• Une page de l’Année va se tourner et mourir à jamais. - Bruno

    Une page de l’Année va se tourner et mourir à jamais.

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    Mesdames, Messieurs,

    Ce serait mentir de vous faire croire que cette journée fut attendue avec fébrilité. Une page de l’Année va se tourner et mourir à jamais. L’Année 2014 est déjà présente dans mon esprit.

    Bien-sûr, vous aurez compris que je parle de mon père dont le temps est compté.

    Ce n’est pas tant la maladie que je crains mais, sa mystérieuse évolution.

    Que pense mon père de tout cela ?

    Hier, il dit que l’Année prochaine nous fêterons sa guérison dès que les rayons démontreront leurs effets positifs. Il est dans un déni total face à son cancer, face à sa pathologie.

    Tant mieux pour lui, je ne souhaite pas qu’il se torture mentalement en calculant les jours qui passent. Cela lui donne une force prodigieuse. Il devrait être couché et prend sa voiture pour faire ses courses. Il se dit un peu fatigué, c’est tout !

    L’oncologue dit que sa force mentale lui permet de dépasser l’épuisement de son propre corps. J’en suis surpris favorablement mais, les médecins disent que cela ne durera plus longtemps puisqu’il ne fixe pas les protéines et le peu qu’il mange ne lui profite guère.

    Alors, je me sens démuni et je prie Dieu de lui éviter toutes souffrances.

    Chaque soir, je lui envoie l’Esprit saint afin qu’iL le protège durant la nuit…

    Je sais bien la mort fait partie de la vie. Mais, la douleur imprévisible qu’il risque de ressentir dans cette phase évolutive fait-elle partie de notre existence ? Personne ne la convoite !

    J’ai pourtant le cœur tourné vers Jésus-Christ et l’hésychasme alimente mes heures, mes minutes. Et parfois envahi mon âme d’une paix profonde…

    Ce ne sont que petites brises venant calmer les tempêtes angoissantes de cette nouvelle Année presque présente…

    Mais, je n’ai point pour habitude de ne regarder que mon nombril et de me plaindre inconsidérément. Je pense à vous et sais que vous préparez cette soirée comme un festin de joie. Et cette allégresse, je la partage avec vous en toute fraternité. De plus, je dois montrer un visage jovial face à mon père et mon entourage. Cela est une question de respect vis à vis de ceux qui respirent le même oxygène, il ne faut pas les asphyxier de tristesse. Ce serait tuer la Vie une deuxième fois. Certes, la tristesse est légitime à condition de ne pas la partager.

    Je vous souhaite donc une Année 2014 où vous aurez  prioritairement une bonne santé qui permet d’avancer, d’affronter toutes les aubaines qui se présentent. Sinon, le fait de contempler les beautés intrinsèques de chaque instant permet d’acquérir une robustesse particulièrement indéfectible. Force spirituelle en osmose avec le Christ pour l’éternité.

     

    HEUREUSE ANNÉE 2014 PLEINE D’AMOUR ET DE TENDRESSE !!!

     

    Bien Fraternellement, Bruno Leroy.

    http://brunoleroyeducateur-ecrivain.hautetfort.com

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  • Commentaires

    2
    Bruno LEROY
    Samedi 4 Janvier 2014 à 20:21
    Bruno LEROY

    Petite Sœur Josiane,

     

    D’abord, je tiens à te remercier pour tes multiples messages qui témoignent du souci que tu éprouves à mon égard. Chacun de tes petit mots sont un rayon de joie dans ce firmament embrumé que je tente de traverser tant bien que mal. La mort, rien que de prononcer ce mot beaucoup éprouvent des frissons ou des images d’absence. L’être aimé disparaît à jamais de notre espace de vie. Et nous voici seuls face à nous-mêmes comme de pauvres hères perdus dans un océan de larmes.

    Lorsque j’étais plus jeune ( vers 13 ans ), au séminaire de Lille, notre professeur disait chaque matin : en tant que futurs prêtres vous devez réfléchir à la mort, nous allons donc en parler durant une heure. Nous nous regardions du coin de l’œil avec frayeur en sachant que ce thème suscitait en nous quelques frémissements angoissants durant presque toute la matinée.

    Heureusement, cette forme d’enseignement n’existe plus de nos jours.

    Cependant, en réfléchissant rétrospectivement, je me suis aperçu que ces cours avaient cheminés en moi jusqu’à ce jour et m’évitaient toutes formes de peurs anxiogène face à ma propre finitude. En clair, la mort est pour moi comme une cantate de Bach où s’illumine aux tréfonds de notre âme une allégresse sans mesure. La mort est la face cachée de la vie et rend plus resplendissante encore notre union à Jésus-Christ.

    Mais, cela fait partie de ma propre approche et appréhension de ma finitude, celle-ci étant éclat de Lumière qui jaillit en gerbes d’étoiles. Cette Lumière étant Dieu dans Sa liberté et Sa plénitude. Aimés nous le sommes, aimés doublement nous le serons. Voilà en quelques mots ma conception de la camarde.

    Mais, cette formule ne concerne à la limite que moi. Mon père ne peut soutenir une telle métaphore idyllique et non réaliste de ce que son destin représente aujourd’hui.

    Dans notre humanité profonde, nous sommes atterrés par les événements qui arrivent.

    Nous ne voulons pas le voir souffrir et son déni de la maladie est une réponse inconsciente de sa part face aux probables évolutions de son cancer. Dans notre empathie, notre Amour pour lui, nous souhaitons, c’est-à-dire la Famille et moi-même, qu’il s’éteigne doucement comme une chandelle arrivée à terme.

    Hélas pour lui, il vit chaque jour avec la peur chevillée au corps. Je ne puis que rarement désormais l’apaiser de ses inquiétudes légitimes et qui sont les miennes aussi…

    J’aurais tellement espéré qu’il s’en aille dans une paix quasiment admise.

    Alors, face à ses colères, à ses dénis, à ses souffrances psychiques ou physiques, il ne me reste comme arme que la prière. Et chaque soir, je lui envoie l’Esprit saint ainsi que son ange gardien afin qu’ils soient près de lui dans son sommeil.

    Et dans la journée, je fais tout pour le regarder comme un christ défiguré, car il s’agit d’un cancer de la mâchoire qui déforme son visage.  Et au début, il me faut te dire que j’éprouvais de la peine à le regarder tellement, il avait changé en peu de temps. L’amour, l’écoute et la compréhension de ce qu’il ressent intérieurement est important pour l’accompagner sainement, sans le blesser dans sa dignité. Cette période est extrêmement difficile, petite Sœur, mais pour l’instant il ne souffre pas, il se révolte contre les thérapies et contre moi, contre nous tous. Car, mon père est à l’origine de ma passion débordante pour la Vie. Il aime les fleurs, les oiseaux qui viennent se poser sur les arbres chauves de son jardin. C’est un homme d’émerveillements constants. Maintenant, l’existence le déçoit car, elle lui a fait une mauvaise dont jamais il ne se remettra. Je te remercie, Chère petite Sœur Josiane, de l’attention que tu me portes depuis des années. Dans cette atmosphère où les angoisses et les larmes sont plus présentes, tu apportes en quelques mots le sourire de la vie. La vraie, celle dont tu as partagée les absences pour en faire des deuils successifs. Je recueille tes prières avec bonheur et t’envoie les miennes pour qu’elles te donnent la force de continuer envers et contre tout. Heureusement que dans ces périodes pénibles, nous avons un confident auquel nous pouvons confier nos moindres peines : Dieu Amour. Que ferions-nous sans Lui et sa puissance de nous relever lorsque nous manquons de tomber ? Nous ne serions rien qu’une vallée de larmes intarissables.

     

     

    Tendres Bises Fraternelles de ton petit Frère, Bruno.

    1
    Jeudi 2 Janvier 2014 à 15:51

    Ta réflexion m'a beaucoup touchée. Je suis près de toi et je te porte dans mes prières ainsi que ton papa.
    Je t'embrasse très fort.
    Ta petite soeur.
    Josiane

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