• Les mages en route vers Bethléem. Vitrail de la cathédrale de Chartres (Wikimedia).

    La très grande joie de retrouver l’étoile

    Jean-Chrysostome Zoloshi

      LORRAINE CAZA |
      ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR (B) – 3 JANVIER 2021

       La visite des mages : Matthieu 2, 1-12

    Les lectures : Isaïe 60, 1-6 ; Psaume 71 (72) ; Éphésiens 3, 2-3a.5-6
    Les citations bibliques sont tirées de la Traduction liturgique officielle.

    Mais de quelle étoile parlons-vous? Ouvrons l’Évangile de Matthieu, au début du chapitre 2. La naissance de Jésus vient d’être annoncée et le texte précise qu’il est né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode. Comment expliquer l’évocation immédiate de mages arrivant d’Orient à Jérusalem et porteurs de l’étonnante question : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître? » Mais, qu’est-ce qui permet à ces intervenants d’un lointain Orient de porter une telle question? Ils disent avoir vu son étoile à son lever et être venus lui rendre hommage. On perdrait son temps si on cherchait à identifier un astre particulier du firmament. Ce qui est exprimé, c’est que ces mages ont reçu un signe leur dévoilant que le roi des Juifs venait de naître. À cette époque, à la naissance d’un grand personnage, – qu’on pense à Alexandre, à César, à Auguste –, on disait qu’un nouvel astre était apparu dans le ciel. Dans la Bible, il est question de l’astre de Jacob (Nombres 24,17) comme image annonçant la venue du Messie. On aura noté que l’astre dont il est question en Mt 2,2 n’est perçu que par des astrologues orientaux qui sont des païens.

    Transmise au roi Hérode par ces mages, à leur arrivée à Jérusalem, la nouvelle inquiète le roi et tout Jérusalem avec lui. Le texte parle alors de la convocation par Hérode de toutes les autorités religieuses juives : Tous les grands-prêtres et tous les scribes du peuple. Sa question à lui : Où donc le Christ doit-il naître? Se référant aux Écritures, eux disent que c’est à Bethléem de Judée... En effet, le prophète Michée a annoncé, au 8e siècle avant Jésus Christ : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es nullement le moindre des clans de Juda, car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël (Michée 5,1).

    L’inquiétude d’Hérode, elle se manifeste d’abord clairement dans la préoccupation de vouloir savoir, de la part des mages, quand ils ont aperçu l’étoile et ensuite dans sa volonté de les envoyer à Bethléem avec le mandat, de sa part, de se renseigner exactement au sujet de l’enfant et, l’ayant vu, de revenir l’aviser afin qu’il puisse à son tour venir lui rendre hommage.

    Le signe de Bethléem

    La suite du récit nous informe qu’ils se mettent en route vers Bethléem et que l’étoile qu’ils avaient vue à son lever, les précède jusqu’à ce qu’elle s’arrête au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Ce qui est alors signalé, c’est LA TRÈS GRANDE JOIE des mages quand ils ont retrouvé l’étoile. Ils entrent dans le logis, nous dit MatthieuLuc, lui, dans son court récit de la naissance de Jésus, le faisait reposer dans une mangeoire d’animaux ; et ce détail devait avoir beaucoup d’importance pour lui puisqu’il le mentionne à trois reprises. Qui, les mages aperçoivent-ils au logis? – l’enfant avec Marie, sa mère. Joseph a un rôle prépondérant dans le récit matthéen ; pourtant, il n’est pas mentionné dans ce développement sur les mages. Ces derniers se prosternent devant l’enfant, lui rendent hommage, lui offrent des présents d’un symbolisme profond, évoquant les richesses et les parfums d’Arabie. Les Pères de l’Église ont vu dans l’or, une évocation de la royauté ; dans l’encens, celle de la divinité ; dans la myrrhe, celle de la passion du Messie. En conclusion de cet étonnant récit, on trouve une référence à un songe vécu par les mages qui les convainc de regagner leur pays par un autre chemin (Mt 2,12).

    Le don de Dieu offert à l’humanité entière

    À juste titre, on peut se demander qu’est-ce qui a conduit Matthieu à choisir cette visite des mages à Bethléem comme élément particulièrement significatif autour de l’événement incomparable de la naissance de Jésus, Fils de Dieu et fils de Marie. Il est certain qu’il y a vu une façon forte et originale de dévoiler l’ineffable mystère de Dieu, son universalité. C’est que le mystère de Dieu, le salut ne concerne pas uniquement le peuple juif, mais bien toute l’humanité. Matthieu, en mettant en scène ces Orientaux qui viennent de loin, qui sont sensibles au mystérieux signe de l’étoile, ne nous invite-t-il pas à discerner comment la recherche de Dieu peut prendre bien d’autres chemins que ceux qui nous sont familiers? L’évangéliste donne ce message à la naissance de Jésus, mais il le donne vigoureusement à l’occasion de la guérison de l’enfant d’un centurion romain. Ce centurion supplie Jésus, lui présentant l’état de son enfant qui gît dans sa maison, atteint de paralysie et souffrant atrocement. Le centurion fait preuve de beaucoup d’humilité, car malgré son importance il reconnaît que son autorité ne lui confère pas la dignité de recevoir Jésus sous son toit. Il est convaincu qu’un seul mot de Jésus, à distance, pourrait assurer la guérison. Jésus s’émerveille de cette attitude. Aussi s’empresse-t-il de déclarer : En vérité, je vous le dis, chez personne, je n’ai trouvé une telle foi en Israël. Eh bien! je vous dis que beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des Cieux, tandis que les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures : là seront les pleurs et les grincements de dents (Mt 8,10-12).

    La manifestation du mystère de Dieu

    Dans cette liturgie de la solennité de l’Épiphanie, ce n’est pas seulement le texte évangélique qui exprime l’ampleur du mystère. Le Troisième Isaïe qu’on a en première lecture, proclame : Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. Le même prophète continue : Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi avec les richesses des nations… tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens et proclamant les louanges du Seigneur (Is 60,3.5s). S’adressant aux chrétiens d’Éphèse, Paul, que nous retrouvons dans la seconde lecture de notre liturgie, parlera ardemment de sa connaissance du mystère du Christ… Ce mystère, précise-t-il, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile (Ep 3,3.6)

    Plein feu sur l’enfant de Bethléem

    Jette aussi une lumière particulière sur notre célébration de la manifestation du mystère du Christ, la présence du signe de l’étoile. Ce signe, nous l’avons vu, exprime que la personne à laquelle il renvoie possède une dignité très grande, qu’elle vient illuminer les ténèbres de l’humanité, qu’elle peut orienter notre vie. En réalité, c’est le Nouveau-né qui est l’ÉTOILE de l’humanité. N’oublions pas que les signes qui nous sont les plus familiers ne sont pas les seuls qui pointent vers Dieu, dans l’humanité entière.

    Cette étoile conduit à Bethléem, à la maison du pain. Le Nouveau-né est donc à considérer comme nourriture pour notre vie. N’y a-t-il pas dès lors un lien à faire entre Bethléem et l’Eucharistie? Et que dire du terme Éphrata qui est joint au nom Bethléem et qui évoque la fécondité! Et quelle fécondité donnée au monde par l’indicible Incarnation!

    La suite nous appartient

    La finale de cette histoire des mages mentionne un songe qu’auraient vécu les mages à la suite de leur visite à Bethléem : il leur aurait été demandé de ne pas retourner chez Hérode, même si tel était le désir du Prince, mais de rentrer dans leur pays par un autre chemin. Dans chacune de nos vies, est-il arrivé une ou des occasions où, suite à la rencontre de Jésus, nous avons dû corriger notre itinéraire, où suite à la rencontre de témoins de l’Évangile, nous avons mieux discerné où Jésus voulait nous rencontrer.

     En ce temps où nous ne cessons de nous appeler à plus d’interculturalité ; à cette heure où  une pandémie menaçante nous rend plus conscients que jamais de l’intensité des liens qui nous relient tous et toutes ; en ce moment où notre Mère Église nous presse d’être présents aux périphéries existentielles, quelle belle heure pour célébrer l’ÉPIPHANIE!

    Membre de la Congrégation de Notre-Dame, Lorraine Caza est bibliste et professeure honoraire du Collège dominicain de philosophie et de théologie (Ottawa).

    Source : Le Feuillet biblique, no 2690. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l’autorisation du Diocèse de Montréal.

    source http://www.interbible.org/

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  • Le Pape convoque une année “Famille Amoris laetitia”

    L’annonce a été faite ce dimanche 27 décembre 2020, où l’Église célèbre la Sainte Famille de Nazareth: le Souverain pontife décrète une année “Famille Amoris Laetitia”, qui sera inaugurée au cours de la prochaine solennité de saint Joseph, le 19 mars 2021.
     

    Pour le Pape, la fête de ce dimanche rappelle l’urgence de redécouvrir l’appel de la famille à être «évangélisatrice par son exemple de vie» en proposant à nouveau «l'idéal de l'amour conjugal et familial, comme le souligne l'exhortation apostolique Amoris laetitia», dont le 5e anniversaire de publication aura lieu le 19 mars prochain. Aussi, cette année sera-t-elle l'occasion «d'approfondir le contenu de ce document», a annoncé le Saint-Père au cours de l'Angélus.

    Cette année spéciale, intitulée “Famille Amoris laetitia”, sera donc inaugurée lors de la prochaine solennité de Saint Joseph et se terminera avec la 10e Rencontre mondiale des familles qui se tiendra à Rome en juin 2022, en présence du Saint-Père, précise un communiqué du Dicastère Famille, laïcs et vie, cheville-ouvrière de l'événement.

    «Des outils pastoraux seront mis à la disposition des communautés ecclésiales et des familles, pour les accompagner dans leur cheminement», a expliqué le  Souverain pontife, qui invite en conséquence tous les fidèles à se joindre dès à présent aux initiatives qui seront promues au cours de cette année par le Dicastère romain.

    «Confions à la Sainte Famille de Nazareth, en particulier à saint Joseph, époux et père attentif, ce voyage avec les familles du monde entier», a conclu le Saint-Père, qui le 8 décembre dernier, a décrété une autre Année spéciale dédiée justement à l’Époux de la Vierge Marie, par le biais de la Lettre apostolique Patris corde

    source https://www.vaticannews.va/

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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

    Crédit d'image: La Vierge et l'enfant avec des archanges, des scènes de la vie du Christ et des saints (détail), début du 17e siècle (Early Gondarine), Tigray Kifle Håger, Ethiopie, The Walters Art Museum, Baltimore, Maryland.
     Incarnation  

    Le Christ né en nous

    vendredi 25 décembre 2020
    Noël

     

    Ce que j'ai vu, c'est la totalité récapitulée comme une,
    reçue non par essence mais par participation.
    Tout comme si vous allumiez une flamme à partir d'une flamme,
    c'est toute la flamme que vous recevez. 
    —Symeon le nouveau théologien

    Symeon le nouveau théologien (949‒1022) était un moine chrétien byzantin et un mystique vénéré à ce jour par les chrétiens d'Orient. Symeon croyait que les humains avaient la capacité d'expérimenter directement la présence de Dieu. Il a visualisé cette union se produisant dans le «champ de force» du Corps du Christ. Cette incarnation cosmique est créée à la fois par la grâce de Dieu et par notre réponse.

    L '«Hymne 15» de Symeon, tiré de ses  Hymnes d'Amour Divin,  nomme magnifiquement l'union divine vers laquelle Dieu nous invite à jamais. Ces lignes mystiques disent honnêtement tout pour moi et m'amènent à un savoir incarné, à un champ de force vivante où nous connaîtrons l'union mystique même au niveau cellulaire.

    Nous nous réveillons dans le corps du
    Christ comme le Christ éveille nos corps,
    et ma pauvre main est le Christ, Il entre dans
    mon pied et est infiniment moi.

    Je bouge ma main, et merveilleusement
    ma main devient Christ, devient tout de Lui
    (car Dieu est indivisiblement
    entier, sans couture dans Sa divinité).

    Je bouge mon pied, et aussitôt
    Il apparaît comme un éclair.
    Mes paroles semblent-elles blasphématoires? - Alors
    ouvrez-lui votre cœur

    et laissez-vous recevoir celui
    qui s’ouvre si profondément.
    Car si nous l'aimons vraiment,
    nous nous réveillons dans le corps du Christ

    où tout notre corps, partout,
    chaque partie la plus cachée de celui-ci,
    est réalisé dans la joie comme Lui,
    et Il nous rend, totalement, réels,

    et tout ce qui est blessé, tout ce
    qui nous a semblé sombre, dur, honteux,
    mutilé, laid, irréparablement
    abîmé, est en Lui transformé

    et reconnus comme tout, aussi beaux
    et radieux dans sa lumière,
    nous nous réveillons en tant que bien-aimés
    dans chaque dernière partie de notre corps. [1]

    Pour beaucoup d'entre nous, nos célébrations de Noël seront un peu (ou beaucoup) plus petites, mais j'espère qu'elles n'en seront pas moins joyeuses. Je vous invite à contempler l'émerveillement des paroles de Symeon. Comment pourrions-nous expérimenter le Christ né en nous aujourd'hui, «totalement réel. . . transformé. . . radieux dans sa lumière »? 

    Passerelle à l'action et à la contemplation:
    quel mot ou quelle phrase me résonne ou me met au défi? Quelles sensations est-ce que je remarque dans mon corps? Que dois-je faire?

    Prière pour notre communauté:
    Ô grand amour, merci de vivre et d'aimer en nous et à travers nous. Que tout ce que nous faisons découle de notre connexion profonde avec vous et tous les êtres. Aidez-nous à devenir une communauté qui partage de manière vulnérable les fardeaux les uns des autres et le poids de la gloire. Écoutez les désirs de notre cœur pour la guérison de notre monde. [Veuillez ajouter vos propres intentions.]. . . Sachant que vous nous entendez mieux que nous ne parlons, nous offrons ces prières dans tous les saints noms de Dieu, amen.

    Écoutez le P. Richard a lu la prière.

    Histoire de notre communauté:
    Puissiez-vous être étonné par / la pure générosité d'être aimé, et en le rendant, puissiez-vous voir le miracle de votre vie / deux fois béni. —Mary S.

    Partagez votre propre histoire avec nous. 

    [1] Symeon le nouveau théologien, «Hymne 15», du cœur illuminé: une anthologie de la poésie sacrée , éd. Stephen Mitchell (Harper Perennial: 1993), p. 38–39.

    Adapté de Richard Rohr, Things Hidden: Scripture as Spirituality (Franciscan Media: 2008), 219–220.

    Épigraphe: Symeon le nouveau théologien, «Hymne 1.»

    Crédit d'image: La Vierge et l'enfant avec des archanges, des scènes de la vie du Christ et des saints (détail), début du 17e siècle (Early Gondarine), Tigray Kifle Håger, Ethiopie, The Walters Art Museum, Baltimore, Maryland.

    source https://cac.org/

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  • Bénédiction Urbi et Orbi: fraternité et vaccins,
    les antidotes à la pandémie

    La naissance du Christ nous appelle à bâtir une «fraternité basée sur l’amour réel», dont l’humanité toute entière a plus que jamais besoin: dans son message Urbi et Orbi de ce Noël 2020, le Saint-Père a invité à un surcroît d’attention à l’autre, alors que la pandémie et de très nombreux conflits sèment la souffrance à travers le monde. En raison des mesures sanitaires, le Pape s’exprimait ce midi depuis la Salle des Bénédictions, et non depuis la loggia centrale de la Basilique Saint-Pierre, comme c’est traditionnellement le cas.
     

    Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

    «Un enfant est né: la naissance est toujours source d’espérance, elle est vie qui s’épanouit, elle est promesse d’avenir», a souligné le Saint-Père au début de son message “À la ville et au monde”. Au terme d’une année qui a rudement mis à l’épreuve la famille humaine, le Pape François est venu rappeler l’Enfant Jésus est «né pour nous», «pour tous»: «un nous sans frontières, sans privilèges ni exclusions».

    C’est donc un appel à la fraternité, dont nous avons «plus que jamais besoin», que le Souverain Pontife a d'emblée lancé depuis la Salle des Bénédictions. «Grâce à cet Enfant, nous pouvons tous nous appeler, et être réellement, frères», a-t-il assuré. Une fraternité qui n’est pas «faite de belles paroles, d’idéaux abstraits, de vagues sentiments», mais qui est «basée sur l’amour réel», capable de compassion, de relation et de disponibilité. 

    Pour une vaccination à la portée de tous

    Le Saint-Père s’est ensuite exprimé sur le défi de l’accessibilité aux vaccins qui surgit dans la phase actuelle de la pandémie de coronavirus. «Aujourd'hui, en cette période d'obscurité et d'incertitude due à la pandémie, plusieurs lueurs d'espoir apparaissent, comme les découvertes de vaccins. Mais pour que ces lumières illuminent et apportent de l'espoir au monde entier, elles doivent être accessibles à tous», a-t-il plaidé. Le Pape s’est élevé contre les «nationalismes fermés» et «le virus de l'individualisme radical» qui rend indifférent à la souffrance de son prochain. «Je ne peux pas me mettre devant les autres, en plaçant les lois du marché et les brevets d'invention au-dessus des lois de l'amour et de la santé de l'humanité», a expliqué François, implorant «les responsables des États, des entreprises, des organismes internationaux, à promouvoir la coopération et non la concurrence, et à rechercher une solution pour tous, des vaccins pour tous, en particulier pour les plus vulnérables et les plus nécessiteux».

    «Face à un défi qui ne connait pas de frontières, on ne peut pas ériger de barrières. Nous sommes tous dans le même bateau», a-t-il lancé.

    Le Successeur de Pierre a également appelé à la proximité envers les personnes malades, celles qui sont «sans travail ou sont en grave difficulté en raison des conséquences économiques de la pandémie, comme aussi envers les femmes qui, durant ces mois de confinement, ont subi des violences domestiques»

    Le Moyen-Orient, le Haut-Karabagh et l'Ukraine dans le cœur du Pape

    Dans un second temps, le Saint-Père a invoqué le Fils de Dieu, pour qu’il répande sa Paix sur le monde entier. De très nombreux pays déchirés par la guerre et les conflits internes ont été nommés dans sa prière. François a d’abord eu une pensée pour «les trop nombreux enfants qui, partout dans le monde, spécialement en Syrie, en Irak et au Yémen, payent encore le prix fort de la guerre».

    «Que ce temps soit propice à désamorcer les tensions dans tout le Moyen Orient et en Méditerranée orientale», a-t-il ensuite souhaité.

    Et le Pape de mentionner «les blessures du peuple syrien bien aimé qui depuis maintenant dix ans est épuisé par la guerre et ses conséquences, aggravées ensuite par la pandémie». «Qu’il porte réconfort au peuple irakien et à tous ceux qui sont engagés sur le chemin de la réconciliation, en particulier aux Yézidis (…). Qu’il apporte la paix à la Libye et fasse que la nouvelle phase des négociations en cours conduise à la fin de toute forme d’hostilité dans le pays», a-t-il poursuivi. Il a également appelé au dialogue entre Israéliens et Palestiniens. 

    Au lendemain de la publication d’une lettre adressée aux habitants du Liban, François a exhorté les responsables politiques à s’engager «avec sérieux, honnêteté et transparence», afin que le Pays du Cèdre «puisse parcourir un chemin de réformes et continuer dans sa vocation de liberté et de cohabitation pacifique».

    Il a également encouragé la communauté internationale et les pays concernés «à poursuivre le cessez-le-feu au Haut-Karabagh, comme aussi dans les régions orientales de l’Ukraine, et à favoriser le dialogue, unique voie qui conduise à la paix et à la réconciliation».

    Bâtir la paix en Afrique et en Amérique du Sud

    Le Saint-Père a ensuite demandé au Seigneur de poser son regard sur l’Afrique, pour soulager les souffrances des populations «du Burkina Faso, du Mali et du Niger», faire cesser les violences en Éthiopie, réconforter les habitants de la région de Cabo Delgado, au Nord du Mozambique, «victimes de la violence du terrorisme international». Il a aussi demandé l’approfondissement des efforts de paix entre les «responsables du Soudan du Sud, du Nigéria et du Cameroun».

    «Que le Verbe éternel du Père soit source d’espérance pour le continent américain, particulièrement touché par le coronavirus qui a exacerbé les nombreuses souffrances qui l’oppriment, souvent aggravées par les conséquences de la corruption et du narcotrafic», a poursuivi le Souverain Pontife, mentionnant en particulier le Chili et le Venezuela.

    Pensée pour les victimes d’inondations en Asie et pour les Rohingyas

    Enfin, le continent asiatique a été confié à la protection du Christ, en particulier les populations «affligées par les catastrophes naturelles dans le Sud-Est asiatique», comme aux Philippines ou au Vietnam, où de dramatiques inondations ont eu lieu cette année. «En pensant à l’Asie, je ne peux pas oublier le peuple Rohingya: que Jésus né pauvre parmi les pauvres, leur apporte une espérance dans leurs souffrances», a ajouté le Pape.

    Une note finale d’espérance

    Son message s’est terminé par d’ultimes paroles d’espérance et d’affection. L’Enfant Jésus «nous annonce que la souffrance et le mal n’ont pas le dernier mot. Se résigner à la violence et aux injustices voudrait dire refuser la joie et l’espérance de Noël», a ainsi affirmé François. À l’heure où de nombreux soignants, aumôniers et volontaires se mobilisent dans les établissements de santé, le Saint-Père a également encouragé les personnes «qui agissent pour porter espérance, réconfort et aide en secourant ceux qui souffrent et en accompagnant ceux qui sont seuls».

    «Ma pensée va en ce moment aux familles: à celles qui aujourd’hui ne peuvent pas se réunir, comme aussi celles qui sont obligées de rester à la maison», a enfin assuré le Souverain Pontife. «Que Noël soit pour tous l’occasion de redécouvrir la famille comme berceau de vie et de foi ; lieu d’amour accueillant, de dialogue, de pardon, de solidarité fraternelle et de joie partagée, source de paix pour toute l’humanité», a-t-il conclu avant de donner sa bénédiction. 

    source https://www.vaticannews.va/

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    Bénédiction Urbi et Orbi: fraternité et vaccins, les antidotes à la pandémie- VA

     


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  • Pendant ce temps de pandémie, notre frère Pierre Brunette ofm présente sur la télé communautaire une série d'entretiens appelés: "Halte  spirituelle".

    Les 23-24 décembre 2 entretiens sur Noël à la Saint François d'Assise. Bonne préparation à Noël. (voilà la dernière de cette série de vidéos pour revoir la précédente c'est ICI)

    source http://tvc.c.la/

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  • Audience générale: avec la crèche, Jésus nous montre la voie de la tendresse

    En ce mercredi 23 décembre, pour sa dernière audience générale avant Noël, le Pape a interrompu sa série d’enseignements sur les conséquences de la pandémie de coronavirus pour développer cette fois-ci une simple réflexion sur le sens de Noël, fête de la Nativité et donc de l’incarnation de Dieu dans notre monde.
     

    Cyprien Viet – Cité du Vatican

    Le Pape a débuté sa catéchèse avec cette phrase tirée de l’Évangile de Luc, et cette invitation aux bergers dans la nuit de la naissance de Jésus: «Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple: aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David. Et ceci vous servira de signe: vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche» (Lc 2,10-12).

    «Imitant les bergers, nous aussi nous nous rendons spirituellement vers Bethléem, où Marie a donné le jour à l’Enfant dans une étable», a rappelé le Pape. «Noël est devenu une fête universelle, et même ceux qui ne croient pas perçoivent la fascination de cette célébration», a reconnu François, en soulignant toutefois que «le chrétien sait que Noël est un événement décisif, un feu éternel que Dieu a allumé dans le monde, et qui ne peut pas être confondu avec les choses éphémères. Il est important que celui-ci ne se réduise pas à une fête uniquement sentimentale ou consumériste», a-t-il averti. «Le consumérisme nous rend esclaves», a ajouté le Pape, comme il l’avait rappelé dimanche dernier lors de l’Angélus.

    Ne pas se laisser piéger par le consumérisme

     

    Face à cet écueil qui peut nous prendre au piège, «il est nécessaire de freiner une certaine mentalité mondaine, incapable de saisir le noyau incandescent de notre foi, qui est le suivant: «Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité» (Jn 1,14). C’est cela, le noyau, la vérité de la fête de Noël », a insisté le Pape.

    «Noël nous invite à réfléchir, d’une part, sur le caractère dramatique de l’histoire, dans laquelle les hommes, blessés par le péché, sont sans cesse à la recherche de vérité, de miséricorde, de rédemption; et, de l’autre, sur la bonté de Dieu, qui est venu à notre rencontre pour nous communiquer la Vérité qui sauve et nous rendre participants de son amitié et de sa vie.» «Tout est grâce ! La fête de Noël est une grâce!», a insisté le Pape.

    «Ce don de grâce, nous le recevons à travers la simplicité et l’humanité de Noël, et il peut faire disparaître de nos cœurs et de nos esprits le pessimisme qui s’est aujourd’hui diffusé à cause de la pandémie. Nous pouvons surmonter ce sens d’égarement inquiétant, ne pas nous laisser submerger par les défaites et par les échecs, dans la conscience retrouvée que cet Enfant humble et pauvre, caché et sans défense, est Dieu lui-même, qui s’est fait homme pour nous», a expliqué François.

    «Cette réalité nous donne beaucoup de joie et beaucoup de courage. Dieu ne nous a pas regardés d’en-haut, il n’est pas passé à côté de nous, il n’a pas eu horreur de notre misère, il ne s’est pas revêtu d’un corps apparent, mais il a assumé pleinement notre nature et notre condition humaine», a martelé le Pape François. «Noël est la fête de l’Amour incarné et né pour nous en Jésus Christ. Il est la lumière des hommes qui resplendit dans les ténèbres, qui donne son sens à l’existence humaine et à l’histoire tout entière.»

    Regarder la crèche comme un signe de la tendresse de Dieu

    Afin de préparer ce temps de la Nativité, le Pape a invité à méditer en silence devant la crèche, qui est une représentation de cette réalité de l’incarnation de Jésus. Il a appelé à relire sa lettre de l’an dernier sur ce thème, Admirabile signum«À l’école de saint François d’Assise, nous pouvons un peu devenir des enfants en restant en contemplation devant la scène de la Nativité, et en laissant renaître en nous l’étonnement pour la manière “merveilleuse” dont Dieu a voulu venir au monde.»

    Face au risque d’une société désincarnée que les robots et l’intelligence artificielle risquent d’instaurer, le Pape a rappelé que ces outils ne peuvent pas apporter de tendresse: même les chercheurs investis sur ce sujet le reconnaissent. «Aujourd’hui, nous avons tellement besoin de tendresse!», a insisté François. «Si la pandémie nous a obligés à être plus éloignés, Jésus, dans la crèche, nous montre la voie de la tendresse pour être proches, pour être humains. Suivons cette voie. Joyeux Noël!», a conclu le Saint-Père.

    SOURCE https://www.vaticannews.va/

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  • Vidéo - Halte spirituelle - spécial de NOËL - Vol 2- no 10 - Pierre Brunette

    Pendant ce temps de pandémie, notre frère Pierre Brunette ofm présente sur la télé communautaire une série d'entretiens appelés: "Halte  spirituelle".

    Les 23-24 décembre 2 entretiens sur Noël à la Saint François d'Assise. Bonne préparation à Noël. 

    source http://tvc.c.la/

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  • Discours à la curie 2020 @ Vatican Media

    « Ce que Dieu est en train d’accomplir » à travers la crise: voeux à la curie (texte complet)

    « Que notre fragilité ne devienne pas un obstacle à l’annonce »

     
    A l’occasion de l’échange traditionnel des voeux avec la curie romaine, ce lundi 21 décembre 2020, le pape François a proposé une réflexion sur la « crise », pas seulement les crises provoquées par le pandémie, mais toute crise: le pape part de l’exemple de différentes « crises » rapportées par l’Écriture Sainte.

    Le pape François exhorte notamment à « ne pas confondre la crise et le conflit », à travailler pour que la « crise » justement ne devienne pas « conflit », à trouver dans la crise une occasion de « réforme », de « mise à jour », mais dans la « paix » et la « sérénité » des « serviteurs inutiles ».

    « Que notre fragilité ne devienne pas un obstacle à l’annonce de l’Évangile »

    Mais cela demande, avertit le pape, une grande disponibilité »: « Si nous voulons vraiment une mise à jour, nous devons avoir le courage d’une disponibilité tous azimuts. Nous devons cesser de penser à la réforme de l’Église comme une pièce sur un vieux vêtement, ou à la simple rédaction d’une nouvelle Constitution Apostolique. Il ne s’agit pas de “rapiécer un vêtement” car l’Église n’est pas un simple “vêtement” du Christ, mais elle est son corps qui embrasse toute l’histoire. Nous ne sommes pas appelés à changer ou à réformer le Corps du Christ  (…) mais nous sommes appelés à revêtir d’un vêtement nouveau ce même corps pour qu’il apparaisse clairement que la grâce que nous possédons ne vient pas de nous mais de Dieu. (…) L’Église est toujours un vase d’argile, précieux en raison de ce qu’il contient et non en raison de ce qu’il montre parfois de lui-même. Ces temps-ci, il semble évident que l’argile dont nous sommes faits est ébréchée, fissurée, brisée. Nous devons nous efforcer à ce que notre fragilité ne devienne pas un obstacle à l’annonce de l’Evangile, mais le lieu où se manifeste le grand amour dont Dieu, riche en miséricorde, nous a aimés et nous aime. »

    « L’oeuvre que le Seigneur est en train d’accomplir »

    Le pape a conclu en suggérant des points d’examen de conscience et en demandant à ses collaborateurs un « cadeau de Noël » spécial: « Que chacun de nous, quel que soit la place qu’il occupe dans l’Église, se demande s’il veut suivre Jésus avec la docilité des bergers ou avec l’autoprotection d’Hérode, le suivre dans la crise ou se défendre de lui dans le conflit. Permettez-moi de vous demander expressément, à vous tous qui êtes avec moi au service de l’Évangile, le cadeau de Noël : votre collaboration généreuse et passionnée pour l’annonce de la Bonne Nouvelle, surtout aux pauvres. Souvenons-nous que seul connaît vraiment Dieu celui qui accueille le pauvre qui vient d’en bas avec sa misère, et qui, sous cette apparence, est envoyé d’en haut ; nous ne pouvons pas voir le visage de Dieu, mais nous pouvons en faire l’expérience lorsqu’il se tourne vers nous, lorsque nous honorons le visage du prochain, de l’autre qui nous engage avec ses besoins. Que personne ne fasse volontairement obstacle à l’œuvre que le Seigneur est en train d’accomplir en ce moment, et demandons le don de l’humilité du service pour que lui grandisse et que nous nous diminuions. Meilleurs vœux à chacun de vous, à vos familles et à vos amis. Et s’il vous plait, priez sans cesse pour moi. Bon Noël ! »

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  • Vidéo - Halte spirituelle - Laudato Si - Vol 2- no 10 - Pierre BrunettePendant ce temps de pandémie, notre frère Pierre Brunette ofm présente sur la télé communautaire une série d'entretiens appelés: "Halte spirituelle". traitant de  Laudato Si et du cantique des créatures de saint François. Voici la dixième et dernière de cette série.  (env.30 min) - Deux sur Noël suivront.

     source http://tvc.c.la/

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  • FRATELLI TUTTI

    «Les rêves de fraternité d’un pape inquiet 
    pour le monde»
    TITRE DE LOUP BESMOND DE SENNEVILLE

    PIERRETTE BERTRAND ofsj 

    Le 3 octobre 2020, le pape François signait la troisième encyclique de son magistère, encadrant ainsi sa pensée dans une trilogie inspirée de François d’Assise, le saint de la fraternité ouverte, de l’amour et de la paix. 

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    Les trois documents : Evangilii gaudium ou  partir en mission pour partager la joie de l’Évangile correspond à l’appel de François : Va, répare ma maison qui tombe en ruine. Laudato si évoque le cantique des créatures de  François dans lequel le pape intègre ses préoccupations environnementales et sociales de la terre, notre maison commune et il demande de la soigner tous ensemble. Fratelli tutti, une expression de François d’Assise, nous rappelle le besoin de convertir cette culture de domination et de pouvoir pour vivre en frères et sœurs au-delà de la géographie et de l’espace.
    UNE CONVERGENCE DE DÉPART 

    Les deux dernières lettres encycliques illustrent l’influence du patriarche Bartholomé sur la pensée du pape François et celle du Grand Imam Ahmed el-Tayeb de la mosquée d’Al-Azhar. Le Patriarche, primat de l’Église orthodoxe considère la cause de la défense des équilibres planétaires et du développement durable et équitable comme faisant partie de sa mission religieuse et il poursuit le dialogue avec les autres Églises dont l’Église catholique romaine. La rencontre du Pape François et du Grand Imam met en relief la convergence de vues des deux hommes pour plaider ensemble la fraternité et répandre la culture de la paix et le respect de l’autre. « J’étais l’hôte, dit-il de mon frère et ami François, et nous avons abordé les problèmes nombreux du monde, et ses soucis correspondaient aux miens et se complétaient à la perfection ».

    LA MÉTHODOLOGIE DE L’ENCYCLIQUE 

    Fratelli Tutti se veut une lettre qui se traduit en action où la tradition chrétienne, riche d’inspiration, contribue à une réflexion pour un monde en dialogue. La méthodologie utilisée est celle du Voir – Juger – Agir.

    VOIR ce qui se passe dans le monde, entendre le cri de la terre et des pauvres; un monde affecté par la mondialisation, fragmenté par l’inégalité des droits et la polarisation qui bloque le dialogue; un monde fermé où l’individualisme, l’égoïsme et le désintérêt du bien commun favorisent la culture des murs.

    JUGER de ce que nous voyons à la lumière des Écritures. Dans la Genèse, l’expression dominer la terre ne signifie pas l’exploiter mais la protéger. D’ailleurs, nous le voyons dans le regard de Jésus qui prend soin de toutes ses créatures. La parabole du Bon Samaritain explicite l’amour sans frontières qui nous aide à comprendre la charité qui est une sortie de l’individualisme qui se satisfait d’un geste isolé en voulant faire la charité. La véritable charité se développe sur le long terme. 

    AGIR dans un village globalisé comme frères et sœurs rassemblés par notre foi, crée l’obligation de transformer nos façons d’agir. Le témoignage du Poverello d’Assise peut alors nous inspirer. Dans un monde plus enclin à construire des murs que des ponts et où chaque nation se montre plus soucieuse de ses propres intérêts, la fraternité entre humains et avec la création en sort profondément blessée. Le pape François propose des pistes d’actions pour faire face aux problèmes environnementaux et aux inégalités économiques croissantes dans le monde et il nous appelle à travailler ensemble pour protéger notre terre, notre maison commune et promouvoir la dignité de tous.

    UNE SYNTHÈSE 

    Fratelli Tutti comprend une introduction générale et 8 chapitres que nous présentons en un court résumé. 

    Réf.Doc. de l’UISG.

    Les ombres d’un monde fermé (Chap. 1) se répandent sur le monde, laissant sur le bord de la route des personnes blessées qui se trouvent exclues, rejetées. Ces ombres plongent l’humanité dans la confusion, dans la solitude et dans le vide. 

    Nous rencontrons un étranger sur le chemin (Chap. 2) ; il est blessé. Devant cette réalité, deux attitudes sont possibles : passer outre sans compatir ou faire halte auprès de lui. Nous choisissions de l’inclure ou au contraire, de l’exclure; c’est là ce qui déterminera la nature de notre personne ou de notre projet politique, social et religieux. 

    Dieu est amour universel et tant que nous faisons partie de cet amour et le partageons, nous sommes appelés à la fraternité universelle, qui est ouverture. Il n’y a pas « les autres » ou « eux », il y a seulement « nous ». Nous désirons, avec Dieu, un monde ouvert (Chap. 3) sans mur, sans exclus et sans étrangers.

    Pour cela, nous avons et nous voulons un cœur ouvert (Chap. 4). Nous voulons vivre une amitié ouverte, rechercher un bien moral, une éthique sociale, parce que nous nous sentons membres d’une fraternité universelle. Nous sommes appelés à la rencontre, à la solidarité et à la gratuité. 

    Pour atteindre un monde ouvert avec un cœur ouvert, la meilleure politique (Chap. 5) doit être mise en œuvre. Une politique visant le bien commun et universel, une politique pour le peuple et avec le peuple. Autrement dit, une politique populaire menée avec une charité sociale qui recherche la dignité humaine et exécutée avec un amour politique, par des hommes et des femmes qui intègrent l’économie dans un projet social, culturel et populaire. 

    Savoir dialoguer est le chemin pour ouvrir le monde et construire l’amitié sociale (Chap. 6). Le dialogue respecte, accepte et recherche la vérité. Le dialogue donne naissance à la culture de la rencontre ; autrement dit, la rencontre devient un style de vie, une passion et un désir. La personne qui dialogue est bienveillante, reconnaît et respecte l’autre. 

    Mais cela ne suffit pas : il nous faut affronter la réalité des blessures de la rencontre qui a échouée et, à la place, établir et parcourir les chemins d’une rencontre renouvelée. (Chap. 7). Il faut cicatriser les blessures et rétablir la paix. Pour cela, il faut être humble et partir de la vérité, de la reconnaissance de la vérité historique. Cette dernière est la compagne inséparable de la justice et de la miséricorde et elle est indispensable pour cheminer vers le pardon et la paix. Pardonner ne signifie pas oublier; le conflit sur le chemin de la paix est inévitable, mais la violence n’est pas acceptable et la peine de mort est une pratique à éradiquer.

    Les différentes religions du monde reconnaissent l’être humain comme créature de Dieu; en tant que créatures, nous sommes tous dans une relation de fraternité. Les religions sont appelées à se mettre au service de la fraternité dans le monde. (Chap. 8). Pour les chrétiens, la source de la dignité humaine se trouve dans l’Évangile de Jésus Christ, à partir duquel naissent nos actions et nos engagements. Ce chemin de fraternité nous donne aussi une mère nommée Marie.

    UNE RÉACTION ATTENDUE

    Le titre de l’encyclique Fratelli Tutti a suscité des réactions fortes dès sa parution. Dans certaines cultures, les femmes se sont senties exclues. Le pape François voulait mettre en lumière une perle spirituelle du Moyen-Âge capable de surprendre les lectrices et les lecteurs modernes en empruntant à François d’Assise une citation adressée seulement à « tous ses frères », alors qu’ailleurs, le saint s’adressait à tous les croyants, frères et sœurs dans le monde entier pour leur proposer un mode de vie évangélique.

    CONCLUSION 

    Reprenons l’appel du pape François dans la dernière partie de son encyclique : « Au nom de Dieu qui a créé tous les êtres humains égaux en droits, en devoirs et en dignité… Au nom des pauvres, des personnes dans la misère, dans le besoin, des exclus que Dieu a commandé de secourir… Au nom des orphelins, des veuves, des réfugiés et des exilés, des victimes des guerres, des persécutions et des injustices, de ceux qui vivent dans la peur, des prisonniers de guerre et des torturés… Au nom des peuples qui ont perdu la paix et la coexistence commune… Au nom de la fraternité humaine, de la liberté que Dieu a donné à tous les êtres humains… Au nom de la justice et de la miséricorde… Au nom de Dieu, nous déclarons (vouloir) adopter la culture du dialogue, la collaboration comme conduite et la connaissance réciproque comme méthode et critère. Que Dieu inspire ce rêve à chacun d’entre nous. Amen ! »  

    source https://www.cheminsfranciscains.ca/

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