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    Relations UE-Russie : comment surmonter la crise de confiance?

    Entre l’Union Européenne et la Russie, les relations se tendent. Ces derniers mois, les divergences ont été explicites sur plusieurs dossiers. Si les racines de cette crise sont anciennes, donner un nouveau souffle au partenariat russo-européen ne semble toutefois pas impossible, comme nous l’explique l’ancien diplomate Jean de Gliniasty.
     

    Entretien réalisé par Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

    Le traitement de l’opposant russe Alexeï Navalny, la guerre dans la région ukrainienne du Donbass, plus récemment le détournement d’un avion européen par le Bélarus, ou encore les projets concernant le secteur stratégique de l’énergie : autant de sujets d’actualité qui sont l’occasion de frictions entre l’Union Européenne et son grand voisin russe.

    Écoutez l'analyse de Jean de Gliniasty

    Mais cela fait longtemps qu’un vent parfois glacial souffle entre l’UE et la Russie, en particulier depuis l’élargissement de la première aux pays de l’ancien bloc soviétique, nous rappelle Jean de Gliniasty, directeur de recherche à l’IRIS, consultant, et ancien diplomate. Si l’on y ajoute la «préoccupation constante de l’Union Européenne en matière de respect des droits de l’homme, de la démocratie, de l’État de droit, et l’évolution de la Russie, le divorce est consommé en quelque sorte», constate celui qui a été ambassadeur de France à Moscou entre 2009 et 2013. Le point d’orgue de cette séparation a été la crise ukrainienne, à partir d’avril 2014.

    Après les sanctions, la confiance

    Pas question d’envisager pour autant le retour d’un rideau de fer. La Russie et l’Europe ne peuvent guère se passer l’une de l’autre, explique Jean de Gliniasty: «l’opinion russe se sent européenne», et du côté européen, la Russie «est un énorme marché».

    Toutefois il semble inévitable de trouver une autre voie à celle de la politique de sanctions économiques et individuelles menée depuis sept par Bruxelles à l’égard de Moscou. Des sanctions qui «jouent au détriment de l’Europe», selon l’ancien ambassadeur, et qui ont récemment été critiquées par Emmanuel Macron puis par le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. «Les sanctions sont arrivées à un point où l’on ne peut pas aller beaucoup plus loin (…)», relève Jean de Gliniasty. Une solution pourrait être une «architecture de sécurité et de confiance en Europe», comme l’a présentée Emmanuel Macron, et à laquelle se montrent favorables les pays pro-russes en Europe.

    Sous l’œil de Washington

    Pour l’heure, les pays de l’UE ne parlent pas d’une même voix face à la Russie, et s’accordent donc autour du «plus petit dénominateur commun», à savoir le renouvellement des sanctions et la lutte pour le respect des droits de l’homme. «Cela ne fait pas une grande politique étrangère», aux yeux de l’ancien diplomate. Et c’est d’ailleurs davantage au sein de l’OTAN, en présence des États-Unis, qu’est bâtie la politique étrangère face à la Russie.

    Les Américains ont aussi leur rôle à jouer pour donner de nouvelles perspectives au partenariat russo-européen. Le 16 juin prochain se tiendra à Genève une rencontre entre Joe Biden et Vladimir Poutine. Ce premier face-à-face aura lieu dans un climat de vives tensions entre Washington et Moscou. Les discussions porteront sur le désarmement nucléaire, le climat, la cybersécurité, la Biélorussie… des questions qui concernent aussi les Européens. «Ce sommet sera très important pour l’avenir des relations entre l’Union Européenne et la Russie», estime Jean de Gliniasty.

    source https://www.vaticannews.va/

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