• Nos murs intérieurs

    Éditorial

     Étienne Godard, secrétaire du comité de rédaction

    Le thème de ce numéro de la Nouvelle revue franciscaine porte sur les murs que l’on construit. Nous Nos murs intérieurs - NRFsommes nombreux à frémir au vent du sud qui porte avec lui des odeurs fétides qui empestent l’enfermement et invitent à l’aveuglement.  Il faut s’ouvrir aux vents contraires.

    Ces jours-ci, à la mi-mars 2017, est présenté à la Place des Arts à Montréal l’opéra Another Brick in the Wall. Dans une entrevue donnée jeudi matin, le 9 mars, à l’émission Gravel le matin, sur les ondes de la radio FM de Radio-Canada, Pierre Dufour, une des bougies d’allumage de cette aventure, disait ceci, en référence à l’opéra : « Cette réalité des murs existe et existera probablement tout le temps. ».

    La poussée de la Vie, de l’Esprit, nous rend conscient des murs que nous sommes tentés d’ériger. Nous travaillons à les abolir, à aller au devant, à créer des liens pour établir des ponts.

    Le dossier

    Jocelyn Girard note que nous sommes envahis, dans notre monde virtuel, par un amoncellement d’informations pas toujours fondées, Mais il note que des faits sont bien avérés. L’ouverture des marchés, les délocalisations, produit du néolibéralisme, fragilisent des populations déjà appauvries, créant rejet et exclusion. Cette fièvre pousse des millions de migrants sur les routes en quête d’une vie meilleure.

    Ce climat d’incertitude amène une montée des crises identitaires. Devant ce constat, Girard nous invite à résister à nos angoisses. Il offre les exemples de Jésus de Nazareth et de François d’Assise qui ont rejeté les clivages et l’exclusion. Il invite à construire des passerelles pour relier les rivages et ouvrir un avenir.  Il nous faut transformer nos regards. Ce sont d’abord eux qui sont à la source des murs qui nous entourent.

    Raymond Lemieux fait le même constat: un éloignement qui s’accélère entre les plus nantis et les déshérités de notre planète. Ces deux mondes forment des univers « étanches et opaques » que l’on constate tant dans l’espérance de vie, les diètes alimentaires respectives que dans les lieux de résidence.

    Jocelyn Girard nous parle du regard et de son effet dévastateur. Étonnamment, Lemieux inscrit sa réflexion sur une voie semblable. Il parle d’aveuglement. Aujourd’hui, ceux qui possèdent la richesse se cloîtrent derrière les murs qui les tiennent à l’écart. « Voir est déstabilisant et fait peur », peut-on lire. Il renvoie au film de Stanley Kubrick, Eyes wide shut, qui nous montre, précise-t-il, des membres de cette société  jouissant de tous les avantages, s’abimer dans l’aveuglement.

    Éric Vin, dans Nos murs intérieurs, met de la lumière dans ces regards. Il parle de la construction de notre identité qui se coltaille avec nos dilemmes intérieurs. Monsieur Vin écrit: « lorsque nous sommes effrayés, en manque d’amour, de confiance ou de sécurité, nous cédons facilement à la voix la plus forte ou la plus séduisante - sans doute ce que Paul appelait le « péché ». Il invite à contrer ces voix égoïstes en faisant face aux chemins divergents pour laisser ceux qui sont porteurs de vie.

    Christian Rodembourg, dans sa contribution au dossier, emprunte une perspective différente de celle des auteurs précédents. Il est de l’autre côté du mur et frappe à la porte, cherche à l’ouvrir et laisser passer l’Esprit. D'entrée de jeux, Il cite le Père Eusèbe-Henri Ménard, ofm : «  le Christ Jésus est venu renverser tous les murs et réconcilier les frères ». Le Christ fut un héraut contre le rejet et l’exclusion. Il nous rappelle aussi que le pape François est fermement engagé contre toutes formes de barrière et nous renvoie à Saint-Paul qui,  pour le missionnaire des Saints-Apôtres, est un grand constructeur de ponts.

    Les chroniques

    Vous trouverez dans les chroniques des sentiers parallèles qui invitent, comme le pape François, à relier les rives opposées. Suzanne Giuseppi Testu, dans Muter ou mourir, nous invite, à la suite de François, à choisir la bienveillance dans nos rapports communautaires. Lévi Cossette nous livre un témoignage engagé sur la fécondité de cette bienveillance.

    Dans son témoignage, Sr Mariette Milot nous fait une leçon magistrale : comment laisser entrer le monde en soi sans jamais le laisser ressortir! La foi, l’espérance de Sr Milot parlent de rencontres. Ces rencontres sont au cœur de l’expérience de Dieu nous dit Thaddée Matura dans Croire en Dieu pour croire en l’homme, livre dont Gaston Sauvé nous fait part avec beaucoup de souffle, dans la chronique au cœur des mots. Il ne faut surtout pas manquer, cette année, dans Quête spirituelle, les textes de Jacques Gauthier qui sont une source vive. Dans la première, Chercher Dieu, monsieur Gauthier écrit : « Dieu reste toujours le cherché, le désiré, l’attendu ».

    Une collaboration spéciale

    Avant de vous laisser parcourir ce numéro, il est important de noter la collaboration de la peintre Mathilde Renaud (mathilderenaud.com) qui nous a gracieusement autorisés à reproduire plusieurs de ses toiles. Celles-ci sont porteuses d’un langage qui, comme toutes œuvres artistiques, lève le voile et révèle une réalité souvent invisible.

    Par Étienne Godard
    Secrétaire du comité  de rédaction

    source  vol 122, no 1 • Mars 2017

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  • NUCLEAIRE – Désarmer les fausses paix

    2017 PAX Nucléaire climat islande« Une éthique et un droit basé sur la menace d’une destruction réciproque – et potentiellement de toute l’humanité – sont contraires à l’esprit même des Nations unies. (…)« La paix et la stabilité internationale ne peuvent être fondées sur un faux-sens de la sécurité, sur la menace d’une destruction réciproque d’un anéantissement total, sur le simple maintien d’un équilibre des puissances »

    Extrait du message du pape François envoyé le 29 mars à la conférence des Nations unies en cours à New York pour négocier un traité interdisant les armes nucléaires. Le message a été lu par Mgr Camilleri, sous-secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États.

    La paix et la stabilité internationale ne peut pas être basée sur un faux sentiment de sécurité, basé sur la menace de destruction mutuelle ou d’annihilation totale ou d’un simple maintient d’un équilibre de puissance. La paix se construit sur la justice, le développement humain intégral, le respect des droits fondamentaux humains, sur la protection de la Création, sur la participation de tous dans la vie publique, sur la confiance entre les peuples, sur le soutien des institutions pacifiques, sur l’accès à l’éducation et aux soins, sur le dialogue et le solidarité. De ce point de vue, nous devons aller au-delà de la menace nucléaire. (…) Le but ultime de l’élimination totale des armes nucléaires devient ainsi à la fois un défi et un impératif moral et humanitaire. (…) Accomplir un tel monde sans armes nucléaires implique un processus à long terme basé sur la conscience que « tout est lié » (LS § 117, 138)

    DL

    source https://ecologyandchurches.wordpress.com


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  • Sainte-Marthe: «Lève-toi, prends ta vie telle qu’elle est, et avance»

    Homélie de la messe du pape François, 28 mars 2017

    Messe à Sainte-Marthe © L'Osservatore Romano

    Messe À Sainte-Marthe © L'Osservatore Romano

    « Le Seigneur dit à chacun de nous : ‘Lève-toi, prend ta vie telle qu’elle est…et avance’ » : c’est ce qu’a affirmé le pape François au cours de l’homélie de la messe à Sainte-Marthe ce mardi 28 mars 2017, indique Radio Vatican en italien. Il a aussi mis en garde contre le péché de l’acédie et a confirmé que le Christ était toujours prêt à guérir le malade.

    « C’est beau, a dit le pape, Jésus nous dit toujours ceci : Veux-tu guérir ? Veux-tu être heureux ? Veux-tu améliorer ta vie ? Alors, ‘Lève-toi !’ Avance. »

    Le pape a commenté le récit évangélique de la guérison du paralytique de la piscine de Bethesda : « C’est un homme étrange, estime le pape,  qui répond à Jésus : ‘Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine quand l’eau s’agite, tandis que je me prépare à y aller, un autre descend avant moi’. » « La réponse est une plainte, a poursuivi le pape,  ‘Mais regarde, Seigneur, comme la vie a été dure, injuste avec moi. Tous les autres peuvent y aller et guérir et moi, depuis 38 ans que j’essaie, mais… »

    Cette « attitude », avec « des plaintes et aussi toujours en cherchant à accuser l’autre », est « un vilain péché, le péché de l’acédie », a diagnostiqué le pape François : « Cet homme n’était pas tant malade de la paralysie, que de l’acédie, qui est pire que d’avoir le cœur tiède, encore pire. C’est vivre, mais … ne pas avoir envie de faire quelque chose dans la vie, avoir perdu la mémoire de la joie. »

    « Cet homme, a fait observer le pape, ne connaissait même pas la joie de nom, il l’avait perdue. C’est là le péché. C’est une mauvaise maladie : ‘Mais c’est confortable ainsi, je me suis habitué… Mais la vie a été injuste avec moi…’ Et l’on voit le ressentiment, l’amertume de cœur. »

    « L’acédie, a résumé le pape, est un péché qui paralyse, qui nous rend paralysés. Il nous empêche de marcher. Aujourd’hui encore, le Seigneur regarde chacun de nous, nous avons tous péché, nous sommes tous des pécheurs,  mais en regardant ce péché », il nous dit : ‘Lève-toi !’ » :

    Le paralytique, a fait remarquer le pape, n’a même pas dit merci à Jésus, il ne lui a même pas demandé son nom : « Il s’est levé avec cette acédie » qui fait « vivre parce que l’oxygène est gratuit », qui fait « vivre en regardant toujours les autres qui sont plus heureux que moi ».

    Le pape a appelé à répondre « oui » à la question du Christ : « Veux-tu guérir? » « Aujourd’hui, a dit le pape, le Seigneur dit à chacun de nous : ‘Lève-toi, prend ta vie comme elle est, qu’elle soit belle, dure, prends-la et avance. N’aie pas peur, avance avec ta civière ! – Mais Seigneur, ce n’est pas le dernier modèle… – Mais avance ! Avec cette civière pas belle, peut-être, mais avance ! C’est ta vie, c’est ta joie. »

    Et le pape conclut : « Si nous disons au Seigneur : ‘Oui, je veux guérir. Oui, Seigneur, aide-moi parce que je veux me lever’, nous saurons ce qu’est la joie du salut ».

    Avec une traduction de Constance Roques

    source ZENIT.org

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  • SPIRITUALITÉ

    Ma petite sœur a 21 ans et elle entre au couvent

     
    © Jeffrey Bruno/Aleteia

    Dans un monde qui accorde de moins en moins de place à Dieu,

    qu’est-ce qui pousse une jeune femme à devenir religieuse ?

    Ma petite sœur, avec qui j’ai grandi – et qui passait son temps à chanter, à dessiner et à me chaparder mes vêtements – s’apprête à couper sa chevelure bouclée et à prendre l’habit pour devenir religieuse dans un ordre contemplatif cloîtré. Voici plusieurs mois que j’essaie de me faire à cette idée. J’ai enfin réussi à prendre un peu de temps avec elle pour lui poser les questions qui me brûlent les lèvres.

    Aleteia : À quel moment t’es-tu dit que tu avais peut-être la vocation ?

    Je me rappelle, quand j’avais environ 12 ans, j’allais à la messe en semaine. Je pensais à Dieu le matin mais après je l’oubliais pour le reste de la journée. Et j’avais pourtant envie de rester dans l’église et de ne pas oublier Dieu. Je pense que mon désir a commencé là. Bien sûr, ce désir n’était pas encore très clair dans mon cœur, mais il a grandi au fil du temps.

    Tu as seulement 21 ans ! Comment sais-tu que tu es prête à faire un tel choix de vie ?  

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  • Vie consacrée: la confiance dans le Christ, maître de l’histoire

    Peu nombreux? Comme le levain ou le sel dans la pâte…

    Rencontre dans la cathédrale de Milan, 25 mars 2017, capture CTV

    Rencontre Dans La Cathédrale De Milan, 25 Mars 2017, Capture CTV

    Le pape François invite les personnes consacrées à un acte de confiance dans le fait que le Christ « conduit l’histoire ». Le pape leur recommande de ne pas chercher le nombre, mais d’être levain et sel dans la pâte. Et surtout de combattre la « résignation ».

    Après avoir rendu visite à des familles d’un quartier populaire de Milan, le pape François est arrivé à la cathédrale, le « Duomo »,  accompagné de l’archevêque, le cardinal Angelo Scola, samedi, 25 mars 2017. Il est tout d’abord allé se recueillir auprès du Saint-Sacrement et sur le tombeau de saint Charles Borromée (1538-1584). Il a ensuite salué des représentants d’autres confessions présents à la rencontre.

    Puis le pape a répondu aux questions d’un prêtre, le père Gabriele Gioia, d’un diacre permanent, Roberto, et d’une religieuse, Mère Maria Paola Paganoni, osc (Ursuline).

    « Cela nous fera du bien, a dit notamment le pape aux consacrés, de poser un acte de confiance : c’est Lui qui conduit l’histoire ! C’est vrai. Nous, faisons tout pour grandir, être forts… Mais pas la résignation. Lancer des processus. Aujourd’hui, la réalité nous interpelle – je le répète – la réalité nous invite à être de nouveau un peu de levain, un peu de sel. Vous pouvez penser à un repas avec beaucoup de sel ? Ou une pâte totalement fermentée ? Personne ne la mangerait. Aujourd’hui, la réalité (…) nous appelle à lancer des processus plus qu’à occuper des espaces, à lutter pour l’unité (…), à écouter la réalité, à nous ouvrir « à la masse », au saint peuple de Dieu fidèle, au tout ecclésial. Nous ouvrir au tout ecclésial. »

    Le pape invite à « vivre » et non pas à « survivre » comme « une minorité bénie », « invitée à « lever » de nouveau, à lever en harmonie avec ce que l’Esprit Saint a inspiré au cœur de vos fondateurs et dans vos cœurs à vous. Voilà ce qu’il faut aujourd’hui ».

    Le pape a ensuite prié l’angélus avec la foule rassemblée sur le parvis de la cathédrale, puis il s’est rendu à la prison de San Vitore, pour le déjeuner avec des détenus, et un temps de repos. Il a ensuite présidé la messe de l’Annonciation et il rencontré les jeunes.

    Voici notre traduction intégrale de la réponse du pape François à la sœur ursuline: en partie préparée et en partie d’abondance du cœur.

    AB

    Message du pape François aux consacrés

    Merci. Cela me plaît. J’aime le mot « minorité ». C’est vrai que c’est le charisme des franciscains, mais nous tous aussi nous devons être « mineurs » : c’est une attitude spirituelle qui est comme le sceau chrétien. J’aime que vous ayez employé ce mot. Et c’est à partir de cette dernière parole que je vais commencer : « petitesse », « minorité ».

    Normalement, – mais je ne dis pas que ce soit le cas – c’est une parole qui s’accompagne d’un sentiment : « On paraît nombreuses, mais beaucoup sont âgées, nous sommes peu… » Et le sentiment qui est là-dessous, quel est-il ? La résignation. Un sentiment mauvais. Sans nous en rendre compte, à chaque fois que nous pensons ou que nous constatons que nous sommes peu nombreux, ou dans beaucoup de cas âgés, et que nous faisons l’expérience du poids, la fragilité plus que la splendeur, notre esprit commence à être abîmé par la résignation. Et la résignation conduit ensuite à l’acédie… Je vous recommande, si vous avez le temps, de lire ce que les Pères du désert disent de l’acédie : c’est une chose tellement d’actualité aujourd’hui. Je crois que c’est là que naît la première action à laquelle nous devons faire attention : peu, oui, en minorité, oui, résignés, non ! Ce sont des fils très subtils que l’on ne reconnaît que devant le Seigneur en examinant notre intériorité. Lorsqu’il a parlé, le cardinal a dit deux paroles qui ‘nt beaucoup frappé. En parlant de la miséricorde, il a dit que la miséricorde « restaure et donne la paix ». Un bon remède contre la résignation c’est cette miséricorde qui restaure te donne la paix. Quand nous tombons dans la résignation, nous nous éloignons de la miséricorde : allons immédiatement chez quelqu’un – quelqu’une – auprès du Seigneur, demander miséricorde, pour qu’elle nous restaure et nous donne la paix.

    Quand nous sommes pris par la résignation, nous vivons avec l’imaginaire d’un passé glorieux, qui, loin de réveiller le charisme initial, nous enveloppe toujours davantage dans une spirale de pesanteur existentielle. Tous se fait plus lourd et plus difficile à soulever. Et, là, ce n’est pas une chose que j’ai écrite, mais je vais la dire, parce que ce n’est pas très beau à dire, mais, excusez-moi, cela arrive, et je vais le dire. Les structures commencent à être lourdes, vides, nous ne savons pas comment faire et nous pensons à vendre les structures pour avoir de l’argent, de l’argent pour la vieillesse… L’argent que nous avons en banque commence à peser… Et la pauvreté, où va-t-elle ? Mais le Seigneur est bon, et quand une congrégation religieuse ne va pas sur la route de la pauvreté, habituellement, il lui envoie un mauvais économe ou une mauvaise économe qui fait tout s’écrouler ! Et cela c’est une grâce ! (Le pape rit et l’assemblée applaudit)

    Je disais que tout se fait plus pesant et difficile à soulever. Et la tentation, c’est toujours de chercher des sécurités humaines. J’ai parlé de l’argent, qui est l’une des sécurités plus humaines que nous avons tout près. C’est pourquoi cela nous fait du bien à tous de revisiter les origines, de faire un pèlerinage aux origines, une mémoire qui nous sauve de toute imagination glorieuse, mais irréelle, du passé.

    « Le regard de foi est capable de reconnaître la lumière que l’Esprit Saint répand toujours dans l’obscurité, sans oublier que « là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé » (Rm 5, 20). Notre foi est appelée à voir que l’eau peut être transformée en vin, et à découvrir le grain qui grandit au milieu de l’ivraie. » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, 84).

    Nos pères et nos mères fondateurs n’ont jamais pensé à être une multitude ou une grande majorité. Nos fondateurs se sentaient mus par l’Esprit Saint à un moment concret de l’histoire pour être une présence joyeuse de l’Evangile pour leurs frères ; à renouveler et édifier l’Eglise comme levain dans la masse, comme sel et lumière du monde. Je pense, il me vient une phrase claire d’un fondateur, mais beaucoup ont dit la même chose : « Ayez peut de la multitude ». Qu’il n’en vienne pas tant, par peur de ne pas bien les former, la peur de ne pas donner le charisme… L’un l’appelait la « turba multa » (foule nombreuse, ndlr). Non. Eux ils pensaient simplement à apporter l’Evangile, le charisme.

    Je crois que l’un des motifs qui nous freinent et qui nous enlèvent la joie se trouve dans cet aspect. Nos congrégations ne sont pas nées pour être la masse, mais un peu de sel et un peu de levain, qui aurait donné sa propre contribution pour que la masse grandisse ; pour que le Peuple de Dieu ait cet « assaisonnement » qui manquait. Pendant de nombreuses années nous avons cru et nous avons grandi avec l’idée que les familles religieuses devaient occuper des espaces plus que lancer des processus. Etant donné que nous étions nombreux, que le conflit pouvait m’emporter sur l’unité, que les idées (ou notre impossibilité de changer) étaient plus importants que la réalité, ou que la partie (notre petite partie ou vision du monde) était supérieur à l’ensemble ecclésial (cf. ibid., 222-237).  C’est une tentation. Mais moi je n’ai jamais vu un pizzaiolo qui, pour faire une pizza, prend une livre de levain et 100 grammes de farine, non. C’est le contraire. Peu de levain, pour faire lever la farine.

    Aujourd’hui, la réalité nous interpelle, aujourd’hui la réalité nous invite à être de nouveau un peu de levain, un peu de sel. Hier soir, dans L’Osservatore Romano, qui sort le soir mais avec la date d’aujourd’hui, il y a le départ des deux dernières Petites sœurs de Jésus d’Afghanistan, au milieu des musulmans, parce qu’il n’ay avait plus de sœurs et désormais âgées, elles devaient revenir. Elles parlaient l’afghan. Tout le monde les aimait : les musulmans, les catholiques, les chrétiens… Pourquoi ? Parce que témoins. Pourquoi ? Parce que consacrées à Dieu Père de tous. Et j’ai pensé, j’ai dit au Seigneur, en lisant cela – cherchez cela, aujourd’hui, sur L ’Osservatore Romano, cela nous fera penser à ce sur quoi vous avez posé votre question – : « Mais Jésus, pourquoi laisse-tu ces gens comme cela ? » Et il m’est venu à l’esprit le peuple coréen, qui a eu au début trois quatre missionnaires chinois – au début – et ensuite pendant deux siècles le message n’a été porté que par des laïcs. Les voies du Seigneur sont comme il veut qu’elles soient.

    Mais cela nous fera du bien de poser un acte de confiance : c’est Lui qui conduit l’histoire ! C’est vrai. Nous, faisons tout pour grandir, être forts… Mais pas la résignation. Lancer des processus. Aujourd’hui, la réalité nous interpelle – je le répète – la réalité nous invite à être de nouveau un peu de levain, un peu de sel. Vous pouvez penser à un repas avec beaucoup de sel ? Ou une pâte totalement fermentée ? Personne ne la mangerait. Aujourd’hui, la réalité – en vertu de nombreux facteurs que nous ne pouvons pas maintenant nous arrêter à analyser – nous appelle à lancer des processus plus qu’à occuper des espaces, à lutter pour l’unité plus que de nous attacher à des conflits passés, à écouter la réalité, à nous ouvrir « à la masse », au saint peuple de Dieu fidèle, au tout ecclésial. Nous ouvrir au tout ecclésial.

    Une minorité bénie, qui est invitée à « lever » de nouveau, à lever en harmonie avec ce que l’Esprit Saint a inspiré au cœur de vos fondateurs et dans vos cœurs à vous. Voilà ce qu’il faut aujourd’hui.

    Passons à une dernière chose. Je n’oserais pas vous dire vers quelles périphéries existentielles doit se diriger la mission, parce que normalement l’Esprit a inspiré les charismes pour les périphéries, pour aller dans les lieux, dans les angles habituellement abandonnés. Je ne crois pas que le pape puisse vous dire : vous êtes peu nombreuses, peu nombreux, occupez-vous de celle-ci ou de celle-là. Ce que le pape peut vous dire c’est ceci : vous êtes peu nombreuses, vous êtes peu nombreux, vous êtes ce que vous êtes, allez aux périphéries, allez aux confins rencontrer le Seigneur, renouveler la mission des origines, à la Galilée de la première rencontre. Choisissez les périphéries, réveillez des processus, Et cela nous fera du bien à tous, cela nous fera grandir, cela nous fera multitude.

    Il me vient maintenant à l’esprit la confusion qu’aura vécu notre Père Abraham. On lui a fait regarder le ciel : « Compte les étoiles ! » Mais il ne pouvait pas. « Ainsi sera ta descendance ». Et puis : « Ton fils unique ». L’unique, l’autre était déjà parti, mais celui-ci avait la promesse : « Fais-le monter sur la montagne et offre-le moi en sacrifice ». De cette multitude d’étoiles, à sacrifier son propre fils : la logique de Dieu ne se comprend pas. On obéit seulement. Et voilà la route que vous devez prendre. Choisissez les périphéries, réveillez les processus, allumez l’espérance éteinte et affaiblie d’une société qui est devenue insensible à la douleur des autres. Dans notre fragilité, en tant que congrégations, nous pouvons nous rendre plus attentifs à tant de fragilités qui nous entourent t les transformer en espace de bénédiction. C’est le moment où le Seigneur vous dira : « Arrête, il y a un chevreau, là. Ne sacrifie pas ton fils unique ».

    Allez et apportez « l’onction » du Christ, allez ! Je ne suis pas en train de vous chasser ! Je vous dis seulement : aller apporter la mission du Christ, votre charisme.

    Et n’oublions pas que « quand on place Jésus au milieu de son peuple, le peuple trouve la joie. Oui, cela seul pourra nous rendre la joie et l’espérance, cela seul nous sauvera de vivre dans une attitude de survie : non, s’il vous plaît, cela c’est de la résignation. Non pas survivre, vivre ! Cela seul rendra notre vie féconde et maintiendra notre cœur vivant.  Mettre Jésus là où il doit être : au milieu de son peuple» (Homélie, Messe de la Présentation du Seigneur, XXIe Journée mondiale de la vie consacrée, 2 février 2017). Voilà votre tâche. Merci, mère. Merci.

    Et maintenant, prions ensemble. Je vais vous donner la bénédiction et je vous demande, s’il vous plaît, de prier pour moi, parce que j’ai besoin d’être soutenu par les prières du peuple de Dieu, des consacrés et des prêtres. Merci beaucoup.

    Prions.

    © Traduction de ZENIT, Anita Bourdin

    source ZENIT.org

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  • Milan: le diacre permanent, «gardien du service dans l’Eglise»

    Une vocation familiale

    Milan: le diacre permanent, «gardien du service dans l’Eglise» - Zenit

    Rencontre Dans La Cathédrale De Milan, 25 Mars 2017, Capture CTV

    Les diacres permanents sont « le sacrement du service de Dieu et des frères », et ils rappellent au Peuple de Dieu cette dimension essentielle du baptême qu’est le service, le diacre est « le gardien du service dans l’Eglise ». Et c’est une vocation « familiale ».

    Le pape François a ainsi apporté des indications décisives sur le charisme et la mission des diacres permanents dans l’Eglise en répondant à la question d’un diacre permanent marié, Roberto, en la cathédrale de Milan, ce samedi 25 mars 2017, à l’occasion de la rencontre avec les prêtres, les diacres et les consacrés du plus grand diocèse d’Europe où le pape passe dix heures, à commencer par les familles d’un quartier populaire, les « Maisons Blanches », et en tant que « prêtre au service du peuple ».

    Le pape a démonté les idées reçues d’un diacre « demi-prêtre » ou « demi-laïc », pour revenir à l’identité propre du diacre, dès l’institution du diaconat dans l’Eglise primitive comme le rapportent les Actes des Apôtres. Il a au passage rappelé que les évêques justement confient des tâches aux diacres pour être libres pour la prière, leur première mission. Il a par ailleurs réfuté l’image d’un diacre qui serait un « intermédiaire » entre le peuple de Dieu et ses pasteurs.

    Surtout, le pape a donné cette définition originale du diacre comme « sacrement du service de Dieu et des frères ». La vocation du diacre est ainsi de rappeler que le service est au cœur de la vocation de tout baptisé, et comme antidote à une société du « cela m’est utile », cela me « sert ». « Il semble qu’aujourd’hui, a constaté le pape, tout doive « nous servir », comme si tout avait pour fin l’individu : la prière « me sert », la communauté « me sert », la charité « me sert ». » Pour le pape, l’identité et la mission du diacre est à l’opposé : « Vous, vous êtes le don que l’Esprit nous fait pour voir que le juste chemin va en sens contraire : dans la prière, je sers, dans la communauté, je sers, par la solidarité, je sers Dieu et mon prochain. »

    « Le diaconat est une vocation spécifique, une vocation familiale qui rappelle le service comme un des dons caractéristiques du Peuple de Dieu. Le diacre est, pour ainsi dire, le gardien du service dans l’Eglise. Le service de la Parole, le service de l’autel, le service des pauvres », a insisté le pape qui a mis en garde notamment contre le « cléricalisme ».

    Le pape a aussi souligné le lien entre service de l’autel et service caritatif, l’un conduisant « toujours » à l’autre.

    Voici notre traduction, rapide, de travail, de l’allocution du pape François, avec les ajouts faits d’abondance du cœur, notamment, ce qui a fait sourire l’assemblée, la mention des « belles-mères » à propos des « tensions » qui se vivent en famille.

    Après avoir rendu visite à des familles d’un quartier populaire de la ville, le pape est arrivé à la cathédrale de Milan accompagné de l’archevêque, le cardinal Angelo Scola. Il est tout d’abord allé se recueillir auprès du Saint-Sacrement et sur le tombeau de saint Charles Borromée (1538-1584). Il a ensuite salué des représentants d’autres confessions présents à la rencontre.

    Le pape a répondu aux questions d’un prêtre, d’un diacre et d’une religieuse, au nom de tous les consacrés du diocèse. Il a ensuite prié l’angélus avec la foule rassemblée sur le parvis de la cathédrale, puis il s’est rendu à la prison de San Vitore, pour le déjeuner avec des détenus, et un temps de repos. Il devait ensuite présider la messe de l’Annonciation et rencontrer les jeunes.

    AB

    Allocution du pape François         

    Merci. Vous, les diacres, vous avez beaucoup à donner. Pensons à la valeur du discernement. A l’intérieur du presbytérium, vous pouvez être une voix autorisée pour montrer la tension qu’il y a entre le devoir et le vouloir, les tensions qui se vivent à l’intérieur de la vie familiale – vous avez une belle-mère, pour prendre n exemple! -Et aussi les bénédictions qui se vivent dans la vie familiale.

    Mais nous devons être attentifs à ne pas voir dans les diacres des demi-prêtres ou des demi-laïcs. C’est un danger. A la fin, ils ne sont ni ici ni là. Non, on ne doit pas faire cela, c’ets un danger. Les regarder comme cela nous fait du mal et leur fait du mal. Cette façon de les considérer retire sa force au charisme propre du diaconat. Et ce charisme est dans la vie de l’Eglise. Et l’image du diacre comme une espèce d’intermédiaire entre les fidèles et les pasteurs ne va pas bien non plus. Ni à mi-chemin entre les prêtres et les laïcs, ni à mi-chemin entre les pasteurs et les fidèles. Et il y a deux tentations. Il y a le danger du cléricalisme. Je vois parfois quelqu’un qui assiste à la liturgie: il semble quasi vouloir prendre la place du prêtre. Le cléricalisme, gardez-vous du cléricalisme. Et l’autre tentation, c’est le « fonctionnarisme »: c’est une aide qu’à le prêtre pour ceci ou cela..; c’est un garçon qui accomplit certaines tâches et pas pour d’autres choses… Non. Vous avez un charisme clair dans l’Eglise vous devez le construire.

    Le diaconat est une vocation spécifique, une vocation familiale qui rappelle leservice. J’aime tellement lorsque (dans les Actes des Apôtres) les premiers chrétiens sont allés trouver les apôtres pour se lamenter parce que leurs veuves et leurs orphelins n’étaient pas bien assistés et ils ont fait cette réunion, ce « synode » entre les apôtres et les disciples, et ils ont « inventé » les diacres pour servir. Et c’est très intéressant pour nous aussi, les évêques, parce que c’étaient tous des évêques ceux qui ont « fait » les diacres. Et qu’est-ce que cela nous dit? Que les diacres sont des serviteurs. Puis ils ont compris que dans ce cas, c’était d’assister les veuves et les orphelins, mais servir. Et à nous, les évêques: la prière et l’annonce de la Parole. Et cela nous fait voir quel est le charisme le plus important d’un évêque: prier. Quel est le devoir d’un évêque, sa première tâche? La prière. Second devoir: annoncer la Parole. Mais on voit bien la différence. Et à vous (diacres): le service. Cette parole est la clef pour comprendre votre charisme.

    Le service est comme un des dons caractéristiques du Peuple de Dieu. Le diacre est, pour ainsi dire, le gardien du service dans l’Eglise. Chaque mot doit bien être pesé. Vous êtes les gardiens du service dans l’Eglise: le service de la Parole, le service de l’autel, le service des pauvres.

    Et votre mission, la mission du diacre, et sa contribution consistent en cela : nous rappeler à tous que la foi, dans ses différentes expressions – la liturgie communautaire, la prière personnelle, les différentes formes de la charité –  et dans ses différents états de vie – laïc, clérical, familial – possède une dimension essentielle de service. Le service de Dieu et des frères. Et combien de chemin il y a à faire dans ce sens! Vous êtes les gardiens du service dans l’Eglise.

    La valeur des charismes dans l’Eglise consiste en ceci qu’ils sont un rappel et un don pour aider tout le peuple de Dieu à ne pas perdre la perspective et les richesses de l’agir de Dieu.

    Vous n’êtes pas des demi-prêtres ni des demi-laïcs – ce serait « fonctionnariser » le diaconat -, vous êtes le sacrement du service de Dieu et des frères. Et de cette parole « service » découle tout le développement de votre travail, de votre vocation, de votre être dans l’Eglise. Une vocation qui, comme toutes les vocations, n’est pas seulement individuelle mais vécue à l’intérieur de la famille et avec la famille ; à l’intérieur du Peuple de Dieu et avec le Peuple de Dieu.

    Pour résumer :

    -il n’y a pas de service à l’autel, il n’y a pas de liturgie qui ne s’ouvre au service des pauvres et il n’y a pas de service des pauvres qui ne conduise à la liturgie ;

    -il n’y a pas de vocation ecclésiale qui ne soit familiale.

    Cela nous aide à réévaluer le diaconat comme vocation ecclésiale.

    Enfin, il semble qu’aujourd’hui tout doive « nous servir », comme si tout avait pour fin l’individu : la prière « me sert », la communauté « me sert », la charité « me sert ». Vous, vous êtes le don que l’Esprit nous fait pour voir que le juste chemin va en sens contraire : dans la prière, je sers, dans la communauté, je sers, par la solidarité, je sers Dieu et mon prochain.

    Et que Dieu vous donen la grâce de grandir dans ce charisme de garder le service dans l’Eglise. Merci de ce que vous faites.

    Traduction de ZENIT

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  • ACTUALITÉS

    Le Pape à la recherche de « vrais semeurs d’espérance »


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  • Sainte-Marthe: les « catholiques athées », qui n’écoutent pas la voix de Dieu

    Le pape met en garde contre l’endurcissement du cœur

    Le pape devant la foule © L'Osservatore Romano

    Le Pape Devant La Foule © L'Osservatore Romano

    Le pape François a mis en garde contre l’endurcissement du cœur, durant la messe matinale du 23 mars 2017. Depuis la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, au Vatican, il a appelé à ne pas se « boucher les oreilles » à la voix de Dieu comme des « catholiques athées ».

    « Quand nous ne nous arrêtons pas pour écouter la voix du Seigneur, nous finissons par nous éloigner, nous nous éloignons de Lui, nous lui tournons le dos. Et si l’on n’écoute pas la voix du Seigneur, on écoute d’autres voix », a averti le pape dans son homélie rapportée par Radio Vatican en italien.

    « Nous devenons sourds : sourds à la Parole de Dieu », a-t-il ajouté : « Nous tous, si aujourd’hui nous nous arrêtons un peu et regardons notre cœur, nous verrons si souvent – si souvent ! – que nous avons fermé les oreilles et combien de fois sommes-nous devenus sourds ».

    Sourd à la Parole du Seigneur

    « Quand un peuple, une communauté, mais disons-le aussi, une communauté chrétienne, une paroisse, un diocèse, a poursuivi le pape, se bouche les oreilles et devient sourd à la Parole du Seigneur, il cherche d’autres voix, d’autres seigneurs et va terminer avec les idoles, les idoles que le monde, la mondanité, la société lui offrent. Il s’éloigne du Dieu vivant ».

    Le cœur qui n’écoute pas « devient plus dur, plus refermé sur lui mais dur et incapable de recevoir quelque chose ; pas seulement fermeture : dureté de cœur », a insisté le pape François : il vit « dans ce monde, dans cette atmosphère qui ne lui fait pas du bien. Il s’éloigne chaque jour davantage de Dieu ».

    « Et ces deux choses – ne pas écouter la Parole de Dieu et le cœur endurci, refermé sur lui – font perdre la fidélité. (…) Et nous devenons des catholiques infidèles, catholiques païens ou, plus mauvais encore, catholiques athées, parce que nous n’avons pas de référence d’amour au Dieu vivant ».

    La confusion sur le bien et le mal

    L’infidélité, a encore expliqué le pape, mène à « un mode de confusion, on ne sait pas où est Dieu, où il n’est pas, on confond Dieu avec le diable ». Comme dans l’Evangile (Lc 11, 14-23) où Jésus est accusé de connivence avec les démons : « C’est le blasphème. Le blasphème est le dernier mot de ce parcours qui commence avec le fait de ne pas écouter, qui endurcit le cœur » et conduit « à la confusion, te fait oublier la fidélité et, à la fin, tu blasphèmes ».

    En conclusion, le pape a invité à un examen de conscience : « Chacun de nous aujourd’hui peut se demander : ‘Est-ce que je m’arrête pour écouter la Parole de Dieu, je prends la Bible en main, et Il me parle ? Mon cœur s’est-il endurci ? Est-ce que je me sens éloigné du Seigneur ? Ai-je perdu la fidélité au Seigneur et je vis avec les idoles que m’offre la mondanité de chaque jour ? Ai-je perdu la joie de l’étonnement de la première rencontre avec Jésus ?’ ».

    « Aujourd’hui est une journée pour écouter, a-t-il souligné. (…) Demandons cette grâce : la grâce d’écouter pour que notre cœur ne s’endurcisse pas ».

    source ZENIT.org

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  •  Mars - Avril 2017

     Golgotha, le lieu du don de l’amour

    Impossible de passer à côté du Golgotha si on entend parler d’amour et d’amour chrétien. Mais il faut dire que dans l’histoire et aussi dans notre histoire personnelle, ce lieu fait l’objet de connotations très diverses : scène plus ou moins sanglante, crucifix traditionnel, croix sans le corps de Jésus, mise en scène théâtrale « Grand-Guignol » aux Philippines, représentations hyperréalistes au cinéma, etc.


    « Vous tous qui passez sur le chemin, voyez s’il est une douleur pareille à la mienne ».
    Cette hymne « o vos omnes » chantée la semaine sainte met l’accent sur la souffrance.
    Mais il faut rappeler que cette façon de trouver du sens à la croix a été une
    manière de faire face au désastre en particulier en Europe quand elle a perdu deux
    tiers de l’humanité par deux pestes et la guerre de cent ans.
     

    Sans minimiser le caractère horrible du supplice réservé par les romains aux esclaves
    et aux étrangers – les citoyens romains étaient décapités – les récits des évangiles se
    focalisent sur un autre aspect de la scène, le sens de la mort de Jésus en croix. Nous
    sommes au coeur du mystère chrétien. Comment faire comprendre que la mort de
    Jésus est une victoire, que son abandon est le signe de l’amour, que l’échec n’est
    pas la fin. Quand on parle d’incarnation, le risque est de penser que Jésus quitte le
    ciel, la Trinité, pour se rendre sur terre. En bonne spiritualité franciscaine, en mourant
    sur la croix, l’homme Jésus reste le Fils, engendré par le Père dans l’Esprit. Autrement
    dit sa mort signifie l’amour qui se donne entre les relations des trois personnes de la
    Trinité. Comment le comprendre alors que ce qui est donné à voir c’est un homme
    condamné, supplicié et mourant sur une croix ?


    Il s’agit d’un mystère. On ne peut y entrer que par une foi vivante. Pour dire « je
    t’aime » les italiens disent : « ti voglio bene », « je te veux du bien ». Pour les francophones,
    cela peut paraître curieux, mais cette expression exprime deux choses :
    l’amour est un vouloir et il est un bien. Rapporté à Dieu, cela veut dire que l’amour
    que Dieu nous donne est une décision, un vouloir totalement gratuit. C’est par un don
    que le Père engendre le Fils, ce don est l’Esprit. Ensuite, l’amour est un bien. Pour
    être vraiment un bien, un bien doit se diffuser, se donner à un autre et être reçu par
    un autre. Si Dieu est le Bien, bien total, souverain bien comme le dit saint François, il
    se diffuse entre les personnes de la Trinité, mais également dans la création et pour
    les créatures que nous sommes. Dans cette dynamique du bien, la croix est donc à
    l’évidence la marque du don offert par le Père en son Fils dans l’Esprit. La preuve de
    cela c’est que Jésus ne se sauve pas lui-même, alors que des spectateurs goguenards
    l’invitent à le faire. Si Jésus l’avait fait, il sortirait de la gratuité du mouvement du
    bien qui se diffuse pour le salut de toute l’humanité.

    Une présence dans le drame

    La mort de Jésus est un drame. Au coeur de ce drame, il y a le cri de Jésus : « Eloï,
    Eloï, lama sabaqthani ? » Cette expression araméenne, écho du Psaume 22, est presque
    toujours traduite par « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? », mais
    si on se tient au plus près du texte grec, celui des évangiles, l’évangéliste traduit par
    « Mon Dieu, mon Dieu, vers quoi m’as-tu abandonné ? » Nous voilà donc face au
    drame avec deux questions. La première : un « pourquoi » et c’est vrai que chaque fois
    qu’il y a un drame, par exemple un accident de car avec plusieurs morts, eh bien on
    cherche une explication, une cause voire un coupable. La seconde question : un « vers
    quoi » qui nous incite à trouver à tout prix du sens à ce qui est arrivé, par exemple en
    promettant le ciel aux victimes innocentes. Toute question est légitime, mais il y a un
    risque, celui de s’épuiser dans la recherche des causes ou de sens là où il n’y en a
    pas forcément. Que reste-t-il ? Quelle attitude prendre face à la souffrance, à la détresse
    des personnes touchées ? Il n’y a pas d’autre attitude à avoir que celle de l’entredeux
    représenté par le centurion et les femmes présentes à la croix. Une présence à l’autre
    dans l’impuissance de ce qui s’est passé et à ce qui est vécu par la ou les personnes
    touchées par le drame. Cette qualité de présence est signe de l’amour même du Fils qui
    donne sa vie pour la vie du monde.

    Au coeur de la foi chrétienne, se dresse donc l’instrument de supplice des forces de
    l’ordre romaines, une croix. C’est là que fut exécuté, il y a quelque 2000 ans, un certain
    Jésus, accusé par ses compatriotes de se faire passer pour le « roi des Juifs ».
    Fait divers, erreur judiciaire, échec d’un mouvement révolutionnaire, issue fatale d’un
    rêve d’illuminé, destin exemplaire d’un prophète ? Quelques années déjà après l’événement,
    des communautés réunies en son nom proclament ce Jésus vivant, ressuscité,
    et l’adorent : leur Seigneur et leur Dieu. Loin de camoufler l’événement honteux
    de l’exécution de leur maître, ils en font le thème central de leur message au monde :
    cette mort a un sens, elle inaugure le nouveau chemin que Dieu s’est frayé pour parvenir
    jusqu’aux hommes, chemin mystérieux de faiblesse et de mort. « Ce qui est folie
    dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre les sages ; ce qui est faible dans le
    monde, Dieu l’a choisi pour confondre ce qui est fort » (1 Co 1, 27). Le message chrétien
    propose un renversement des valeurs, une autre façon de définir l’amour.

    L’amour dont il est question à la mort de Jésus a essentiellement deux aspects : l’ouverture
    et le don. L’ouverture est symbolisée par le voile du Temple qui se déchire,
    l’accès à Dieu est ouvert à tous, mais surtout elle est représentée par le Centurion,
    l’étranger, le païen occupant qui confesse « Vraiment celui-ci est Fils de Dieu ! »
    L’amour chrétien est un amour universel qui va jusqu’à aimer l’ennemi. Le don est
    signifié par Jésus, le Fils, qui en donnant sa vie, nous montre le chemin à prendre,
    celui d’être aimant, fraternel à son image et ressemblance auprès de tous, spécialement
    les personnes touchées par le drame, la détresse, l’angoisse, la précarité. En
    contemplant ce Crucifié, nous sommes en union avec lui et il nous donne la capacité
    d’être présence compatissante et solidaire auprès de l’autre, notre frère, notre soeur
    en humanité.

    Fr. Marcel Durrer, ofm cap

     pour infos et abonnement à la ''Revue MESSAGE''

    courriel: mflaic@vtx.ch

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  • Handicap: une société réservée aux personnes « pleinement fonctionnelles » n’est pas digne de l’homme

    Discours du pape à la Communauté de Capodarco (Traduction complète)

    Le pape bénit une personne handicapée, Communauté de Capodarco © L'Osservatore Romano

    Le Pape Bénit Une Personne Handicapée, Communauté De Capodarco © L'Osservatore Romano

    « Une société qui ferait de la place seulement aux personnes pleinement fonctionnelles, totalement autonomes et indépendantes, ne serait pas une société digne de l’homme ». C’est ce qu’a affirmé le pape François devant les membres de la communauté italienne de Capodarco qu’il a reçus le 25 février 2017. Fustigeant la « discrimination sur la base de l’efficacité », le pape les a remerciés d’être « du côté » des personnes handicapées et défavorisées : « vous contribuez à rendre la société meilleure ».

    Le pape a rencontré quelque 2600 personnes, handicapées et volontaires de cette association fondée en 1966 par un prêtre italien, dans la salle Paul VI du Vatican. Dans la foule très enthousiaste qui lançait des fréquents « Vive le pape ! », une longue bannière proclamait : « Pape François, tu es spécial comme nous ».

    « La qualité de la vie au sein d’une société se mesure, en bonne partie, par la capacité à inclure ceux qui sont plus faibles et nécessiteux », a déclaré le pape durant la rencontre. Une inclusion qui ne doit pas être perçue « comme quelque chose d’extraordinaire, mais de normal ».

    Il a longuement plaidé pour la participation de la personne avec des fragilités physiques, psychiques ou morales, à la vie de la société, en faisant écho à l’oeuvre de l’association en ce sens. Et de saluer leur engagement à promouvoir « l’action personnelle et directe des personnes handicapées elles-mêmes », en dépassant « l’attitude de pitié et assistancialiste ».

    Le pape a souligné aussi la « place privilégiée » de ces “petits” marqués par des handicaps mentaux ou physiques, ou par des blessures de l’âme », dans l’Eglise : ce sont « des témoins particuliers de la tendresse de Dieu, desquels nous avons beaucoup à apprendre ». Il a conclu la rencontre en saluant une par une chacune des personnes handicapées présentes, se penchant sur les fauteuils roulants, bénissant et échangeant quelques paroles avec l’une ou l’autre, durant une demi-heure.

    Voici notre traduction complète du discours que le pape a prononcé :

    Discours du pape François

    Chers frères et sœurs,

    Je suis heureux de notre rencontre et heureux de ce que j’ai entendu, très heureux, et je vous salue tous avec affection. Je remercie de tout cœur Don Franco Monterubbianesi, fondateur de votre Communauté, et Don Vinicio Albanesi, actuel président, pour leurs paroles ; et je vous remercie vous, d’avoir offert vos témoignages.

    La Communauté de Capodarco, structurée autour de nombreuses réalités locales, a célébré l’an dernier son 50e anniversaire. Avec vous, je remercie le Seigneur pour le bien accompli en ces années au service des personnes handicapées, des mineurs, de ceux qui vivent des situations de dépendance et de malaise, et de leurs familles. Vous avez choisi d’être du côté de ces personnes moins protégées, pour leur offrir accueil, soutien et espérance, dans une dynamique de partage. De cette façon vous avez contribué et vous contribuez à rendre la société meilleure.

    La qualité de la vie au sein d’une société se mesure, en bonne partie, par la capacité à inclure ceux qui sont plus faibles et nécessiteux, dans le respect effectif de leur dignité d’hommes et de femmes. Et la maturité s’atteint lorsque une telle inclusion n’est pas perçue comme quelque chose d’extraordinaire, mais de normal. La personne avec un handicap et des fragilités physiques, psychiques ou morales, doit aussi pouvoir participer à la vie de la société et être aidée dans la mise en œuvre de ses potentialités dans des dimensions variées. C’est seulement quand sont reconnues les droits des plus faibles, qu’une société peut dire qu’elle est fondée sur le droit et sur la justice. Une société qui ferait de la place seulement aux personnes pleinement fonctionnelles, totalement autonomes et indépendantes, ne serait pas une société digne de l’homme. La discrimination sur la base de l’efficacité n’est pas moins déplorable que la discrimination sur la base de la race ou du revenu ou de la religion.

    Ces dernières décennies, votre Communauté a vécu constamment une écoute attentive et affectueuse de la vie des personnes, en s’efforçant de répondre aux besoins de chacun en tenant compte de leurs capacités et de leurs limites. Votre approche des plus faibles dépasse l’attitude de pitié et assistancialiste, pour favoriser la participation active de la personne qui a des difficultés dans un contexte communautaire non fermé sur soi mais ouvert à la société. Je vous encourage à poursuivre sur ce chemin, qui voit en premier plan l’action personnelle et directe des personnes handicapées elles-mêmes. Face aux problèmes économiques et aux conséquences négatives de la globalisation, votre Communauté cherche à aider ceux qui se trouvent dans l’épreuve à ne pas se sentir exclus ou marginalisés, mais, au contraire, à marcher en première ligne, en portant le témoignage de l’expérience personnelle. Il s’agit de promouvoir la dignité et le respect de tout individu, en faisant sentir aux “vaincus par la vie” la tendresse de Dieu, Père aimant de chacune de ses créatures.

    Je veux encore remercier pour le témoignage que vous donnez à la société, en l’aidant à découvrir toujours plus la dignité de tous, à partir des plus petits, des plus défavorisés. Les institutions, les associations et les différentes agences de promotion sociale sont appelées à favoriser l’inclusion effective de ces personnes. Vous travaillez dans ce but avec générosité et compétence, avec l’aide courageuse de familles et de volontaires, qui nous rappellent la signification et la valeur de toute existence. En accueillant tous ces “petits” marqués par des handicaps mentaux ou physiques, ou par des blessures de l’âme, vous reconnaissez en eux des témoins particuliers de la tendresse de Dieu, desquels nous avons beaucoup à apprendre et qui ont une place privilégiée aussi dans l’Eglise. De fait, leur participation à la communauté ecclésiale ouvre la voie à des relations simples et fraternelles, et leur prière filiale et spontanée nous invite tous à nous tourner vers notre Père céleste.

    Votre Association a eu son origine dans les pèlerinages aux sanctuaires de Lourdes et de Lorette, où don Franco eut l’intuition d’une façon de valoriser les ressources humaines et spirituelles inhérentes à toute personne porteuse de handicap. Dans votre activité, si précieuse pour l’Eglise et pour la société, la Vierge Mère vous a toujours accompagnés et elle continue à le faire, en vous aidant à retrouver chaque fois de nouvelles énergies et à conserver toujours le style de l’Evangile, la tendresse, l’attention, la proximité, et aussi le courage, l’esprit de sacrifice, parce qu’il n’est pas facile de travailler dans le domaine du handicap personnel et social.

    Chers frères et sœurs, je vous remercie encore pour votre visite. Je vous bénis et je vous accompagne par la prière, pour que vos communautés continuent à cheminer avec joie et avec espérance. Et vous aussi, s’il vous plaît, priez pour moi. Merci !

    Et je vous invite à prier notre Mère, qui donne de la force aux mamans, aux femmes, à vous, à nous tous qui travaillons. [Ave Maria]

    Traduction de Zenit, Anne Kurian

    source ZENIT.org

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