuls sont trop inconstants et fluides [ RR - trop fondés sur le faux moi, je dirais aussi ] pour soutenir l'action politique. Les réformateurs sociaux à travers l'histoire ont dirigé des mouvements non violents entiers ancrés dans l'amour en tant qu'éthique. À maintes reprises, les gens se donnaient corps et souffle les uns pour les autres, non seulement face aux lances à incendie et aux pelotons d'exécution, mais aussi dans les lieux plus calmes de leur vie quotidienne. Les féministes noires comme les clochettes ont longtemps envisagé un monde où l'éthique de l'amour est le fondement de toutes les arènes de notre société. Je crois que nous pouvons réclamer l'amour comme une force de justice pour une nouvelle époque.

    Voici mon offre:

    «L'amour» est plus qu'un sentiment. L'amour est une forme de travail doux : féroce, sanglant, imparfait et vivifiant - un choix que nous faisons encore et encore. Si l'amour est un travail doux, l'amour peut être enseigné, modelé et pratiqué. Ce travail engage toutes nos émotions. La joie est le cadeau de l'amour. Le chagrin est le prix de l'amour. La colère protège ce qui est aimé. Et quand nous pensons avoir atteint notre limite, l'émerveillement est l'acte qui nous renvoie à l'amour.

    «L'amour révolutionnaire» est le choix d'entrer dans l'émerveillement et le travail pour les autres , pour nos adversaires et pour nous-mêmes afin de transformer le monde qui nous entoure. Ce n'est pas un code formel ou une prescription mais une orientation à la vie qui est personnelle et politique et enracinée dans la joie. Aimer seulement nous-mêmes est l'évasion; n'aimer que nos adversaires, c'est se dégoûter de soi; n'aimer que les autres est inefficace. Les trois pratiques réunies rendent l'amour révolutionnaire et l'amour révolutionnaire ne peut être pratiqué qu'en communauté.

    Les révolutions ne se produisent pas seulement dans les grands moments à la vue du public, mais aussi dans de petites poches de personnes qui se rassemblent pour habiter une nouvelle façon d'être. Nous naissons la communauté bien-aimée en devenant la communauté bien-aimée. . . . Lorsqu'une masse critique de personnes pratique ensemble, en communauté et dans le cadre de mouvements pour la justice, je crois que nous pouvons commencer à créer le monde que nous voulons, ici et maintenant.

    Richard encore: Peut-être qu'une réponse non double à la question de Kaur ci-dessus est que les moments d'obscurité ressentie sont à la fois une tombe et un utérus. Nous devons mourir à l'ancien avant que le vraiment nouveau puisse naître.

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    Passerelle à l'action et à la contemplation:
    quel mot ou quelle phrase me résonne ou me met au défi? Quelles sensations est-ce que je remarque dans mon corps? Que dois-je faire?

    Prière pour notre communauté:
    Ô grand amour, merci de vivre et d'aimer en nous et à travers nous. Que tout ce que nous faisons découle de notre connexion profonde avec vous et tous les êtres. Aidez-nous à devenir une communauté qui partage de manière vulnérable les fardeaux et le poids de la gloire. Écoutez les désirs de notre cœur pour la guérison de notre monde. [Veuillez ajouter vos propres intentions.]. . . Sachant que vous nous entendez mieux que nous ne parlons, nous offrons ces prières dans tous les saints noms de Dieu, amen.

    Écoutez le P. Richard a lu la prière.

    Histoire de notre communauté:
    Je marche dans ces collines et ces bois depuis plus de 35 ans, à la recherche de connaissances et d'illumination. Je ne savais pas que ce que je cherchais, ce point final, l'espace, marchait toujours avec moi. Ouais, juste là dans les espaces vides entre mes pieds qui marchent. Je n'allais pas quelque part, mais j'étais déjà arrivé. Quelle crainte radicale et quelle émerveillement quand j'ai réalisé que je «savais» déjà ce que je cherchais à «savoir». Plutôt que de marcher le long de la ligne de crête en espérant trouver une destination, je me suis simplement assis là où j'étais et j'ai apprécié la vue l'ayant déjà trouvée. —William K.

    Partagez votre propre histoire avec nous. 

    Valarie Kaur, See No Stranger: A Memoir and Manifesto of Revolutionary Love (One World: 2020), XV-XVI, XVII.

    Crédit d'image: Femme et enfant (Silence) (détail), Jean-François Millet, 1855, Art Institute of Chicago, Chicago, Illinois.

    source https://cac.org/

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  • Pendant ce temps de pandémie, notre frère Pierre Brunette ofm Vidéo - Halte spirituelle - Laudato Si - Vol 2- no4 -Pierre Brunette ofm
    présente sur la télé communautaire une série d'entretiens appelés:
    "Halte spirituelle".
     
    traitant de  Laudato Si et du cantique des créatures de saint François. Voici la quatrième de cette série. ( env.30 min)

     

     source https://www.tvcargenteuil.com/

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  • Méditation : Joyeuse dette !


    « Les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière »  Luc 16, 1-8)

    Méditation : Joyeuse dette ! - Stéfan Thériault

    Jésus nous raconte l'histoire de gérant qui dilapide les biens de son patron
    et se voit mis à pied par ce dernier.
    Avant que cela n'arrive, ne voulant ni travailler ni mendier,
    il a la brillante idée de remettre une part de la dette à chacun des débiteurs.
    Jésus en tire alors la conclusion : « Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête
    car il avait agi avec habileté ; en effet, les fils de ce monde
    sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. »

    Jésus ne nous demande certainement pas d'être malhonnêtes,
    de manipuler ou de voler notre patron.
    Je crois qu'Il reconnaît plutôt l'intelligence de ce gérant à reconnaître sa dette.
    Car une condition première de l'être humain est d'être en dette.
    Chacun-e de nous, nous vivons dans une dette perpétuelle,
    car tout nous a été donné par Dieu et, plus encore,
    étant devenu malhonnête comme ce gérant, nous avons ajouté à notre dette,
    celle du mal, de laquelle Jésus est venu nous sauver.


    « Les fils de ce monde sont plus habiles » et sagaces que nous,
    car ils savent très bien les dettes qu'ils ont
    et le prix ou les conséquences de leurs dettes.
    Comme « fils de la lumière », savons-nous reconnaître notre dette ?
    Car, si nous la refusons, aucune vie ou aucun salut possible n'existe pour nous.

    Une des conditions de notre chemin spirituel humain
    est de nous rappeler que tout ce que nous avons et sommes nous vient de Dieu
    et que nous sommes continuellement en dette face à Dieu. Dette de vie !
    Dette d'Amour ! Dette de Vérité ! Dette de sens !...
    Michel Cornu écrivait : « L'oubli de la dette rend impossible la gratitude »,
    car, si nous ne savons la reconnaître, nous ne pouvons remercier Dieu
    pour tout ce qu'Il nous donne et nous devenons comme ce gérant
    qui se met à s'approprier tout, comme si ce qu'il possédait lui appartenait. « L'ingratitude, ajoutera Michel Cornu, est croyance
    que je ne suis redevable qu'à moi-même ».

    Cette reconnaissance de notre dette est si importante
    que Jésus l'a insérée dans la prière du Notre Père :
    « Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs »
    (Mt 6, 12) Chacun-e de nous est en dette de lui-même face à Dieu
    et toujours en dette face aux autres.
    Car il n'existe aucun humain qui ne devienne lui-même
    et grandisse dans la vie sans le don de l'A(a)utre.
    Plus encore, à cause du mal dans notre vie, du mal à l'A(a)utre,
    notre dette est devenue un abîme. Saint Paul nous dit : « Il (le Christ) a effacé,
    au détriment des ordonnances légales, la cédule de notre dette,
    qui nous était contraire; il l'a supprimée en la clouant à la croix » (Col 2, 14).

    Le Christ, par cette histoire, nous invite à nous laisser libérer par Lui de notre dette et, à notre tour, par le pardon, à libérer les autres de leurs dettes à notre endroit. Voilà notre appel « pour qu’une fois renvoyé de (notre) gérance, des gens (nous) accueillent chez eux ».
    Si nous voulons entrer dans le Royaume de Dieu, y être accueillis par Lui
    et par tous nos frères et sœurs, nous sommes appelés à « remettre à nos débiteurs ». C'est là notre prière au Père.

    Pour des personnes à qui Dieu a tout donné, jusqu'à sa Vie,
    et à qui Il a tout pardonné, ne doit-on pas faire de même pour être trouvés juste ? Ne devons-nous pas, comme Dieu, tout donner, car notre dette exige notre don.
    Ce don en est la seule réponse normale et, à la différence de ce gérant,
    elle nous appelle à y « travailler » et à continuer à tout « mendier de Dieu ». « L'oubli de la dette, comme nous l'avons cité, rend impossible la gratitude ». 

    Ne soyons pas comme ces fils ou ces filles de ce monde
    mais soyons des fils et des filles de la lumière qui, comme des mendiants,
    à chaque instant, reçoivent tout de Dieu et lui redonnent tout,
    engagés dans la mission qui nous est confiée.
    Notre dette porte la grâce de notre don.

    Stéfan Thériault, directeur du Centre« Le Pèlerin »
    stheriault@lepelerin.org (www.lepelerin.org)6 novembre 2020

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