• Six ans de guerre en Syrie, souffrance et larmes : les Syriens veulent la paix! - AED

    17 Mar 2017, by Mario Bard in ACN Feature, ACN International, Adaptation Mario Bard, Aide d'urgence, Maria Lozano, Moyen-Orient, Syrie, Voyager avec l'AED

    Six ans de guerre en Syrie

    souffrance et larmes : les Syriens veulent la paix!

    Une femme pleure. Recouverte d’un voile où il est écrit en arabe « Syrie », la femme enceinte verse des larmes sur son ventre dans lequel se trouvent deux enfants qui se battent entre eux. La mère tient un poignard dans ses mains et vise ses propres entrailles.

    Dessin d’enfant syrien, juin 2016.

     

    Par Maria Lozano, ACN International
    Adaptation française : Mario Bard, AED Canada

     

    Il s’agit d’un dessin parmi les centaines envoyés d’Alep et d’autres villes de Syrie à l’Œuvre internationale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED). Les scènes dessinées par les enfants syriens parlent de bombardements, de mort, de larmes, de maisons détruites, d’armes, d’incendie et de guerre. Ils révèlent les profondes souffrances des six dernières années. Dans un autre dessin, un homme qui porte une valise pleure. Sa femme, avec les larmes aux yeux, lui dit au revoir. Elle porte une robe rose avec des cœurs.

     

    « Avant la guerre, la Syrie était très respectée au Moyen-Orient. L’éducation et la santé y étaient libres. Homs se développait très bien. Les gens gagnaient correctement leur vie, la nourriture n’était pas chère, et acheter une voiture ou une maison était possible pour beaucoup de monde », confie Mjad J, volontaire d’un projet pour l’AED qui s’occupe des familles les plus pauvres de Homs. « Je faisais mes études pour devenir dentiste et je voulais ouvrir un cabinet dans mon quartier ». Cette jeune syrienne a les yeux qui brillent, elle est assise, et est vêtue d’un manteau pour se protéger du froid; il n’y a pas de chauffage dans les maisons. Les vitres des fenêtres sont brisées, et de nombreuses maisons ont des trous causés par des missiles. Elle nous raconte comment une famille a perdu un fils malade parce qu’il n’y avait plus de médicaments, alors qu’un cancer a été diagnostiqué à un autre de leur membre. Dans une autre famille, c’est le père qui vient de mourir d’une crise cardiaque à cause de tout le stress et des souffrances de ces dernières années. En pleurant, Majd me regarde directement dans les yeux et me dit doucement : « Je ne comprends rien à ce conflit. Rien. »

     

    À plusieurs kilomètres de Homs, dans la région de Zahlé au Liban, de nombreux Syriens ont trouvé refuge. Un père de famille me raconte : « Le remède a été pire que le mal. Avec Assad, il y avait des problèmes, mais ce qui nous est tombé dessus ensuite avec l’État islamique est inhumain. Dans la ville de Rakka, nous ne pouvions pas fumer dans la rue. Les filles de 6 ans devaient se couvrir pour sortir. Nous avons vécu dans la terreur quotidienne ».

    En pleurant, Majd me regarde directement dans les yeux et me dit doucement : « Je ne comprends rien à ce conflit. Rien. »

    Majd, volontaire qui travaille à Alep pour des projets soutenus par Aide à l’Église en Détresse.

     

     

     

       Comment sortir de la tourmente ?

     La douleur est également palpable dans le message pastoral de Carême de Mgr Samir Nassar, archevêque maronite de Damas. Il résume ainsi les dernières années de conflit : « En six ans de guerre, le visage de la Syrie s’est bien transformé. Un grand chantier de ruines, des immeubles réduits en poussière, des maisons brûlées, des quartiers fantômes… et plus de douze millions de Syriens (50 % de la population) n’ont plus de toits. Ils forment la plus grande masse de réfugiés depuis la Deuxième Guerre mondiale. Plusieurs millions ont quitté le pays en quête d’un ciel plus clément. Beaucoup attendent l’aumône dans des camps de misère, plusieurs sont morts noyés ou font la queue devant les ambassades. Ils sont devenus un peuple de nomades à la recherche d’une terre d’accueil. Comment sortir la Syrie de cette tourmente ? »

     La Syrie continue de subir les conséquences du conflit armé. Même si, depuis la fin de la bataille pour Alep, les médias semblent être devenus silencieux, la situation dans la ville demeure précaire. « L’électricité fait gravement défaut à Alep. Parfois, il n’y a de la lumière que pendant une ou deux heures par jour, voire moins, il faut donc alors utiliser de bougies. Il y a un problème de carburant parce que le gouvernement ne parvient pas à le distribuer ». Annie, une religieuse syrienne qui apporte de l’aide à des centaines de familles d’Alep grâce au soutien de l’AED, raconte : « À Alep aussi, nous souffrons d’un manque d’eau, nous vivons dans une ville sans eau et nous passons parfois un mois et demi sans eau ».

    Dessin d’enfant syrien, juin 2016. La réalité de la guerre telle que vue par les enfants.

     Un autobus jaune roule sur une route plantée d’arbres, on aperçoit les passagers de l’autobus et le conducteur. Dans le coin en haut à droite, là où les enfants ont l’habitude de dessiner un soleil, on aperçoit un projectile presque imperceptible, une bombe noire en forme d’obus suivie d’une traînée de feu. Et au milieu de tous ces dessins qui contiennent des scènes de guerre, de combat, de feu et de mort, il y en a aussi d’un autre type : Ceux qui représentant des fleurs qui surgissent d’un revolver ou des colombes de la paix à l’emplacement de la Syrie sur un plan, des enfants se tenant par la main autour du monde, une jeune fille fêtant son diplôme de fin d’études… Dans ces dessins, les enfants n’ont pas dessiné ce qu’ils vivaient, mais ce qu’ils désiraient ou espéraient : une Syrie en paix, l’unité et le retour à la maison.

     Aide à l’Église en Détresse fournie une aide vitale aux familles en détresse au travers de l’Église locale depuis le début du conflit en Syrie. Ce mois-ci, l’œuvre catholique a annoncé qu’elle consacrerait 326 256 dollars pour l’année 2017 au programme Une goutte de lait, destiné aux enfants de 10 ans et moins.

    Merci de soutenir ce projet d’espérance.

     

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