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    Venezuela : l'Église dénonce la dérive autoritaire du pouvoir

    Un manifestant anti-gouvernement, le 20 avril 2017 à Caracas. - AP  20/04/2017 

    «Il y a des problèmes évidents qui ont été mis sur la table dès le début de la table ronde en octobre 2016 mais ces problèmes ne sont jamais abordés». C’est en substance ce qu’a déclaré le cardinal Baltazar Porras, archevêque de Mérida, au nord-ouest du pays, pour expliquer pourquoi l’Église a décidé de ne plus participer au «dialogue national» entre le gouvernement pro-Chavez de Nicolàs Maduro et l’opposition.

    Ce prélat expérimenté, nommé évêque par Jean-Paul II à l'âge de 38 ans en 1983, a été créé cardinal par le Pape François en clôture du Jubilé, le 19 novembre 2016, puis il a été nommé en janvier dernier membre de la Commission pontificale pour l'Amérique latine. Il est donc considéré comme un fidèle du Pape François, qu'il a bien connu au sein du Conseil épiscopal latino-américain, dont il fut le vice-président de 2007 à 2011.

    En cohérence avec la ligne du Saint-Siège, et notamment avec l'action du Secrétaire d'État, le cardinal Pietro Parolin, qui fut nonce à Caracas de 2009 à 2013, les évêques du Venezuela avaient jusqu’à présent, tenté à tout prix de maintenir le dialogue, afin d’éviter le basculement dans la violence. Et ce, alors qu’une grave crise économique, sociale et institutionnelle menace de faire imploser le pays. «Au lieu de rechercher des solutions aux problèmes qui affectent les Vénézuéliens, les affrontements exacerbent les tensions», a encore dénoncé le cardinal Porras. Il a rejeté les accusations et menaces de certains fonctionnaires qui ont déclaré publiquement que «ce qui pourrait arriver mercredi dans l’état de Merida» serait la responsabilité des évêques et des prêtres.

    Par ailleurs, en accord avec le «message clair et courageux» des évêques du Venezuela, plusieurs jésuites tirent la sonnette d’alarme face à l’escalade de violence que connaît le pays, alors qu'au moins six manifestants ont trouvé la mort lors de marches de l'opposition. «En tant que chrétiens, il nous appartient d’accompagner ce long Vendredi saint que vit actuellement notre peuple», déclarait ainsi le 14 avril Luis Ugalde, directeur du Centre d’études religieuses de la Compagnie de Jésus (CERPE) à Caracas.

    Dans cette prise de position relayée par La Croix, ce jésuite parle d’une situation «moralement inacceptable», à propos de la décision, annoncée fin mars, d’élargir les pouvoirs octroyés au président Maduro en matière de crime organisé et de terrorisme (décision finalement rejetée quelques jours plus tard par la Cour suprême du Venezuela). Pour le Père Ugalde, «la Constitution démocratique (du Venezuela) est violée et confisquée par un gouvernement dictatorial. Les voix et la souveraineté du peuple sont brûlées sur le bûcher des usurpateurs».

    «C’est un coup d’État qui prive le Parlement de sa prérogative d’édicter des lois et qui prive le peuple de sa souveraineté», poursuit le jésuite en appelant au « devoir de conscience » de chaque citoyen d’ignorer toute décision qui viole la Constitution.

    (CV avec La Croix)

     

    source http://fr.radiovaticana.va/

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