• Homélie du 25ème dimanche du temps ordinaire - 22 septembre 2013

    Homélie du 25ème dimanche du temps ordinaire -22 septembre 2013

    Abbé Jean Compazieu

     

    Dangers des richesses

     

    Textes bibliques : Lire

    « Ecoutez ceci, vous tous qui vous acharnez sur le pauvre… » Ces paroles du prophète Amos sont rudes. Nous n’avons pas l’habitude de les entendre souvent dans les églises. Mais c’est Dieu qui l’a appelé pour transmettre ce message. Sa mission était de dénoncer les injustices et la malhonnêteté qui accablaient les plus petits : « On fausse les balances… On va jusqu’à vendre les déchets du froment… » C’est ainsi que les riches deviennent de plus en plus riches au détriment des plus pauvres. Ce n’est pas pour en arriver là que Dieu a fait alliance avec son peuple. A travers les opprimés et les exploités, c’est lui-même qui est frappé.

     

    Si Amos revenait aujourd’hui, il aurait beaucoup à dire. Il n’aurait pas de mots assez durs contre les magouilles en tous genres : tromperies sur la marchandise vendue, arnaques sur Internet, tricheries dans les jeux (on achète un arbitre pour faire gagner telle équipe)… Au niveau mondial,  il dénoncerait le commerce des armes, les conditions de vie des personnes réduites à l’esclavage, la course aux bénéfices, les paradis fiscaux… Amos n’est plus là, mais son message nous est transmis de la part de Dieu. Il nous appelle tous à travailler à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel.

    En écoutant l’Evangile de ce dimanche, nous avons pu nous sentir un peu mal à l’aise. Voilà un homme licencié pour faute grave. Demain, il sera à la rue, les poches vides. Il doit réfléchir très vite à la meilleure solution. Et il profite de son ultime pouvoir pour abaisser les dettes des débiteurs de son maître. Il y a là une escroquerie qu’aucun patron ne peut accepter. Quand ça arrive, cela se règle au tribunal. Or voilà que Jésus fait l’éloge de cet homme car il s’est montré habile.

    Comprenons bien, le but de cette parabole n’est pas d’aller contre la morale la plus élémentaire. D’ailleurs les historiens nous apprennent une chose importante : Les intendants de l’époque n’étaient pas pays directement par leur patron. Ils aménageaient leur salaire en augmentant la dette et les intérêts de leurs clients. En réduisant ces dettes, le gérant ne puise pas dans les réserves de son patron mais sur ses propres revenus. Le maître fait son éloge car ce gérant a compris qu’il valait mieux perdre son propre argent que de perdre ses amis.

    Jésus constate que « les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière ». C’est vrai, quand les intérêts personnels sont en jeu, on devient très inventif. Jésus voudrait bien que notre ardeur pour la paix, la justice et la fraternité nous rende aussi ingénieux. Le jour où nous consacrerons autant d’intelligence et d’acharnement pour inventer des solutions de paix, de justice et de fraternité qu’à gagner de l’argent, beaucoup de choses changeront.

    « Faites-vous des amis avec l’argent trompeur, afin que le jour où il ne sera plus là, ces amis vous reçoivent des les demeures éternelles. » Ces amis, ce sont les pauvres, les miséreux, les exclus. Nous connaissons tous la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare (Luc 16, 9-31). Ce riche n’a pas agi de manière à faire de Lazare son ami dans l’au-delà. Il a établi entre eux une forte séparation. De ce fait, Lazare qui se trouve dans l’éternité ne peut pas l’aider. Ailleurs, l’Evangile nous apprend qu’à travers le pauvre, le prisonnier, l’exclu qui a faim, c’est Jésus qui est là. Chaque que nous nous mettons à leur service, c’est lui, Jésus, que nous servons. La principale amitié qu’il nous faut rechercher c’est celle de Dieu. Il est notre richesse suprême qui nous permettra d’être accueillis « dans les demeures éternelles. »

    Aujourd’hui, Jésus nous invite avec insistance à avoir une attitude claire. Si nous sommes esclaves de nos richesses, celles-ci vont nous étouffer. Il nous faut ramener l’argent à sa juste valeur. Il doit servir comme instrument de partage et d’amitié. Il est mis à notre disposition au service des autres. Si nous, chrétiens, nous ne vivons pas le partage, nous serons un contre-témoignage pour le monde.

    Au jour de notre baptême, nous sommes entrés dans une grande famille qui s’appelle l’Eglise. Nous croyons en un Dieu qui aime chacun de ses enfants. Il nous confie tous les uns aux autres. Saint Paul nous le rappelle à sa manière dans la seconde lecture : Dieu veut que notre charité soit universelle car son amour est universel. La prière est un moyen qui nous est donné pour nous ajuster chaque jour à cet amour qui est en Dieu. C’est là que nous puisons la force d’aimer nos frères comme Dieu les aime.

    Au cours de cette Eucharistie, nous allons proclamer la foi de notre baptême. Si nous voulons être vrais, il ne faut pas que ce soit une simple formule mais une vraie adhésion à la parole du Christ, même si elle nous dérange. Nous faisons nôtre cette parole de Pierre : « A qui irions-nous, Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle ! » donne-nous de mettre nos cœurs et nos intelligences au service de ton Royaume. Amen

    Sources : revues Feu Nouveau, Signes et Dimanche en Paroisse, Lectures bibliques des dimanches C (Albert Vanhoye), Pour la célébration de l’Eucharistie (Feder et Gorius), Saisons Bibliques 2, Le Nouveau Testament commenté (C. Focant et D. Marguerat)

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