• « Tu seras une bénédiction » - InterBible

    Abraham, le pèlerin de la foi (4/6)

    « Tu seras une bénédiction »

    On ne peut traiter cet aspect de l’expérience croyante d’Abraham sans revenir au récit fondateur de sa vocation : Yahvé dit à Abram : Va et quitte ton pays, ta famille et la maison de ton père, vers le pays que je te ferai voir, de sorte que je ferai de toi un grand peuple, je te bénirai, je rendrai grand ton nom pour être une bénédiction, je bénirai ceux qui te béniront et réprouverai qui te maudira de sorte que se béniront par toi tous les clans de la terre. Abram s’en alla comme le lui avait dit Yahvé et Lot s'en alla avec lui (Gn 12, 1-4a).

     

         C'est dans un monde où la malédiction a supplanté la bénédiction origi­nelle, que Dieu fait irruption. La parole de Dieu s'adresse à un homme du nom d'Abram. Il lui demande de quitter son pays pour un autre qu'il lui fera voir. Cet ordre rappelle celui qui avait chassé le premier couple du jardin. L'ordre est accompagné d'une série de bénédictions destinées à Abraham, à son peuple et à toutes les nations. Mais toutes ces bénédiction gravitent autour d'Abraham qui est lui-même une bénédiction, celui à qui Dieu fait du bien et par qui Dieu fera du bien à toute l'humanité.

     

         Sans entrer dans tous les détails de la syntaxe hébraïque de ce passage, la phrase contient cinq propositions consécutives qui se rattachent à l'impératif de la proposition principale. La cinquième (par toi se béniront tous les clans de la terre) exprime une conséquence postérieure aux quatre premières. Elle est comme la conséquence ultime qui découle à la fois de l'ordre de départ et de la réalisation des quatre autres promesses. De la réponse d'Abraham au projet de Dieu, dépendent non seulement son propre bien et celui de son peuple, mais aussi le bien de l'humanité entière.

     

         Ce récit nous met en présence d'une bonne nouvelle: avec Abraham, Dieu entreprend une nouvelle création. Nous sommes au point zéro de l'histoire du salut. C'est Dieu qui vient à la recherche d'Abraham, et non l'inverse.  L'expérience d'Abraham est déjà celle dont Jésus parle à ses disciples: Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais c'est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit et que votre fruit demeure  (Jn 15, 16). Abraham est appelé par une initiative gracieuse pour être avec Dieu, pour ap­prendre aux êtres humains le chemin de la foi et instaurer un rapport de confiance avec Dieu, qui est à la base de l'existence dialogale de l'homme. Abraham est invité à tout quitter pour être tout entier à Dieu, et aussi pour que l'humanité soit tout entière à Dieu. Abraham est plus qu'un individu et même plus que le peuple d'Israël: il est l'humanité croyante qui prend la route qui la conduira dans la pleine communion avec Dieu, au jardin abandonné par Adam et Ève, au pays ruisselant de lait et de miel.  Mais ce pays dépasse large­ment les frontières géographiques de la terre promise et politiques du peuple d'Israël. C'est virtuellement le Royaume de Dieu, le règne de l'amour qui en­treprend de créer l'humanité nouvelle, en parfaite harmonie avec le projet de Dieu.

     

         Abraham est donc porteur d'un projet de salut qui a une dimension universelle. Dieu annonce une bonne nouvelle à Abraham: la bénédiction que Dieu lui accorde s'étend à l'humanité entière. La réponse d'Abraham est un acte de foi qui dépasse largement le simple fait de partir vers un endroit inconnu. La foi d'Abraham est soutenue par une parole, une promesse, un projet capable de combler totalement le cœur d'Abraham.

     

         La bénédiction de Dieu est une puissance de vie destinée à tout être humain. Toutefois la bénédiction de Dieu se répandra au sein de l’humanité en fonction de l’attitude que l’on adoptera vis-à-vis d’Abraham. Quiconque reconnaîtra en Abraham le témoin de Dieu et adoptera la foi d’Abraham bénéficiera de la bénédiction de Dieu. En d’autres termes, seront bénis ceux qui entreront en relation avec Dieu avec la même foi que celle d’Abraham. L’homme doit donc participer activement à la réception de la bénédiction divine transmise par Abraham, tout comme il a usé de sa liberté pour se détourner du projet originel de communion avec Dieu.

     

    Yves Guillemette, ptre

    Source www.interbible.org

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 25 Janvier 2013 à 16:48
    Chère madame
      
    Je suis heureux  de constater votre intérêt pour le site Interbible.
    En lisant votre réaction, je me rends compte que vous lisez avec les lunettes de votre préconception. Mon intention n'a pas été de commenter l'ensemble du cycle d'Abraham, mais uniquement quelques passages, en fonction d'un thème précis: l'expérience de foi d'Abraham.
    J'espère que vous ne vous ne vous imaginez pas que Sara et Abraham ont eu des milliards de rejetons comme les étoiles du ciel. Quand on parle de la descendance d'Abraham, ce sont toutes les personnes qui naissent à la vie divine non biologiquement mais par la foi qui est ouverture et accueil du don de Dieu. La fonction d'Abraham comme bénédiction est de favoriser cette ouverture et cet accueil de Dieu. Et à ce niveau, l'appartenance à un sexe n'a pas une grande importance.
     
    Enfin il faut se faire à l'idée que les textes anciens représentent leur époque. Que voulez-vous, on croit que Dieu se révèle dans l'ihistoire bien concrète des humains et des humaines, et non par des concepts. Si l'humanité existe encore dans 1000 ans, que pensera-t-on de nos modes de vie et de toutes nos conceptions du monde?
     
    Je vous souhaite de futures bonnes lectures,
     
    Yves Guillemette

     

    2
    Alice Damay-Gouin
    Mercredi 3 Juillet 2013 à 20:03

    Quelle joie lorsque j'ai vu que vous m'aviez répondu mais même si ,pressée par le temps, je n'ai fait qu'une lecture en"diagonale"; Oui, j'ai fait une lecture avec toute ma propre histoire! Et Abraham est associé, dans mon histoire, au moment le plus douloureux de ma vie, il y a presque 40 ans, mais toujours aussi vivant. En 1974, lorsque je me suis immolée, vivante, sur l'autel du célibat, pour que celui que j'aimais puisse être ordonné prêtre et j'étais alors... un tas de ruines. J'ai, à ce moment-là, vu Abraham et l'ange mais l'ange n'a pas arrêté mon bras et je n'ai pas vu d'agneau au moin. Je n'avais pas compris qu'en fait, l'agneau, c'était moi;

    Abraham est dans les 1ers textes de la Bible, donc on peut dire que, dès les débuts de l'humanité, on avait compris que Dieu n'aime pas les sacrifices humains et pourtant l'Eglise en provoque encore; et des femmes s'offrent encore en victimes...!

    petite remarque, je ne réagissais pas au vocabulaire du texte de la Bible mais au vôtre. Pourriez-vous tout simplement vous adresser aux HOMMES ET aux FEMMES de ce temps; Le monde n'est pas que masculin! (Accoler systématiquement le mot "Femme" à chaque fois que vous dîtes "Homme"; A l'avance, merci; Vous découvrirez que cela change aussi la perception; merci

    Permettez-moi une autre réflexion.

    La bénédiction de Dieu pour Abraham consiste en la promesse d'une nombreuse descendance. N'ai-je pas baigné, dans mon enfance, dans cet atmosphère de tous ces contes qui se terminaient par: "Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants"; comment recevoir cette bénédiction lorsqu'on reste célibataire, lorsqu'on est stérile? Et cette stérilité revient souvent ( stérilité pour les femmes dont l'homme trace la route d'Israël...

    Comment reçoit-on cette bénédiction lorsqu'on ne se sent pas trop la fibre paternelle, maternelle? Mais vous avez répondu dans votre commentaire, il s'agit alors de naître dans la vie divine...

    N'y a-t-il pas une autre bénédiction? la bénédiction de Dieu ne puis-je la recevoir en moi lorsque je vis avec les autres. Je la reçois en moi, elle m'inonde de joie et de paix. ma vie tournée vers les autres est prière. ma vie tournée vers les autres est bénédiction; Merci, Seigneur, de m'avoir créée! Merci, Seigneur de me savoir aimée. Merci, Seigneur, de Te savoir là, présent, vivant en moi et me poussant vers les autres, dans la paix du Christ;

    Merci de votre réponse qui m'a permis d'avancer dans cette réflexion;

    Alice

    3
    Alice Damay-Gouin
    Mercredi 3 Juillet 2013 à 20:03

    Bonjour Yves,

    je ne sais pas si tu liras ce commentaire!  Est-ce que ce texte ne s'adresse uniquement qu'à des hommes? Où est la place de la FEMME? Vous ne parlez que de Eve par qui tout le malheur arrive! Et puis, vous étudiez tous ces hommes illustres , mais, nous, nous femmes ,où sommes-nous?

    Quelle bénédiction pour Abram? une nombreuse descendance... passant par les femmes dont, semble-t-il, la vocation première est d'être mère.

    Pour ma part, j'attends, dans votre étude, Abraham et le bras de l'ange pour l'empêcher de faire une bétise. La mère n'était pas présente là non plus!

    Excuse-moi, mais ne pourrais-tu pas comprendre que cela me devient insupportable de lire des textes pensé au masculin, écrit uniquement au masculin;

    Désolée, Alice

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