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    Sexualité, mariage et Bible 1/3

    Bible Love

    Source : nickfinnis.deviantart.com/art/Bible-Love-19291834

     

    QuestionSachant que la sexualité est partie intégrante de l’amour, est-ce un péché de faire l’amour avant le mariage? Qu’en dit la Bible? (Lina, Belgique)

    RéponseSi je veux être honnête, je dois bien vous avouer, Lina, que votre question me met dans un certain embarras. Pourquoi donc? Elle commence par une affirmation : « la sexualité est partie intégrante de l’amour »; elle se poursuit par une interrogation morale : « est-ce un péché de faire l’amour avant le mariage? » et se termine par une demande documentaire : « Qu’en dit la Bible? » Vous comprendrez que ma réponse prenne un peu de temps pour clarifier les notions que vous évoquez, car elles renvoient à une compréhension de l’histoire, de l’anthropologie et du développement religieux.

    « La sexualité est partie intégrante de l’amour »

          En tant qu’homme du XXIe siècle et Occidental de surcroît, je ne peux que souscrire sans condition à cette affirmation. L’Église elle-même la met dans les conditions de validité d’un mariage. L’union d’un homme et d’une femme ne peut se conclure valablement devant elle, dans le sacrement du mariage, qu’à la condition que les deux époux acceptent de vivre entre eux des relations sexuelles. L’harmonie au niveau du couple se joue aussi sur ce plan-là. Les relations sexuelles vécues en vérité, dans la tendresse, la fidélité et le respect mutuel de l’autre, ne peuvent qu’aider le couple à vivre sa vie de couple et à grandir.

          Rappelons toutefois que la vie sexuelle n’est pas toujours vécue ni régentée de la même manière dans les cultures et les traditions religieuses différentes. Pendant des siècles, le mariage était une affaire d’alliance ou d’échange entre familles et les fiancés n’avaient pas à décider par eux-mêmes. L’amour, comme relation à l’autre, pouvait certainement exister, mais on attendait surtout de la femme qu’elle donne une descendance à son mari. Cette situation est toujours vécue dans certaines parties du monde. C’est une source de confusion possible dans le cas de certains mariages mixtes. La vision de la sexualité comme « partie intégrante de l’amour », est une idée occidentale et moderne qui n’est pas évidente pour tous.

          D’autre part, n’oublions pas que la sexualité peut devenir prédatrice et s’exercer comme un droit sur l’autre, un simple désir de jouissance au mépris du désir ou de l’acceptation du conjoint. Des études statistiques récentes montrent que « le viol conjugal » est plus fréquent qu’on ne l’imagine. Dans cette situation-là, il est difficile de parler d’amour. La demande de « faire l’amour » peut se transformer en une forme de chantage, de pression exercée sur l’autre, la femme généralement. Dans certaines situations, accepter de vivre une relation sexuelle n’a que peu de choses à voir avec ce que nous appelons l’amour. Je me souviens de la chanson de Jacques Brel, « Les jardins du casino » qui évoque ces « jeunes gens faméliques qui sont encore confondant l’érotisme et la gymnastique ».

          Pour préciser ma pensée, je dirai d’abord que l’amour ne peut s’édifier ou se construire qu’à l’intérieur d’une relation qui se noue progressivement. La pulsion sexuelle ne se vit pas qu’au niveau du corps. L’amour est un sentiment qui ne se développe et s’approfondit vraiment qu’à partir du moment où la parole échangée prend toute sa place dans la relation. Elle seule rend possible la reconnaissance mutuelle et la libre acceptation de la relation. On commence par se parler, par se laisser découvrir par l’autre en vérité. L’attirance physique ne suffit pas pour bâtir la relation amoureuse. Elle en est une partie intégrante, mais ne peut prendre tout son sens qu’à l’intérieur de la parole échangée.

          Ajoutons, pour conclure ce premier point, que nous sommes tous des êtres sexués et nous avons tous à apprendre à vivre notre propre sexualité le plus harmonieusement possible dans les différentes relations que nous vivons les uns avec les autres. Le désir nous pousse vers l’autre et vise l’établissement d’une relation. Le besoin ne cherche que son assouvissement. Non maîtrisé, il devient tyrannique, problématique.

    Roland Bugnon

    Source www.interbible.org

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