• Cardinal Cantalamessa: le Carême est le temps de la conversion

    Pour sa première prédication du Carême 2021, ce vendredi 26 février, le cardinal Cantalamessa est revenu sur le sens de la formule prononcée lors de l’imposition des Cendres: «Convertissez-vous et croyez en l’Évangile».
     

    Avant de commencer un nouveau cycle thématique qui sera déployé en trois temps les 5, 12 et 26 mars (mais pas le 19 mars, jour férié au Vatican), le cardinal Cantalamessa a effectué sa première méditation de Carême cette année en abordant le thème de la conversion, avec cette parole tirée de l’Évangile de dimanche dernier «Les temps sont accomplis: le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile!»

    Cette idée de conversion revient à trois reprises dans le Nouveau Testament, avec des sens légèrement différents. «Avant Jésus, la conversion signifiait toujours un "retour en arrière". Le mot hébreu, "shub", signifie faire demi-tour, revenir sur ses pas, a expliqué le prédicateur. Elle indiquait la démarche d'une personne qui, à un certain moment de sa vie, se rend compte qu'elle fait "fausse route". Alors elle s'arrête, change d’avis, décide de revenir à l'observance de la Loi et de renouer son alliance avec Dieu.»

    Mais «sur les lèvres de Jésus, ce sens change. Non parce qu'il aime changer le sens des mots, mais parce qu'avec sa venue, les choses ont changé. "Les temps sont accomplis: le règne de Dieu est tout proche!" Se convertir ne signifie plus revenir en arrière, à l'ancienne alliance et à l'observance de la Loi, mais plutôt faire un saut en avant et entrer dans le Royaume, saisir le salut qui est offert aux hommes gratuitement, par l'initiative libre et souveraine de Dieu.»

    Redevenir comme des enfants

    Une deuxième occurrence du thème de la conversion intervient dans ce passage de l’Évangile de Matthieu. «À ce moment-là, les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent: "Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux?" Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d'eux, et il déclara: "Amen, je vous le dis: si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des Cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux.» (Mt 18,1-3).

    «Cette fois-ci, oui, se convertir signifie rebrousser chemin, précisément revenir à l'époque où l'on était enfant ! Le verbe employé, "strefo", indique un demi-tour. C'est là la conversion de celui qui est déjà entré dans le Royaume, qui a cru à l'Évangile, qui sert le Christ depuis un certain temps. C'est notre conversion!», a expliqué le prédicateur de la Maison pontificale. Plutôt que de s’accrocher à des honneurs ou à des responsabilités, le devoir de chaque vrai disciple est donc de «se décentrer de soi-même et se recentrer sur le Christ».

    «Pour nous aussi, redevenir des enfants signifie revenir au moment où nous avons découvert que nous étions appelés, au moment de notre ordination sacerdotale, de notre profession religieuse ou de notre première vraie rencontre personnelle avec Jésus», a précisé le cardinal capucin.

    Rejeter toute tiédeur

    Le troisième contexte dans lequel l'invitation à la conversion revient est donné par les sept Lettres aux Églises de l'Apocalypse. La Lettre à l'Église de Laodicée est particulièrement péremptoire et radicale: « Je connais tes actions, je sais que tu n'es ni froid ni brûlant... Puisque tu es tiède - ni brûlant ni froid - je vais te vomir de ma bouche.... Sois fervent et convertis-toi ». (Ap 3, 15s) Il s'agit ici donc de «se convertir de la médiocrité et de la tiédeur». Saint Paul aura des accents semblables. tout comme, beaucoup plus tard dans l'histoire du christianisme, la tradition mystique autour de sainte Thérèse d’Avila.

    «Nous sommes héritiers d'une spiritualité qui concevait le chemin de la perfection selon les trois étapes classiques: la voie purgative, la voie illuminative et la voie unitive. En d'autres termes, on doit pratiquer le renoncement et la mortification pendant longtemps avant de pouvoir éprouver de la ferveur. Il y a une grande sagesse et des siècles d'expérience derrière tout cela, et malheur à ceux qui pensent que c'est désormais dépassé. Non, tout cela n'est pas dépassé, mais ce n'est pas la seule voie que suit la grâce de Dieu», a précisé le cardinal capucin.

    La joie d'une ferveur inspirée par l'Esprit Saint

    Le thème de «l’ivresse divine», développé par les Pères de l’Église, vient apporter une vision plus joyeuse, laissant passer une idée de partage. «Une vie chrétienne pleine d'efforts ascétiques et de mortification, mais sans la touche vivifiante de l'Esprit, ressemblerait - disait un Père ancien - à une messe au cours de laquelle on ferait de nombreuses lectures, on accomplirait tous les rites et on apporterait de nombreuses offrandes, mais où la consécration des espèces par le prêtre n'aurait pas lieu. Tout resterait comme avant, rien d’autre que du pain et du vin.»

    Saint Ambroise développait l’image du vin pour faire comprendre aussi, avec un langage poétique, l’idée d’une harmonie entre les disciples de Jésus. «Il y a encore une autre ivresse qui s’opère par la pluie pénétrante du Saint-Esprit. C'est ainsi que, dans les Actes des Apôtres, ceux qui parlaient en diverses langues apparurent aux auditeurs comme s'ils étaient remplis de vin doux», écrivait-il.

    «Demandons à la Mère de Dieu de nous obtenir la grâce qu'elle a obtenue pour son Fils à Cana en Galilée. Par sa prière, ce jour-là, l'eau a été transformée en vin. Demandons que, par son intercession, l'eau de notre tiédeur devienne le vin d'une ferveur renouvelée. Le vin qui, à la Pentecôte, a provoqué chez les apôtres la sobre ivresse et les a rendus fervents dans l'Esprit», a conclu le prédicateur capucin.

    source https://www.vaticannews.va/fr/

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  • Pape François: le Carême, un temps pour être frères

    Le Pape envoie un message pour la traditionnelle campagne de la fraternité qu’organise chaque année la conférence épiscopale brésilienne pour le Carême et qui associe depuis quelque temps la solidarité à l’œcuménisme. «Nous devons surmonter la pandémie et nous le ferons dans la mesure où nous serons capables de surmonter les divisions et de nous unir autour de la vie», écrit le Saint-Père.
     

    Alessandro De Carolis - Cité du Vatican

    Le Carême est une période où le chrétien a beaucoup à faire. La charité est le premier moteur, mais si cette caractéristique se lie à la dimension œcuménique, le solidarité entre alors en jeu avec le dialogue, qui, nous dit le Pape, nous permet «d'ouvrir notre cœur à nos compagnons de voyage sans crainte ni suspicion, et de regarder d'abord ce que nous cherchons: la paix devant le Dieu unique».

    Encourager la solidarité en cas de pandémie

    Les pensées de François sont contenues dans le message envoyé chaque année au début du Carême aux fidèles brésiliens, qui s’engagent dans la campagne de la fraternité depuis plusieurs années. Et parmi les terrains d’action indiqués par François en ce temps liturgique se trouve la pandémie, qui a durement touché le pays. Le Christ, écrit-il, «nous invite à prier pour ceux qui sont morts, à bénir le service désintéressé de tant de professionnels de la santé et à encourager la solidarité entre les personnes de bonne volonté. Il nous appelle à prendre soin de nous-mêmes, de notre santé, et à prendre soin les uns des autres, comme nous l'enseigne la parabole du bon samaritain».

    Des compagnons sur le chemin du dialogue

    Le thème de la campagne 2021 – “Fraternité et dialogue : engagement à l'amour” - focalise l'attention sur la recherche de la communion avec les Églises chrétiennes du Brésil, un dialogue lancé depuis cinq ans et que François définit comme «une raison d'espérer». Les chrétiens, souligne-t-il, «sont les premiers à devoir donner l'exemple, à commencer par la pratique du dialogue œcuménique qui enseigne à ouvrir notre cœur à nos compagnons de voyage sans crainte ni suspicion, et à regarder d'abord ce que nous cherchons: la paix devant le Dieu unique».

    Les trois instruments

    Cette relation de respect et de partage donne naissance à cette «précieuse contribution à la construction de la fraternité et à la défense de la justice dans la société» telle qu’énoncée dans Fratelli Tutti. Et dans cet horizon, rappelle le Pape dans son encyclique, se trouve l'effort commun pour «vaincre la pandémie». «Nous le ferons, assure-t-il, dans la mesure où nous serons capables de surmonter les divisions et de nous unir autour de la vie». Et pour éviter de retomber, une fois la crise sanitaire passée, dans la tentation du «consumérisme fébrile et des nouvelles formes d'autoprotection égoïste», François encourage les fidèles à utiliser les outils du Carême: prière, jeûne et aumône. 

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  • Angélus: le Pape François appelle à suivre Jésus en résistant au Tentateur

    En ce premier dimanche du Carême, le Pape François est revenu sur le sens des 40 jours au désert vécus par Jésus, en invitant les chrétiens à résister, eux aussi, face à l’emprise de Satan.
     

    «Mercredi dernier, avec le rite pénitentiel des Cendres, nous avons commencé le voyage du Carême», a expliqué le Pape François au début de sa méditation. En ce premier dimanche de ce temps liturgique, «la Parole de Dieu nous montre la manière de vivre fructueusement les quarante jours qui précèdent la célébration annuelle de Pâques». Il s’agit de se mettre dans les pas de Jésus, qui s’est retiré 40 jours dans le désert, où il a affronté le Tentateur.

    Le Pape François s’est arrêté sur la signification du désert, un environnement à la fois «naturel et symbolique» qui est souvent évoqué dans la Bible. Le désert est le lieu de la solitude, qui permet une disponibilité à la Parole de Dieu, a expliqué François. «Mais c'est aussi le lieu de l'épreuve et de la tentation, où le Tentateur, profitant de la fragilité et des besoins humains, insinue sa voix mensongère, une alternative à celle de Dieu».

    La défaite apparente de Jésus est en réalité le prélude à sa victoire

    «Pendant les quarante jours vécus par Jésus dans le désert, commence le "duel" entre Jésus et le diable, qui se terminera par la Passion et la Croix», a expliqué l’évêque de Rome. «Tout le ministère du Christ est une lutte contre le Malin dans ses nombreuses manifestations: guérisons de maladies, exorcismes sur les possédés, pardon des péchés.»

    Le Pape a alors relevé ce paradoxe fondamental de la foi chrétienne: «Après la première phase au cours de laquelle Jésus démontre qu'il parle et agit avec la puissance de Dieu, il semble que le Diable ait le dessus, lorsque le Fils de Dieu est rejeté, abandonné et finalement capturé et condamné à mort. C’est comme si le Diable avait gagné. En réalité, la mort a été le tout dernier "désert" à traverser pour vaincre définitivement Satan et nous libérer tous de son pouvoir. Jésus a vaincu le désert de la mort, avec sa Résurrection.»

    Ne jamais dialoguer avec le Diable

    Tout comme la vie de Jésus, la vie du chrétien est «une lutte contre l'esprit du mal». Le Tentateur est toujours présent, prêt à nous séduire et à nous piéger. «Nous devons être conscients de la présence de cet ennemi rusé, intéressé par notre condamnation éternelle, par notre échec, et nous préparer à nous défendre contre lui et à le combattre. La grâce de Dieu nous assure, par la foi, la prière et la pénitence, la victoire sur l'ennemi», a expliqué le Pape, tout en rappelant que dans les tentations, «Jésus ne dialogue jamais avec le Diable: il le chasse. S’il répond au Diable, c’est toujours avec des Paroles de Dieu, des passages des Écritures. Il ne faut jamais chercher à dialoguer avec le Diable. Il n’y a pas de dialogue possible», avec nos propres mots, sinon nous serons vaincus, a averti François, en sortant de son texte. «Seulement la Parole de Dieu», a-t-il redit avec fermeté.

    Pendant le Carême, l'Esprit Saint nous pousse aussi, comme Jésus, à entrer dans le désert, non pas comme un lieu physique mais comme une «dimension existentielle dans laquelle nous pouvons nous taire, écouter la parole de Dieu, afin que s'accomplisse en nous la véritable conversion». C’est donc cela, le vrai chemin du Carême: «marcher dans les voies de Dieu, en renouvelant les promesses de notre Baptême: renoncer à Satan, à toutes ses œuvres et à toutes ses séductions», a conclu François, avant de confier les fidèles à l’intercession de la Vierge Marie.

    Le salut aux fidèles polonais: écouter le message de la Divine Miséricorde

    En saluant les fidèles après la prière de l'Angélus, le Pape a adressé un salut particulier aux Polonais. «Aujourd'hui, mes pensées vont au sanctuaire de Płock, en Pologne, où il y a 90 ans le Seigneur Jésus s'est manifesté à sainte Faustine Kowalska, en lui confiant un message spécial de la Divine Miséricorde. Avec saint Jean-Paul II, ce message est parvenu au monde entier, et ce n'est pas autre chose que l'Évangile de Jésus-Christ, mort et ressuscité, qui nous donne la miséricorde du Père. Ouvrons-lui le cœur, en disant avec foi: "Jésus, j'ai confiance en Toi".»


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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

     Crédit d'image: Warren K. Leffler, Les manifestants sont assis, les pieds dans la piscine réfléchissante, pendant la marche sur Washington, 1963 (détail), photographie, domaine public. 

    La «donation de Dieu» 

    Pour Jésus, Dieu était le Créateur de la vie et de la substance vivante, le Flux Vivant sur lequel toutes choses bougeaient, l'Esprit contenant le temps, l'espace et toute leur progéniture innombrable. Et au-delà de tout cela, il était ami et père. —Howard Thurman, Disciplines de l'Esprit

    Le travail du théologien Howard Thurman a été fortement influencé par ses propres expériences mystiques. Dès son plus jeune âge, il a senti la présence réelle et aimante de Dieu, qu'il soit sur l'eau, dans le jardin ou en regardant le ciel nocturne. Il savait qu'il vivait dans un univers sûr et sacré et cette vérité Big-T est devenue le fondement de tout son enseignement. Comme Jésus, les mystiques et tous les grands enseignants, Thurman prend ce qui est personnel et le rend universel. Walter Brueggemann appelle cela «le scandale de la particularité». [1] Nous «l'obtenons» à un moment ordinaire et concret, nous luttons et nous en tombons amoureux. C'est un scandale précisément parce que c'est tellement ordinaire. Ce qui est vrai à un endroit finit par être vrai partout. Dans ce passage, Thurman applique cette leçon de jeunesse à la prière:

    Une nuit, j'ai été réveillé par ma mère, qui m'a demandé si j'aimerais voir la comète [la comète de Halley]. Je me suis levé, je me suis habillé rapidement et je suis sorti avec elle dans la cour arrière. Là, j'ai vu dans les cieux la queue impressionnante de la comète et je suis resté figé. Avec une profonde anxiété, j'ai demandé, sans le quitter des yeux: «Que va-t-il nous arriver quand cette chose tombera du ciel?» Il y eut un long silence pendant lequel je sentis la douce pression de ses doigts sur mes épaules; puis j'ai regardé son visage et j'ai vu ce que j'avais vu à une autre occasion, quand, sans frapper, je m'étais précipité dans sa chambre et l'ai trouvée en prière. Enfin, elle a dit: «Rien ne nous arrivera, Howard. Dieu prendra soin de nous. » En ce moment, quelque chose a été touché et allumé en moi, un calme réconfortant qui ne m'a jamais tout à fait abandonné. En y repensant, ce que je sentis alors, c'était le fait que ce qui bougeait en moi ne faisait qu'un avec ce qui créait et contrôlait la comète. C'est cette conscience inarticulée qui a fait taire ma peur et apaisé ma panique.

    Voici à la fois le fondement principal et la base de l'expérience de prière des gens. Je l'appelle, aux fins de cette discussion, la «donation de Dieu» exprimée dans la faim du cœur. Ceci est originaire de la personnalité, et quand cela devient une partie de la concentration consciente d'une personne, c'est la prière à son meilleur et plus haut. C'est le mouvement du cœur d'une personne vers Dieu; un mouvement qui, en un sens, est en Dieu - Dieu dans le cœur partageant sa vie avec Dieu, le Créateur de toute vie. La faim elle-même est Dieu, appelant à Dieu.

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    [1] Walter Brueggemann, Le message des psaumes: un commentaire théologique (Augsburg Publishing House: 1984), 162.

    Howard Thurman, Disciplines of the Spirit (Friends United Press: 1963), 86–87. Remarque: des modifications mineures ont été apportées pour intégrer un langage non sexiste

    Crédit d'image: Warren K. Leffler, Les manifestants sont assis, les pieds dans la piscine réfléchissante, pendant la marche sur Washington , 1963 (détail), photographie, domaine public.

    Inspiration d'image: Quand nous regardons la nature, pensons-nous au cosmos? Quand nous regardons le cosmos, cela nous rappelle-t-il la nature? Nous sommes intimement connectés à des échelles micro et macro au-delà de notre capacité humaine à comprendre. Nous nous asseyons ensemble pour reposer nos pieds, au milieu de la nature, du cosmos et de grands changements de conscience.

    source  https://cac.org/
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  • Mercredi des Cendres: «Le Carême est un exode de l’esclavage à la liberté» - VA

    Mercredi des Cendres: «Le Carême est un exode de l’esclavage à la liberté»

    Dans son homélie de la messe des Cendres célébrée dans la basilique Saint-Pierre, le Pape François est revenu sur le sens de ce temps de Carême, un «voyage de retour à Dieu» qui implique de discerner vers où est orienté notre cœur.
     

    Olivier Bonnel - Cité du Vatican

    Célébrée exceptionnellement cette année dans la basilique Saint-Pierre en raison des restrictions sanitaires, la messe du Mercredi des Cendres, présidée par le Pape François, a marqué l'entrée en Carême. Au cours de son homélie, le Saint-Père a rappelé le sens de ce cheminement, en reprenant les paroles du prophète Joël dans la première lecture: «Revenez à moi de tout votre cœur» (Jl 2, 12). «Le Carême est un voyage de retour à Dieu» a souligné le Pape.

    Ce voyage implique toute notre vie, tout notre être, «c’est le temps pour vérifier les chemins que nous sommes en train de parcourir, pour retrouver la voie qui nous ramène à la maison, pour redécouvrir le lien fondamental avec Dieu, de qui dépend toute chose.». Le Carême, a expliqué le Souverain Pontife, n'est pas «une collecte de bonnes actions», mais il s'agit bien de «discerner vers où est orienté notre cœur».

    Avoir un cœur ferme en Dieu

    Aussi, le Pape a invité à l'introspection: «est-ce que je vis pour plaire au Seigneur, ou pour être remarqué, loué, préféré ?» ou bien ai-je plutôt «un cœur ferme en Dieu?». Le temps de Carême, a-t-il poursuivi, est donc un voyage, un voyage qui est un «exode de l'esclavage à la liberté». Ces quarante jours rappellent en effet les quarantes années durant lesquelles le peuple de Dieu a voyagé dans le désert pour revenir à sa terre d'origine. 

    Cette marche dans le désert fut semée d'épreuves et de tentations a rappelé François, celle de revenir en arrière, «de se lier aux souvenirs du passé». Or, notre voyage de retour à Dieu est  similaire, il est «entravé par nos attachements malsains», a précisé le Saint-Père, «retenu par les liens séduisants des vices, par les fausses sécurités de l’argent et du paraître, par la lamentation d’être victime, qui paralyse». 

    La Parole de Dieu nous vient en aide pour démasquer ces illusions. La parabole du fils prodigue nous aide à comprendre «qu’il est temps pour nous aussi de revenir vers le Père», a poursuivi le Pape. Le pardon de Dieu est en effet ce qui nous remet toujours debout, ce pardon, a t-il souligné, «est le premier pas de notre voyage de retour». 

    Un voyage de retour vers Dieu

    Dans ce cheminement, nous avons besoin aussi de «revenir vers Jésus», comme le lépreux qui se jeta à ses pieds. Nous avons besoin, a précisé François de «mettre devant lui nos blessures et lui dire : “Jésus, je suis ici devant toi, avec mon péché, avec mes misères. Tu es le médecin, tu peux me libérer. Guéris mon cœur”». Nous sommes aussi appelés à «revenir vers l'Esprit Saint»: La cendre sur la tête nous rappelle que nous sommes poussière et que nous retournerons en poussière. «Mais sur notre poussière, Dieu a soufflé son Esprit de vie» a rappelé le Pape.

    Ce «voyage de retour» à Dieu n'est possible que parce qu'Il est déjà venu vers nous, a poursuivi le Saint-Père dans son homélie. «Pour nous, il est descendu plus bas que ce que nous pouvions imaginer: il s’est fait péché, il s’est fait mort». Le Pape a ainsi rappelé l'importance de se «laisser prendre par la main». 

    Se laisser réconcilier avec Dieu

    «Laissez-vous réconcilier avec Dieu» exhorte Saint Paul dans la seconde lecture, en s'adressant aux Corinthiens. «La marche ne repose pas sur nos forces» a rappelé le Pape qui a invité à accueillir la grâce. «Le début du retour à Dieu c’est de reconnaître que nous avons besoin de lui, que nous avons besoin de miséricorde. C’est la voie juste, la voie de l’humilité» a t-il encore souligné. 

    «Aujourd’hui nous baissons la tête pour recevoir les cendres. À la fin du Carême, nous nous abaisserons encore plus pour laver les pieds de nos frères, a conclu le Saint-Père. Le Carême est une descente humble au-dedans de nous-mêmes et vers les autres». Ce temps de montée vers Pâques est ainsi un chemin pour comprendre «que le salut n’est pas une escalade pour la gloire, mais un abaissement par amour». François a ainsi invité à regarder chaque jour les plaies des Jésus. C'est là que nous voyons les blessures du péché et tous nos manques, mais c'est là aussi que nous voyons «que Dieu ne pointe pas le doigt contre nous, mais qu’il nous ouvre tout grand les mains».

    En ce temps où débute le Carême, Dieu, venu à notre rencontre, «nous invite maintenant à revenir à lui, pour retrouver la joie d’être aimés».

    source https://www.vaticannews.va/

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  • Méditaton - « Les gens mangèrent et furent rassasiés »


    « Les gens mangèrent et furent rassasiés »
    (Marc 8, 1-10)

    Méditation : Une révélation sur la prière et la mission

    Le texte d'aujourd'hui nous offre, je trouve, une fin lumineuse
    à notre Prière sur le monde.
    Depuis trois jours, une foule nombreuse se tient au désert avec Jésus.
    Elle est là « à l'écart » avec Lui. Quelles grâces ont-ils reçues ?
    À quelle profondeur d'expérience ont-ils touché avec Jésus ?
    Rien ne nous est révélé sinon que personne n'a demandé de partir,
    malgré qu'ils n'ont plus rien à manger, nous dit Jésus.
    Il faut vraiment croire que, là, au désert, ils ont vécu d'un autre Pain.
    Leurs cœurs ont été nourris à une autre profondeur.
    Ils sont entrés dans le mystère de la prière du Fils et du Père dans l'Esprit,
    dans cette relation source de tout.

    Si le besoin de manger physiquement devient urgent,
    une autre faim s'est creusée en eux : celle de Dieu.
    Ils ont vécu ce que signifie être mis « à l'écart » en Dieu.

    Qui voudrait quitter ce moment ?
    Mais, pour Jésus, à la prière, comme nous l'avons déjà vu,
    s'adjoint toujours la mission.
    Demeurer uniquement dans la prière porterait le risque
    de tourner la grâce vers eux-mêmes et de perdre la mise en action
    de leur don pour l'A(a)utre.
    C'est pourquoi Jésus, qui éduque toujours ses disciples, leur fait la réflexion :
    « J’ai de la compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà
    ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger.
    Si je les renvoie chez eux à jeun, ils vont défaillir en chemin,
    et certains d’entre eux sont venus de loin. »
    Il veut susciter un questionnement chez ces disciples, lequel ne tarde pas :
    « Où donc pourra-t-on trouver du pain pour les rassasier ici, dans le désert ? »

    À ces mots, les disciples se rappellent sûrement l'expérience des hébreux
    après la sortie d'Égypte quand Dieu a donné gratuitement la manne.
    Ou se rappellent-ils la première multiplication des pains par Jésus ?
    En somme, ils s'attendent que Dieu va s'occuper de tout.
    Mais Jésus inverse tout de suite les rôles : « Combien de pains avez-vous ? »
    Cela les conduit, intérieurement, à faire le lien entre la prière et la mission
    ou, dit autrement, à regarder en eux les grâces reçues
    durant ces trois jours de prière, au désert, avec Jésus.
    Pendant ces trois jours, ils ont été remplis d'une plénitude de grâces :
    « Sept », symbole de perfection. Jésus voit ce débordement de grâces
    et il doit leur faire comprendre le lien intime entre la prière et la mission
    ou, à cause de cette symbolique des trois jours, en anticipé,
    le lien entre la résurrection qui vient et la mission.

    Le lien entre la prière et la mission que nous donne le texte est logique
    et étonnant à la fois, à savoir l'eucharistie, la vie partagée.
    Le temps de la prière permet d'entrer dans l'eucharistie d'Amour
    du Père et du Fils dans l'Esprit.
    Elle fait vivre de l'intérieur une transformation où chacun(e) devient pain
    dans l'Unique Pain de Vie qu'est le Christ.
    L'être devient parole dans l'Unique Parole.
    Mais cette abondance révélée, pour ne pas se flétrir,
    est appelée à poursuivre le cycle du don :
    après avoir reçu gratuitement dans la prière,
    cette abondance doit se communiquer gratuitement par la mission.
    Les disciples, en regard de cette foule, doivent partager le pain
    qu'ils sont devenus dans le Christ. Pour ce faire, ils n'ont qu'à consentir et à servir. C'est pourquoi « il ordonna à la foule de s’asseoir par terre.
    Puis, prenant les sept pains et rendant grâce, il les rompit,
    et il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent ;
    et ils les distribuèrent à la foule.
    Ils avaient aussi quelques petits poissons, que Jésus bénit et fit aussi distribuer ».

    Prière et mission prennent leur source dans l'eucharistie trinitaire
    et se prolongent dans l'eucharistie de nos vies (et de la Vie de Dieu)
    les uns pour les autres.
    L'humain créé à l'image de Dieu est, dans sa nature même,
    constitué selon cette communion et ne peut donc se réaliser que par elle.
    N'est-ce pas là une conclusion extraordinaire à notre « prière sur le monde » ?!

    Notre prière sur le monde est une vie communiée, humaine et divine.
    Si nous éprouvons en nous cette vie communiée,
    que nous ressentons profondément notre interdépendance
    et notre interconnexion,
    nous comprendrons que le seul chemin pour la transformation du monde
    est l'eucharistie de nos vies.
    Seuls nous ne pouvons y arriver mais, communiés, nous pouvons tout.

    Notre prière sur le monde est notre expérience de la communion
    dans la prière de chacun(e) de nous en Dieu
    et elle est une vie donnée et multipliée dans la mission,
    c'est-à-dire dans le don de nous-mêmes pour l'A(a)utre.
    De sept pains, nous nous retrouvons avec « sept corbeilles »,
    à savoir une abondance divine et, j'ajouterais, humaine,
    qui nous déborde de toute part.

    « Puis Jésus les renvoya », car chaque personne de cette foule est appelé(e) à aller, chacun(e) dans son milieu, vivre et partager l'eucharistie du pain de Vie
    qu'elles sont devenues dans le Fils.
    Quant aux disciples, ils doivent monter dans la barque, l'Église,
    car cette dernière a comme unique raison et mission
    cette eucharistie à enseigner et à célébrer.

    À la fin de ces méditations sur le monde,
    je nous invite chacun(e) à relire l'eucharistie
    à laquelle ces temps de prière avec Dieu vous ont conduit
    afin que chacun(e) à sa façon aille la partager dans la mission,
    dans le don bien simple de sa vie au cœur des relations et des engagements.
    Que Dieu vous bénisse et vous accompagne !
    Et grand merci pour ce que vous êtes et pour votre prière !


    Stéfan Thériault,stheriault@lepelerin.org (www.lepelerin.org) 

    13 février 2021

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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

     Crédit d'image: Gjon Mili, Jamming at Gjon's (détail), photographie, copyright gettyimages.com, utilisé avec permission.
     

    Spiritualité et chanson afro-américaines 

    Crainte et joie

    Le voyage spirituel est une interaction constante entre des moments d' émerveillement suivis d'un processus général d' abandon à ce moment. Nous devons d'abord nous laisser capturer par la bonté, la vérité ou la beauté de quelque chose au-delà et en dehors de nous-mêmes. Ensuite, nous universalisons à partir de ce moment la bonté, la vérité et la beauté du reste de la réalité, jusqu'à ce que notre réalisation finisse par ricocher pour nous inclure! C'est le grand dialogue intérieur que nous appelons la prière. Pourtant, nous, les humains, résistons à la fois à la crainte et, plus encore, à la reddition. L'ego résiste à la crainte tandis que la volonté résiste à l'abandon. Mais les deux ensemble sont vitaux et nécessaires.

    La voie vers toute idée universelle est de procéder par une rencontre concrète. Il y a plusieurs façons de dire la même chose: l'un est le chemin vers le multiple, le spécifique est le chemin vers le spacieux, le maintenant est le chemin vers le toujours, l'ici est le chemin vers le partout, le matériel est le chemin vers le spirituel, le visible est le chemin vers l'invisible. Quand nous voyons de façon contemplative, nous savons que nous vivons dans un univers pleinement sacramentel , où tout est un indicateur et une épiphanie.

    Pour laisser le moment nous enseigner, nous devons nous permettre d'être au moins légèrement étourdi par lui jusqu'à ce qu'il tire vers l'intérieur et vers le haut, vers une subtile expérience d'émerveillement. Nous avons normalement besoin d'un seul moment de crainte gratuite pour nous lancer - et de tels moments sont le seul fondement solide de tout l'instinct et du chemin religieux. 

    Comme elle le fait souvent, Barbara Holmes élargit et renforce ma réflexion. Elle nomme ce moment de crainte «Joy Unspeakable». Mais la crainte n'est pas toujours inspirée par la beauté et la bonté. La vérité vient parfois dans des paquets durs. Il faut à la fois un grand amour et de grandes souffrances pour nous étourdir et nous mettre à genoux. Dieu est là dans tout cela, utilisant toutes les circonstances de notre vie, pour nous attirer toujours plus profondément dans le cœur de Dieu. Barbara écrit:  

    Nous ne nous dirigeons pas vers un seul but: nous sommes en pèlerinage vers le centre de notre cœur. C'est dans ce lieu de repos priant qu'éclate une joie indicible.

    Joie indicible
    éclate quand on s'y attend le moins,
    quand le fardeau est le plus lourd,
    quand l'espoir est parti
    après que les balles volent.
    Il monte
    sur la crête de l'impossibilité,
    il se balance au rythme
    des cœurs inébranlables
    et célèbre
    ce que nous ne pouvons pas voir.

    Cette joie nous interpelle non pas en tant que monastiques individuels mais en tant que communauté. C'est une joie qui vit aussi confortablement dans le cri que dans le silence. Elle s'exprime dans la diversité des disciplines spirituelles personnelles et des rituels liturgiques. Cette joie est notre force et nous avons besoin de force parce que nous sommes bien dans le XXIe siècle et que nous ne sommes pas guéris. Comment négocier la postmodernité sans force intérieure? [1] 

    [1] Barbara A. Holmes, Joy Unspeakable: Pratiques contemplatives de l'Église noire , 2e éd. (Fortress Press: 2017), 200.

    Adapté de Richard Rohr, Just This (CAC Publishing: 2017), 9–11.

    Crédit d'image: Gjon Mili, Jamming at Gjon's (détail), photographie, copyright gettyimages.com, utilisé avec permission.

    Image Inspiration: Le jazz est beaucoup de choses: c'est de la musique de danse, contre-culturelle et un grand connecteur de personnes. Puissions-nous entendre le Sacré tissé avec amour dans la couleur du ton, le motif rythmique et l'improvisation collaborative.

     source  https://cac.org/
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  • La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux
    (Luc 10, 1-9)

      crédit image https://emcitv.com/

    « Le règne de Dieu s’est approché de vous. » 

     

    Méditation : En avant sœurs et frères mineurs

    Jésus, de nouveau, appelle des humains à sa suite :
    « parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore 72 ».
    Le temps presse, car, dans l'évangile de Luc, Jésus initie sa montée vers Jérusalem. Son heure approche. Et il a bien du travail à accomplir avant la fin.
    Comme le souligne le texte : « La moisson est abondante,
    mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson
    d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ».

    « La moisson est abondante », car chaque être humain est une plante
    dans ce grand champ du monde.
    À ce titre, la moisson demeure toujours abondante mais, malheureusement,
    « les ouvriers sont peu nombreux ».
    Il devient donc urgent de prier « le maître de la moisson
    d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ».
    J'entends ici que chaque humain en devenant ouvrier
    répond foncièrement à son appel, et, ce faisant,
    se laisse non seulement conduire par Jésus à sa maturité
    mais, devenant un témoin du Christ, peut communiquer sa Vie.

    Le texte est ici intéressant. La tradition spirituelle chrétienne
    a parlé abondamment de la « sequela Christi », du marcher à la suite du Christ.
    Ici , il nous est dit : « il les envoya deux par deux, en avant de lui,
    en toute ville et localité où lui-même allait se rendre ».
    Si Dieu est premier, il a vraiment créé une alliance avec nous
    et, plus qu'une alliance, Dieu a embrassé toute notre humanité.
    Si bien que Dieu se révèle et se rencontre qu'au lieu même de notre humanité.
    Jean écrit dans sa première lettre : « Si quelqu'un dit :« J'aime Dieu »
    et qu'il déteste son frère, c'est un menteur : celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, ne saurait aimer le Dieu qu'il ne voit pas.
    Oui, voilà le commandement que nous avons reçu de lui :
    que celui qui aime Dieu aime aussi son frère » (1 Jean 4, 20-21).

    Il nous demande d'être « en avant de lui » parce qu'Il ne peut accomplir son œuvre que si nous apprenons à nous aimer les uns les autres.
    Dieu se donne par nous quand, dans l'amour,
    nous nous donnons les uns aux autres.
    Sinon le don de Dieu que nous sommes est ficelé en nous.
    Mais comment le "déficeler" ?
    Le mode d'emploi, que saint François d'Assisea si bien compris
    et dont il a fait la règle de sa vie et de sa communauté,
    est de devenir « frère mineur » avec lui.
    Si toute la vie de François en a été un exemple et la vie du Christ le fondement,
    je ne peux ici qu'en dire quelques pauvres mots.

    Nous sommes appelés à aller rencontrer notre frère ou notre sœur
    comme un agneau. L'agneau est un animal très vulnérable et doux,
    à l'image de ce Dieu qui se présente à nous avec un Amour sans défense.
    Il est, de par son Amour, un être sans pouvoir et sans domination.
    Il ne vient pas comme Celui qui se place au-dessus mais plus bas,
    au service de tout humain. Et il nous demande, pour cela, d'être comme Lui.
    Sans bourse, dépouillés de toutes les richesses du monde,
    porteurs uniquement de son Amour (Lui comme notre seule richesse)
    et n'agissant pas pour notre profit.
    Sans sac, ne traînant rien pour notre sécurité,
    ne gardant rien pour assurer notre contrôle mais, surtout,
    qu'en nous le sac de notre cœur et de tout notre être soit vide de nous-mêmes
    pour accueillir l'autre et son mystère.

    Sans sandales, car approcher l'autre est toujours entrer dans une terre sacrée
    où nous devons enlever nos sandales.
    « Et ne ¬saluez personne en chemin »,
    car le chemin est le Christ et tous les attachements autres
    qui surviennent sur la route peuvent, donc, nous détourner de Dieu
    et finir à nous faire dévier de notre course.

    Si nous vivons ces conditions demandées par Jésus,
    nous pourrons entrer « dans toute maison »,
    c'est-à-dire entrer dans la terre intérieure sacrée de l'autre,
    non comme un voleur mais comme un artisan de la paix de Dieu :
    « Paix à cette maison. »
    C'est, de cette façon, qu'envoyer « en avant de Lui »,
    nous avons, par notre humanité saisie en la sienne, ouvert « la maison de l'autre » pour que le Fils puisse « s'y rendre » et être accueilli.
    De cette façon,
    ces personnes verront que « le règne de Dieu s’est approché (d'elles). »

    Comme ce règne est une alliance et, donc, une relation, il ne peut survenir
    que si les personnes acceptent ou consentent d'être « un ami de la paix »,
    un ami de Dieu.

    Et le salaire des disciples se veut simplement de découvrir un frère ou une sœur
    et de « rester (ensemble) dans cette maison » qu'est Dieu
    et de « manger et boire ce que l’on vous sert ».
    « L’ouvrier mérite son salaire » et son salaire est Dieu même
    qui se met à notre service et nous donne tout bien pour la poursuite de la route.

    En accompagnement que de grâces de paix, de joie, de communion, d'amour...
    se vivent quand nous éprouvons ensemble
    de « demeurer dans une même maison », un même Royaume,
    celui de Dieu où tout ne fait plus qu'un ! « En avant » sœurs et frères mineurs !

    Stéfan Thériault, stheriault@lepelerin.org (www.lepelerin.org) 

    26 janvier 2021

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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

     Crédit d'image: Ladder and Chair (détail), photographie de Thomas Merton, copyright Merton Legacy Trust et Thomas Merton Center de l'Université Bellarmine.  Utilisé avec permission.
    La foi et le doute ne sont pas opposés 

    L'imagination doit avoir une certaine liberté de navigation.
    -
     Thomas Merton, Contemplation dans un monde d'action

    La foi religieuse de base est un vote pour une certaine  cohérence, un but, une bienveillance et une direction dans l'univers.  Malheureusement, la notion de foi qui a émergé en Occident était beaucoup plus un assentiment rationnel à la vérité de certaines croyances mentales plutôt qu'une confiance calme et pleine d'espoir que Dieu est inhérent à toutes choses, et que tout cela va dans un bon sens.

    Je m'inquiète pour les «vrais croyants» qui ne peuvent porter aucun doute ni aucune anxiété, comme Thomas l'Apôtre et sainte Thérèse de Calcutta (1910–1997) ont appris à le faire. Le doute et la foi sont en fait des termes corrélatifs  Les gens de grande foi souffrent souvent de grands doutes parce qu'ils continuent de grandir. Mère Teresa a vécu des décennies de ce genre de doute, comme cela a été révélé après sa mort. Dans une lettre à un directeur spirituel de confiance, elle a écrit: «Les ténèbres sont telles que je ne vois vraiment pas - ni avec mon esprit ni avec ma raison. - La place de Dieu dans mon âme est vide. - Il n'y a pas de Dieu en moi. [1] Le fait même que les médias mondiaux et les gens en général aient été scandalisés par cela montre à quel point notre compréhension de la nature de la foi biblique est limitée.  

    Il semble qu'un mouvement de la certitude au doute et à travers le doute à l'acceptation du mystère de la vie est nécessaire dans toutes les rencontres, les percées intellectuelles et les relations, pas seulement avec le Divin. La foi humaine et la foi religieuse sont sensiblement les mêmes, sauf dans leur objet ou leur but. Ce qui nous a mis sur la mauvaise voie, c'est de faire l'objet de la foi religieuse «d'idées» ou de doctrines au lieu d'une personne. Notre foi n'est pas une foi que les dogmes ou les opinions morales sont vrais, mais une foi que la Réalité Ultime / Dieu / Christ nous est accessible - et même de notre côté.

    Détenir le plein mystère de la vie, c'est toujours endurer son autre moitié, qui est le mystère égal de la mort et du doute. Savoir quoi que ce soit pleinement, c'est toujours en détenir cette partie qui est encore mystérieuse et inconnaissable. Notre jeune exigence de certitude élimine la plupart de l'anxiété au niveau conscient, donc je peux voir pourquoi beaucoup d'entre nous restent dans une telle tour de contrôle pendant la première moitié de la vie. Nous sommes encore trop fragiles.  

    L'auteur Sue Monk Kidd a écrit avec éloquence sur les perturbations que les chercheurs spirituels rencontrent souvent dans la quarantaine et notre résistance à cela. Elle se demande:

    Qu'est-il arrivé à notre capacité à demeurer dans l'inconnu, à vivre à l'intérieur d'une question et à coexister avec les tensions de l'incertitude? Où est notre volonté d'incuber la douleur et de la laisser naître quelque chose de nouveau? Qu'est-il arrivé au déroulement du patient, à l'endurance? Ce sont ces choses qui forment le fondement de l'attente. Et si vous regardez attentivement, vous verrez qu'ils sont aussi le terreau de la créativité et de la croissance - ce qui nous permet de faire preuve d'audace et de percer vers la nouveauté. . . .

    La créativité ne s'épanouit pas dans la certitude mais dans les questions. La croissance ne germe pas dans une tente mais lors de bouleversements. Pourtant, la séduction est toujours la sécurité plutôt que l'aventure, la connaissance instantanée plutôt que l'attente délibérée. [2]

     
     

    [1] Mère Teresa: Viens être ma lumière: Les écrits privés du Saint de Calcutta , éd. Brian Kolodiejchuk, (Doubleday: 2007), 210.
     
    [2] Sue Monk Kidd, When the Heart Waits: Spiritual Direction for Life's Sacred Questions (HarperSanFrancisco: 1990), p. 25.

    Adapté de Richard Rohr, Falling Upward: A Spirituality for the Two Halves of Life (Jossey-Bass: 2011), 111‒113; et 

    The Naked Now: Apprendre à voir comme les mystiques voient (The Crossroad Publishing Company: 2009), p. 117.

    Crédit d'image: Ladder and Chair (détail), photographie de Thomas Merton, copyright Merton Legacy Trust et Thomas Merton Center de l'Université Bellarmine. Utilisé avec permission.

    Inspiration d'image: comment regardons-nous au-delà de ce que nous pensons déjà savoir? À première vue, l'ombre de la chaise et de l'échelle peut prêter à confusion, mais les formes et le sens commencent à émerger après une longue contemplation.

    source https://cac.org/

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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

     Crédit d'image: Branches and Leaves (détail), photographie de Thomas Merton, copyright le Merton Legacy Trust et le Thomas Merton Center de l'Université Bellarmine.  Utilisé avec permission.
     

    L'histoire de l'être 

    Et si Christ était un autre nom pour tout - dans sa plénitude?

    Une fois que nous savons que le monde physique tout entier autour de nous, toute la création, est à la fois la cachette et le lieu de révélation de Dieu, ce monde devient un chez-soi, en sécurité, enchanté, offrant la grâce à quiconque regarde profondément. J'appelle ce genre de vision profonde et calme «contemplation».

    Une notion cosmique du Christ n'est en concurrence avec personne et n'exclut personne, mais inclut tout le monde et tout (Actes 10:15, 34) et permet à Jésus-Christ d'être finalement une figure de Dieu digne de l'univers entier.

    Dans la tradition franciscaine, John Duns Scot (1266-1308) a développé la doctrine de  l'univocité de l'être. Il croyait que nous pouvions parler «d'une seule voix» ( univocité ) de l'être des eaux, des plantes, des animaux, des humains, des anges et de Dieu. Dieu est un (Deutéronome 6: 4), et donc la réalité en est une aussi (Éphésiens 4: 3-5). Nous faisons tous partie de l' histoire de l'être.

    L'auteur, avocate et militante Sherri Mitchell partage une perspective similaire et encore plus ancienne des peuples autochtones. Ils n'utilisent pas le mot Christ, mais dans The Story, les modèles universels tiennent. Elle écrit:

    Nous sommes tous originaires de la même source divine. . . . Malheureusement, il y aura aussi des moments où nous perdrons de vue ce fait fondamental. Pendant ces périodes, nous nous perdrons dans les histoires qui se déroulent sur nos propres réalités individualisées. [1]

    Albert Einstein a parlé un jour de l'illusion créée par [la] croyance en la séparation. Il l'a décrit comme une prison qui restreint notre conscience de la connexion à l'ensemble:

    Un être humain fait partie du tout, que nous appelons «Univers», une partie limitée dans le temps et dans l'espace. Il vit lui-même, ses pensées et ses sentiments comme quelque chose de séparé du reste - une sorte d'illusion optique de sa conscience. Cette illusion est une sorte de prison pour nous, nous restreignant à nos désirs personnels et à l'affection pour quelques personnes les plus proches de nous. Notre tâche doit être de nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion pour embrasser toutes les créatures vivantes et toute la nature dans sa beauté. [2]

    C'est une idée qui semble encore fantastique à de nombreuses personnes dans le monde. Mais c'est une croyance qui est partagée par les peuples autochtones depuis la nuit des temps. Nos chansons, histoires et mythologies parlent tous de notre interdépendance. Dès la naissance, on nous apprend à être conscients des réseaux de parenté élargis qui nous entourent, qui incluent d'autres êtres humains ainsi que les êtres de la terre, de l'eau et de l'air, ainsi que les plantes, les arbres et tous les êtres invisibles restants qui existent à l'intérieur. notre univers. . . .

    Notre défi est de nous souvenir de tout ce que nous sommes. [3]

    Nous devons redécouvrir, récupérer et récapituler l'Histoire autant de manières et aussi souvent que possible. Rester pris au piège dans les plus petits dômes du sens nous sépare du flux trinitaire d'amour divin et de connexion qui est notre droit d'aînesse.  

     
     

    [1] Sherri Mitchell, Sacred Instructions: Indigenous Wisdom for Living Spirit-Based Change (North Atlantic Books: 2018), 9.

    [2] Albert Einstein, lettre de condoléances à Norman Salit, 4 mars 1950. Réimprimé dans le New York Times , 29 mars 1972.

    [3] Mitchell, 9-10.

    Adapté de Richard Rohr, Le Christ universel: Comment une réalité oubliée peut changer tout ce que nous voyons, espérons et croyons (Convergent: 2019), 5, 6-7; et

    Mysticisme franciscain: je suis ce que je cherche , disque 1 (Centre d'action et de contemplation: 2012), CD , téléchargement MP3

    Crédit d'image: Branches and Leaves (détail), photographie de Thomas Merton, copyright le Merton Legacy Trust et le Thomas Merton Center de l'Université Bellarmine. Utilisé avec permission.

    Inspiration d'image:  Un arbre avec ses feuilles ne peut raconter l'histoire cyclique de la vie qu'à côté d'un arbre en train de mourir. La vie et la mort dans la création tissent des harmonies pour partager la richesse de cette histoire.

    source  https://cac.org/

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