• Vocation - Alice

    Vocation

    Vocation - Alice

    Un ami me répond : « Tes revendications semblent, toutes, venir de ta contestation d’une hiérarchisation des vocations qui sous value ou dévalue celle qui est vécue au sein du mariage, celle qui se construit et agit à partir de l’amour échangé dans un couple humain… » Et aussitôt, je repense à une page de la revue diocésaine que m’a donnée l’un de mes frères. J’y ai vu une photo de maman et de 3 de ses enfants. Je lis la légende : « Merci à Mme D. pour ses 2 fils prêtres et sa fille religieuse. » En rage, j’ai ajouté : « et pour ses 10 autres enfants qui vivent leur foi au cœur de ce monde ! » Voilà, nous, les fidèles, nous n’avons pas d’existence…dans cette hiérarchie ! Avons-nous une vocation ? Pour nos clercs, il semblerait que non. Pire, même, car on peut supposer que l’on n’a pas répondu favorablement à l’Appel !

    Je réagis aussi toujours, à l'occasion du dimanche des vocations ou même de l’année des vocations. Toujours le même scénario : prions pour que le Seigneur nous envoie des prêtres ! Le prêtre, cet homme (femme ?) qui a donné généreusement sa vie à Dieu, en acceptant de rester célibataire… Bon, on parle aussi de la vocation religieuse, mais on ne parle pas de vocation pour les fidèles, personnes mariées ou célibataires dans le monde ??? Le mariage est une voie par défaut…Et saint Paul nous dit : « Les clercs s’occupent des affaires de Dieu et les non-clercs s’occupent des affaires terrestres… » Au fil des siècles, nous sommes dénigré-es. En 1906, le pape PieX, dans ’Vehementer nox’, nous dit : « L’Église est par essence inégale : les clercs et le troupeau égaré… Nous les fidèles nous n’avons pas d’autre devoir que celui de se laisser conduire et, troupeau docile, de suivre ses pasteurs ». De même, le pape François dit lors de son entrevue pour la revue des jésuites, lors de sa 1ère année de pontificat : «Les ministres de l’Évangile doivent être capables de réchauffer le cœur des personnes, de les accompagner, de dialoguer et de cheminer avec elles, de DESCENDRE dans leur nuit, leur obscurité, SANS SE perdre

    Les fidèles ont-ils une vocation ?

    Dans notre vie de chaque jour, entendons-nous l’Appel du Seigneur ? Je revois cette 1ère page de couverture d’une revue ’Famille chrétienne’ ayant pour titre : « un été pour servir Dieu… Ils (des jeunes) préfèrent les abbayes à la Côte d’Azur ». Belle photo, belle abbatiale, titre formidable, et ce jeune (homme) en photo n’est-il pas formidable ? Alors où est le problème ? Nous baignons tellement dans cet état d’esprit que nous ne voyons pas ce qui saute aux yeux : pour servir Dieu, allons dans une abbaye !!! Les moines ont trouvé la meilleure réponse (selon eux) pour servir le Seigneur, en se retirant du monde !!! Et durant des siècles, nous avons vécu sous leur influence mais nous n’avons pas tous, toutes, vocation à être moine ! Comment servir le Seigneur, dans ce monde si décrié… ? (J’ai appris que des personnes vivant sur la Côte d’Azur avaient aussi protesté contre ce titre. Joie !)

    Après la condamnation du Vatican pour les femmes qui seraient ordonnées prêtres, j’ai demandé à Benoît XVI l’autorisation (car il n’y avait que lui pour lever cette lourde sanction) d’être ordonnée prêtre. Un ami m’a alors répondu : « tu n’as pas d’autorisation à demander. Si tu penses que tu dois le faire, alors fais-le ». J’ai retrouvé cette réponse, il y a quelques temps et j’ai réalisé que j’avais suivi son conseil, dans les faits et je proclame maintenant qu’à 65 ans, j’ai compris que j’avais réalisé mon idéal de jeunesse : Donner généreusement ma vie à Dieu en aimant l’autre et les autres, dans mon couple, ma famille, dans la vie professionnelle, associative, syndicale et politique. J’ai répondu à l’Appel, chaque jour, même si rejetée par la paroisse, je me trouve sans paroisse, même si je ne sais plus trop si je suis encore ou non dans l’Église. Mais cet appel du Christ n’est pas unique. A chaque moment, Il me sollicite. Ma réponse n’est pas irréversible ! Je pense souvent au ‘’jeune homme riche de l’Évangile. Il est reparti en étant tout triste mais n’est-il pas revenu sur le chemin que le Christ lui a indiqué ? Nous ne savons pas ! Le Christ m’accepte avec mes faiblesses et mes moments de service.

    Oui, je crie que je travaille à la moisson, à la Vigne du Seigneur, même si parfois je fais partie aussi des ouvriers, ouvrières de la dernière heure. Oui ma récompense est merveilleuse, ma joie est immense.

    Même si je suis isolée dans cette paroisse, en aimant, je réponds à ma vocation : levain dans la pâte.

    Je vis dans la lumière de l’Amour. L’Esprit me guide. Oui, j’ose affirmer cela : L’Esprit m’a ouvert une route nouvelle.

    Et j’ai appris à m’émerveiller, de ce jour nouveau, des rencontres, des tous ces petits gestes d’amour qui me donnent douceur, patience, rire ensemble, chaleur humaine, tendresse…Je m’émerveille lorsque je vois un sourire, une personne reprendre confiance en elle…

    Je distribue à profusion, mes sacrements qui ne sont pas encore répertoriés par l’Église. Je distribue mes sourires, mes bonjours, je parle de la pluie et du beau temps, temps partagés, mes rires partagés, mes rencontres et mon émerveillement… J’écoute la personne qui m’arrête sur le trottoir. Je lutte pour la dignité…pour un monde plus humain, plus juste, plus fraternel-sororal.

    Et contrairement à saint Paul, j’ose dire que je m’occupe des affaires de Dieu et pas uniquement des affaires terrestres.

    Ma vocation : Aimer

    Alice

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