• Sainte-Marthe: la vérité, sans « compromis » ni « rigidité »

    « Le Verbe s’est fait chair, il ne s’est pas fait idée »

    Messe du 24 avril 2017 à Sainte-Marthe © L'Osservatore Romano

    Messe Du 24 Avril 2017 À Sainte-Marthe © L'Osservatore Romano

    Le pape François a encouragé à annoncer la vérité sans compromis ni rigidité, lors de la messe qu’il a célébrée en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe au Vatican, le 24 avril 2017. Dans son homélie rapportée par Radio Vatican en italien, il a fustigé la « mentalité rationaliste », invitant à ne pas oublier « la force, la liberté de l’Esprit ».

    Après la pause des festivités pascales, le pape a repris ses homélies publiques, commentant l’Evangile (Jn 3, 1-8) où Jésus explique à Nicodème qu’il faut « naître d’en haut » et donc « passer d’une mentalité à une autre ».

    « Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit », a rappelé le pape en citant l’Evangile : il s’agit « d’aller sur les chemins de l’Esprit, sans compromis, sans rigidité, avec la liberté d’annoncer Jésus Christ comme Il est venu : dans la chair ».

    La foi est en effet concrète, a insisté le pape en s’arrêtant sur l’attitude des apôtres Pierre et Jean, qui relâchés de prison, continuent à prêcher « avec une totale assurance » (Ac 4, 23-31) : c’est « l’aspect concret de la foi » qui ne se plie pas aux « négociations pour arriver à des compromis » ni à « l’idéalisation de la foi ».

    Ainsi Pierre et Jean « ont la franchise, la franchise de l’Esprit », « qui signifie parler ouvertement, avec courage, la vérité sans compromis » et dont le témoignage va « jusqu’au martyre ».

    Le Verbe s’est fait chair, il ne s’est pas fait idée

    « Parfois nous oublions que notre foi est concrète, a constaté le pape François : le Verbe s’est fait chair, il ne s’est pas fait idée : il s’est fait chair. Et quand nous récitons le Credo, nous disons tous des choses concrètes : ‘Je crois en Dieu le Père, qui a fait le ciel et la terre, je crois en Jésus Christ qui est né, qui est mort …’, ce sont toutes des choses concrètes. Notre Credo ne dit pas : ‘je crois que je dois faire ceci, que je fois faire cela …’: non ! ».

    Pour les docteurs de la loi au contraire, le Verbe « ne s’est pas fait chair : il s’est fait loi », a constaté le pape : il faut « faire comme cela et pas autrement ». « Ils étaient mis en cage dans cette mentalité rationaliste, qui n’a pas fini avec eux… parce que dans l’histoire de l’Eglise, si souvent, cette même Eglise a condamné le rationalisme, les Lumières, puis tant de fois est tombée dans une théologie du ‘on peut et on ne peut pas’, du ‘jusqu’ici et jusque-là’, et a oublié la force, la liberté de l’Esprit ».

    « Demandons au Seigneur cette expérience de l’Esprit qui va et vient et nous conduit, de l’Esprit qui nous donne l’onction de la foi, l’onction de la concrétude de la foi », a conclu le pape François.

    source ZENIT.org

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  • L’incroyable signe de Dieu à un prêtre épuisé
     Aleazzo CC
     
    Comme chaque homme, le prêtre peut éprouver faim, fatigue et lassitude. Mais le Seigneur lui envoie de beaux signes pour revivifier son sacerdoce. Témoignage.

    Ce dimanche, je m’étais réveillé très heureux à l’idée de célébrer la messe à la paroisse. J’ai presque sauté du lit pour me préparer et me rendre à la rencontre du Seigneur et de son peuple. L’Eucharistie fut belle. En terminant, quelques dames s’approchèrent : « Mon père, pouvez-vous nous confesser ? ».

    Il y en avait seulement trois, j’ai donc accepté. Mais progressivement un petit groupe s’est constitué, devenant une file interminable. Je ne donnerais pas de chiffre, parce que vous pourriez croire qu’il s’agit du fruit de mon exagération. Retenez seulement que j’ai fini par quitter le confessionnal pour rentrer chez moi trois heures plus tard. J’avais faim, j’avais soif et j’avais envie de me reposer un peu.

    evenais donc vers le séminaire, heureux, lorsqu’une dame vint à ma rencontre et demanda : « Vous êtes bien le curé, n’est-ce pas ? Mon père est décédé hier dans la nuit, on va l’enterrer aujourd’hui et je n’ai pas trouvé de prêtre ». En mon for intérieur, j’ai dit : « Seigneur, si Vous voulez que je travaille pour votre gloire aujourd’hui, je vous demande seulement de faire taire mon estomac ».
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  •  Mars - Avril 2017

    La paix sera nous...


    Dans une des prières du Temps Présent, il y a cette phrase : « Ouvre nos yeux Seigneur, aux merveilles de ton amour .» Au cours du week-end du trentième anniversaire de la Rencontre d’Assise, il y a eu, sans doute pour chacun d’entre nous, des moments forts, de rencontre, de discussion, de découverte. Des moments donnés comme des cadeaux inattendus, des merveilles mises sous nos yeux qui nous invitent à croire que la paix se dessine à l’instant même et qu’elle a nos visages. Je voudrais ici évoquer deux temps forts qui ont eu pour particularité d’élargir la rencontre à ceux et celles qui ont tout quitté pour vivre dans un lieu de paix.


    Le cercle de silence... des personnes debout sur la place, immobiles et silencieuses, une bougie dans la main. C’est fragile une petite lumière dans la nuit, même cinquante ou cent petites lumières... mais par ce moment de présence intériorisée, de partage silencieux, la nuit n’était plus tout à fait obscure. Et ce moment intense portait en lui-même comme un idéal : que chacun, quels que soient ses convictions ou ses doutes, son origine et son parcours, puisse vivre debout, dignement, dans la reconnaissance de l’autre.

    Le second moment, ni silencieux ni obscur celui-là, est ce repas partagé en toute simplicité entre les participants au week-end et des personnes migrantes. Nous nous sommes retrouvés là en commune humanité, avec les besoins tous simples d’être au chaud, de manger, mais aussi de se rencontrer. Si l’échange verbal était parfois entravé par la faible maîtrise du français d’un côté et notre complète ignorance de leurs langues de l’autre, le repas pris en commun, les gestes de partage et d’offrande, les regards bienveillants, les rires, les essais pour se comprendre, tous ces signes parlaient le langage universel de la paix. 

    Nous nous sommes nourris de cette rencontre joyeuse, de ces échanges qui touchent l’âme et allument en nous une petite lumière... une petite lumière sans nationalité ni religion, une petite lumière paisible et humaine...

    Nous étions donc au cœur d’un chemin de paix, la paix des démunis, des désarmés, de ceux qui ne pèsent aucun poids dans les négociations... Ces moments fragiles font bien peu de bruit en regard du vacarme de l’actualité, mais ce qui importe le plus, c’est la place que nous leur donnons en nous... Car, je n’en doute pas, ces impressions fugaces et profondes, ces échanges de regards sans crainte de notre vulnérabilité commune, dessinent déjà une manière autre de vivre ensemble...


    Françoise Besson

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  • Le christianisme n’est pas « notre recherche de Dieu » mais « la recherche de Dieu à notre égard »

    « Notre foi naît le matin de Pâques » (Traduction intégrale de la catéchèse)

    Audience générale du 19 avril 2017 © L'Osservatore Romano

    Audience Générale Du 19 Avril 2017 © L'Osservatore Romano

    Le christianisme « n’est pas tant notre recherche de Dieu (…) mais plutôt la recherche de Dieu à notre égard », a affirmé le pape François lors de l’audience générale du 19 avril 2017, place Saint-Pierre.

    Poursuivant, à l’occasion du mercredi de l’octave de Pâques, ses catéchèses sur l’espérance chrétienne, le pape a expliqué que « la foi naît de la résurrection » : « Accepter que le Christ soit mort, et qu’il soit mort crucifié n’est pas un acte de foi, c’est un fait historique. En revanche, croire qu’il est ressuscité, oui. Notre foi naît le matin de Pâques ».

    « Le christianisme est une grâce, c’est une surprise et cela suppose donc un cœur capable de s’étonner », a-t-il ajouté en prévenant : « Un cœur fermé, un cœur rationaliste est incapable d’étonnement et ne peut comprendre ce qu’est le christianisme ».

    Depuis le parvis orné de milliers de fleurs pour les fêtes pascales, le pape a invité chaque baptisé à se rendre à son propre « sépulcre » : « nous en avons tous un petit à l’intérieur. Y aller, et voir comment Dieu est capable de ressusciter de là. (…) Dieu fait croître ses plus belles fleurs au milieu des pierres les plus arides ».

    « Être chrétien signifie ne pas partir de la mort, mais de l’amour de Dieu pour nous, qui a vaincu notre ennemie la plus implacable », a aussi souligné le pape François. Et de conclure : « Jésus est encore ici, (…) il est ici, sur la place, avec nous : vivant et ressuscité ».

    Voici notre traduction intégrale de la catéchèse prononcée par le pape en italien.

    AK

    Catéchèse du pape François

    Chers frères et sœurs, bonjour !

    Nous nous rencontrons en ce jour, dans la lumière de Pâques, que nous avons célébré et que nous continuons de célébrer dans la liturgie. C’est pourquoi, dans notre parcours de catéchèses sur l’espérance chrétienne, je désire aujourd’hui vous parler du Christ ressuscité, notre espérance, comme le présente saint Paul dans la première Lettre aux Corinthiens (cf. chap.15)

    L’apôtre veut résoudre une problématique qui était certainement au centre des discussions dans la communauté de Corinthe. La résurrection est le dernier sujet abordé dans la Lettre, mais, en ordre d’importance, c’est probablement le premier : en effet, tout repose sur ce présupposé.

    En parlant à ses chrétiens, Paul part d’un donné irréfutable qui n’est pas l’aboutissement de la réflexion de quelque sage, mais un fait, un simple fait qui est intervenu dans la vie de plusieurs personnes. Le christianisme naît d’ici. Ce n’est pas une idéologie, ce n’est pas un système philosophique, mais c’est un chemin de foi qui part d’un événement, dont les premiers disciples de Jésus ont témoigné. Paul le résume ainsi : Jésus est mort pour nos péchés, il a été enseveli et le troisième jour il est ressuscité et il est apparu à Pierre et aux Douze (cf. 1 Cor 15, 3-5). Voilà le fait : il est mort, il est enseveli, il est ressuscité et il est apparu. C’est-à-dire Dieu est vivant ! C’est le cœur du message chrétien.

    En annonçant cet événement, qui est le noyau central de la foi, Paul insiste surtout sur le dernier élément du mystère pascal, à savoir le fait que Jésus soit ressuscité. En effet, si tout avait fini avec la mort, nous aurions en lui un exemple de dévouement suprême, mais cela ne pourrait pas engendrer notre foi. Il a été un héros. Non ! Il est mort, mais il est ressuscité. Parce que la foi naît de la résurrection. Accepter que le Christ soit mort, et qu’il soit mort crucifié n’est pas un acte de foi, c’est un fait historique. En revanche, croire qu’il est ressuscité, oui. Notre foi naît le matin de Pâques. Paul fait une liste des personnes auxquelles Jésus ressuscité est apparu (cf. vv.5-7). Nous avons ici une petite synthèse de tous les récits de Pâques et de toutes les personnes qui sont entrées en contact avec le Ressuscité. Au sommet de la liste, il y a Céphas, c’est-à-dire Pierre, et le groupe des Douze, ensuite « cinq cents frères », dont un grand nombre pouvaient encore rendre témoignage, puis Jacques est cité. Le dernier de la liste – comme le moins digne de tous – c’est lui-même. Paul dit de lui-même « l’avorton que je suis » (cf. v.8).

    Paul emploie cette expression parce que son histoire personnelle est dramatique : ce n’était pas un enfant de chœur, mais c’était un persécuteur de l’Église, fier de ses convictions ; il se sentait arrivé, avec un idée très limpide de ce qu’était la vie avec ses devoirs. Mais, dans ce cadre parfait – tout était parfait chez Paul, il savait tout – dans ce cadre de vie parfait, un jour se produit ce qui était absolument imprévisible : la rencontre avec Jésus ressuscité, sur la route de Damas. Là, il n’y a pas seulement eu un homme qui est tombé par terre ; il y a eu une personne saisie par un événement qui allait bouleverser le sens de sa vie. Et le persécuteur est devenu apôtre, pourquoi ? Parce que j’ai vu Jésus vivant ! J’ai vu Jésus-Christ ressuscité ! C’est le fondement de la foi de Paul, comme de la foi des autres apôtres, comme de la foi de l’Église, comme de notre foi.

    Qu’il est beau de penser que le christianisme est essentiellement cela ! Ce n’est pas tant notre recherche de Dieu – une recherche, en vérité, si hésitante – mais plutôt la recherche de Dieu à notre égard. Jésus nous a pris, nous a saisis, nous a conquis pour ne plus nous lâcher. Le christianisme est une grâce, c’est une surprise et cela suppose donc un cœur capable de s’étonner. Un cœur fermé, un cœur rationaliste est incapable d’étonnement et ne peut comprendre ce qu’est le christianisme. Parce que le christianisme est une grâce et la grâce ne peut que se percevoir et en plus, elle se manifeste dans l’étonnement de la rencontre.

    Et alors, même si nous sommes pécheurs – nous le sommes tous – si nos bonnes résolutions sont restées sur le papier ou si, en regardant notre vie, nous nous apercevons que nous avons accumulé les échecs… Au matin de Pâques, nous pouvons faire comme ces personnes dont nous parle l’Évangile : aller au sépulcre du Christ, voir la grande pierre roulée et penser que Dieu est en train de réaliser pour moi, pour nous tous, un avenir inattendu. Aller à notre sépulcre : nous en avons tous un petit à l’intérieur. Y aller, et voir comment Dieu est capable de ressusciter de là. Là, il y a le bonheur, là il y a la joie, la vie, là où tous pensaient qu’il n’y avait que tristesse, échec et ténèbres. Dieu fait croître ses plus belles fleurs au milieu des pierres les plus arides.

    Être chrétien signifie ne pas partir de la mort, mais de l’amour de Dieu pour nous, qui a vaincu notre ennemie la plus implacable. Dieu est plus grand que le néant et il suffit d’une bougie allumée pour vaincre la plus obscure des nuits. Paul crie, se faisant l’écho des prophètes : « Ô Mort, où est ta victoire ? Ô Mort, où est-il, ton aiguillon ? » (v.55). En ces jours de Pâques, portons ce cri dans notre cœur. Et si l’on nous demande le pourquoi de notre sourire donné et de notre partage patient, nous pourrons alors répondre que Jésus est encore ici, qu’il continue d’être vivant parmi nous, que Jésus est ici, sur la place, avec nous : vivant et ressuscité.

    © Traduction de Zenit, Constance Roques

    source  ZENIT.org

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  • «Que dit l’Eglise devant tant de tragédies?», homélie du pape François (traduction complète)

    « Parier » sur le Christ ressuscité

    Messe de Pâques 2017, capture CTV

    Messe De Pâques 2017, Capture CTV

    « Que dit l’Eglise devant tant de tragédies ? », a interrogé le pape François au cours de son homélie pour la messe de Pâques qu’il a présidée place Saint-Pierre en présence de quelque 60 000 personnes, ce dimanche 16 avril 2017. Il invite à parier sur el Christ ressuscité.

    Le pape a parlé d’abondance du cœur et il a improvisé son homélie. Il y a affronté le thème du contraste entre la Bonne nouvelle de la résurrection du Christ et les tragédies que l’humanité et chacun continue de traverser.

    « Que dit l’Eglise devant tant de tragédies ?, a interrogé le pape. Simplement ceci : la pierre rejetée n’a pas en fait été vraiment écartée. Les petits cailloux qui croient et qui s’attachent à cette pierre ne sont pas rejetés, ils ont un sens, et, avec ce sentiment, l’Eglise répète du fond de son cœur : ‘Le Christ est ressuscité !’ »

    Et, a précisé le pape François, « C’est le mystère de la pierre rejetée qui finit par être le fondement de notre existence. »

    Il a invité à dire intérieurement: « Je ne sais pas comment comme cela se fait, mais je suis sûr que le Christ est ressuscité et je paris là-dessus. »

    A l’issue d ela messe, le pape François a salué les cardinaux et il a fait un tour de la place Saint-Pierre pour saluer les personnes présentes, sous les ovations.  A midi, il est monté à la loggia des bénédiction de la basilique vaticane pour son message de Pâques et sa bénédiction Urbi et Orbi.

    Voici notre traduction intégrale de l’homélie de ce dimanche de Pâques.

    AB

    Homélie du pape François

    Aujourd’hui, l’Eglise répète, chante et crie: “Jésus est ressuscité!” Mais comment cela ? Pierre, Jean, les femmes sont allées au tombeau, mais il était vide, Lui, il n’y était pas.

    Ils y sont allés le coeur fermé par la tristesse, la tristesse d’une défaite : le Maître, leur Maître, celui qu’ils aimaient tant a été exécuté, il est mort. Et de la mort, on ne revient pas. Voilà la défaite, voilà le chemin de la défaite, le chemin vers le tombeau.

    Mais l’ange leur dit : « Il n’est pas ici, il est ressuscité. » C’est la première annonce : « Il est ressuscité. » Et puis la confusion, le cœur fermé, les apparitions.

    Mais les disciples restent enfermés toute la journée au Cénacle, parce qu’ils avaient peur qu’il leur arrive la même chose qu’à Jésus.

    Et l’Eglise ne cesse de dire à nos défaites, à nos cœurs fermés et peureux : « Arrête-toi, le Seigneur est ressuscité ! »

    Mais si le Seigneur est ressuscité, comment ces choses peuvent-elles arriver ? Comment peuvent arriver tant de malheurs, de maladies, de trafic des personnes, de guerres, de destructions, de mutilations, de vengeances, de haine ? Mais où est le Seigneur ?

    Hier j’ai téléphoné à un jeune qui a une maladie grave, un jeune cultivé, un ingénieur. Et en parlant pour donner un signe de foi, je lui ai dit : « Il n’y a pas d’explication pour ce qui t’arrive. Regarde Jésus sur la croix : Dieu a fait cela avec son Fils, et il n’y a pas d’autre explication. » Et lui m’a répondu :”Oui, mais il a demandé à son Fils, et le Fils a dit oui. A moi, on n’a pas demandé si je voulais cela. » Cela nous bouleverse, à personne d’entre nous on ne demande : « Mais tu es content de ce qui se passe dans le monde ? Est-ce que tu es prêt à porter cette croix ? » Et la croix continue et la foi en Jésus s’écroule.

    Aujourd’hui, l’Eglise continue à dire : « Arrête-toi, Jésus est ressuscité ! » Et ce n’est pas de l’imagination, la Résurrection du Christ n’est pas une fête avec plein de fleurs. C’est beau, mais ce n’est pas cela, c’est quelque chose de plus.

    C’est le mystère de la pierre rejetée qui finit par être le fondement de notre existence. Le Christ est ressuscité, voilà ce que cela signifie. Dans cette culture du rejet, où ce qui n’est pas utile est rejeté, cette pierre  – Jésus – est rejetée et elle est source de vie.

    Et nous aussi, petits cailloux par terre, sur cette terre de douleur, de tragédies, avec la foi dans le Christ ressuscité, nous avons un sens, au milieu de tant de calamités. Le sens de voir au-delà, le sens de dire : « Regarde, il n’y a pas de mur, il n’y a pas d’horizon, il y a la vie, il y a la joie, il y a la croix avec cette ambivalence. Regarde en avant, ne te ferme pas ! Toi, petit caillou, tu as un sens dans la vie, parce que tu es un petit caillou près de ce grand rocher, cette pierre qui a été rejetée par la méchanceté du péché. »

    Que dit l’Eglise devant tant de tragédies ? Simplement ceci : la pierre rejetée n’a pas en fait été vraiment écartée. Les petits cailloux qui croient et qui s’attachent à cette pierre ne sont pas rejetés, ils ont un sens, et, avec ce sentiment, l’Eglise répète du fond de son cœur : « Le Christ est ressuscité ! »

    Pensons un peu, que chacun de nous pense, aux problèmes quotidiens, aux maladies que nous avons vécues ou qu’a l’un de nos parents. Pensons aux guerres, aux tragédies humaines, et, simplement, d’une voix humble, sans fleurs, seuls, devant Dieu, devant nous-mêmes, disons : « Je ne sais pas comment comme cela se fait, mais je suis sûr que le Christ est ressuscité et je paris là-dessus. »

    Frères et sœurs, voilà ce que je voulais vous dire. Rentrez chez vous aujourd’hui, en répétant dans votre cœur : « Le Christ est ressuscité ! ».

    © Traduction de ZENIT, Anita Bourdin

    source ZENIT.org

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  • « Voici ce que cette nuit nous appelle à annoncer: le frémissement du Ressuscité, Christ est vivant! »

    Texte complet de l’homélie du pape François

    Veillée pascale 2017, capture CTV

    Veillée Pascale 2017, Capture CTV

    « Voici ce que cette nuit nous appelle à annoncer: le frémissement du Ressuscité, Christ est vivant! »: c’est l’appel du pape François dans son homélie pour la veillée pascale, célébrée ce samedi 15 avril 2017 en la basilique Saint-Pierre, à 20h30.

    « Comme avec (les saintes femmes), nous sommes entrés dans le sépulcre, ainsi avec elles, je vous invite à aller, à revenir en ville, à revenir sur nos propres pas, sur nos regards. Allons avec elles annoncer la nouvelle, allons… Partout où il semble que le tombeau a eu le dernier mot et où il semble que la mort a été l’unique solution », a exhorté le pape.

    Et d’insister: « Allons annoncer, partager, révéler que c’est vrai: le Seigneur est vivant. Il est vivant et veut ressusciter dans beaucoup de visages qui ont enseveli l’espérance, ont enseveli les rêves, ont enseveli la dignité. Et si nous ne sommes pas capables de laisser l’Esprit nous conduire par ce chemin, alors nous ne sommes pas chrétiens. »

    « Allons et laissons-nous surprendre par cette aube différente, laissons-nous surprendre par la nouveauté que seul le Christ peut offrir. Laissons sa tendresse et son amour guider nos pas, laissons le battement de son cœur transformer notre faible frémissement », a conclu le pape

    Au cours de la veillée le pape a ensuite conféré le baptême à 11 catéchumènes, 5 femmes et 6 hommes, qui ont entre  9 et 50 ans, ils viennent de 8 pays différents: Chine (26 ans), Malaisie (21 ans), Etats-Unis (31 ans), Malte (12 ans), Albanie (2, deux frères de 24 et 31 ans), République Tchèque (50 ans), Espagne (19 ans), Italie (3, de 9, 22, et 35 ans). Il a aussi donné le sacrement de la confirmation et la Première communion aux 10 plus âgés: le petit garçon de 9 ans fera sa Première communion plus tard, il recevra ensuite la Confirmation.

    La célébration s’est achevée par la prière mariale du « Regina Caeli » – « Reine du Ciel, réjouis-toi » – qui caractérise le temps pascal.

    Après la célébration, ce tweet a été posté sur le compte du pape François @Pontifex_fr : « C’est la fête de notre espérance, la célébration de la certitude que rien ni personne ne pourra jamais nous séparer de l’amour de Dieu. »

    AB

    Homélie du pape François

    «Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre» (Mt 28, 1). Nous pouvons imaginer ces pas…: le pas typique de celui qui va au cimetière, un pas fatigué de confusion, un pas affaibli de celui qui ne se convainc pas que tout soit fini de cette manière… Nous pouvons imaginer leurs visages pâles, baignés de larmes… Et la question : comment est-ce possible que l’Amour soit mort?  À la différence des disciples, elles sont là – comme elles ont accompagné le dernier soupir du Maître sur la croix et puis Joseph d’Arimathie pour lui donner une sépulture -; deux femmes capables de ne pas fuir, capables de résister, d’affronter la vie telle qu’elle se présente et de supporter la saveur amère des injustices. Et les voici, devant le sépulcre, entre la douleur et l’incapacité de se résigner, d’accepter que tout doive finir ainsi pour toujours.

    Et si nous faisons un effort d’imagination, dans le visage de ces femmes, nous pouvons trouver les visages de nombreuses mères et grand-mères, le visage d’enfants et de jeunes qui supportent le poids et la douleur de tant d’injustices si inhumaines. Nous voyons reflétés en eux les visages de ceux qui, marchant par la ville, sentent la douleur de la misère, la douleur de l’exploitation et de la traite. En eux, nous voyons aussi les visages de ceux qui font l’expérience du mépris, parce qu’ils sont immigrés, orphelins de patrie, de maison, de famille; les visages de ceux dont le regard révèle solitude et abandon, parce qu’ils ont les mains trop rugueuses. Elles reflètent le visage de femmes, de mères qui pleurent en voyant que la vie de leurs enfants reste ensevelie sous le poids de la corruption qui prive de droits et brise de nombreuses aspirations, sous l’égoïsme quotidien qui crucifie et ensevelit l’espérance de beaucoup, sous la bureaucratie paralysante et stérile qui ne permet pas que les choses changent. Dans leur douleur, elles ont le visage de tous ceux qui, en marchant par la ville, voient leur dignité crucifiée.

    Dans le visage de ces femmes, il y a de nombreux visages, peut-être trouvons-nous ton visage et le mien. Comme elles, nous pouvons nous sentir poussés à marcher, à ne pas nous résigner au fait que les choses doivent finir ainsi. Certes, nous portons en nous une promesse et la certitude de la fidélité de Dieu. Mais aussi  nos visages parlent de blessures, parlent de nombreuses infidélités – les nôtres et celles des autres – parlent de tentatives et de batailles perdues. Notre cœur sait que les choses peuvent être autres, mais sans nous en rendre compte, nous pouvons nous habituer à cohabiter avec le sépulcre, à cohabiter avec la frustration. De plus, nous pouvons arriver à nous convaincre que c’est la loi de la vie, en nous anesthésiant grâce à des évasions qui ne font rien d’autre qu’éteindre l’espérance mise par Dieu dans nos mains. Ainsi sont, tant de fois, nos pas, ainsi est notre marche, comme celle de ces femmes, une marche entre le désir de Dieu et une triste résignation. Ce n’est pas uniquement le Maître qui meurt: avec lui meurt notre espérance.

    «Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre» (Mt 28, 2). Subitement, ces femmes ont reçu une forte secousse, quelque chose et quelqu’un a fait trembler la terre sous leurs pieds. Quelqu’un, encore une fois, est venu à leur rencontre pour leur dire : ‘‘N’ayez pas peur’’, mais cette fois-ci en ajoutant: ‘‘Il est ressuscité comme il l’avait dit’’. Et voici l’annonce dont, de génération en génération, cette Nuit nous fait le don : N’ayons pas peur, frères, il est ressuscité comme il avait dit ! La vie arrachée, détruite, annihilée sur la croix s’est réveillée et arrive à frémir de nouveau  (Cf. R. Guardini, Il Signore, Milano, 1984, p. 501). Le fait que le Ressuscité frémit s’offre à nous comme un don, comme un cadeau, comme un horizon. Le fait que le Ressuscité frémit est ce qui nous est donné et qu’il nous est demandé de donner à notre tour comme force transformatrice, comme ferment d’une nouvelle humanité. Par la Résurrection, le Christ n’a pas seulement ôté la pierre du sépulcre, mais il veut aussi faire sauter toutes les barrières qui nous enferment dans nos pessimismes stériles, dans nos mondes de calculs conceptuels qui nous éloignent de la vie, dans nos recherches obsessionnelles de sécurité et dans les ambitions démesurées capables de jouer avec la dignité des autres.

    Lorsque le Grand Prêtre, les chefs religieux en complicité avec les romains avaient cru pouvoir tout calculer, lorsqu’ils avaient cru que le dernier mot était dit et qu’il leur revenait de le déterminer, Dieu fait irruption pour bouleverser tous les critères et offrir ainsi une nouvelle possibilité. Dieu, encore une fois, vient à notre rencontre pour établir et consolider un temps nouveau, le temps de la miséricorde. C’est la promesse faite depuis toujours, c’est la surprise de Dieu pour son peuple fidèle: réjouis-toi, car ta vie cache un germe de résurrection, un don de vie qui attend d’être réveillé.

    Et voici ce que cette nuit nous appelle à annoncer: le frémissement du Ressuscité, Christ est vivant! Et c’est ce qui a changé le pas de Marie Madeleine et de l’autre Marie: c’est ce qui les fait repartir en hâte et les fait courir pour apporter la nouvelle (cf. Mt 28, 8); c’est ce qui les fait revenir sur leurs pas  et sur leurs regards; elles retournent en ville pour rencontrer les autres.

    Comme avec elles, nous sommes entrés dans le sépulcre, ainsi avec elles, je vous invite à aller, à revenir en ville, à revenir sur nos propres pas, sur nos regards. Allons avec elles annoncer la nouvelle, allons… Partout où il semble que le tombeau a eu le dernier mot et où il semble que la mort a été l’unique solution. Allons annoncer, partager, révéler que c’est vrai: le Seigneur est vivant. Il est vivant et veut ressusciter dans beaucoup de visages qui ont enseveli l’espérance, ont enseveli les rêves, ont enseveli la dignité. Et si nous ne sommes pas capables de laisser l’Esprit nous conduire par ce chemin, alors nous ne sommes pas chrétiens.

    Allons et laissons-nous surprendre par cette aube différente, laissons-nous surprendre par la nouveauté que seul le Christ peut offrir. Laissons sa tendresse et son amour guider nos pas, laissons le battement de son cœur transformer notre faible frémissement.

    [Texte original: Italien]

    © Librairie éditrice du Vatican

    source ZENIT.org

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  • Devant le Christ crucifié, « nous nous agenouillons, honteux et pleins d’espérance », prière du pape François

    Conclusion du Chemin de croix du Vendredi saint au Colisée

    Chemin de croix au Colisée, capture CTV

    Chemin De Croix Au Colisée, Capture CTV

    Devant le Christ crucifié, « nous nous agenouillons, honteux et pleins d’espérance ». C’est la prière du pape François qui a présidé le Chemin de croix, dans la soirée du Vendredi saint, le 14 avril 2017, au Colisée, à Rome.

    A la conclusion des méditations des XIV stations, qui avaient été préparées par la bibliste française Anne-Marie Pelletier, le pape a récité une prière au Christ « laissé seul et trahi…, jugé par des pécheurs…, torturé … frappé et atrocement cloué ».

    « Nous nous tournons vers Toi … les yeux baissés de honte et le cœur plein d’espérance (…), nous nous agenouillons, honteux et dans l’espérance », a dit le pape : « De honte pour toutes les images de dévastations, de destructions et de naufrages qui sont devenues ordinaires dans notre vie ; (…) honte pour le sang innocent versé quotidiennement, (…) honte parce que trop souvent, comme Judas et Pierre, nous t’avons vendu et trahi et laissé mourir seul par nos péchés »

    « Honte, a poursuivi le pape, pour notre silence face aux injustices : pour nos mains avares pour donner et avides de (…) conquérir ; pour notre voix vive pour défendre nos intérêts et timide pour parler de ceux d’autrui ; pour nos pieds rapides sur le chemin du mal et paralysés sur celui du bien ».

    « Honte pour toutes les fois où nous, évêques, prêtres, consacrées et consacrés, avons scandalisé et blessé ton corps, l’Eglise ; et avons oublié notre premier amour », a-t-il ajouté devant les quelque 20 000 participants au Chemin de croix.

    Mais le pape a aussi exprimé dans sa prière au Christ, l’espérance « que tu ne nous traites pas selon nos mérites mais uniquement selon l’abondance de ta Miséricorde ; (…) l’espérance que ta fidélité ne se base pas sur la nôtre ; (…) l’espérance que le bien vaincra malgré sa défaite apparente ».

    « Enseigne-nous, a conclu le pape François, à ne jamais avoir honte de la Croix, à ne pas l’instrumentaliser mais à l’honorer et à l’adorer, parce que tu nous as manifesté la monstruosité de nos péchés, la grandeur de ton amour, l’injustice de nos jugements et la puissance de ta miséricorde. Amen ».

    Au fil des stations, des baptisés de différents pays et de différentes états de vie se sont relayés pour porter la croix, à l’intérieur et à l’extérieur du Colisée.

    source  ZENIT.org

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  • La mission de l’Eglise: se faire proche des exclus

    Interview du pape François dans La Repubblica (3/3)

    Déjeuner avec les pauvres de la Caritas de Florence © L'Osservatore Romano

    Déjeuner Avec Les Pauvres De La Caritas De Florence © L'Osservatore Romano

    « Se faire proche des laissés-pour-compte, des personnes marginalisées, des rejetés » : c’est l’invitation du pape François dans une interview au quotidien italien La Repubblica (Paolo Rodari) publiée ce 13 avril 2017.

    Au moment où le pape allait célébrer la messe du Jeudi Saint « in Cena Domini » dans une prison italienne à Paliano (Frosinone), avec le rite du lavement des pieds de quelques détenus.

    Le pape invite les baptisés à « aller, se faire proche des laissés-pour-compte, des personnes marginalisés, des rejetés » : « Quand je suis devant un détenu, par exemple, je me demande : pourquoi lui et pas moi ? Est-ce que je mérite plus que lui qui est là-dedans ? Pourquoi est-il tombé et pas moi ? C’est un mystère qui me rapproche d’eux. »

    Rétablir la vérité

    Dans La Civiltà Cattolica, à la question sur qui était Jorge Mario Bergoglio, le pape a répondu : ‘Un pécheur’. Il le réaffirme : « Je me sens comme cela, certainement. La devise de mon blason est une phrase de saint Bède le Vénérable à propos de saint Matthieu : ‘Dieu a tourné son regard. Miserando atque eligendo, il l’a regardé avec un sentiment d’amour et l’a choisi’. C’est plus qu’une simple devise. C’est mon étoile polaire. Parce qu’en elle est contenu le mystère d’un Dieu disposé à porter sur lui le mal du monde, pourvu qu’il démontre son amour à l’être humain. »

    Il évoque des épisodes évangéliques : « ‘Si seulement je réussissais à toucher son manteau, je serais sauvée’, dit avec une grande foi l’hémorroïsse qui sent au fond d’elle-même que Jésus peut la sauver. Selon les Évangiles, c’était une femme rejetée par la société, à qui Jésus donne la santé et la liberté vis-à-vis des discriminations sociales et religieuses. Ce cas fait réfléchir sur le fait que le cœur de Jésus est toujours pour eux, pour les exclus, comme la femme était perçue et représentée à l’époque. »

    Le pape insiste sur l’actualité de ce message de l’Evangile sur la femme: « Nous sommes tous mis en garde, y compris les communautés chrétiennes, contre des visions de la féminité entachées de préjugés et de soupçons qui portent atteinte à sa dignité intangible. En ce sens, ce sont précisément les Évangiles qui rétablissent la vérité et reconduisent à un point de vue libérateur. Jésus a admiré la foi de cette femme que tous évitaient et il a transformé son espérance en salut. »

    Rétablir la dignité

    « Nous sommes tous pécheurs, ajoute le pape, mais Jésus nous pardonne avec sa miséricorde. L’hémorroïsse avait peur, elle ne voulait pas se faire voir, mais quand Jésus croise son regard, il ne lui fait pas de reproche : il l’accueille avec miséricorde et tendresse et cherche la rencontre personnelle avec elle, lui donnant sa dignité. Cela vaut pour nous tous quand nous nous sentons rejetés pour nos péchés : aujourd’hui, le Seigneur dit à nous tous : « Courage, viens ! Tu n’es plus rejeté, tu n’es plus rejetée : je te pardonne, je te serre dans mes bras ». C’est la miséricorde de Dieu. Nous devons avoir le courage d’aller vers lui, de demander pardon pour nos péchés et d’avancer. Avec courage, comme l’a fait cette femme. »

    Il revient sur un thème récurrent de ses prédications du matin, la honte : « Celui qui se sent exclu comme les lépreux ou les sans-abri, a honte et, comme l’hémorroïsse il fait les choses en cachette. Jésus en revanche nous remet debout, nous donne la dignité. Ce que Jésus donne, c’est un salut total, qui réintègre la vie de la femme dans la sphère de l’amour de Dieu et, en même temps, la rétablit dans sa dignité. Jésus indique ainsi à l’Église le parcours à effectuer pour aller à la rencontre de chaque personne, pour que chacun puisse être guéri dans son corps et dans son esprit et retrouver sa dignité d’enfant de Dieu. »

    Avec une traduction de Constance Roques

    source ZENIT.org

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    1. «Aujourd’hui, pensons uniquement à l’amour de Dieu», invite le pape François - Zenit
    2. BILLET DE SABRINA DI MATTEO : RADICALEMENT PÂQUES - radio VM
    3. Quand l'Amour est plus fort que la mort ! - Bruno
    4. Ce que Léonard de Vinci nous dit de Judas dans sa célèbre Cène
    5. Audience générale: «C'est de la croix que germe l'espérance» - RV
    6. ONU: un champion de 8 ans représente le Saint-Siège dans un tournoi d’échecs
    7. Le pape invite les jeunes à se demander « pour qui suis-je ? » et non « qui suis-je ? » - Zenit

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  • «Aujourd’hui, pensons uniquement à l’amour de Dieu», invite le pape François

    Cène du Seigneur dans la prison de Paliano (traduction complète)

    Paliano, Jeudi Saint 2017 © L'Osservatore Romano

    Paliano, Jeudi Saint 2017 © L'Osservatore Romano

    « Aujourd’hui, pensons uniquement à l’amour de Dieu », invite le pape François en ce Jeudi Saint 2017. Le lavement des pieds n’est aps, fait observer le pape, un rite « folklorique » mais un rite qui rappelle le don de Jésus, son amour, au service de tous.

    Le pape François s’est rendu à la prison de Paliano (province de Frosinone, diocèse de Palestrina), au sud-est de Rome pour la Messe de la Cène du Seigneur, ce 13 avril 2017. Une prison qui abrite des « collaborateurs de justice », des prisonniers soignés pour tuberculose, et quelques femmes. Une soixantaine de personnes.

    Au cours de la messe, le pape a lavé les pieds, comme le prévoit le rituel du Jeudi Saint, à 12 détenus : trois femmes, un musulman – qui sera baptisé en juin prochain – un Argentin, un Albanais et des Italiens. L’un d’eux a fait sa Première communion, d’autres la feront les semaines qui viennent et d’autres recevront la Confirmation. Ils purgeront leurs peines jusqu’à 2019 ou 2073, deux sont condamnés à perpétuité. Le pape a distribué lui-même la communion.

    Le pape a aussi rencontré, séparément, deux autres détenus, un homme et une femme, placés en isolement.

    Le pape a prononcé l’homélie d’abondance du cœur, en commentant l’Evangile. Voici notre traduction intégrale.

    AB

    Homélie du pape François

    Au dîner, il y avait Jésus, avec eux à la dernière Cène, dit l’Evangile : « Sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père ». Il savait qu’il avait été trahi et qu’il allait être livré par Judas cette nuit même.

    « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à la fin ». Dieu aime ainsi : jusqu’à la fin. Et il donne la vie à chacun de nous, et il se vante de cela, et il veut cela parce qu’il a de l’amour : « Aimer jusqu’à la fin ».

    Ce n’est pas facile, parce que nous tous nous sommes des pécheurs, tous nous avons des limites, des défauts, tant de choses. Tous nous savons aimer mais nous ne sommes pas comme Dieu qui aime sans regarder les conséquences, jusqu’à la fin.

    Et il donne l’exemple : pour faire voir cela, Lui qui était « ‘le chef », qui était Dieu, lave les pieds de ses disciples. Laver les pieds, c’était l’habitude de l’époque, avant les déjeuners et les dîners, parce qu’il n’y avait pas d’asphalte et les gens marchaient dans la poussière. Ainsi, l’un des gestes pour recevoir une personne chez soi, et manger, c’était de lui laver les pieds. Ce sont les esclaves qui le faisaient, ceux qui avaient été réduits en esclavage, mais Jésus renverse cela et il le fait, lui.

    Simon ne voulait pas le faire, mais Jésus lui explique qu’il en était ainsi, que Lui était venu au monde pour servir, pour nous servir, et pour se faire esclave pour nous, pour nous donner la vie, pour aimer jusqu’à la fin.

    Aujourd’hui, sur la route, quand j’arrivais, il y avait des gens qui saluaient : « Le pape arrive, le chef. Le chef de l’Eglise » Le chef de l’Eglise, c’est Jésus, ne plaisantons pas ! Le pape c’est la figure de Jésus, et je voudrais faire ce qu’il a fait Lui.

    Pendant cette cérémonie, le curé lave les pieds des fidèles. C’est un renversement : celui qui semble le plus grand doit faire un travail d’esclave, mais pour semer l’amour.

    Pour semer l’amour au milieu de vous, je ne vous dis pas d’aller aujourd’hui vous laver les pieds les uns les autres : ce serait un jeu. Mais le symbole, la figure, oui : je vous dirais que si vous pouvez apporter une aide, accomplir un service, ici, en prison, au compagnon ou à la compagne, faites-le.

    Parce que cela c’est l’amour, c’est comme laver les pieds. Et être serviteur des autres. Une fois, les disciples se disputaient à propos de qui était le plus grand, le plus important.

    Et Jésus dit : « Celui qui veut être important, doit se faire le plus petit et le serviteur de tous ». Et cela, c’est ce qu’il a fait ; Lui, voilà ce que Dieu fait avec nous. Il nous sert. Il est le serviteur. Nous tous qui sommes des pauvres types, tous! Mais Lui, il est grand, il est bon. Et il nous aime tels que nous sommes.

    Donc, pendant cette cérémonie, pensons à Dieu, à Jésus. Ce n’est pas une cérémonie folklorique : c’est un geste pour rappeler ce que Jésus a donné. Après cela, il a pris du pain, et il nous a donné son Corps ; il a pris du vin et il nous a donné son Sang. Et l’amour de Dieu est ainsi.

    Aujourd’hui, pensons uniquement à l’amour de Dieu.

    Traduction de ZENIT, Anita Bourdin

    source ZENIT.org

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  • BILLET DE SABRINA DI MATTEO : RADICALEMENT PÂQUES

    Jeudi, 13 Avril, 2017 - 12:53
     
    Que célébrez-vous à Pâques? Fête du printemps? Chasse aux cocos de chocolat? Derrière la marchandisation il y a pourtant l’ombre de la croix, sur laquelle un innocent est crucifié. Les lapins ont déguerpi. Les chrétiens se souviennent, chaque année depuis deux millénaires. Mémorial de quoi? C’est plus complexe que de fêter Noël – et c’est aussi plus important, car c’est le cœur de la foi chrétienne. Du Jeudi saint à Pâques, les derniers jours de Jésus condensent le sens de la vie, de l’engagement, de la mort et de l’espérance qui continuent de se répercuter dans notre culture. À l’heure de la lutte à la radicalisation, la fête de Pâques fait figure de contre-sens, En offrant l’histoire et la mémoire d’une vie radicalisée d’amour.
     
     
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