Missa pro Ecclesia

Un style François ?

La première messe du pape François. Certains y voient une série d'anecdotes ou même de maladresses, d'autres les signes du mode d'exercice du ministère pétrinien tel que l'entend le saint Père : Primus inter pares, le premier parmi les égaux ! Oui, il y a un style François en liturgie !

1er-messe-pape.jpg

En quête d'informations

 

Bien peu connu en Europe, le pape François intrigue. Ses premiers pas, ses premiers gestes sont observés et interprétés. A l’affût, chacun veut le connaître et ses gestes le trahissent ! Une certitude, de Mgr Bergoglio à François, il se dévoile comme un homme simple. Au soir de sa première apparition publique vêtu simplement de la soutane blanche, sans mosette, sans rochet,  il portait sa croix pectorale argentée, ses premiers mots furent chaleureux et marquée par la prière et une bénédiction humble demandée pour lui.

 

Il était entouré de plusieurs cardinaux, a fait allusion au Cardinal vicaire pour l'aider dans sa tâche et décide de se faire appeler simplement: "François". Oui ces gestes surprennent jusqu'au cérémoniaire portant l'étole papale la présentant au moment de la bénédiction "urbi et orbi" pour la reprendre ensuite... Cela ne s'était jamais vu jusqu'ici !

Cette simplicité s’est confirmée lors de la Missa pro Ecclesia, célébrée avec tous les cardinaux dans la chapelle Sixtine au lendemain de son élection.

En suivant le déroulement de cette messe il apparaît nettement que « l’art de célébrer » du nouveau pape articule parfaitement noblesse et simplicité, bien plus, cette manière de célébrer expose la véritable noblesse, née de la profonde simplicité, sans artifices ou décorums vintage.


La Missa pro Ecclesia


Notons quelques points observés de cette messe qui achève « spirituellement » le dernier conclave.

Tout d’abord les vêtements liturgiques portés par le saint Père. Il s’agissait d’une chasuble à la coupe monastique avec un mitre très sobre- plus petite que celle des cardinaux qui concélébraient avec lui-.


Ensuite l’espace liturgique selon les règles conciliaires. Un autel modeste replacé à distance du maître autel sur lequel repose bien sur les 6 chandeliers (attendant le 7e après sans doute l’installation officielle du 19 mars), disposés en biais et dégageant ainsi la vue et atténuant une certaine séparation entre le président et l’assemblée.


Enfin le cérémonial lui-même. Au moment de la proclamation de l’Evangile, le pape a retiré lui-même sa mitre, provoquant sans doute les premières sueurs froides du cérémoniaire qui, vraisemblablement, ne s’attendait pas à ce qui suivrait après le Verbum Domini chanté par le diacre. En effet, le pape François, sans mitre, s’est rendu à l’ambon pour prêcher debout et sans notes - il est d’usage pour les papes comme pour les évêques de prêcher assis et « mitrés ».-  Les assistants du cérémoniaires en voyant le pape « découvert » passaient dans les rangs pour inviter les cardinaux à retirer leurs mitres qu’ils ne peuvent porter en présence du pape, si celui-ci ne la porte pas lui-même.


Les trois axes de l'homélie


Au delà de l’étiquette chahutée du cérémonial, et de l’humour qui se dégage de cette scène inattendue, c’est une véritable révélation sur la manière d’exercer le ministère pétrinien qu’envisage François qui s’expose : il sera un véritable pasteur proche de l’assemblée ! Le saint Père a fait, lors de cette messe, une véritable homélie c’est-à-dire un entretien familier et simple. A ses pairs du collège des évêques, qu’il préside, il adresse une invitation forte : se recentrer sur le Christ dégagé de toute mondanité. Le pape en sept minutes à développé, à partir de la Parole, les trois lignes forces qui seront sans doute celles de son pontificat : cheminer, construire l’Eglise et confesser la foi.


On notera encore quelques autre détails dont la simplicité de l’encensement des oblats : une simple croix et non par les cinq cercles ; au moment de la consécration, il ne s’est pas agenouillé, mais s’est simplement incliné devant les saintes espèces. Enfin il n’a pas choisi le canon romain (Prière eucharistique 1) pour célébrer cette première eucharistie en tant que pape… est-ce signe de décentralisation liturgique ?


Bien sur ces gestes ne sont pas à interpréter outre-mesure, ils pourront même paraître anecdotiques et c’est à l’usage et avec le temps que l’on pourra en tirer tous les enseignements. Cela dit, il révèle le « François style » !

Une chose est certaine : la sobriété est de mise avec François pour lui-même, pour ceux qui l’entourent, comme pour le cérémoniaire qui manifestement a dû revoir lui aussi la simplicité du cérémonial et … de son surplis ! :)


Sébastien Antoni, aa le 15 mars 2013
Source Croire.com http://www.croire.com

 

Voir la vidéo

 

 


Autres dossiers