• Parabole de la maison construite sur le roc ou sur le sable. (Mt 7, 24-27 ; Lc6, 46-49 

    Parabole de la maison construite sur le roc ou sur le sable. - Élisabeth

    C'est pourquoi, celui qui écoute ce que je dis et qui l'applique, ressemble à un homme sensé qui a bâti sa maison sur le roc.

    Il a plu à verse, les fleuves ont débordé, les vents ont soufflé avec violence, ils se sont déchaînés contre cette maison : elle ne s'est pas effondrée, car ses fondations reposaient sur le roc. Mais celui qui écoute mes paroles sans faire ce que je dis, ressemble à un homme assez fou pour construire sa maison sur le sable. Il a plu à verse, les fleuves ont débordé, les vents ont soufflé avec violence, ils se sont déchaînés contre cette maison : elle s'est effondrée et sa ruine a été complète.

    Cet enseignement que donne le Christ est classé parmi les paraboles, cependant, il ressemble plus à un autre procédé, appelé « à quoi la chose peut-elle ressembler ? », employé également par les rabbins pour mieux faire saisir une idée abstraite à leurs élèves. Nous rappelons que la parabole, « mashal » en hébreu, enveloppe une idée sous plusieurs voiles ; il faut tous les retirer pour la comprendre. Ce n’est pas évident, c’est pourquoi le Christ devait expliquer, en privé, ses paraboles à ses disciples, « à ceux qui avaient des oreilles pour entendre ».

    En effet, ici, l’enseignement que Jésus nous partage ne présente aucune difficulté de compréhension, il nous dit qu’il ne suffit pas d’écouter ses paroles, qu’il faut les appliquer pour être avec lui. Et afin que nous prenions pleinement la mesure de son avertissement, il illustre son propos par un exemple concret.

    Nous sommes tous des bâtisseurs. Nous construisons des maisons. Des maisons extérieures, nos habitations, des maisons intérieures, notre personnalité, notre assise, nos valeurs. Sur un autre plan, la maison de Dieu, le Temple de Jérusalem ; le corps du Christ qui est Temple, notre corps, qui en lui, est temple. Le temple est le lieu où Dieu demeure, nous parle et où nous lui offrons notre vie.

    Le Christ rappelle ainsi que le judéo-christianisme est une religion de l’incarnation. Les choses se passent ici-bas et non pas dans un au-delà, un ciel, celui des idées ou autres. Il s’agit d’aimer Dieu et son prochain, avec son corps, ses sens, son sang, dans le quotidien de nos vies et suivant les commandements de Dieu donnés dans les Ecritures.  C’est ainsi, que nous lui construisons une demeure dans ce monde, que nous devenons corps du Christ, que notre corps devient temple.

    Avant cela, quelques lignes plus haut, le christ prévient, qu’il ne suffit pas de lui dire Seigneur, Seigneur pour entrer dans le Royaume, car ce qui importe c'est de faire la volonté « de mon père ». Ces paroles semblent assez dures et incompréhensibles. Il me semble en les écoutant qu’il veut nous dire qu’il y a peut-être un danger d’idolâtrie en ne faisant les choses qu’en son nom.  Il nous l’a répété à maintes reprises, « je fais la volonté de mon Père », « je vous conduis au Père, « je ne fais rien par moi-même ».  Sa mission, faire de nous des fils qui disent « abba ».  Il faut construire sa maison non pas sur lui mais sur le Roc, celui qui est appelé le Roc c’est le Dieu d’Israël, dans Son Nom très saint, le Tétragramme. Le Christ a dévoilé aux apôtres le sens des quatre lettres YHVH qui est celui du Père(Y) du Fils(V) et du Souffle de sainteté (H). La religion chrétienne n’est pas la croyance en Jésus mais bien plutôt en la Trinité  sainte, notre Roc

    Élisabeth

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  • La parabole des 10 vierges

    Évangile selon Matthieu, chapitre 25, versets 1 à 13 :

    Alors le royaume des cieux sera semblable à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, allèrent à la rencontre de l'époux. Cinq d'entre elles étaient folles, et cinq sages. Les folles, en prenant leurs lampes, ne prirent point d'huile avec elles ; mais les sages prirent, avec leurs lampes, de l'huile dans des vases. Comme l'époux tardait, toutes s'assoupirent et s'endormirent. Au milieu de la nuit, on cria : Voici l'époux, allez à sa rencontre ! Alors toutes ces vierges se réveillèrent, et préparèrent leurs lampes. Les folles dirent aux sages : Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent. Les sages répondirent : Non ; il n'y en aurait pas assez pour nous et pour vous ; allez plutôt chez ceux qui en vendent, et achetez-en pour vous. Pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux arriva ; celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres vierges vinrent, et dirent : Seigneur, Seigneur, ouvre-nous. Mais il répondit : Je vous le dis en vérité, je ne vous connais pas. Veillez donc, puisque vous ne savez ni le jour, ni l'heure1.

    A première lecture cette parabole semble bien rude et dénuée d’empathie et de générosité. Cette salle des noces qui ne s’ouvre plus, ces vierges sages qui ne viennent pas au secours de leurs compagnes moins prévoyantes.

    De quoi nous parle-t-on ici ?

    Qui sont ces vierges, assurément des croyants, « des gens bien », mais apparemment cela ne suffit pas !

    Cette lampe, cette huile ? La lampe c'est la parole de Dieu qui est qualifiée dans le Psaume 119 de « lampe sous mes pieds ». Il faut qu’il y ait un carburant, ici de l’huile, « shemen » en hébreu, pour permettre à la lumière qui est dans cette parole de se dévoiler. Les trois lettres qui écrivent le mot shemen écrivent aussi le mot « nashem » respirer, sur lequel est construit le mot « neshama » âme. Cette âme que Dieu a insufflé dans l’Adam et qui est, nous enseigne la tradition ésotérique, une partie de Dieu en nous véritablement.
    Cet époux ? Cette salle de noce ?  L’époux c’est le Messie rédempteur. Cette parabole fait partie d'une série qui répond à la question posée par les disciples : « à quoi ressemblera le royaume de Dieu ? »
    Par notre étude, nos prières, nos actions, notre fidélité et notre persévérance nous nourrissons cette huile, plus nous le faisons, plus notre réserve s’accroît, nous pourrons compter sur elle pour les temps difficiles. Si l’époux tarde trop, si l’on s’endort, on oublie le projet divin, l’étude, la prière.

    Cri du guetteur, voix du shoffar, corne de bélier, nous réveille et nous éveille, dans la nuit, on n’y croyait plus, vite, il s’agit de rallumer nos lampes, la flamme et de courir pour entrer dans la salle de noce, dans l’intimité du roi, du Père, de l’époux, du Fils,

    La profondeur de notre attachement, le souffle de notre âme, notre huile ne peut pas se donner, se prêter à d’autres. Chacun doit creuser son espace relationnel avec la trinité sainte. L’époux est là, la porte se ferme.

    Tout est dévoilé, c’est la fin des temps, l’invisible devient visible, le choix n’est plus possible, pour aucun d’entre nous, la porte ne peut plus s’ouvrir, les temps étant accomplis, Ce choix que permettait l’obscurité voulu de ce monde où Dieu se cachait, pour que nous puissions, en toute liberté, l’aimer, Sa seule exigence.

    La lumière de Dieu totalement dévoilée se déversera sur chacun d’entre nous, mais qu’on le veuille ou non, la relation que nous aurons avec le Bien aimé ne sera pas la même selon la place que nous lui auront donné, préparé, au temps de « l’obscurité », au temps du choix.

    Peut-être que l'enfer ne sera rien d'autre, (et ce rien est pour moi bien pire que toutes les représentations abominables et effrayantes d’individus brulants dans des flammes), que ce regret que nous aurons de ne pas avoir  étreint « l'amour », quand cela était possible, dilatant nos cœurs et nos corps au maximum, pour le recevoir le plus complètement et totalement possible.

    Élisabeth

    Bonne année à toutes et tous!

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  • « La parabole du « bon samaritain ». (Luc 10, 25)« La parabole du « bon samaritain ». (Luc 10, 25) - Élisabeth

    (peinture sur Wikimedia Commons, la médiathèque libre.)

    Je n'aime pas cette parabole, elle me m’est mal à l’aise, ou plus justement, ce n’est pas la parabole que je n’aime pas, ce sont les commentaires qu’en font les prêtres en église qui m’insupportent. Ils me blessent. Je sens, et j’entends, toujours du mépris pour la loi du Dieu d’Israël, une condamnation rapide du Cohen et du Lévy, et l’encensement du Samaritain. Rien que le titre par lequel, elle est connue, « le bon samaritain » me hérisse.

    Dernièrement, parce que j’entreprends cette année de réfléchir aux paraboles du Christ, je me suis dit : « Reprenons tout depuis le début, depuis l’origine, dégageons-nous de l’interprétation chrétienne et asseyons-nous à côté de Jésus de Nazareth pour l’écouter. C’est un maître juif qui enseigne à un public juif et son enseignement, puisqu’il est le Messie c’est à dire celui qui accomplit la Torah, sans désir d’en changer un iota, ne peut que révéler son amour pour elle.

    Plantons le décor :

    Jésus, est en train d’enseigner. Un homme, versé dans l’étude de la Torah, nous précise-t-on, se lève et lui pose une question, comme il est souvent de coutume dans les yéshivot, ou maison d’étude : « Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ». Il lui répond : « Dans la Loi qu’y a-t-il d’écrit ? Comment lis-tu ? »  

    Cette question est très importante. Jésus lui demande, en fait, comment interprètes-tu la Parole de Dieu, comment résonne-t-elle en toi ? Lire se dit koré en hébreu, mot qui signifie aussi appeler, crier. En même temps que je lis je suis lu, en même temps que j'appelle je suis appelé, il y a une interaction entre le texte et moi.

    L’homme répond en citant ce que Jésus considère comme le premier des commandements, à savoir, aimer Dieu, et tout comme lui, je ne sais pas s’il avait écouté auparavant son enseignement, mais je ne le pense pas, il le fait suivre de celui d’aimer son prochain. Jésus est satisfait de la réponse et ce dialogue aurait pu s’arrêter ici, mais le « sage » pose une autre question très pertinente, « Et qui est mon prochain ? ». Jésus lui répondra alors par une parabole.

    Il choisit de présenter non pas des individus mais des catégories de personnes : le Cohen et le Levy, représentent la classe sacerdotale, le samaritain est un étranger et un ennemi de cette classe et du Temple, faisant parti de ceux qui, au temps d’Ezra en ont empêché la construction ; ils ont cependant accepté comme Parole de Dieu le Pentateuque en refusant les interprétations, c’est-à-dire la loi ou enseignement orale, figeant le texte dans une lecture unique. L’homme qui est soigné est anonyme, on ne sait pas si c’est un juif ou un samaritain.

    Que veut nous dire Jésus en nous donnant pour modèle le samaritain ? De plus, en vérité, il  ne répond pas à la question posée, il la déplace en demandant : «  Lequel des trois a été un prochain pour l’homme blessé ? »

    Jésus veut nous faire comprendre que dès que l’on se demande qui est mon prochain, on entre forcément dans l’exclusion d’une ou de plusieurs personnes. Aussi, la question de l’amour du prochain, est plutôt, suis-je le prochain pour l’autre, suis-je le gardien de mon frère,  suis-je signe de compassion pour l’autre ?  Tout dépend et part de moi.  Et l’on découvre ici, que mon attitude ne dépend pas forcément de ma foi. Je dirai en actualisant le texte, que ici,  ce n’est ni le curé, ni le diacre, le religieux donc, mais bien l’étranger,  l’ennemi qui a fait preuve de compassion. Combien de fois a-t-on vu, à notre grand étonnement, des personnes d’aucune confession, des laïcs, des athées, faire preuve de plus d’humanité que celui qui croit et pratique.

    Nous n’avons pas à comparer, à juger, seulement à nous remettre en question et toujours approfondir notre lien à Dieu, à toujours l’unir et le relier à notre lien à l’autre.

    Pour le Christ, il y a deux commandements centraux, qui se complètent l’un l’autre et se comprennent comme une unité : aimer Dieu et aimer son prochain ; une relation transcendantale et une relation horizontale, s’alimentant l’une l’autre.

    Notre maitre et notre seigneur, veut nous faire comprendre, ce que disait Saint Vincent de Paul à ses filles de la charité, lorsque quittant leur moment de prières ou d’étude de la Parole elles partaient servir les plus pauvres. Ils leur disaient : « N’ayez crainte, vous quittez Dieu pour aller vers Dieu », en un mot, vous ne quittez jamais ni le Père, ni le Fils, ni le Saint Esprit, vous êtes toujours, si vous en avez conscience, en Sa présence. C’est cela que le Cohen, le Lévy n’avaient pas compris. Pour eux, Dieu était seulement dans le Temple, dans leur amour pour Lui, ne voulant pas se rendre impurs, ce qui les auraient empêchés de Le servir, ils n’ont pas secouru le malheureux qui se trouvait sur leur route. Ils n’avaient pas compris, et sans cesse le Christ reviendra là-dessus, que servir et aimer le prochain c’est servir et aimer Dieu. Et depuis que le Fils de Dieu a revêtu notre humanité, véritablement,  le visage de l’autre est le visage du Christ, le visage du Père : «  Qui m’a vu a vu le Père ».

     Élisabeth

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  • La parabole du Vigneron.

    La parabole qui m’arrache toujours un cri de peine et de révolte est celle « des mauvais vignerons ». Jésus y enseigne que Dieu finira par confier Sa vigne à d’autres vignerons parce que ces derniers ne lui ont pas fait porter du fruit ; cela arrivera après que le fils, l’héritier légitime, soit tué.

    La parabole du Vigneron. - Élisabeth

    source internet Marie-Thérèse Primeau

    La vigne c’est le projet divin que Dieu a confié à son peuple Israël, son fils aîné. Ce projet c’est la réalisation de Son royaume sur terre.  Celui-ci est incarné ici-bas par son Messie, son oint, christ en grec. Le Père confie son Fils, à une autre nation, évangélisée par le petit nombre des enfants d’Israël qui a cru en lui. « C’est pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé et sera donné à une nation qui en rendra les fruits. » (Mat 21, 43)

    Je souffre de la même souffrance que saint Paul :

    « J’éprouve une grande tristesse, et j'ai dans le cœur un chagrin continuel. Car je voudrais moi-même être anathème et séparé de Christ pour mes frères, mes parents selon la chair, qui sont Israélites, à qui appartiennent l'adoption, et la gloire, et les alliances, et la loi, et le culte, et les promesses « (Rom 9,3,5)

     Les nations entrent donc dans le projet divin parce que les Maitres de la Torah n’ont pas reconnu le temps « où Dieu les visitait ».  Cet aveuglement incompréhensible pour lui, saint Paul sous l’inspiration de l’Esprit Saint, en trouvera le sens. Raison qui console mon âme et me fait passer des ténèbres à la lumière. Dans l’Epitre aux romains, il explique que ce refus est là pour que toutes les nations entrent dans l’Alliance. Il est dur, nous le savons, pour un fils aîné de partager avec son cadet, d’avoir d’autres frères.  Cette fermeture des yeux, des oreilles et du cœur pour que la famille de Dieu s’agrandisse, pour que en Christ, un peuple de fils du Père voit le jour, qu’une fraternité naisse et se donnent la main.

    Malheureusement, la nouvelle nation, se pervertira elle aussi, elle fera tout pour oublier et cacher qu’elle n’est « qu’un olivier sauvage greffé sur l’olivier franc » et fera tout pour prendre la place du fils aîné, le déclarant « rejeté à jamais par le Père ».  
    Mais «  ….Les dons gratuits de Dieu et son appel sont sans repentance. » (Rom 11) et l’apôtre des nations l’avait mise en garde : « Je pose encore une question : ceux d’Israël ont-ils trébuché pour vraiment tomber ? Pas du tout ! Mais leur faute procure aux nations païennes le salut, pour qu’ils en deviennent jaloux.  Or, si leur faute a été richesse pour le monde, si leur amoindrissement a été richesse pour les nations, combien plus le sera leur rassemblement !
     De ces branches, quelques-unes ont été coupées, alors que toi, olivier sauvage, tu as été greffé parmi les branches, et tu as part désormais à la sève que donne la racine de l’olivier.
     Alors, ne sois pas plein d’orgueil envers les branches ; malgré tout ton orgueil, ce n’est pas toi qui portes la racine, c’est la racine qui te porte. Frères, pour vous éviter de vous fier à votre propre jugement, je ne veux pas vous laisser dans l’ignorance de ce mystère : l’endurcissement d’une partie d’Israël s’est produit pour laisser à l’ensemble des nations le temps d’entrer. » (Rom 11)

     Alors je chante Alléluia et j’attends. J’attends qu’Israël lève les yeux sur son Messie, j’attends que toute l’humanité en Christ, soit enfin une humanité de frères ayant un même père, dans le respect de ses charismes et vocations personnelles, de ses différences qui sont le déploiement de l’Amour de Dieu sur terre. J’attends, le cœur confiant, aussi sûr de la venue de ce jour béni que le veilleur l’est de l’aurore.

    Élisabeth

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  •  Le fils prodigue 

    Le retour du fils prodigue -  Rembrandt

    Retour du fils prodigue, par Rembrandt

    Cette parabole est sans doute la plus connue, la plus commentée et la plus aimée. Elle apaise le cœur inquiet du croyant et du « pécheur » que nous sommes. Elle nous apprend que le Père est miséricordieux. Non seulement Il pardonne, mais en plus, Il accueille celui qui revient à lui en festoyant, le rétablissant aussitôt dans sa dignité de fils. Tout est oublié, seule la joie des retrouvailles est à l’honneur.  C’est pourquoi cette parabole illustrée merveilleusement par Rembrandt, sert de support méditatif au sacrement de réconciliation.

    Cependant, dans ce récit ce qui me parle et m’interpelle, ce n’est ni l’attitude du Père, ni celle du fils prodigue car il n’y a là pour moi rien de nouveau. La Torah, c’est-à-dire les Ecritures, ont toujours enseigné que Dieu était miséricordieux, et que la voie du retour était celle du repentir et de la contrition. Ce qui résonne en moi, jusqu’à me faire frémir de crainte, c’est l’attitude du fils aîné et son dialogue avec le Père.

    Le fils aîné c’est le croyant, le pratiquant, celui qui ne faute pas, qui se conforme à la volonté de Dieu. Il fait sur lui, jour après jour, un immense travail pour dompter son mauvais penchant, et accomplir la volonté du Père. Mais en est-il heureux ? A-t-il dans ce service, et cette proximité, trouvé le bonheur ? Il semble, d’après ses paroles d’incompréhension et de révolte face à la joie que manifeste le Père face au pécheur repenti que non ! De plus, il ne voit pas comme le père que son frère, le fils cadet, était mort et qu’il est revenu à la vie et que c’est cela qui est fêté. Il n’a pas conscience que « le péché » conduit à la mort et qu’être auprès du père c’est être vivant. Il ne voit que la contrainte, les efforts, tout ce qu’il doit refouler pour demeurer auprès de lui ?

    Finalement, ce fils si obéissant était-il vraiment auprès du Père ? Il le servait mais son cœur, son désir n’y était pas. Il le servait comme un serviteur. Il vivait à côté de lui, mais il n’était pas proche de lui.  Il n’avait pas créé une relation, il n’avait pas pris conscience que l’important dans le service c’est la qualité de l’amour c’est pourquoi il ne savait pas que tout ce qui était au Père était à lui, qu’une tel partage était possible.

    L’attitude du fils aîné me questionne sur la qualité de mon service, de mon attachement à Dieu, à la Trinité Sainte. Dieu est-il ma joie, mon désir, mon centre, celui dont je ne veux jamais être séparé parce que je l’aime ?  Est-il mon tout ? C’est seulement si je rentre dans cette qualité de service que Sa volonté devient ma volonté et ma volonté Sa volonté. Il n’y a plus alors de séparation, de conflits d’intérêt. C’est ainsi que le Christ aimait et aime le Père. Ne dit-il pas : qui m’a vu a vu le Père ? le Père est en lui et il est dans le Père, ils ne font plus qu’Un tout en étant deux dans la « spiration » de l’Esprit Saint.

    Élisabeth

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  • « J'ouvrirai ma bouche en paraboles, je publierai des choses cachées depuis la création du monde » (Ps78:2).

    « J'ouvrirai ma bouche en paraboles, je publierai des choses cachées... - ÉlisabethC'est la, le travail de renouvellement de sens que doit accomplir le Messie dans la Tradition juive ; c'est là l'action réalisée par Jésus « Voici que je fais toutes choses nouvelles »(Apocalypse 21:5).  , Matthieu 13.51. Avez-vous compris tout cela? -Oui, répondirent-ils. 

    «  C’est pourquoi, tout scribe instruit de ce qui regarde le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes ». (Mat 13:51)

     Je commencerai ce cycle de partage sur les Paraboles par celle que je préfère le plus, parce qu'elle me bouleverse totalement, retourne mon être comme un raz de marée, pinçant les cordes de mon « corps harpe » pour en tirer le cri de Saint Paul « ...le monde est à jamais crucifié pour moi, et moi, pour le monde ». (Galates 6, 14-18)

    Je veux parler de la parabole du « Jugement dernier » qui pour moi est le centre, le summum, de la révélation du Christ, car elle révèle l'enseignement le plus fou, le plus révolutionnaire, le plus incroyable.

    Cette parabole nous apprend que nous serons jugés, pesés, mesurés sur l'amour. Uniquement sur l'amour, que nous aurons donnés aux autres, plus particulièrement à ceux d'entre nous qui sommes les plus démunis, les plus faibles, les plus étrangers à nous mêmes.

    Mais cela n'est pas nouveau, la Torah et les prophètes, toutes les lois d'Israël disent, commandent d'aimer son prochain comme soi même(Lévitique 19:18) et de faire des actes de charité.

    Ce qui est nouveau, ce qui va révolutionner le monde, le transformer, briser notre cœur et nous donner un cœur de chair, c'est la révélation énorme que l'autre, c'est le Christ, c'est le visage de Notre Seigneur, c'est le visage de Dieu dans son humanité : « Celui qui m'a vu a vu le Père »(Jean 14).

    Aimer l'autre, le soigner, le visiter, le consoler, c'est tenir véritablement le christ dans ses bras, le toucher. C'est la folie de l'incarnation du Fils de Dieu, Sa Passion, le don de Sa vie en rachat pour tout homme qui a rendu cette proximité inimaginable possible.
    C'est ce que Mère Thérésa a vu, compris, non pas avec sa tête, mais avec ses sens, dans sa chair en marchant dans les rues de Calcutta. Une évidence, comme un coup de poignard, c'est Lui, ce lépreux, ce mendiant, ce visage défiguré, souffrant, c'est Lui, c'est Toi Seigneur ; et à chaque fois, c'est Lui véritablement, qu'elle a porté, lavé, soigné, embrassé, aimé.
    Dans la parabole, le croyant, le « juste » agit par amour et crainte de Dieu et il en est récompensé, mais l'autre reste « un autre » ; depuis l'incarnation du Verbe de Dieu nous pouvons aimer autrement car l'autre c'est Lui.

    En revêtant notre humanité, Il a revêtu le visage de chaque homme, chaque femme, chaque enfant.
    Être du corps du christ c'est tout à la fois Le voir en chaque individu, et être en Son corps, corps donné, crucifié, tout offrande.

     

    Élisabeth

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