• Méditation : Le retrait en Dieu

    SOURCE Texte de l'évangile du jour
    « Les esprits impurs criaient : “Toi, tu es le Fils de Dieu !”
    Mais il leur défendait vivement de le faire connaître »
    (Marc 3, 7-12)

    Méditation : Le retrait en Dieu - Stéfan Thériault

    « En ce temps-là, Jésus se retira avec ses disciples près de la mer ».

    Avec le début du texte, nous sommes donc questionnés sur la dimension de retrait si importante à tout cheminement spirituel. 

    Combien de personnes d'entre nous ont vécu des retraites au cours des années ? Mais ce retrait, s'il peut être physique, est, d'abord, profondément intérieur.
    Ce retrait est un appel à la rencontre avec Dieu.
    C'est ce que Jésus veut d'ailleurs enseigner ici à ses disciples.
    Ils ne pourront tenir dans la mission qui leur est confiée
    s'ils ne vivent pas des moments d'intimité avec Dieu.
    Mais comment réconcilier dans une même phrase,
    le retrait « et une grande multitude de gens, venus de la Galilée,
    (qui) (...) suivirent » Jésus ?

    Quatre éléments de réponse me semblent exister.
    Le premier est que Jésus veut leur apprendre que, même au milieu de leur mission et des "multitudes" rencontrées, ils peuvent garder leurs cœurs "retirés" en Dieu; ce qui est, assurément, un apprentissage essentiel pour durer.
    L'autre élément tient au fait que leur mission vise, en quelque sorte,
    à conduire la « grande multitude de gens » à vivre "retirés" dans le Cœur de Dieu. Que pour chacun(e) de nous, au milieu de tout ce que nous vivons,
    existe cette terre d'accueil qui est Dieu,
    ce lieu où il nous est possible de trouver repos, paix et réconfort.

    Le texte renchérit même : « de Judée, de Jérusalem, d’Idumée, de Transjordanie,
    et de la région de Tyr et de Sidon vinrent aussi à lui
    une multitude de gens qui avaient entendu parler de ce qu’il faisait ».
    Ce qui nous amène au troisième élément de réponse.
    Si la mission est une mise à disponibilité de nous-mêmes à Dieu et aux humains
    ou est l'acceptation d'une multiplication des pains où chacun(e) de nous sommes, dans le Christ, le pain rompu pour la multitude,
    le retrait en Dieu n'est-il pas justement notre mise à disponibilité de nous-mêmes ?! En d'autres mots, avons-nous de la difficulté à connaître ce retrait intérieur en Dieu parce que nous luttons contre ce qui arrive et que nous cherchons à y échapper ? N'est-ce pas là un enseignement important que Jésus veut apprendre
    à tous ses disciples ?! Que dans l'accueil de la réalité
    et dans l'acceptation de notre mission se trouvent le retrait et le repos en Dieu.

    Regardons d'ailleurs la scène : au milieu de cette multitude se tient Jésus. Assurément, les disciples présents, nouveaux dans le métier de la mission,
    l'observent et sont, sûrement, étonnés de le voir dans un état accueil qui les dépasse, de montrer une compassion pour toute cette foule et de les regarder
    comme s'il se préoccupait personnellement de chacun(e) d'eux.
    Je me dis à moi-même que j'ai là beaucoup moi-même à apprendre.

    Alors, « Il dit à ses disciples de tenir une barque à sa disposition
    pour que la foule ne l’écrase pas ».
    Ces paroles m'apparaissent comme une nouvelle délicatesse de sa part
    dans le processus d'éducation de ses disciples,
    car ne perçoit-il pas la détresse de ces derniers et le sentiment intérieur d'écrasement qui les habite ? Devant cette multitude, ne pensent-ils pas :
    « mais dans quoi me suis-je embarqué ? »,
    « je n'ai pas la force de le suivre et, de toute façon,
    je ne suis qu'un pêcheur ou un pauvre collecteur d'impôt qui ne connaît rien
    et qui n'a aucune idée de ce qu'il faut faire ».

    Le centre le Pèlerin est au pied de l'Oratoire St-Joseph.
    J'ai souvent pensé au frère André qui a bâti cette œuvre incroyable,
    dont ce sanctuaire absolument immense.
    Et que penser de ces foules qui venaient le rencontrer, jour et nuit,
    pour se faire guérir, lui le pauvre frère illettré.
    Combien de fois a-t-il dû tomber à genoux affichant son incapacité
    devant une telle œuvre ? Combien de fois a-t-il dû se « sentir écraser »
    par la mission que Dieu lui avait confiée ?!

    À nous qui cherchons à suivre le Christ, il y aura de ces moments
    où nous apprendrons, enfin, à vivre dans une disponibilité intérieure à la mission
    ou à l'œuvre confiée et, pendant ce court instant et avec le temps,
    nous saisirons que cette mission n'est pas la nôtre mais celle de Dieu.

    Nous saurons un peu plus, dans une foi grandissante,
    qu'il nous faut laisser faire Dieu et nous abandonner à son action.
    Nous toucherons alors à ce que c'est d'être « en retrait » dans le Christ,
    saisis en sa Présence.

    Mais il nous faut savoir qu'il y a un quatrième élément de réponse,
    à savoir que l'écrasement ne nous sera pas enlevé.
    Il sera simplement vécu à partir de Dieu.
    Si bien que notre lot, pourrait-on dire, est de consentir à cet écrasement
    pour que des hommes ou des femmes soient relevés.
    Dans cette perspective, cette phrase de saint Paul m'est devenue une prière :
    « Ainsi donc, la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous » (2 Cor 4, 12).
    Mais en retrait dans le Christ, nous ne sommes pas les seuls à porter le poids.
    De fait, il y a cette barque qui est là à notre disposition
    et à la disposition du Seigneur.
    Cette barque est celle de Pierre, c'est-à-dire son Église.
    Cette fraternité de frères et de sœurs dans le Christ est notre soutien dans la mission. Jésus nous l'a laissée comme lieu de communion en sa Présence.

    Il est vrai, dans la mission, nous nous sentons "écrasés".
    À d'autres moments, nous sommes débordés par tous ces gens souffrants
    qui se précipiteront vers nous afin de trouver une réponse à leur mal.
    Et que dire de ces esprits impurs qui viennent nous visiter, eux,
    pour nous faire tomber. C'est ce que décrit saint Paul :
    « Nous sommes pressés de toute part, mais non pas écrasés;
    ne sachant qu'espérer, mais non désespérés; persécutés, mais non pas abandonnés; terrassés, mais non annihilés » (2 Cor 4, 8-9).

    Évidemment, si nos yeux sont centrés sur nous-mêmes
    l'écrasement sera insoutenable mais s'ils sont centrés sur « le Fils de Dieu »,
    nous serons témoins de merveilles.
    Des boiteux qui marchent; des aveugles qui voient;
    des personnes mortes intérieurement qui se mettent à vivre;
    des personnes sans « droit d'exister » découvrir leur extraordinaire valeur; etc.
    C'est ce que la mission confiée par Dieu nous donne la joie de vivre.
    Si bien que, même au milieu de la multitude, Jésus nous retire dans son Cœur !
    Ne l'oublions pas !

    Stéfan Thériault,
    stheriault@lepelerin.org

    source : www.lepelerin.org

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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation 

    Crédit d'image: Fenêtre du monastère (détail), photographie de Thomas Merton, copyright du Merton Legacy Trust et du Thomas Merton Center de l'Université Bellarmine.  Utilisé avec permission.
     Un esprit libérateur 

    Le Saint-Esprit est un Esprit libérateur. Même lorsque nous éprouvons un manque de liberté dans notre vie quotidienne, le temps de prière peut être une expérience de pleine liberté en présence de Dieu. Je regrette parfois l'exubérance du mouvement charismatique dont j'ai fait partie dans les années 1970 et la liberté que nous avons ressentie d'adorer Dieu de tout notre être. Le théologien James Cone (1938–2018) écrit sur le profond sentiment de liberté ressenti dans le culte communautaire de l'Église noire aux États-Unis:

    L'adoration noire elle-même est un événement libérateur pour ceux qui partagent l'expérience du peuple qui témoigne de la présence de Dieu au milieu d'eux. Par la prière, le témoignage, le chant et le sermon, les gens transcendent les limites de leur histoire immédiate et rencontrent la puissance divine, créant ainsi un moment d'extase et de joie dans lequel ils reconnaissent que la douleur de l'oppression n'est pas le dernier mot de la vie noire. Il n'est pas inhabituel pour les gens de se laisser emporter par leurs sentiments, ce qui rend difficile pour un observateur de savoir ce qui se passe réellement. Mais le sens de cet événement, selon les gens, se trouve dans leur rencontre libératrice avec l'Esprit divin. Dans cette rencontre, ils sont libérés en tant qu'enfants de Dieu. Pour comprendre ce que cela signifie pour les Noirs, nous devons seulement nous rappeler qu'ils n'ont pas connu la liberté en Amérique blanche. Par conséquent, se faire dire «Vous êtes libres, mes enfants», c'est créer une joie et une excitation indescriptibles chez les gens. Ils chantent parce qu'ils sont libres. Le culte noir est une célébration de la liberté. C'est un événement noir, le temps où les gens se rassemblent au nom de Celui qui a promis de ne pas laisser les petits seuls en difficulté. Les gens crient, gémissent et pleurent comme témoignage de l'expérience de la présence libératrice de Dieu dans leur vie. . . . [1] le temps où les gens se rassemblent au nom de Celui qui a promis de ne pas laisser les petits seuls en difficulté. Les gens crient, gémissent et pleurent comme témoignage de l'expérience de la présence libératrice de Dieu dans leur vie. . . . [1] le temps où les gens se rassemblent au nom de Celui qui a promis de ne pas laisser les petits seuls en difficulté. Les gens crient, gémissent et pleurent comme témoignage de l'expérience de la présence libératrice de Dieu dans leur vie. . . . [1]

    Les Noirs peuvent lutter pour la liberté et la justice, car Celui qui est leur avenir est aussi le terrain de leur lutte pour la libération. Peu importe ce que les oppresseurs disent ou font ou ce qu'ils essaient de faire de nous. Nous savons que nous avons une liberté qui n'est pas faite de mains humaines. . . . Car le chant, la prière et la prédication des Noirs ne sont fondés sur aucune potentialité humaine mais sur la réalité de la liberté de Dieu d'être avec les opprimés telle que révélée par la croix et la résurrection de Jésus. Jésus est leur liberté. [2]

    L'église primitive connaissait sûrement l'effet libérateur de la présence du Saint-Esprit. Peut-être que les enseignements de l'apôtre Paul ont eu tellement d'impact parce qu'il a restauré la dignité humaine à une autre époque d'oppression, d'esclavage et d'injustice généralisés. Dans l'Empire romain corrompu et corrompu, Paul crie: "Un seul et même Esprit nous a été donné à boire!" (1 Corinthiens 12:13). Il nivelle complètement les règles du jeu: «Vous, vous tous, êtes fils et filles de Dieu en Christ Jésus» (Galates 3:26) . Selon Paul, l'ancien monde avait disparu pour toujours et un nouveau monde est né dans lequel chacun est libre.

     
     

    [1] James H. Cone, Dieu des opprimés , rév. ed. (Livres d'Orbis: 1997), 132–133. 

    [2] Cône, 129.

    Adapté de Richard Rohr: Essential Teachings on Love , éd. Joelle Chase et Judy Traeger (Orbis: 2018), 91. 

    Crédit d'image: Fenêtre du monastère (détail), photographie de Thomas Merton, copyright du Merton Legacy Trust et du Thomas Merton Center de l'Université Bellarmine. Utilisé avec permission.

    Une fenêtre est une invitation. Une rupture dans la pierre imperméable d'un mur. Un moyen d'entrer ou de sortir. Recouverte de feuillage, de lumière et d'ombre, cette fenêtre parle de la nature complexe de la réalité, dévoilée.

    source  https://cac.org/
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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

     Crédit d'image: Tree Trunks near Hermitage, Gethsemani (détail), photographie de Thomas Merton, copyright Merton Legacy Trust et le Thomas Merton Center de l'Université Bellarmine.  Utilisé avec permission.

    Une nouvelle histoire pour remplacer l'ancienne 

    En cette période de dévoilement, de nouvelles histoires doivent être racontées sur tout, de l'écologie à la foi en passant par l'argent et le pouvoir, et elles doivent être racontées sous de nombreux angles différents. Ce n'est qu'en contemplant et en engageant de nouveaux paradigmes et visions que nous pouvons discerner où et comment Dieu nous appelle à agir. L'auteur et éducateur Michael Nagler partage sa version d'une nouvelle histoire basée sur son engagement de plusieurs décennies dans la pratique de la non-violence. Il écrit:

    La nouvelle histoire [est] le terme que nous utilisons aujourd'hui pour désigner le nouveau modèle - pour nous - d'un univers de conscience et de but, d'unité et de suffisance. . . .

    L'histoire qui prévaut actuellement - la vieille histoire [ Richard: qui n'est vraiment aussi vieille que les Lumières ], selon laquelle nous vivons dans un univers matériel et aléatoire, de sorte que nous aussi, sommes principalement des objets physiques qui ont besoin de choses matérielles pour être accomplies - nous a conduit à un état de concurrence permanent, sans exclure la violence. Que vous regardiez l'histoire elle-même ou ses conséquences pratiques, beaucoup - moi y compris - estiment que c'est radicalement faux. Nous sommes corps, esprit et esprit, et nous sommes embrassés dans ce que Martin Luther King a appelé un vêtement unique du destin. [1] La vie n'est pas aléatoire et nous ne sommes pas impuissants à la changer.

    Et pour le moment, le changement clé sera le changement de l'histoire elle-même.

    Dans la nouvelle histoire émergente. . . à peu près tous les changements sociaux auxquels les gens réfléchis aspirent depuis longtemps - y compris le changement vers une planète durable - devient plus pensable et faisable.

    Prenons, par exemple, l'inégalité aiguë qui a polarisé notre société (et, dans une moindre mesure, les sociétés d'autres pays). Ce qui le motive, c'est la cupidité. La même avidité qui pousse certains à profiter de la guerre et des armements - la cupidité qui est une source presque omniprésente de souffrance pour le plus grand nombre (et même pour les rares qui semblent en bénéficier financièrement). L'avidité, à son tour, n'est-elle pas fonction de la croyance que nous sommes avant tout des entités physiques en concurrence avec les autres? . . .

    La cupidité est derrière tant de processus destructeurs; une cupidité qui atteint des proportions inouïes aujourd'hui, créant une inégalité qui rend impossible une démocratie significative. Mais qu'y a-t-il derrière la cupidité elle-même? Cela ne pourrait pas exister sans l'idée qu'un être humain est matériel et séparé des autres, y compris de l'environnement dans lequel nous vivons.

    La violence, les inégalités, la guerre, l'environnement et presque tous les aspects de la société auxquels nous pouvons penser sont enracinés dans la vieille histoire. . . .

    Contrairement à la vieille histoire - qui soutenait que l'univers est principalement fait de matière, n'a aucun but discernable et que la rareté, la compétition et la violence sont inévitables - la nouvelle histoire voit l'univers comme principalement la conscience et l'être humain comme corps, esprit et l'esprit, capables de localiser et de réaliser le but de leur vie dans un univers significatif - en fait, fondamentalement bienveillant.

    Richard encore: Cette nouvelle histoire est, bien sûr, aussi vieille que l'incarnation elle-même! Quelque part le long de la ligne, nous avons perdu le fil de la véritable histoire de l'union, de la plénitude, de Dieu-avec-nous et nous-pour-les-uns.

     
     

    [1] Martin Luther King, Jr., «Lettre d'une prison de Birmingham» (16 avril 1963).

    Michael N. Nagler, The Third Harmony: Nonviolence and the New Story of Human Nature (Berrett-Koehler Publishers, Inc.: 2020), 10, 13-14, 15, 17

    Crédit d'image: Tree Trunks near Hermitage, Gethsemani (détail), photographie de Thomas Merton, copyright Merton Legacy Trust et le Thomas Merton Center de l'Université Bellarmine. Utilisé avec permission.

    Nous ne pouvons pas toujours voir les relations entre les arbres, car leur monde complexe de racines vit sous terre. Nous, la famille humaine, sommes également inextricablement liés.

    source https://cac.org/

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  • Audience générale: la louange purifie l'âme dans les moments difficiles - VA

    Audience générale: la louange purifie l'âme dans les moments difficiles

    Pour sa première audience générale de l’année 2021, le Saint-Père a poursuivi son cycle de catéchèse sur la prière, méditant aujourd’hui sur la louange, depuis la Bibliothèque du Palais apostolique. Le Pape a invité les fidèles à la pratiquer particulièrement dans les moments difficiles.
     

    «En pleine crise, Jésus bénit le Père, il le loue. Pourquoi?», s’interroge d’emblée le Souverain pontife. Avant tout il le loue pour ce qu'il est: «Père, Seigneur du ciel et de la terre», répond le Pape. En effet, Jésus se réjouit dans son esprit parce qu'il sait et il sent que son Père est le Dieu de l'univers, et inversement, le Seigneur de tout ce qui existe est le Père, «mon Père». «C'est de cette expérience de se sentir ‘’fils du Très-Haut’’ que jaillit la louange» en déduit l’évêque de Rome.

    Dieu privilégie les petits

    François esquisse une autre raison pour laquelle le Christ loue le Père: «car il privilégie les petits». C'est ce dont il fait lui-même l'expérience, en prêchant dans les villages: les «sages» et les «intelligents» sont suspicieux et fermés, tandis que les «petits» s'ouvrent et accueillent le message.

    «Cela ne peut qu'être la volonté du Père, et Jésus s'en réjouit», affirme le Pape exhortant tous les fidèles «à se réjouir et louer Dieu» parce que «les personnes humbles et simples accueillent l'Évangile». Dans l'avenir du monde et dans les espérances des Eglises, il y a ainsi les «petits»: ceux qui ne se considèrent pas meilleurs que les autres, qui sont conscients de leurs limites et de leurs péchés, qui ne veulent pas dominer les autres, explique le Successeur de Pierre.

    Louer Dieu quand le mal prévaut

    Donc, en ce moment d'échec apparent, Jésus prie en louant le Père, poursuit le Pape, ajoutant ceci: «Et sa prière nous conduit aussi, nous lecteurs de l'Evangile, à juger de manière différente nos échecs personnels, les situations où nous ne voyons pas clairement la présence et l'action de Dieu, quand il semble que prévaut le mal et qu'il n'existe aucune façon de l'arrêter.»

    A qui sert donc la louange? A nous ou à Dieu? François cite un texte de la liturgie eucharistique qui invite à prier Dieu de cette manière: «Tu n'as pas besoin de notre louange, et pourtant c'est toi qui nous inspires de te rendre grâce: nos chants n'ajoutent rien à ce que tu es, mais ils nous rapprochent de toi, par le Christ notre Seigneur» (Missel romain, préface commune IV).

    Louange et béatitude des cœurs

    La prière de louange nous sert donc à nous aussi. Le Catéchisme la définit ainsi: «Elle participe à la béatitude des cœurs purs qui l’aiment dans la foi avant de le voir dans la Gloire» (n. 2639).

    De ce fait, paradoxalement, le Pape relève que la louange doit être pratiquée non seulement quand la vie nous remplit de bonheur, mais surtout dans les moments difficiles, «quand le chemin grimpe». «Parce que nous apprenons qu'à travers cette montée, ce sentier fatigant, ces passages difficiles, on arrive à voir un panorama nouveau, un horizon plus ouvert», insiste le Saint-Père, comparant l'acte de louer «à respirer de l'oxygène pur». «Louer purifie l'âme, fait voir loin, empêche de rester prisonniers des difficultés». 

    L’exemple des saints

    Et le Pape François de prendre enfin exemple sur l’enseignement de saint François, le Poverello d’Assise, qui composa le «Cantique des créatures» au milieu des difficultés. François est presque aveugle, et il ressent dans son âme le poids d'une solitude qu'il n'avait jamais éprouvée auparavant Mais à cet instant, François prie : «Loué sois-tu, mon Seigneur...». François loue Dieu pour tout, pour tous les dons de la création, et aussi pour la mort, qu'il l'appelle avec courage «sœur», relève le Pape, concluant: «Les saints et les saintes nous montrent ainsi que l'on peut toujours louer, dans le bien et dans le mal, parce que Dieu est l'Ami fidèle, son amour ne manque jamais. Il est toujours proche de nous et nous attend. Il est la sentinelle qui se fait proche de nous, et nous fait avancer avec sûreté.»

    source  https://www.vaticannews.va/

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  • PRIER POUR UNE FRATERNITÉ QUI TRAVERSE
    LES FRONTIÈRES RELIGIEUSES

     
    L’intention de ce mois est construite sur l’affirmation que ceux qui appartiennent à d’autres religions sont des frères et des sœurs. L’Europe reste marquée par l’expansion arabe aux VIIème – VIIIème siècles et par ce que l’histoire a appelé « guerres de religions » et qui a pu instrumentaliser l’opposition entre catholiques et protestants au XVIème siècle. Si pour certains, la différence religieuse ne semble pas un obstacle à la rencontre, pour d’autres elle l’est et il y a un travail à réaliser sur soi pour le dépasser. Aujourd’hui le terrorisme, sous couvert de raisons religieuses fallacieuses peut dissuader de s’y mettre. Ne pas le faire, c’est donner raison à la peur ancestrale qui conduit à la recherche de la disparition de l’autre considéré comme un danger pour sa propre survie ; les exemples ne manquent pas dans l’histoire. Le pape l’affirme : « Il n’y a pas d’alternative : soit nous construisons l’avenir ensemble, soit il n’y aura pas d’avenir[1]. » 

    Pour construire une fraternité ouverte à tous, le pape interpelle ceux qui se réclament d’une religion. Chaque religion professe avec ses propres mots que Dieu est bonté, pardon, miséricorde. Et pourtant les Écritures chrétiennes se réjouissent quand les ennemis sont anéantis. Le Christ, dans le don de sa vie sur la croix, guérit notre œil qui voit si souvent dans le prochain un ennemi. L’ennemi est tapi à l’intérieur de chacun. Ce n’est pas sans raison que l’on parle d’une violence aveugle. Si Dieu est Dieu, il conduit sur le chemin de cette guérison intérieure, illumination qui ne fait pas de ses enfants des naïfs dont le comportement provocateur relancerait la violence. Seule la grâce de Dieu conduit sur ce chemin que nul ne peut imaginer ni mettre en programme. La grâce est que des femmes et des hommes se lèvent, vivants d’une vie qu’ils donnent à la manière dont Dieu la donne.

    « Les religions [sont] au service de la fraternité dans le monde2. » dit le Pape François. Ce service ne s’accomplit pas par contrainte ou par menace de mort, mais par contagion progressive de la joie qu’elle procure. Cette joie trace son chemin dans la violence du monde. Elle passe au feu de l’épreuve qui en vérifie la valeur et la pureté. Oui, à l’aube de cette année nouvelle, 

    “prions pour que cette grâce nous soit donnée de vivre en pleine fraternité avec nos frères et sœurs d’autres religions, en priant les uns pour les autres, ouverts à tous”

    et que cette grâce se communique à tous ! Bonne année à chacun.

    P. Daniel Régent sj, directeur France
    Réseau Mondial de Prière du Pape

    source https://www.prieraucoeurdumonde.net/

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  • Angélus du 10 janvier 2021  (Vatican Media)

    Angélus: l’amour appelle l’amour

    Lors de l’angélus en la fête du Baptême du Seigneur, le Pape François a rappelé que Jésus débute sa vie publique en se mêlant aux pécheurs, offrant ainsi son «manifeste programmatique». Lors de notre baptême, à notre tour, nous devenons enfants de Dieu, marqués par sa miséricorde.
     

    Xavier Sartre – Cité du Vatican

    Mercredi, lors de l’Épiphanie, Jésus n’était qu’un enfant, adoré par les Rois Mages. Ce dimanche, en la fête du Baptême du Seigneur, la liturgie nous fait faire un bond temporel de près de trente ans durant lesquels nous ne savons qu’une chose note le Pape, depuis la bibliothèque du Palais apostolique : «ce furent des années de vie cachée, que Jésus passa en famille ; quelques années comme migrant pour fuir la persécution d'Hérode d'abord en Egypte, les autres années à Nazareth, à apprendre le métier de Joseph et en famille, obéissant à ses parents, étudiant et travaillant».

    Jésus a donc vécu «la vie de tous les jours, sans apparaître», ce qui nous dévoile «la grandeur du quotidien, l’importance aux yeux de Dieu de chaque geste et moment de la vie, même le plus simple et caché», constate François.

    Jésus se mêle aux pécheurs

    Jésus débute donc sa vie publique par le baptême dans le Jourdain, un rite pénitentiel administré par Jean-Baptiste, «un signe de la volonté de se convertir, en demandant pardon pour ses péchés»«Certes, Jésus n’en avait pas besoin», reconnait le Saint-Père mais il le fait tout de même «parce qu’il veut être avec les pécheurs».

    Par ce geste, «Jésus nous offre ainsi son “geste programmatique”»«Il nous dit qu’il ne nous sauve pas par le haut, par une décision souveraine ou un acte fort, mais en allant à notre rencontre et en prenant sur soi nos péchés. Voilà comment Dieu vainc le mal dans le monde : en s’abaissant et en le prenant en charge», explique François.

    À l’image de Jésus, nous pouvons nous aussi aider les autres : «en ne jugeant pas, en ne leur disant pas quoi faire, mais en se faisant proche, en étant compatissant, en partageant l’amour de Dieu», décrit-il.

    Le baptême et la miséricorde de Dieu

    Après le baptême de Jésus, la Trinité se révèle. «Dieu se manifeste quand apparait la miséricorde parce que c’est son visage. Jésus se fait serviteur des pécheurs et est proclamé Fils ; il s’abaisse vers nous et l’Esprit descend sur Lui. L’amour appelle l’amour» affirme le Saint-Père.

    Il en est de même pour nous. «Notre vie est marquée par la miséricorde qui s’est posée sur nous avant même que nous ne fassions quoi que ce soit». «Nous avons été sauvés gratuitement. Le salut est gratuit», et cela advient le jour de notre baptême. «Mais ceux qui ne sont pas baptisés reçoivent aussi la miséricorde de Dieu, toujours, parce que Dieu est là, il attend. Il attend que s’ouvrent les portes des cœurs» ajoute François qui appelle la Vierge à nous aider à garder «notre identité d’avoir reçu la miséricorde»

    source https://www.vaticannews.va/

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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

     Crédit d'image: Basket and Tree Root (détail), photographie de Thomas Merton, copyright Merton Legacy Trust et Thomas Merton Center de l'Université Bellarmine.  Utilisé avec permission.

    Résumé et pratique de la première semaine 

    Un temps de dévoilement

    3 janvier - 8 janvier 2020

     

    Dimanche
    Le début de la nouvelle année semble être le bon moment pour faire une pause, «retirer le voile» et demander: «Où est-ce que tout cela va? Quel est le but final pour nous tous, et - d'ailleurs - pour le cosmos dans son intégralité? "

    La
    prière contemplative du lundi est une forme de dévoilement, car elle révèle ce qui se passe sous les surfaces polies et occupées de notre esprit, de notre cœur et de notre corps.

    Mardi C'est
    seulement dans «la caverne du cœur», comme les mystiques aiment à l'appeler, qu'une personne entre en contact avec sa propre connaissance directe. Et c'est seulement de cette connaissance directe que naît la souveraineté, sa propre autorité intérieure. - Cynthia Bourgeault

    Mercredi
    Au milieu d'une épiphanie, la déclaration la plus précise serait: «Eureka! Je viens de m'éveiller à une réalité de longue date qu'un dévoilement intérieur m'a finalement permis de voir. —Barbara Holmes

    Jeudi
    L'univers est le projet créatif de Dieu, rempli de beauté, d'opportunités, de défis et de sens. Il fonctionne selon le sens ou le modèle que nous voyons incarné dans la vie de Jésus. La nouveauté se multiplie. La liberté grandit. Le sens se développe. La sagesse coule. La guérison se produit. La bonté se déchaîne. - Brian McLaren

    Vendredi
    Si nous faisons confiance au modèle universel, à la sagesse de tous les temps et de tous les lieux, y compris la création et l'évolution du cosmos lui-même, nous savons qu'une fin est aussi le lieu d'un nouveau départ.
     

    Tonglen 

    Lorsque le voile est levé et que nous voyons les choses telles qu'elles sont vraiment, nous pouvons ressentir de la tristesse ou de l'anxiété. Tonglen est une méthode pour faire face à notre peur de la souffrance et pour dissoudre la tension dans nos cœurs. Aujourd'hui, je partage une version de cette méditation du professeur bouddhiste tibétain Pema Chödrön. Je vous encourage à être doux avec vous-même lorsque vous essayez cette pratique. Comme nous le disons à nos élèves de Living School lorsque nous pratiquons cela ensemble, nous ne retenons ni ne guérissons nous-mêmes la douleur du monde; nous respirons et expirons simplement avec l'unique souffle de notre Dieu aimant. Comme le décrit Chödrön:

    La pratique de Tonglen, également connue sous le nom de «prendre et envoyer», renverse notre logique habituelle d'éviter la souffrance et de rechercher le plaisir. Dans la pratique des tonglen, nous visualisons la prise de la douleur des autres à chaque inspiration et l'envoi de tout ce qui leur sera bénéfique à l'expiration. Dans le processus, nous nous libérons des modèles séculaires d'égoïsme. Nous commençons à ressentir de l'amour pour nous-mêmes et pour les autres; nous commençons à prendre soin de nous-mêmes et des autres. . . . Respirez pour nous tous et expirez pour nous tous. [1]

    Lorsque vous pratiquez le tonglen en tant que pratique formelle de méditation, cela comporte quatre étapes:

    1. Tout d'abord, reposez votre esprit brièvement, pendant une seconde ou deux, dans un état d'ouverture ou d'immobilité. Cette étape est traditionnellement appelée. . . ouverture à l'espace et à la clarté de base.

    2. Deuxièmement, travaillez avec la texture. Respirez une sensation de chaleur, d'obscurité et de lourdeur. . . et expirez une sensation de fraîcheur, de lumière et de lumière - une sensation de fraîcheur. . . . Faites-le jusqu'à ce qu'il se sente synchronisé avec vos inspirations et expirations.

    3. Troisièmement, travaillez avec une situation personnelle - toute situation douloureuse qui vous est réelle. Traditionnellement, vous commencez par faire du tonglen pour quelqu'un que vous aimez et que vous souhaitez aider. . . . Si vous êtes coincé, vous pouvez faire la pratique pour la douleur que vous ressentez et simultanément pour tous ceux qui, comme vous, ressentent ce genre de souffrance. Par exemple, si vous vous sentez insuffisant, vous respirez cela pour vous-même et pour tous les autres dans le même bateau, et vous envoyez confiance et adéquation ou soulagement sous la forme que vous souhaitez.

    4. Enfin, augmentez la réception et l'envoi. Si vous faites du tonglen pour quelqu'un que vous aimez, étendez-le à ceux qui sont dans la même situation. . . . Faites-en plus que cette seule personne. . . . Vous pourriez faire du tonglen pour les gens que vous considérez comme vos ennemis - ceux qui vous blessent ou blessent les autres. Faites des tonglen pour eux, en pensant à eux comme ayant la même confusion et le même blocage que votre ami ou vous-même. Respirez leur douleur et envoyez-leur un soulagement. [2]

    Découvrez une version de cette pratique à travers la vidéo et le son. 

    Pema Chödrön et d'autres enseignants clôturent souvent leurs heures de pratique avec les paroles traditionnelles de la prière bouddhiste Metta (Bonté d'Amour): Que tous les êtres soient remplis de bonté. Que tout se passe bien. Que tous soient paisibles et à l'aise. Que tous soient heureux. 

    [1] Pema Chödrön, «Comment pratiquer le Tonglen», Lion's Roar: Buddhist Wisdom for Our Time (26 août 2020). Disponible sur https://www.lionsroar.com/how-to-practice-tonglen/

    [2] Pema Chödrön, When Things Fall Apart: Heart Advice for Difficult Times , 20e anniversaire éd. (Shambhala: 2016), p. 95–96

    Crédit d'image: Basket and Tree Root (détail), photographie de Thomas Merton, copyright Merton Legacy Trust et Thomas Merton Center de l'Université Bellarmine. Utilisé avec permission.

    Comme les racines exposées d'un arbre, la réalité dévoilée peut être plusieurs choses à la fois: tranchante, lisse, laide, belle, douloureuse et guérissante. 

    Pour une étude plus approfondie 


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  • Le Pape François lors de l'Angelus du 3 janvier 2021  (Vatican Media)

    Angélus: Invitons sans peur Jésus chez nous, «la vie changera»

    En ce premier Angélus dominical de l’année 2021, le Saint-Père a commenté le prologue de l’Évangile selon saint Jean, lu lors de la messe de ce jour en Italie et au Vatican. François est revenu sur le sens de l’incarnation du Fils de Dieu, désireux de vivre «une grande intimité» avec chaque être humain, en le rejoignant notamment dans sa fragilité.
     

    Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

    L’Épiphanie étant fêtée le 6 janvier en Italie comme en d’autres pays du monde, c’est aujourd’hui le prologue de l’Évangile selon saint Jean que de nombreux fidèles ont écouté à la messe, comme le jour de Noël.

     Angélus du 03 janvier 2021 

    Le Verbe veut «communiquer» avec nous

    «Au commencement était le Verbe», nous dit d’abord le disciple bien-aimé. «Celui que nous avons contemplé lors de sa Nativité, comme enfant, Jésus, existait avant: avant le commencement des choses, avant l'univers. Il est avant l'espace et le temps», a commenté le Saint-Père depuis la bibliothèque du Palais apostolique.

    Par ailleurs, en appelant Jésus «le Verbe», c’est-à-dire «la Parole», saint Jean veut nous signifier que «dès le début, Dieu veut communiquer avec nous, il veut nous parler». Il veut «nous dire la beauté d’être enfants de Dieu». «Voici le merveilleux message d'aujourd'hui: Jésus est la Parole éternelle de Dieu, qui pense toujours à nous, depuis toujours, et qui désire communiquer avec nous», a souligné François.

    Mais pour communiquer, Jésus ne s’en est pas tenu à la parole. Il «s’est fait chair». Une «chair» qui traduit mieux que tout autre mot le désir de Dieu de rejoindre «notre condition humaine dans toute sa faiblesse»«Dieu est devenu fragile pour toucher de près notre fragilité», a résumé le Souverain Pontife. De cette manière, «rien dans notre vie ne lui est étranger», «nous pouvons tout partager avec Lui». La décision du Seigneur est «audacieuse»: «il entre dans notre honte pour se faire notre frère, pour partager la route de la vie».

    Tout partager avec Lui

    L’incarnation du Fils de Dieu, a ensuite expliqué le Pape, n’a pas été un évènement temporaire. «Non, il ne s'est plus jamais détaché de notre chair». L’évangéliste utilise le verbe «habiter», «demeurer». Jésus «s'est uni pour toujours à notre humanité; on pourrait dire qu'il l'a "épousée"».

    Par conséquent, le Seigneur a soif d’une «grande intimité» avec chacun. «Il veut que nous partagions avec lui les joies et les peines, les désirs et les craintes, les espoirs et les tristesses, les personnes et les situations». Et le Saint-Père d’inviter les fidèles à ouvrir leur cœur et à contempler la crèche en silence. «Et sans crainte, invitons-le dans notre maison, notre famille, (…) nos fragilités». Marie peut nous aider à L’accueillir. Alors «il viendra, et la vie changera», a conclu François.

    S’engager à être solidaire et responsable

    Après la prière de l’Angélus, le Saint-Père a renouvelé ses vœux aux fidèles pour cette nouvelle année, en invitant à fuir «une mentalité fataliste ou magique : nous savons que les choses s'amélioreront dans la mesure où, avec l'aide de Dieu, nous travaillerons ensemble pour le bien commun, en mettant les plus faibles et les plus défavorisés au centre», a-t-il souligné. «Nous ne savons pas ce que 2021 apportera», a admis François, mais chacun peut «prendre soin» des autres et de la création, et fuir les comportements hédonistes, tels que ceux qui enfreignent les mesures de confinement.

    source https://www.vaticannews.va/

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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

    Crédit d'image: Going to Church (détail), William H.Johnson, 1940-1941, Smithsonian American Art Museum, Washington, DC
     

    Contemplation et
    résumé de l' action

    Le deuxième Regard
     
    Vendredi 1er janvier 2021

    Jour de l'An

    La contemplation arrive à tout le monde. Cela se produit dans les moments où nous sommes ouverts, sans défense et immédiatement présents. —Gerald May

    Même après cinquante ans de pratique de la contemplation, ma réponse immédiate à la plupart des situations comprend l'attachement, la défense, le jugement, le contrôle et l'analyse. Je suis meilleur pour calculer que pour contempler. Une bonne pratique du Nouvel An pour nous serait d'admettre que la plupart d'entre nous commencent là-bas. Le faux moi semble avoir le «premier regard» sur presque tout.

    Dans mes jours meilleurs, quand je suis «ouvert, sans défense et immédiatement présent» [1], je peux parfois commencer avec un esprit et un cœur contemplatifs. La plupart du temps, je peux y arriver plus tard et même m'arrêter là, mais c'est généralement un second regard. Le vrai soi semble toujours être chevauché et aveuglé par les besoins défensifs du soi séparé. C'est une bataille d'heure en heure, du moins pour moi. Je peux voir pourquoi toutes les traditions spirituelles insistent sur une forme de prière quotidienne; en fait, la prière du matin, de midi, du soir et avant d'aller au lit serait également une bonne idée! Sinon, nous pouvons supposer que nous retomberons tout de suite dans le régulateur de vitesse du petit intérêt personnel, le petit moi pitoyable et fragile.

    Le premier regard est rarement compatissant. Il est trop occupé à se peser et à se sentir: «Comment cela m'affectera t-il?» ou "Comment mon image de soi exige-t-elle que je réagisse à cela?" ou "Comment puis-je reprendre le contrôle de cette situation?" Cela conduit à une implosion de préoccupation de soi qui ne peut entrer en communion avec l'autre ou le moment. En d'autres termes, nous ressentons d'abord nos sentiments avant de pouvoir nous rapporter à la situation et à l'émotion de l' autre . Ce n'est qu'après que Dieu nous a appris à vivre «sans défense» que nous pouvons immédiatement (ou du moins plus rapidement) nous tenir avec et pour l'autre, et pour le moment.

    Il m'a fallu une grande partie de ma vie pour commencer à atteindre le deuxième regard. Par nature, j'ai un esprit critique et un cœur exigeant, et je suis impatient. (Je suis un sur l'Ennéagramme!) Ce sont à la fois mes cadeaux et mes malédictions, comme vous pouvez vous y attendre. Pourtant, je ne peux pas avoir l'un sans l'autre, paraît-il. Je ne peux pas risquer de perdre le contact ni avec mes anges ni avec mes démons. Ce sont tous les deux de bons professeurs. La pratique de la solitude et du silence leur permet les deux, et conduit au second regard. Le regard de compassion, regarder la vie depuis le lieu de l'intimité divine est vraiment tout ce que j'ai, et tout ce que j'ai à donner, même si je ne le fais pas toujours.

    Dans le second regard, la pensée critique et la compassion se rejoignent enfin. Cela vaut la peine d'attendre, car seul le deuxième regard voit pleinement et honnêtement. Il se voit, l'autre, et même Dieu avec les yeux de Dieu, les yeux de la compassion, qui nous poussent toujours à agir pour la paix et la justice. Mais il ne rejette pas non plus la clarté nécessaire de la pensée critique. Normalement, nous commençons par une pensée dualiste, puis nous nous dirigeons vers le non duel pour une réponse éclairée. Comme toujours, à la fois / et!

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    Passerelle à l'action et à la contemplation:
    quel mot ou quelle phrase me résonne ou me met au défi? Quelles sensations est-ce que je remarque dans mon corps? Que dois-je faire?

    Prière pour notre communauté:
    Ô grand amour, merci de vivre et d'aimer en nous et à travers nous. Que tout ce que nous faisons découle de notre connexion profonde avec vous et tous les êtres. Aidez-nous à devenir une communauté qui partage de manière vulnérable les fardeaux les uns des autres et le poids de la gloire. Écoutez les désirs de notre cœur pour la guérison de notre monde. [Veuillez ajouter vos propres intentions.]. . . Sachant que vous nous entendez mieux que nous ne parlons, nous offrons ces prières dans tous les saints noms de Dieu, amen.

    Écoutez le P. Richard a lu la prière.

    Histoire de notre communauté:
    À la fin des années 1980, [je suis devenu] bénévole au Gift of Love [hospice] de Mère Teresa dans le Greenwich Village de Manhattan. Les vingt hommes qui y sont soignés souffrent du sida. . . Me sentant toujours comme un étranger moi-même, sans aucune expérience médicale, je vivais désormais parmi des hommes rejetés par la société. Cette confrontation difficile avec la maladie, la mort et la mort m'a donné une perspective totalement nouvelle sur la valeur de la vie. —Harvey V.

    Partagez votre propre histoire avec nous. 

    Richard Rohr, «Contemplation et compassion: le deuxième regard», Contemplation en action , Richard Rohr et ses amis (The Crossroad Publishing Company: 2006), 15–16, 18–19, 20.

    Crédit d'image: Going to Church (détail), William H.Johnson, 1940-1941, Smithsonian American Art Museum, Washington, DC

    source https://cac.org/

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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

    Crédit d'image: Going to Church (détail), William H.Johnson, 1940-1941, Smithsonian American Art Museum, Washington, DC
    Contemplation et

    résumé de l' action 

    Modèles d'intégration


    mercredi 30 décembre 2020 

    Sœur Simone Campbell, SSS est une personne qui vit vraiment son engagement dans le chemin contemplatif par ses actions dans le monde. Elle est directrice exécutive de NETWORK, le lobby pour la justice sociale catholique, depuis 2004. Vous la connaissez peut-être comme l'une des religieuses dans le bus. Voici un aperçu de ce qui la force:

    Au cours des trente-cinq dernières années ou plus, elle [ma pratique contemplative] est devenue le fondement de qui je suis et a un impact sur tous les aspects de mon existence. Plutôt que de me cacher dans la chapelle pendant des heures, ma pratique contemplative m'a conduit à un militantisme largement fondé sur la compassion et le souci des autres. . . .

    Notre appel à faire notre part est au cœur du message de l'Évangile. Nous devons participer, écouter les autres et rester ouverts à l'Esprit. Nous sommes ceux qui ont été envoyés. L'évangile de l'amour ne sera expérimenté que si nous vivons la vérité profondément contemplative que notre prière mène à la communauté, qui mène à l'action pour guérir ce monde fracturé. . . .

    Ce sont ceux que nous rencontrons et qui nous ouvrent le cœur qui nous gardent fidèles. Ensemble, nous connaissons notre existence comme un organisme vibrant créé à chaque instant par le Divin. C'est la source d'un espoir au-delà de notre compréhension la plus folle. [1]

    Thomas Keating (1923-2018), dont les enseignements sont à la base de notre compréhension moderne de la contemplation dans la tradition chrétienne, parle d'un mouvement similaire de la prière intérieure à l'action au nom du monde. Il écrit:

    La puissance des étoiles n'est rien comparée à l'énergie d'une personne dont la volonté a été libérée. . . et qui est ainsi en mesure de co-créer le cosmos avec Dieu. La priorité absolue de Dieu est la création d'un monde dans lequel les biens de la terre sont équitablement répartis, où personne n'est oublié ou laissé de côté, et où personne ne peut se reposer tant que tout le monde n'a pas assez à manger, les opprimés ont été libérés et la justice et la paix est la norme parmi les nations et les religions du monde. Jusque-là, même la joie de transformer l'union est incomplète. L'engagement dans le voyage spirituel n'est pas un engagement pour la joie pure, mais pour prendre la responsabilité de toute la famille humaine, de ses besoins et de son destin. Nous ne sommes pas les nôtres; nous appartenons à tout le monde. [2]

    Mes enseignements ont toujours mis l'accent sur le terrain d'entente - le besoin équilibré de contemplation et d'action. Sœur Simone et le père Thomas ont opéré principalement sur des côtés opposés du spectre - mais j'espère que vous pouvez voir comment ils arrivent finalement à la même conclusion! Ce n'est pas un choix dualiste entre la contemplation et l'action, mais une sortie naturelle de l'amour de Dieu dans toutes les directions.

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    Passerelle à l'action et à la contemplation:
    quel mot ou quelle phrase me résonne ou me met au défi? Quelles sensations est-ce que je remarque dans mon corps? Que dois-je faire?

    Prière pour notre communauté:
    Ô grand amour, merci de vivre et d'aimer en nous et à travers nous. Que tout ce que nous faisons découle de notre connexion profonde avec vous et tous les êtres. Aidez-nous à devenir une communauté qui partage de manière vulnérable les fardeaux les uns des autres et le poids de la gloire. Écoutez les désirs de notre cœur pour la guérison de notre monde. [Veuillez ajouter vos propres intentions.]. . . Sachant que vous nous entendez mieux que nous ne parlons, nous offrons ces prières dans tous les saints noms de Dieu, amen.

    Écoutez le P. Richard a lu la prière.

    Histoire de notre communauté:
    À la fin des années 1980, [je suis devenu] bénévole au Gift of Love [hospice] de Mère Teresa dans le Greenwich Village de Manhattan. Les vingt hommes qui y sont soignés souffrent du SIDA. . . Me sentant toujours comme un étranger moi-même, sans expérience médicale, je vivais maintenant parmi des hommes rejetés par la société. Cette confrontation difficile avec la maladie, la mort et la mort m'a donné une perspective totalement nouvelle sur la valeur de la vie. —Harvey V.

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    [1] Simone Campbell, Faim d'espoir: communautés prophétiques, contemplation et bien commun (Orbis Books: 2020), 17–18, 131, 144.

    [2] Thomas Keating, Le Mystère du Christ: La liturgie comme expérience spirituelle (Continuum: 1994), p. 104.

    Crédit d'image: Going to Church (détail), William H.Johnson, 1940-1941, Smithsonian American Art Museum, Washington, DC

    Source  https://cac.org/
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