• Concernant nos sœurs et frères autochtones...

    Ne serions-nous pas tous à des degrés variables responsables comme Québécois et Canadiens-nes de ce passé ?

    Voici un extrait d'un article du journal Le Devoir

    Diaboliser afin de se disculper

    Concernant nos sœurs et frères autochtones...

    Photo: Cole Burston La Presse canadienne Après la découverte des sépultures anonymes de 215 enfants sur le
    terrain d’un ancien pensionnat à Kamloops, en Colombie-Britannique, le premier ministre Justin Trudeau
    affirme que comme catholique, il est profondément déçu, et il réitère sa demande au pape François
    d’offrir les excuses officielles de l’Église […].

    Ovide Bastien
    Auteur de «Pourquoi? Les abus sexuels dans l’Église catholique»

    3 juillet 2021 LIBRE OPINION

    Depuis plusieurs semaines, on présente les Oblats et les autres communautés religieuses qui
    s’occupaient des pensionnats autochtones comme des agresseurs d’enfants et des tortionnaires.
    On enlevait de force des enfants de 6 à 15 ans à leur famille, on les entassait dans des dortoirs
    en ne prenant même pas la peine d’isoler les enfants souffrant de tuberculose, on les privait
    souvent d’une nourriture adéquate, on leur défendait de parler leur langue, on les soumettait
    à un endoctrinement catholique, on les enterrait parfois dans des fosses communes sans même
    en informer les parents, etc.

    Pour lire la suite...ICI

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  •  

    QUAND LE PRÉCIPICE NARGUE L’ESPOIR


    PIERRE PRUD’HOMME

     

    « Nous sommes au bord du précipice ! »

     Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU

     

    Redécouvrir le monde qui nous entoure, le considérer avec des yeux neufs pour percevoir tout ce qui vit avec tendresse et émerveillement. Revoir ainsi nos habitudes et sortir du sentiment d’impuissance.

    Le 20 avril dernier, alors même que je recevais l’invitation à collaborer à ce numéro de Chemins franciscains portant sur le thème « Un temps pour changer. Changer nos pratiques pour survivre », le journal Le Devoir, y faisait écho sous le titre « Le temps presse pour s’attaquer à la crise climatique, avertit l’ONU ». Antonio Guterres, secrétaire général de la plus grande organisation internationale, profitait de la sortie du rapport annuel de l’Organisation météorologique mondiale pour réaffirmer cette mise en garde : « Nous sommes au bord du précipice » !​

    Peut-on être plus clair ?

    « CONSIDÉRER AVEC DES YEUX NEUFS »


    En 2020, malgré le ralentissement des économies à cause de la COVID 19, les concentrations des principaux gaz à effet de serre ont continué d’augmenter ! Comment garder l’espérance quand on sait que nos gouvernements n’ont jamais respecté les cibles qu’ils se sont données et qu’ils continuent à investir dans les énergies fossiles malgré les avertissements répétés et de plus en plus préoccupants de la communauté scientifique ? 

    Devant une telle urgence, quel sens peut avoir une réflexion sur la nécessité de « redécouvrir » la nature comme force de changement ? En avons-nous même le temps ? « Redécouvrir » implique qu’on ait d’abord « découvert » ! Or, rendu à ce point de basculement et de précarité pour le bien-être des générations futures, à l’évidence, quelque chose nous a échappé dans nos « découvertes ». 

    Larousse définit « redécouvrir », entre autre, comme le fait de « considérer avec des yeux neufs ». Cette définition réfère à des choix personnels et fait appel à la nécessité, quand on réfléchit sur la nature menacée, de dire aussi quelques mots sur ce qui en est la cause, la nature… humaine ! 

    Des « yeux neufs » pour percevoir tout ce qui vit avec tendresse et émerveillement, des plus petits insectes et minuscules fleurs jusqu’aux plus gros mammifères et arbres géants faisant office de cathédrales ; un regard renouvelé pour les reconnaître comme nos « compagnons de voyage » sur la goélette Terre, selon le très beau titre d’un livre de Hubert Reeves. 

    Un regard avec les yeux du cœur posé sur les deux bernaches amerrissant sur la rivière des Prairies se laissant glisser sur leurs pattes palmées ; ou sur le canard colvert qui en chasse un autre qui s’approchait trop près de sa belle ; ou sur les écureuils enjoués se pourchassant avec une habileté déconcertante sur les fils électriques ou autour des troncs; ou sur la mouffette traversant paresseusement la rue dans la pénombre, sans s’inquiéter de l’intrus que je suis, et me rendant jaloux de sa nonchalance. 

    Comment ne pas se réjouir de la beauté des mélodies et des couleurs des cardinaux, des geais bleus, des chardonnerets, des carouges, qui viennent tour à tour s’alimenter dans nos mangeoires ? Ou des abeilles et autres pollinisateurs qui s’enfoncent dans les impatientes de Sibérie et héliopsis pour se gaver de leur suc, et s’envoler ensuite en laissant s’échapper le pollen qui assurera la reproduction de ces plantes ? 

    La beauté, la variété et la complexité des plantes et des animaux nous laissent stupéfaits et pantois et peuvent se déclamer à l’infini. L’espace est trop court ici pour en donner la juste mesure. Les très belles émissions Découverte avec Charles Tisseyre et Nature of things de David Suzuki ne cessent d’en témoigner.

    DES HABITUDES À REVOIR

    Si tout cela nous émerveille et nous ouvre à la gratitude du fait que nous faisons partie de tout cela, nous n’avons pas le droit de nous y complaire. Et c’est là que la « nature » humaine entre en jeu. Celle-ci a spontanément de fortes résistances à questionner et à changer ses habitudes. Devant l’urgence, je propose quelques champs d’habitudes à revoir. 

    Dans cette course effrénée métro-boulot-dodo, réapprendre le plaisir et les bienfaits de la lenteur et de la contemplation pour mieux voir la vie qui se déploie autour de nous et y découvrir notre interdépendance et non seulement des ressources à exploiter. 

    Peut-on aussi revoir notre rapport à la gratuité ? Notre présence auprès des personnes dans le besoin est importante et fait du bien à celles-ci tout comme à nous. Tout cela est foncièrement légitime. Mais peut-on prendre une part de ce temps de gratuité pour nous informer et lire sur les enjeux du réchauffement du climat, de la biodiversité, de la démocratie, de la lutte à la pauvreté, sur les organismes qui travaillent à relever ces défis et surtout, pour nous y impliquer ? 

    Pouvons-nous vraiment continuer à embrasser nos enfants et petits-enfants et à vouloir de tout cœur leur bien-être, sans parfois déposer notre regard sur les rapports du GIEC (Groupe international d’experts sur l’évolution du climat) ou sur ceux de l’Organisation mondiale de Météorologie (OMM) qui nous font part des conséquences extrêmes du réchauffement climatique causés par les gaz à effet de serre et de l’urgence de procéder à la transition énergétique ? 

    Régulièrement, les scientifiques de la Plateforme sur la biodiversité et les services écosystémiques reliée à l’ONU nous rappellent que la perte de la biodiversité est d’une telle ampleur qu’elle correspond à la sixième extinction de masse de la vie que la Planète a connue, menaçant notre propre survie. Sommes-nous curieux de leurs rapports ?

    ESPOIR ET SENTIMENT D’IMPUISSANCE

    L’urgence est réelle et côtoie la tentation du sentiment d’impuissance. Nos énergies étant limitées, nous ne pouvons être partout et tout faire. Mais l’espoir s’enracine dans le pouvoir que nous avons. Devenir membres d’organismes tels que Greenpeace, Équiterre, Fondation David Suzuki, Eau Secours, L’Action boréale, nous met, avec d’autres, dans l’action, et contribue à nous donner du pouvoir. C’est un puissant antidote au sentiment d’impuissance. 

    Car, eh oui!, du pouvoir, nous en avons ! Individuellement, nous pouvons choisir ce que nous mettons dans nos assiettes pour privilégier les produits locaux et les protéines végétales plutôt que les protéines animales. Nous pouvons opter pour des modes de transport et de consommation ayant le moins d’impact sur l’environnement. 

    Et collectivement, nous avons le pouvoir de refuser que nos gouvernements se servent de l’argent de nos impôts et de nos taxes pour financer des projets d’exploration et d’exploitations fossiles qui, par leurs gaz à effet de serre, précarisent les conditions de vie actuelles et futures des générations qui nous suivront. Nous avons le pouvoir d’appeler à la mise en place de politiques de transition énergétique audacieuses au niveau de l’aménagement du territoire, des normes de construction domiciliaires, du transport, surtout avec la richesse hydro-électrique que nous avons. 

    Dans le paragraphe 231 de son encyclique Laudato Si, le pape François nous rappelle que « l’amour, fait de petits gestes d’attention mutuelle, est aussi civil et politique ». Faisant de l’amour social la clef d’un développement authentique, il rajoute : « …joint à l’importance des petits gestes quotidiens, l’amour social nous pousse à penser aux grandes stratégies à même d’arrêter efficacement la dégradation de l’environnement et d’encourager une culture de protection qui imprègne toute la société. » 

    C’est là la condition de notre pouvoir de refuser d’être poussés vers le précipice et de garder ouverts des chemins d’espérance et de confiance en l’avenir.

     

    source https://www.cheminsfranciscains.ca/

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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

     Crédit image : Jenna Keiper, prise II (détail), 2020, photographie, Bellingham.
     

    Jésus comme directeur spirituel 

     

    Chaque culture et tradition religieuse a une méthode pour transmettre la sagesse spirituelle et pour aider les individus à découvrir la leur. La tradition chrétienne de direction spirituelle peut trouver son origine dans la manière dont Jésus se met en rapport avec ses disciples et les nombreuses personnes qui le recherchent pour la guérison et l'instruction. Jeannette Bakke met l'accent sur la propre intimité de Jésus avec Dieu comme source de son autorité sur laquelle il encourage également les autres à s'appuyer.

    Jésus est le directeur spirituel ultime en raison de son intimité avec Dieu, son Abba. Jésus a écouté et répondu aux autres par son attention au Père, par sa participation à la communauté juive de l'alliance et par sa connaissance des Écritures et de la loi juive. Mais l'amour et la présence du Père et l'onction du Saint-Esprit étaient les influences les plus puissantes dans la vie de Jésus et la source d'orientation pour les autres. . . .

    Jésus a enseigné et donné des directives à ses disciples et à d'autres avant et après la résurrection. Dans chaque cas, il a parlé de leur situation personnelle dans le cadre de la fidélité de Dieu et les a invités à reconnaître la présence aimante de Dieu et sa disponibilité pour guider et bénir. . . .

    Au puits de Jacob, Jésus a écouté une femme parler de sa relation avec Dieu et de ses relations humaines. Jésus l'a dirigée directement vers Dieu.

    C'est qui vous êtes et la façon dont vous vivez qui comptent devant Dieu. Votre adoration doit engager votre esprit dans la poursuite de la vérité. C'est le genre de personnes que le Père recherche : ceux qui sont simplement et honnêtement eux-mêmes devant lui dans leur culte. Dieu n'est qu'être lui-même : l'Esprit. Ceux qui l'adorent doivent le faire de leur être même, de leur esprit, de leur vrai moi, dans l'adoration. (Jean 4:23-24, Le Message ). . . .

    Lorsqu'il parlait à des groupes, Jésus racontait souvent des histoires – des paraboles – pour inviter les gens à écouter et à répondre à Dieu. Il a utilisé des paraboles pour attirer l'attention des gens et pour illustrer et clarifier la nature du royaume de Dieu. Son public aurait été surpris par les histoires d'un héros samaritain (Luc 10:25-37), d'un collecteur d'impôts justifié (Luc 18:9-14) ou d'un père courant pour accueillir son fils prodigue (Luc 15:20). Ces histoires disaient : « Regardez, voici à quoi ressemble Dieu. » Jésus a utilisé ces histoires pour offrir une direction spirituelle en incitant les gens à regarder de plus près ce qu'ils croyaient et pourquoi, quelle était leur propre expérience de Dieu et comment ils interprétaient leurs expériences avec Dieu. C'est l'essence de la direction spirituelle : encourager les gens à écouter et à suivre Dieu. [Richard ici : Et, j'ajouterais, quel que soit le nom qu'ils appellent Dieu ou comprennent le Grand et Aimant Mystère au cœur du cosmos .]

    Dans les Écritures, nous observons Jésus toujours à l'écoute de la voix de son Abba—en relation avec ses disciples, d'autres individus, de petits groupes et des foules. Les directeurs spirituels d'aujourd'hui tentent de fonctionner de la même manière en écoutant le Saint-Esprit et en répondant aux dirigés et aux autres par une attention priante envers Dieu.

     
     

    Jeannette A. Bakke, Holy Invitations: Exploring Spiritual Direction (Baker Books: 2000), 178-179, 181. 

    Explorez d'autres ressources et regardez le père Richard Rohr expliquer pourquoi de plus en plus de personnes demandent et bénéficient d'une direction spirituelle. 

    Crédit image : Jenna Keiper, prise II (détail), 2020, photographie, Bellingham.

    mage d'inspiration : ce motif de feuilles existe pendant un bref instant - un calme juste avant que le vent ne secoue la surface et que les feuilles se déplacent. Comme ces feuilles, nos nombreuses facettes de l'expérience humaine sont en mouvement constant. La direction spirituelle nous invite à révéler en douceur cette danse, à chaque instant.

    source https://cac.org/

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  • OSER CHANGER... LA FRATERNITÉ

    oser la fraternité

    Mgr CHRISTIAN RODEMBOURG msa évêque de St-Hyacinthe

    « Toute personne humaine est une fin en soi, jamais un simple instrument à évaluer seulement en fonction de son utilité. Elle est créée pour vivre ensemble dans la famille, dans la communauté, dans la société où tous les membres sont égaux en dignité. » 

    Pape François

    La fraternité est le véritable remède à la pandémie. Elle résulte  de l’ouverture à la confiance entre les peuples, à la collaboration, au dialogue inclusif et constructif, à l’économie mise au service de la personne.

    Depuis près d’un an et demi, notre famille humaine vit une crise sanitaire de grande ampleur qui met en exergue plusieurs problématiques de vie en société. Peur, désespoir, découragement, deuil, suspicion réciproque, érection de barrières, monde fragmenté et divisé sont quelques-uns des constats épinglés.​

    Dans son discours adressé aux ambassadeurs accrédités auprès du Saint Siège en février dernier, le pape François releva quelques-uns des enjeux concernant les dimensions économiques, sociales, environnementales, politiques et démocratiques tout en soulignant la dimension également anthropologique de la crise mondiale que nous traversons.

    François propose d’approfondir des liens de confiance réciproque entre les nations y incluant le dialogue et un esprit de partage entre les diverses religions en vue d’édifier le bien commun de l’humanité tant dans sa dimension sociale que spirituelle.​

    Je vous exhorte, si ce n’est déjà fait, à lire ce discours qui, non seulement met en relief les risques et les conséquences de cette crise mondiale, par exemple, égoïsme et culture du rejet, mais qui porte aussi le souci de montrer qu’il existe des opportunités pour édifier un monde plus humain, plus équitable, plus solidaire et pacifique.

    LA VALEUR DE LA VIE HUMAINE 

    Face à la crise Covid-19, le pape rappelle la valeur de la vie humaine avec sa dignité à chaque instant de son itinéraire terrestre soulignant combien c’est un devoir essentiel de protéger la vie humaine dans chacune de ses phases :​

    Toute personne humaine est une fin en soi, jamais un simple instrument à évaluer seulement en fonction de son utilité. Elle est créée pour vivre ensemble dans la famille, dans la communauté, dans la société où tous les membres sont égaux en dignité. C’est de cette dignité que dérivent les droits humains, et aussi les devoirs, qui rappellent, par exemple, la responsabilité d’accueillir et de secourir les pauvres, les malades, les marginaux.  Si on supprime le droit à la vie des plus faibles, comment pourra-t-on garantir avec efficacité tous les autres droits ?​

    François appelle à un accès universel au niveau des soins de base, à des services médicaux locaux de qualité, à des structures sanitaires appropriées aux exigences réelles de la population concernée, à la disponibilité de thérapies et de médicaments, aux progrès médicaux et scientifiques ainsi qu’à une distribution équitable des vaccins. En même temps, il souligne l’importance d’avoir des comportements personnels responsables et un engagement constant de chacun pour sa santé et celle des autres.

    UNE ÉCONOMIE AU SERVICE DE LA PERSONNE 

    Face à l’exploitation aveugle des ressources naturelles et au réchauffement progressif de la terre, le pape demande une collaboration internationale en vue de prendre soin de notre maison commune qu’est la terre en promouvant des solutions partagées à long terme.​

    Dans les dimensions économiques et sociales reliées à la crise mondiale, François souligne l’adoption par les gouvernements de mesures restrictives de la liberté de circulation, la fermeture des commerces et d’activités productives, les conséquences sur l’emploi, la vie des familles et de couches entières de la société dont les plus faibles.

    Passons d’une économie basée sur l’exploitation et le rejet des personnes et des ressources naturelles à une économie mise au service de la personne et non l’inverse, en vue d’être au service du développement intégral de l’être humain car on ne peut s’en sortir tout seul. Chaque personne a droit aux moyens nécessaires et suffisants pour une existence décente.​

    Le pape énonce alors plusieurs dangers qui menacent notre vie en société : exploitation, corruption, cybercriminalité informatique, torture, violation des droits humains, crise des migrations, réfugiés, déplacés, etc. Il note qu’à la racine de nos problématiques se trouve une crise d’envergure politique et des valeurs démocratiques.

    DES DROITS PRIMORDIAUX 

    Deux droits fondamentaux du citoyen sont primordiaux, dit-il : celui d’exprimer son opinion personnelle sur les devoirs et les sacrifices qui lui sont imposés et ne pas être contraint d’obéir sans avoir été entendu. Est-ce que tous et tout concourent au bien de la société ? Prenons-nous en considération des opinions différentes dans une confrontation honnête ?​

    François fait appel à un dialogue inclusif, pacifique, constructif et respectueux entre toutes les composantes de la société civile, dépassant les tendances trop personnelles face au nécessaire respect de l’état de droit. Il en va de même sur le plan international : que les organisations internationales retrouvent leur vocation essentielle à servir la famille humaine pour préserver la paix et la vie de toute personne humaine.

    L’EXIGENCE DE PAIX 

    Face à une insuffisance de la dissuasion nucléaire, il invite les nations à un effort dans le domaine du désarmement et de la non-prolifération d’armements nucléaires, armes chimiques et conventionnelles.​

    Nous sentons grandir toujours davantage l’exigence de paix, d’une paix qui n’est « pas seulement l’absence de guerre, mais une vie pleine de sens, organisée et vécue dans la réalisation personnelle et dans le partage fraternel avec les autres.​

    François mentionne également l’impact de la crise sanitaire en regard des enjeux autour de la liberté de pensée, de conscience, de religion, de protection des lieux de culte et des libertés fondamentales en limitant le culte, les activités éducatives et caritatives des communautés de foi : aspects fondamentaux de la personnalité humaine et de la société qui ne peut être effacé ! La dimension spirituelle et morale de la personne ne peut être considérée comme secondaire par rapport à la santé physique… Un bon soin du corps ne peut jamais faire abstraction du soin de l’âme.

    paix espérance
    FRATERNITÉ ET ESPÉRANCE 

    Plus que jamais, cette dernière année nous aide à conscientiser combien toute personne a profondément besoin de relations humaines signifiantes, par exemple : passer plus de temps en famille, bien le plus précieux de l’humanité, berceau de toute société civile, redécouvrir les relations les plus chères, soutenir les victimes de violence en famille, etc.​

    Dans sa conclusion, le pape affirme que la fraternité est le véritable remède à la pandémie et aux nombreux maux qui nous ont frappés. Fraternité et espérance sont des remèdes dont le monde a besoin aujourd’hui, autant que des vaccins. 

    Oserons-nous embarquer sur ce chemin de fraternité ?

    source https://www.cheminsfranciscains.ca/

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  • Relance post-pandémie: le Pape dénonce l'impasse du consumérisme aveugle

    Dans un message vidéo adressé aux participants à la 109e réunion plénière de la Conférence internationale du travail, qui se tient jeudi 17 juin à Genève, le Pape François a délivré un ferme rappel des principes de la Doctrine sociale de l’Église, invitant à ne pas orienter toutes les relations de travail vers la seule logique du profit.
     

    Cyprien Viet - Cité du Vatican

    Comme l’actualité le démontre chaque jour, la pandémie de coronavirus a de graves conséquences non seulement sur le plan sanitaire, mais aussi au niveau social et économique, aggravant des inégalités déjà énormes dans de nombreux pays. «De nombreux migrants et travailleurs vulnérables, ainsi que leurs familles, restent exclus de l'accès aux programmes nationaux de promotion de la santé, de prévention des maladies, de traitement et de soins, ainsi qu'aux plans de protection financière et aux services psychosociaux», s’inquiète le Pape.

    Il s'agit là d'un des nombreux cas de «la culture du déchet que nous avons pris l'habitude d'imposer dans nos sociétés». Cette approche inégalitaire «complique la détection précoce, le dépistage, le diagnostic, la recherche des contacts et la recherche de soins médicaux pour Covid-19» pour les réfugiés et les migrants, et donc «augmente le risque d'épidémies dans ces populations».

    La pandémie et les confinements ont provoqué de graves difficultés pour les entreprises comme pour les administrations publiques, avec une longue liste de phénomènes inquiétants: augmentation de la pauvreté, du chômage, du sous-emploi, retards dans l'insertion des jeunes sur le marché du travail, exploitation des enfants, trafic d'êtres humains, insécurité alimentaire, exposition accrue aux infections pour les malades et les personnes âgées… «Dans le monde entier, nous avons assisté à des pertes d'emplois sans précédent en 2020», constate le Pape.

    La relance ne doit pas se limiter à une logique de profit

    Les signaux encourageants enregistrés ces dernières semaines sur une sortie de la pandémie ne doivent pas pousser les décideurs à reproduire les mêmes schémas qu’auparavant, orientés vers une relance de court terme, sans réfléchir aux externalités négatives sur le long terme.

    «Dans la hâte de retrouver une plus grande activité économique à la fin de la menace Covid-19, évitons les lourdes fixations sur le profit, l'isolement et le nationalisme, le consumérisme aveugle et le déni des preuves claires qui dénotent une discrimination à l'égard de nos frères et sœurs 'éliminables' dans notre société », demande le Pape avec fermeté. Au contraire, il exhorte à chercher «des solutions qui nous aideront à construire un nouvel avenir du travail fondé sur des conditions de travail décentes et dignes, issues de la négociation collective, et favorisant le bien commun».

    François accorde une attention particulière aux catégories sociales les plus vulnérables: les jeunes, les migrants, les autochtones, les pauvres, qui «ne peuvent être laissés de côté dans un dialogue qui doit également réunir les gouvernements, les entrepreneurs et les travailleurs». Le Pape souhaite aussi une implication des confessions religieuses dans ces discussions, car ce n’est que par un dialogue à plusieurs voix que l’on peut parvenir à «un avenir solidaire et durable pour notre maison commune».

    Prêter attention à la précarité des femmes

    «Il est nécessaire de veiller à ce que l'aide sociale atteigne l'économie informelle et accorde une attention particulière aux besoins spécifiques des femmes et des filles», souligne François, qui s’inquiète notamment pour les employées de maison, les vendeuses de rue, et les jeunes mamans souvent mises en difficulté dans l’organisation de leur vie pratique, entre soin de l’enfant et activité professionnelle.

    Le Pape dénonce les situations limites qui sont apparues dans plusieurs pays au cours de la pandémie. Beaucoup de femmes «continuent à crier pour la liberté, la justice et l'égalité entre toutes les personnes humaines», rappelle le Pape, qui reconnaît «des améliorations notables dans la reconnaissance des droits des femmes et dans leur participation à l'espace public», mais qui constate avec regret que «les coutumes inacceptables n'ont pas encore été complètement éradiquées». Il dénonce la «violence honteuse» qui prend la forme d'abus domestiques ou même d'esclavage, mais aussi «l’accès inégal à des emplois décents et à des lieux de décision».

    Le droit de se syndiquer, un pilier de la Doctrine sociale

    Le Pape appelle également à renforcer les systèmes de protection sociale et à garantir le respect des droits fondamentaux des travailleurs, y compris le droit de se syndiquer. «La syndicalisation est un droit. La pandémie de Covid-19 a déjà touché les plus vulnérables et ils ne devraient pas se voir affectés négativement par des mesures visant à accélérer une reprise qui se concentre uniquement sur les indicateurs économiques», insiste François, qui dénonce le risque de formation de nouvelles élites opportunistes.

    Pour le Pape, «une réforme profonde de l'économie» est urgente et nécessaire, car «une société ne peut pas progresser en rejetant». Le risque est en effet «d'être attaqué par un virus encore pire que le Covid-19: celui de l'indifférence égoïste».

    Rappelant la crise de Wall Street et la Grande Dépression de 1931, lorsque Pie XI tonnait contre l'asymétrie entre les travailleurs, les patrons et les financiers, François appelle également à protéger les travailleurs «du jeu de la dérégulation». Il espère que les normes juridiques seront orientées «vers la croissance de l'emploi, le travail décent et les droits et devoirs de la personne humaine».

    Se libérer de l'héritage des Lumières

    Chaque entreprise devrait se demander quotidiennement «si elle prend soin de ses travailleurs», insiste François, en évoquant le respect des cultures spécifiques auxquelles chaque employé peut se référer. «Je crois qu'il est temps de se débarrasser définitivement de l'héritage des Lumières, qui a associé le mot culture à un certain type de formation intellectuelle et d'appartenance sociale. Chaque peuple a sa propre culture et nous devons l'accepter telle qu'elle est», affirme le Pape, qui invite à «affronter les effets destructeurs de l'Empire de l'argent».

    Le Pape conclut son message en demandant aux hommes politiques et aux gouvernants de s'inspirer de «cette forme d'amour qu'est la charité politique»; il s'adresse aux syndicalistes et aux responsables des associations de travailleurs, les mettant en garde contre la corruption et les exhortant à «ne pas se laisser enfermer dans un carcan», mais à «se concentrer sur les situations concrètes des quartiers et des communautés dans lesquels ils oeuvrent». Enfin, il s'adresse aux entrepreneurs dont la vocation est de «produire des richesses au service de tous» par la création d'emplois diversifiés.

    source https://www.vaticannews.va/

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  • Pape François : «Les pauvres sont un sacrement du Christ»

    Le message du Pape pour la 5e Journée mondiale des Pauvres, qui se tiendra le dimanche 14 novembre, a été rendu public ce lundi matin. Ce texte d’une grande densité, dans le contexte dramatique de l’explosion de la pauvreté en raison de la pandémie, a pour thème cette citation tirée de l’Évangile selon saint Marc: «Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous».
     

    Cyprien Viet – Cité du Vatican

    Le Pape François explique dans son message le contexte de cette parole de Jésus, en réaction à l’attitude de la femme qui lui a versé un vase de parfum sur la tête, suscitant l’incompréhension d’une partie de l’entourage du Christ. Judas s’offusque de ce qu’il dénonce comme de l’argent gâché, mais en réalité c’est son propre intérêt qu’il recherche: il est personnellement intéressé par les 300 deniers auxquels correspond la valeur de ce parfum.

    Jésus, lui, aide à comprendre le sens profond du geste accompli par la femme. Il dit : «Laissez-la! Pourquoi la tourmenter? Il est beau le geste qu’elle a fait envers moi» (Mc 14, 6). Le Pape livre une lecture émouvante de cette réaction du Christ : «Jésus sait que sa mort est proche et voit dans ce geste l’anticipation de l’onction pour son corps sans vie avant qu’il ne soit placé au tombeau. Ce point de vue va au-delà de toute attente des convives. Jésus leur rappelle que le premier pauvre c’est Lui, le plus pauvre parmi les pauvres parce qu’il les représente tous. Et c’est aussi au nom des pauvres, des personnes seules, marginalisées et discriminées que le Fils de Dieu accepte le geste de cette femme.»

    Le Pape rend hommage au courage de cette femme. «Par sa sensibilité féminine, elle montre qu’elle est la seule à comprendre l’état d’esprit du Seigneur, explique-t-il. Cette femme anonyme - peut-être destinée à représenter l’univers féminin tout entier qui, au fil des siècles, n’aura pas voix au chapitre et subira des violences - inaugure la présence significative des femmes qui participent aux événements culminants de la vie du Christ: sa crucifixion, sa mort et son ensevelissement ainsi que son apparition comme Ressuscité. Les femmes, si souvent discriminées et tenues à l’écart des postes de responsabilité, sont au contraire, dans les pages des Évangiles, protagonistes dans l’histoire de la révélation.»

    Donner sa vie dans un vrai partage avec les pauvres

    «Jésus est non seulement du côté des pauvres, mais partage avec eux le même sort», explique François. Les chrétiens ont donc un devoir de solidarité concrète et non pas seulement d’aumône ponctuelle, qui parfois humilie la personne pauvre plus qu’elle ne l’aide. «Les pauvres sont un sacrement du Christ, ils représentent sa personne et nous renvoient à lui», avertit le Pape.

    «Nous avons tant d’exemples de saints et de saintes qui ont fait du partage avec les pauvres leur projet de vie», remarque le Pape en donnant l’exemple du père Damien de Veuster, apôtre des lépreux sur l’île-ghetto de Molokai. «Il se fit médecin et infirmier, inconscient des risques qu’il prenait et dans cette “colonie de la mort”, comme on appelait l’île, il a apporté la lumière de l’amour. La lèpre l’a également frappé, signe d’un partage total avec les frères et sœurs pour lesquels il avait fait don de sa vie. Son témoignage est très actuel en ces jours marqués par la pandémie de coronavirus: la grâce de Dieu est certainement à l’œuvre dans le cœur de beaucoup de personnes qui, dans la discrétion, se dépensent pour les plus pauvres dans un partage concret.»

    Changer de vie dans un monde qui change

    Le fait de suivre le Christ nécessite donc une «conversion», qui consiste avant tout à «ouvrir notre cœur afin de reconnaître les multiples expressions de pauvreté et à manifester le Royaume de Dieu par un mode de vie cohérent avec la foi que nous professons». Ce chemin implique de profonds renoncements. «Si l’on ne choisit pas de devenir pauvre de richesses éphémères, de pouvoir mondain et de vantardise, on ne pourra jamais donner sa vie par amour; on vivra une existence morcelée, pleine de bonnes intentions, mais inefficace pour transformer le monde. Il s’agit donc de s’ouvrir résolument à la grâce du Christ, qui peut nous rendre témoins de sa charité sans limites et redonner de la crédibilité à notre présence dans le monde.»

    Les chrétiens doivent également se montrer particulièrement attentifs à l’émergence «de nouvelles formes de pauvreté ». «Un marché qui ignore ou sélectionne les principes éthiques crée des conditions inhumaines qui frappent des personnes qui vivent déjà dans des conditions précaires. On assiste ainsi à la création de pièges toujours nouveaux de la misère et de l’exclusion, produits par des acteurs économiques et financiers sans scrupules, dépourvus de sens humanitaire et de responsabilité sociale.»

    Ces phénomènes sont aggravés par la pandémie, qui «continue à frapper aux portes de millions de personnes et, quand elle n’apporte pas avec elle la souffrance et la mort, elle est quand même porteuse de pauvreté. Le nombre de pauvres a augmenté de manière démesurée et, malheureusement, cela sera encore le cas dans les mois à venir. Certains pays subissent des conséquences très graves de la pandémie, de sorte que les personnes les plus vulnérables se retrouvent privées de biens de première nécessité. Les longues files d’attente devant les cantines pour les pauvres sont le signe tangible de cette aggravation», remarque le Pape avec tristesse. Il salue néanmoins tous ceux qui se retroussent les manches pour venir en aide aux personnes en difficulté dans cette période de crise.

    Rendre aux pauvres leur dignité dans l’aide réciproque

    Sur le plus long terme, l’enjeu n’est pas seulement de voir plus de riches aider les pauvres, mais de développer des relations de réciprocité qui soient motivantes et valorisantes pour tous. Le Pape invite à construire «des processus de développement qui valorisent les capacités de tous, pour que la complémentarité des compétences et la diversité des rôles conduisent à une ressource commune de participation. Beaucoup de pauvreté des “riches” pourrait être guérie par la richesse des “pauvres”, si seulement ils se rencontraient et se connaissaient! Personne n’est si pauvre qu’il ne puisse pas donner quelque chose de lui-même dans la réciprocité», explique François en soulignant la générosité des pauvres eux-mêmes. «C’est vrai, ces gens manquent de quelque chose, ils leur manquent souvent beaucoup et même du nécessaire, mais ils ne manquent pas de tout, parce qu’ils conservent leur dignité d’enfants de Dieu que rien ni personne ne peut leur enlever.»

    Le Pape appelle donc une nouvelle fois à construire «une approche différente de la pauvreté» sur le plan politique, tant au niveau des États qu’au niveau des institutions mondiales, en s’intéressant aux personnes incarnées, réelles, concrètes, et non pas seulement à des projections statistiques. «Nous devrions avouer avec une grande humilité que nous sommes souvent des incompétents devant les pauvres. On parle d’eux de manière abstraite, on s’arrête aux statistiques et on s’émeut devant quelque documentaire. La pauvreté, au contraire, devrait entraîner une conception créative, permettant d’accroître la liberté effective de pouvoir réaliser l’existence avec les capacités propres à chaque personne.». L’enjeu en effet ce n’est pas seulement de donner de l’argent, mais de garantir le droit à l’expression et à la participation. «Servir efficacement les pauvres provoque l’action et permet de trouver les formes les plus appropriées pour relever et promouvoir cette partie de l’humanité trop souvent anonyme et sans voix, mais qui a imprimé en elle le visage du Sauveur qui demande de l’aide.»

    Aider les pauvres n’est pas une option, mais un devoir

    Toute la tradition biblique et patristique insiste sur l’attention due aux pauvres, comme l’indique par exemple cette citation de saint Jean Chrysostome reprise par le Pape: «Toi aussi, donc, quand tu vois un homme sur la terre qui a fait le naufrage de la misère, ne juge pas, ne lui demande pas compte de sa conduite, mais libère-le du malheur.»

    Le Pape dresse un diagnostic incisif des situations de tensions qui émergent dans les pays développés. «L’état de bien-être relatif auquel on s’est habitué rend plus difficile l’acceptation des sacrifices et des privations. On est prêt à tout pour ne pas être privé de tout ce qui a été le fruit d’une conquête facile. On tombe ainsi dans des formes de rancune, de nervosité spasmodique, de revendications qui conduisent à la peur, à la détresse et, dans certains cas, à la violence. Ce n’est pas le critère sur lequel construire l’avenir; et pourtant, ce sont aussi des formes de pauvreté dont on ne peut détourner le regard », avertit François en invitant les chrétiens à trouver «de nouvelles façons d’être évangélisateur dans le monde contemporain ».

    Le Pape exhorte donc à aller au contact direct des pauvres, à s’immerger dans leurs réalités plutôt que d’évaluer leur nombre. «Les pauvres s’embrassent, ils ne se comptent pas», écrit-il en citant le prêtre italien Primo Mazzolari. «Comme ce serait évangélique si nous pouvions dire en toute vérité: nous sommes pauvres, nous aussi, et c’est seulement de cette manière que nous réussissons à les reconnaître réellement et les rendre partie intégrante de notre vie et instrument de salut», insiste le Pape en conclusion.

     source https://www.vaticannews.va/
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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

     Crédit image : Jenna Keiper, Impressions (détail), 2020, photographie, Bellingham.
     

    La sainteté de la sexualité humaine

    Le but est l'union 

    Le but de notre désir sexuel est l'amour universel, c'est-à-dire l'union avec Dieu, nous-mêmes et ce qui Est. Nous venons de l'union et tout notre désir est un mouvement de retour vers l'union. Les expériences de la sexualité peuvent nous aider à entrevoir et à goûter cette unité et nous amener à ce que j'appelle la « Porte du Temple », mais elles ne nous font pas à elles seules franchir les portes. Le regretté écrivain contemplatif gay Michael Bernard Kelly (1924‒2020) a compris que nos amours incarnés et finis trouvent leur source dans Infinite Love :

    À chaque époque et dans chaque partie de la vie, nous avons tendance à nous concentrer sur les « expériences », les « frissons » extatiques. . . . Cette tendance est particulièrement marquée dans la sexualité et la spiritualité, où les goûts sont si enivrants, éphémères et profonds. Ces goûts sont essentiels ; ce sont des graines, des aperçus de cette plénitude à laquelle nous sommes appelés. Cependant, ils ne sont pas le Voyage lui-même, ni la transformation, ni l'union mystique, ni l'illumination. Ils nous mettent sur la route — peut-être même sont-ils des aperçus de la destination — mais nous ne sommes pas encore arrivés. En effet, nous sommes à peine partis ! Si nous devenons accros à la recherche de toujours plus d'« expériences », qu'elles soient sexuelles ou spirituelles, nous n'y arriverons jamais. Nous connaissons tous cette tendance dans la sexualité, mais la séduction dans la spiritualité peut être plus subtile, plus convaincante et plus destructrice d'âme.

    Alors que se passe-t-il ? Tout d'abord, certains éléments de cette « dépendance » sont probablement inévitables dans notre aspiration et notre désir, car le goût de l'ecstasy, quelle qu'en soit la nature, est si délicieux, si écrasant. Bien sûr, nous le cherchons encore et encore !

    « Vous répandez votre parfum autour de moi ; J'ai respiré et maintenant j'ai le souffle coupé pour ton doux parfum. Je t'ai goûté et maintenant j'ai faim et soif de toi. Tu m'as touché et je m'enflamme d'amour de ta paix », dit saint Augustin [1], et à nos différentes manières nous savons ce qu'il veut dire. Cependant, nous devons permettre au retrait d'avoir lieu. C'est le retrait qui nous entraînera vers la transformation, vers l'accomplissement durable de ce que nous goûtons si brièvement dans nos extases. Comment cela peut-il arriver?

    Lorsque nous goûtons au Mystère, nous aspirons à le boire abondamment, à le prendre en nous, à en être possédé, à nous y soumettre, à le devenir d'une manière permanente, « pour toujours et à jamais ». Devenir ce que nous goûtons. . . . Cela se reflète très puissamment dans les images de communion spirituelle, où nous mangeons et buvons « le corps et le sang du Seigneur », nos corps mêmes fusionnant et se transformant en Celui qui est le Bien-aimé de nos âmes.

    C'est le cœur de notre aspiration : devenir ce dont nous avons le goût et la faim, pas brièvement, mais pleinement, totalement, de façon permanente, en étant complètement transformé en ce que nous désirons si profondément. Syndicat. Extase. L' « Amoureux avec son bien-aimé, transformant l'aimé en son Amoureux », [2] le chercheur transformé en ce qu'elle cherche.

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    [1] Augustin, Confessions , livre 10, chapitre 27. 

    [2] Jean de la Croix, « L'ascension du mont Carmel », strophe 5.

    Michael Bernard Kelly, Seduced by Grace: Contemporary Spirituality, Gay Experience, and Christian Faith (Clouds of Magellan: 2007), 10-12.

    Crédit image : Jenna Keiper, Impressions (détail), 2020, photographie, Bellingham.

    Inspiration de l'image : Dans son arc-en-ciel de couleurs, la sexualité humaine peut être plusieurs choses : délicate, puissante, mystérieuse, belle. Comment pouvons-nous favoriser une relation saine avec le don sacré de la sexualité ?

    source https://cac.org/

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  • Le Pape aux Nations unies: restaurer la nature, c’est prendre soin de soi

    À l’occasion du début de la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes, le Pape François, par la voix de son secrétaire d’État, le cardinal Pietro Parolin, a adressé un message dans lequel il rappelle l’urgence d’agir pour préserver la création. Il exhorte à prendre soin les uns des autres, ainsi que de l’ensemble de l’environnement.
     

    Xavier Sartre – Cité du Vatican

    «Nous faisons tous partie du présent de la création. Nous faisons tous partie de la nature, nous n’en sommes pas séparés. C’est ce que nous enseigne la Bible»: c’est par ces mots que le Pape François rappelle aux représentants onusiens, et tout particulièrement aux directeurs-généraux de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation), Qu Dongyu, et du Programme pour l’environnement, Inger Andersen, la nécessité d’agir rapidement pour préserver l’œuvre de la création.

    Dans un message vidéo lu par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, le Saint-Père marque ainsi le lancement ce vendredi 4 juin de la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes, un appel lancé à tous les pays du monde à s’unir pour protéger et restaurer les écosystèmes dans l’intérêt des êtres humains. Elle se déroulera de 2021 à 2030, date cible d’atteinte des objectifs de développement durable et dernière chance, selon les scientifiques, d’éviter des changements climatiques catastrophiques.

    Agir maintenant

    «La situation environnementale actuelle nous appelle à agir maintenant avec urgence afin de devenir plus responsables envers la création et de restaurer la nature que nous dégradons et exploitons depuis trop longtemps», constate François.

    C’est pourquoi, pour conjurer les risques d’inondations, de famines, et autres conséquences sévères pour nous et les générations futures, «nous avons besoin de prendre soin les uns des autres et des plus faibles parmi nous»«Continuer sur cette voie de l’exploitation et de la destruction – des humains et de la nature – est injuste et n’est pas sage», affirme-t-il.

    Or, «nous voyons des crises qui entrainent d’autres crises», regrette-t-il. «Et pourtant il y a de l’espoir». Des États, des acteurs non-gouvernementaux, des autorités locales, le secteur privé et la jeunesse s’engagent dans des efforts qui ont comme objectif de promouvoir «l’écologie intégrale», qui nécessite une vision de long-terme, la préoccupation envers la nature, la justice envers les pauvres, la paix intérieure et l’engagement de la société, comme l’avait déjà souligné François dans son encyclique Laudato si’.

    Repenser l'économie

    Les avertissements reçus jusqu’à maintenant, comme la pandémie de covid-19 ou le réchauffement climatique, nous poussent donc à une «action urgente» insiste le Pape qui espère que la COP26 de Glasgow en novembre prochain aidera à trouver les réponses correctes afin de restaurer les écosystèmes. Il souhaite également que l’on repense l’économie, la dégradation de l’écosystème étant «un résultat clair de dysfonctionnement de l’économie». En agissant sur la nature, c’est en fait envers nous que nous agissons, conclut-il.

    source https://www.vaticannews.va/

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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

     Crédit image : Chaokun Wang, bambou 天竹子 (détail), 2015, photographie, Wikiart.
    Lâcher prise sur ce qui était 
     

    Dieu fait de nouvelles choses, a proclamé Jésus, mais seuls ceux qui ont un esprit et un cœur nouveaux peuvent voir un nouveau monde percer les fissures de l'ancien.

    —Ilia Delio, Les Heures de l'Univers 

    Si l'évolution est le langage de la croissance et du changement, alors une foi en évolution est celle qui accepte et même embrasse le changement. Alors que le mot changement fait normalement référence à de nouveaux commencements, la vraie transformation se produit plus souvent lorsque quelque chose s'effondre. La douleur de quelque chose de vieux qui se fissure ou se défait nous invite à évoluer au lieu de resserrer nos contrôles et nos certitudes. La prêtre épiscopale Stephanie Spellers est une penseuse de premier plan sur le changement et la croissance dans l'église, et considère les défis actuels de l'église et de la société comme un moyen pour Dieu d'ouvrir les gens pour une plus grande possibilité :

    Les institutions et les cultures sont durables en partie parce qu'elles obéissent à la loi de l'inertie. [1] Même si vous pensez avoir exercé une forte poussée externe et fait dévier un objet en mouvement ou une institution entière de sa trajectoire, attendez. Attends. Avec à peine un coup de coude, l'objet va dériver vers son chemin d'origine.

    Pensez à votre propre expérience. Quand vous voyez une fissure, quel est votre premier instinct ? Rassemblez les pièces et recollez-les. Finalement, un entrepreneur arrive avec la mauvaise nouvelle : il y a des dommages profonds ici, et si vous ne les résolvez pas, toute la structure sera fondamentalement compromise avant longtemps. Vous soupirez et négociez. Je ne sais pas pour vous, mais j'ai une capacité surprenante à me leurrer sur la rupture de la structure. Avec suffisamment de ruban adhésif et de corde, je vais revenir à la normale. [J'appelle cela « réarranger les chaises longues sur le Titanic ! »]

    Il en est ainsi pour une nation et une église. Au milieu du déplacement, de la déstabilisation et du décentrement, les Américains et les fidèles de l'Église ont été tentés de remplacer, de stabiliser et de recentrer. Revenons au bâtiment. Encourageons les manifestants à sortir des rues. . . . Dépassons la division. Rétablissons le christianisme majoritaire américain dans son ancien poste culturel privilégié.

    Ou nous pourrions reconnaître le démêlage, la rupture et la fissuration [Richard : ce que nous appelons « dévoilement » dans les méditations de cette année]comme porteur de vérité et même de don. Peut-être, comme [Alan] Roxburgh l'a suggéré, le Saint-Esprit a poussé et appelé les chrétiens « à embrasser une nouvelle imagination, mais l'autre a dû se démêler pour que nous puissions la voir pour ce qu'elle était. En ce sens, le malaise de nos églises a été l'œuvre de Dieu. [2] . . . Une église qui a été humiliée par les perturbations et le déclin peut être une église moins arrogante et présomptueuse. Il peut avoir moins d'illusions sur son propre pouvoir et sa centralité. Cela peut devenir curieux. Il est peut-être moins disposé à s'allier avec les empires et les puissances qui l'ont longtemps défini. Il peut enfin admettre combien il a besoin de la vraie puissance et de la vraie sagesse du Saint-Esprit. C'est une église avec laquelle Dieu peut travailler.

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    [1] L'inertie est la loi de la physique qui dit que la matière continuera toujours dans son état actuel de repos ou de mouvement dans une direction particulière, à moins que cet état ne soit modifié par une force extérieure.

    [2] Alan J. Roxburgh, Joining God, Remaking Church, and Changing the World: The New Shape of the Church in Our Time (Morehouse Publishing: 2015), 7. 

    Stephanie Spellers, The Church Cracked Open: Disruption, Decline, and New Hope for Beloved Community (Church Publishing: 2021), 22-23.

    Richard Rohr, Enseignements essentiels sur l'amour (Orbis Books: 2018), 132. 

    Crédit image : Chaokun Wang, bambou 天竹子(détail), 2015, photographie, Wikiart .

    Inspiration de l'image : La capacité du bambou à pousser reflète notre propre potentiel de développement intérieur. Tant qu'il y a de la vie, il y a évolution. Tant que nous avons du souffle, notre foi peut continuer à grandir.

    source  https://cac.org/

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    Pape François@Pontifex.fr 
     
    Le Paraclet dit à l’Eglise qu’aujourd’hui c’est le temps de la consolation. C’est le temps de la joyeuse annonce de l’Evangile plus que de la lutte contre le paganisme. C’est le temps d’apporter la joie du Ressuscité, non pas de se plaindre du drame de la sécularisation.
     
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