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    Prier le Notre Père

    Je médite depuis des mois sur les mots du  Notre Père. Ces mots se sont emparés de moi…Plus je réfléchis à chacun d’entre eux, plus il m’apparaît qu’ils sont à mettre sur toutes les lèvres car ils concernent tous les hommes.

    C’est la prière d’un Juif nommé Yéshoua. Il l’a transmise à ses disciples, Juifs comme lui, et eux l’ont transmise au monde. Au cours de ce processus de transmission, par le fait de l’histoire d’un empire, celui de Rome, elle est devenue la prière d’une nouvelle religion. Telle n’était probablement pas la volonté du Christ lorsqu’il l’enseigna à ses disciples – son message était universel. Cette prière concerne l’homme, « adam » dans son essence, fait à l’image de Dieu et appelé à être à sa ressemblance. C’est en ce sens que le « Notre Père » est une prière adamique ».
    A travers l’éclairage et la richesse de la langue hébraïque, il s’agit de ramener dans une marche bienheureuse des fils à leur Père. Un « Abba » (papa) qui, comme nous le montre la parabole du fils prodigue, guette le retour de chacun de ses enfants pour festoyer avec lui et ses frères dans la maison familiale.
    Une véritable rencontre avec une prière qui nous ramène dans les racines juives de la foi chrétienne !

    Disponible ICI 

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  • Bonjour mes amis-es, notre collaboratrice Élisabeth souffre depuis un certain temps et nos pensées positives et prières la réconforteraient. Si vous le souhaitez, laisser lui un message dans la section commentaire de cet article. Pour elle, je vous en remercie. Richard

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    Prier le Notre Père

    Prière juive, prière chrétienne, prière « adamique » 

    (dans une prochaine publication je vous présenterai le nouveau livre d'Élisabeth sur le même titre.)

     

    Prier le Notre Père  Prière juive, prière chrétienne, prière « adamique » - ÉlisabethLe Notre Père n’est pas seulement une prière, c’est aussi un manifeste, c’est à dire un programme de vie qui concerne tous les hommes, parce qu’il concerne l’Homme.

    Pour le judaïsme, ce monde, appelé en hébreu olamazé  « ce monde ci », a un commencement et une fin. Il est l’antichambre d’un autre monde, olamaba , « le monde futur » ou littéralement « le monde qui vient », monde dont parlent les prophètes et le Christ.

    Dans « ce monde -ci », l’homme, chacun d’entre nous, est en gestation de son être ultime, ressemblant en cela à une femme enceinte. Et de même qu’on ne saurait juger l’enfant à naître à son état embryonnaire d’après une échographie, de même nous ne pouvons commettre l’erreur de croire que la manière dont nous existons est notre être définitif, alors que nous sommes en cours d’enfantement de notre être ultime. Nous avons à devenir des hommes faits à l’image et à la ressemblance de Dieu, autrement dit des hommes divinisés. Dieu s’est humanisé dans l’homme, en le créant à sa ressemblance, pour que l’homme se divinise, en incarnant dans sa chair cette ressemblance.

    Lorsque Dieu révèle son nom à Moïse au buisson ardent, il lui dit « Je serai qui je serai » et « Je serai » avec toi. Ce Nom divin, l’homme le porte en ses entrailles : il est présence de Dieu en devenir en lui, en cours de mise au monde. 

    Le Notre Père n’est donc pas uniquement la prière d’un croyant qui appartiendrait à une religion donnée, c’est une manière d’être Homme, d’être au monde dans les trois modalités relationnelles qui fondent tout être humain : relation à soi, à l’autre et à la transcendance.

    Les sept demandes de cette prière répondent aux questions existentielles que tout homme peut se poser un jour ou l’autre au cours de son existence. Des réponses qui, à mon avis,  peuvent convenir et satisfaire chaque homme dans le respect et la liberté de ses choix religieux et spirituels car aucune référence à une religion particulière n’y figure. Des réponses à la fois simples et compliquées qui peuvent toucher et emplir le cœur d’un savant comme celui d’un ignorant, d’un adulte comme celui d’un enfant.

    D’où est-ce que je viens ? Je reçois ma vie du créateur, qui est mon Père.

    Qui suis-je ? Son fils.

    Ce monde a-t-il une finalité ?  La venue de son règne.

    Qui est l’autre ?  Mon frère.

    Quelle est ma vocation ?  Amener le monde et mon être à son achèvement en aimant le Père et mon prochain comme moi-même, jusqu’à donner ma vie pour lui.

    Ces sept demandes nous enseignent tout à la fois : comment transformer notre être pour faire de lui un fils du Père et un frère ; comment passer de l’image à la ressemblance ; du septième jour au huitième jour ; de l’existence à la vie éternelle ; comment nous humaniser pour nous diviniser. 

    Pour nous résumer : la vie nous est donnée,  il nous reste à acquérir notre être en donnant à notre tour. Seuls le don et l’attention à l’autre justifient notre existence. Chaque fois que je me donne, je justifie la création de mon être, de cette vie que je reçois gratuitement. En cette existence, je suis en gestation de moi-même : je porte en moi plus que moi. Je porte à la fois l’autre et mon être messianique. C’est cette réalité oubliée que le Christ est venu rappeler à chacun de nous. Il nous montre le chemin : la croix, c’est-à-direle don de sa vie pour le prochain quel qu’il soit. 

    Le Notre Père nous a été donné par le Christ, pour nous apprendre à prier. Prier se dit leitpalel en hébreu, verbe qui signifie aussi « juger » ou plus justement, ce verbe étant à la forme pronominale, « se juger ».

    Prier le Notre Père, c’est prendre chaque jour, un temps pour se repositionner vis à vis de soi-même, des autres, de Dieu. Se demander, où j’en suis à cet instant précis de mon existence, où est-ce que je vais ? Se souvenir de qui je suis, de qui me donne la vie, du projet divin. Me réorienter.

    Le Notre Père est la prière personnelle de Jésus, il l’a donnée à chaque homme,  sans acception de personne,  pour qu’il renoue le lien avec son créateur qui est son Père et qu’il révèle le fils et le frère qu’il est, afin de réaliser, pour la plus grande joie du « Père » la merveilleuse farandole de la fraternité humaine.

    .Avant l’épisode de la Tour de Babel tous les hommes avaient une même langue qui les reliait entre eux leur permettant de se comprendre parfaitement. Ils n’ont pas su en user pour le bien, aussi Dieu a multiplié les langues. Cependant en chacun de nous demeure cette nostalgie de retrouver une langue commune, un langage universel. Beaucoup ont essayé mais hélas cette entreprise s’est toujours soldée par l’échec, ces acteurs confondant, langue une avec pensée unique. Je me demande aujourd’hui si cette langue universelle, cette langue Une, qui regrouperait et intégrerait en son unité, toutes les différences pour le plaisir de tous, ne serait pas celle du Notre Père : chaque individu, quel qu’il soit, où qu’il soit, peut dire : « Notre Père », Chaque individu, quel qu’il soit, qui le souhaite, peut être fils, peut être frère.

    Avec le Notre Père, nous découvrons que la langue universelle après laquelle nous avons tous couru, dont nous avons tous rêvé est celle de la famille : la famille humano- divine, divino - humaine.

    Pratiquons tous, sans retenue, avec bonheur, avec délice, cette extraordinaire langue qui en nous rattachant à notre origine, en nous rappelant nos responsabilités, nous relie les uns aux autres. Chacun de nous tenant désormais la main du père, la main du frère pour amener ce monde et son être à sa réalisation, sa plénitude.

     On s’écrit avec le psalmiste : « Comme il est bon et agréable de voir des tribus de frères ensembles ». Il est écrit : « tribus » donc des groupes bien distincts avec des talents, des coutumes et des sensibilités différentes.  C sont néanmoins des frères qui demeurent ensemble, avec leur singularité, pour le plus grand plaisir du Père.

     

    Élisabeth

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  • Voici un extrait aménagé de ''Prier le Verbe'' du dernier livre d'Élisabeth qu'elle nous offre, Merci...

     

    Mois de mai, mois de Marie

     

    Qui es-tu Marie ?

    Nous te prions, nous t’adorons, nous ne tenons la main, tu es dans notre vie, tu es notre maman. Mais que savons-nous de toi ? Qui es-tu Marie ?

    Marie, Myriam

    Marie est la transcription en français du prénom hébreu Myriam porté pour la première fois par la sœur de Moïse et d'Aaron qui était prophétesse. Ce nom peut signifier : mar(goutte) yam(mer), goutte de la mer latinisée en stella maris« étoile de la mer » ; ou mar(amère) maïm(eaux) « eaux amères » préfigurant les souffrances de son cœur de mère, ou encore ram(élevé), yam (mer) qui symbolise les eaux élevées ; les eaux d'en haut, du monde invisible qui furent séparées d'avec les eaux d'en bas par Dieu au second jour de la création. (Gn1,7)

    Marie, fille d’Israël

    Myriam est une fille d’Israël. La séparer de son peuple, de ses parents, de ses racines et de son Dieu, c'est passer complètement à côté de la profondeur et de la réalité historique de son être, c'est la trahir.

     

    Marie vierge de Sion

    1.  Sion

      Pour les Pères de l’Église, elle est la fille de Sion. Ce nom, est le nom donné par les prophètes à la communauté d'Israël en son entier. Sion, c'est le mont Moriah, lieu de la ligature(sacrifice) d'Isaac, appelé aussi mont du Temple, lieu que Dieu a choisi entre tous pour y résider, car là Abraham lui a montré sa parfaite fidélité, sa foi et sa confiance. Là, Isaac s'est abandonné à la volonté de son père qui abandonnait la sienne à celle de son Dieu ; c'est un haut lieu d'amour filial et théologal. Les psaumes nous disent : « De Sion on dira, tout homme est né là-bas ». (Ps 86).

      Le prophète Céphonia (3, 14, 17) s’écrie : « Entonne de joie fille de Sion...L’Éternel ton Dieu est au milieu de toi !» Au milieu se dit bequirbe’h qui peut aussi se traduire par, à l'intérieur de toi. Réjouis toi fille de Sion, réjouis toi Marie, l’Eternel ton Dieu, YHVH Elohim, est à l'intérieur de toi, dans tes entrailles.

    2. Vierge

    Vierge physiquement mais pas seulement…ce qui nous donne la possibilité de suivre son chemin en nous « virginisant ».

    Ce que j'appelle se « virginiser », c'est faire un travail d'enquêteur pour traquer et trouver les milliers de mots que nous avons entendus, lus, dits et qui nous ont formés, informés, que nous employons pour nous construire et pour entrer en relation. En mesurer l'action positive ou négative, en nommer les auteurs, peser la portée d'ombre ou de lumière qu'ils ont mis dans nos vies, repérer leurs empreintes dans sa chair et se dés- imprimer. Sur la page gommée, n'écrire désormais que des mots venant du Très haut ou de soi-même dans le Souffle de l’Esprit.

    Marie, servante de YHVH.

    C'est le titre qu'elle se donne. Le plus grand, le plus beau entre tous, celui que Dieu donne à Abraham qui marchait avec lui, à Moïse avec qui Il parlait face à face, et à David, le chantre bien aimé.

    Marie, mère du Verbe de Dieu.

    Marie est mère du verbe incarné, mère de celui qui accomplira totalement la volonté du Père, en manifestant l'étendue de son amour pour l'humanité.

    Elle est l'Arche de la nouvelle alliance qui n'annule pas la première mais l'étend à tousDans l'Arche de l'Alliance du désert et du Temple il y avait les Tables des 10 paroles et la manne. Dans Marie, en son sein, bat le cœur du Verbe et prend corps le Pain vivant descendu du ciel.

    Devenir, à notre tour, « mère du verbe », mettre au monde ce « grain de blé », planté en nos terres intérieures, par le fruit de « l’arbre de la Croix » ; semence messianique s'égouttant de la divine blessure. Se mettre à l'école de la mère du verbe incarné, s'asseoir aux pieds de Marie.

    Marie, mère de tout baptisé.

    Son fils, notre Seigneur, sur la croix nous a donné l'un à l'autre en héritage :

    - « Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d'elle le disciple qu'il aimait dit à sa mère : « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple : « Voici ta mère ». Dès cette heure-là, le disciple l'accueillit chez lui » (Jn 19, 25 à 27).

    Telle une maman, elle se tient toujours présente au côté de ses enfants. Elle est là aux noces de Cana pour nous dire : « Tout ce qu'il dira, faites-le !», elle est là au pied de la croix, présente au jour du sacrifice, au jour de la douleur, elle est là au Cénacle pour recevoir le souffle du Saint Esprit, le Paraclet consolateur qui vient prier en nous. Elle nous accompagne, nous soutient, nous reçoit dans tous nos chemins de croix, de meurtrissures et d'élévation pour le grandir, pour mourir à l'ancien, pour renaître. Une présence silencieuse et attentive, elle nous tient la main, nous lui donnons la nôtre. Les perles du chapelet s’égrènent une à une, main dans la main, nous marchons sur le chemin.

    La prendre dans nos maisons, devenir son enfant, c’est aussi boire la sève de ses racines ; c’est dans le même temps s’abreuver à l’eau de la Torah et s’enivrer du vin de la Bonne nouvelle du Royaume de Dieu. La venue de l’Imanou El (Dieu avec nous) dans notre histoire, la grande et la petite pour le Salut du monde.

     

    Élisabeth 

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  • Bonjour à tous, je suis heureux de vous faire part que NOTRE Élisabeth viens de publier... BRAVO!

    Je suis un livre – je suis un livre dont j’ai commencé à tourner les pages

     

    La relecture de ma vie, à un moment de mon histoire (divorce, maladie, les enfants qu’on me prend) m’a fait découvrir que j’étais un livre, un livre dont j’écrivais chaque jour, sans m’en rendre compte, une page. Chacun d’entre nous est un livre, un livre vivant, en marche. De quelle histoire étions-nous le héros, et quel message portions-nous ?
    À partir de ce constat, j’ai cherché quel était le livre, c’est-à-dire l’histoire la plus universellement connue, qui avait était écrite et partagée, qu’elle soit appréciée ou non. La réponse fut aisée : la Bible. C’est le plus grand bestseller du monde. Ce livre, qui interpelle chaque lecteur, est appelé « saint ». Je me suis demandé ce qu’était un livre saint, et s’il était possible, à notre tour, de faire de notre livre – c’est-à-dire de notre histoire personnelle – un livre saint, dont sortirait une « bonne nouvelle »
    C’est le cheminement de cette quête-enquête que je raconte dans ces pages, à travers la relecture d’un passage de mon histoire, celui du jour où tout a basculé. C’est toujours dans et à partir de ces lieux de déchirures que l’on relit ce qui s’est inscrit dans notre chair pour faire sens.

    Pour plus d'informations c'est ICI

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  • MAIS DÉLIVRE- NOUS DU MAL

    Cette dernière demande peut nous paraître redondante si nous la comparons à la précédente où l’on priait Dieu de ne pas nous laisser entrer dans la tentation de faire du mal à l’autre, à soi. Mais peut-être, pouvons-nous penser là, à une tentation qui serait un tentateur, une force extérieure à nous, une force négative et destructrice dont seul Dieu peut nous délivrer. Certains traducteurs, d’ailleurs, n’ont pas hésité à traduire le mot hébreu ra, par malin , et nombreux parmi nous sont ceux qui lorsqu’ils disent cette prière, assimilent ce mal au diable. 

    « Mais délivre-nous du Malin » 

    De nos jours, nous avons des difficultés avec cette notion, cependant nous devons, le texte nous y oblige, tenter de les aborder en évitant plusieurs pièges : celui de nier la réalité des forces démoniaques, celui de les rendre responsables de tout. Nous ne serions que de pauvres victimes possédées par des forces mauvaises, contre lesquelles nous ne pourrions rien, niant ainsi la réalité de notre libre arbitre, de notre responsabilité, rendant ainsi vaine toute démarche de confession, de repentance et de pardon. Et aussi, celui plus grave de croire qu’il existe une force maligne face à Dieu, aussi puissante que lui, qui agirait comme un électron libre. Conception complètement contraire à la foi d’Israël, à celle du Christ, qui proclament un monothéisme radical.

    Pour le Tanakh « la Bible », le satan est un ange qui appartient aux légions d’anges qui entourent le trône divin, et qui est missionné pour mettre l’homme à l’épreuve dans sa foi, c’est-à-dire dans sa confiance et sa fidélité à Dieu, comme on le voit dans le livre de Job. Il agit avec l’accord de Dieu comme un adversaire placé devant l’homme. C'est un fonctionnaire. Il ne devient le diable, le diviseur, que lorsque nous le laissons avoir le dessus, alors il est celui qui nous entraîne dans la mort, nous séparant de celui qui est la Vie.

    Pour mieux nous faire comprendre sa fonction le Talmud donne la parabole suivante: lorsque le potier a terminé son travail, il frappe sur ses pots avec un maillet pour en éprouver la solidité, mais il ne frappe que le pot dont il est sûr : Dieu n’éprouve que le juste.

    Le satan, et le silence obligatoire de Dieu à l’heure où nous sommes vérifiés, nous forcent à nous chercher au-dedans de nous-même pour nous connaître et le connaitre en vérité : « Je ne te connaissais que par ouï dire, mais maintenant mes yeux t'ont vu » dit Job. Après le creuset de l’épreuve et sa mise à nu, il connait Dieu à partir de sa chair, d’une expérience sensible. Avant il le connaissait à partir de l’obéissance à ses commandements. Il se sentait quitte. Il avait fait son devoir. Mais son cœur était absent. Il était relié à Dieu mais pas en lien avec lui.

    Les enseignements extérieurs, la sagesse, ne sont rien face à la sagesse de Dieu qui est folie. Sagesse qui ne s’acquiert que du dedans par un chemin de croix. Chemin de l'intériorité, de la connaissance intime de soi, du dépouillement total de son être: peaux après peaux, jusqu’à la première, celle dont Dieu a revêtu le premier couple.

    Élizabeth

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  • Suite du NOTRE PÈRE

    NE NOUS LAISSE PAS ENTRER EN TENTATION

      NOTRE PÈRE  (suite) - Élisabeth

    Depuis le 3 décembre 2017, (Canada novembre 2018) l’Eglise fait dire à ses fidèles: « Ne nous laisse pas entrer en tentation » en lieu et place de « Mais ne nous soumets pas à la tentation".

    Mais qu’est-ce que la tentation ? Pour le Larousse, c’est l’attrait vers quelque chose de défendu par une loi morale ou religieuse ; par extension, tout ce qui attire,  crée le désir, l’envie.

    Pour le croyant ce sont tous les désirs qui nous entraînent à faire le mal, c’est-à-dire à nuire à notre prochain autant qu’à nous-mêmes. C’est une véritable guerre qu’il a à mener chaque jour, à chaque instant à l’intérieur de lui-même pour ne pas succomber. Malgré ses efforts, il échoue bien trop souvent à son grand désarroi, c’est dire l’importance de cette prière-supplication. Cette lutte est si douloureuse et incompréhensible, qu’on est en droit de se demander comment il se fait que dans le cœur de l’homme, un être créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, il puisse exister une telle force destructrice.

     

    Il est écrit : « Dieu forma l’homme de la poussière de la terre »(Gn 2, 7). Le motvayetser, « il forma » ayant était écrit avec deux yod sans nécessité grammaticale, les maitres du Talmud enseignent que Dieu a créé l’homme avec deux penchants : le yétser tov, « le penchant au bien » et le yétser ara, « le penchant au mal ». L’homme aurait donc été créé avec une nature double. Et d’ajouter qu’ à partir de ces deux yods, on peut aussi lire le mot yetser à la fois comme ytsri« mon penchant » et yotsri « mon créateur », ce qui impliquerait qu’il se jouerait au cœur de la vie intérieure de l’être humain, une dialectique entre son égo et son créateur, entre moi et le Tout autre, l’autre. Quelle place je leur donne ?

    Ce verset nous apprend qu’il y a dans l’homme à la fois le ciel et la terre, l’invisible et le visible. Il est la seule créature qui procède de l’en haut et de l’en bas, donc le seul à pouvoir en assurer la jonction et la communication, jusqu’à leur union totale, tâche que Dieu lui a assignée.  Ce vivre ensemble de l’infini et du fini, de la toute-puissance et de la toute fragilité, de Dieu et de l’homme, sans qu’il y ait fusion, confusion ou annulation, c’est le pari que Dieu a fait, c’est le défi que l’homme doit relever . Il s’agit pour lui d’équilibrer et d’unir, ces deux natures. Pour l’aider, un outil lui a été donné, le commandement divin qui bien que démultiplier en plusieurs lois, se résume en deux grands principes: aimer Dieu et aimer l’autre comme soi-même.

    Élisabeth

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  • suite du  NOTRE PÈRE

    Pardonne-nous, nos péchés comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. 

     Pardonne-nous nos péchés NOTRE PÈRE  (suite) - Élisabeth

    Ce que le judaïsme appelle « péché » c’est tous les actes, les paroles, les pensées qui abîment la relation entre Dieu et nous . Ainsi la faute n’est pas seulement un problème éthique et moral mais aussi un problème relationnel.

    Il y a plusieurs termes dans la Bible pour dire le mot faute, le plus connu étant ‘hâtât qui vient du verbe ‘hâta qui signifie aussi « manquer la cible". Manquer le cœur de Dieu, le cœur de l’autre, manquer à l’amitié.

    Dans le mot ‘hâtât il y a le mot t, "ciseau", suivi de la première et la dernière lettre de l'alphabet hébraïque. "Fauter", serait se couper comme avec l’aide d’un ciseau, de l’aleph et du tav,, de l’alephbeit, « l’alphabet », soit du verbe de Dieu et du Père, ces deux lettres écrivant ensemble le mot av « père » ; et désignant aussi celui qui est « l'Alpha et l’Omega », « le premier et le dernier », le Fils.

    Lorsqu’on comprend ainsi le mot faute, le rapport entre l’homme et Dieu change. Il devient un rapport d’amour. On sort d'une logique de rétribution (récompense et punition) ; de la peur primaire des affres de l’enfer ; de la conduite moralisante et rigide du justicier. Une seule crainte, nous habite, celle de blesser « l’Amour ». 

    Comme nous pardonnons aussi.

    La foi juive enseigne que Dieu ne pardonne que les fautes commises envers Lui. Pour les fautes commises à l’égard du prochain, il faut aller le voir, confesser sa faute, solliciter son pardon, se réconcilier avec lui et essayer de réparer, dans la mesure du possible, le dommage commis. Celui qui a été lésé doit accueillir la repentance de son frère, et à l'exemple de Dieu, lui pardonner sans lui garder rancune. Ensuite seulement,  le cœur en paix, chacun peut s’approcher de celui qui est la Paix.  Comment, en effet, pourrions-nous approcher celui qui est miséricorde, et dont on va solliciter la miséricorde, si nous-mêmes on est incapable de demander pardon ou de pardonner. C’est pourquoi il est écrit :  « Pardonne-nous nos fautes comme nous pardonnons ».

    Dans une famille, il n’y a rien qui fasse plus plaisir aux parents que de voir combien leurs enfants entretiennent entre eux de bonnes relations, c’est là toute leur joie. Si l’entente est rompue, ils ne peuvent pas, combien même ils le voudraient, pardonner à leur place le mal qu’ils se seront fait les uns aux autres. Ils ne peuvent que les encourager à se parler, se pardonner, se réconcilier et réparer ce qui peut l’être en prenant la ferme résolution de ne plus recommencer. Ensuite le repas familial pourra se passer dans la chaleur du bonheur d’être ensemble et la bonne humeur.

     

    Le pardon dans le Christ

     « Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ » (Ephésien4,32).

    Pardonner se dit mo’hel en hébreu, les mêmes lettres qui écrivent le mot le’hèm « pain ».  Le pardon nous nourrit de celui qui est le Pain descendu du ciel, de celui en qui nous sommes tous pardonné. Pour que cela soit effectif, il nous reste à nous inscrire, individuellement, dans ce processus, en devenant à notre tour pardon.

    Pardonner dans la grâce de celui qui est tout entier pardon, le Christ....En lui, dans sa vie offerte en rançon pour nos péchés, nous sommes tous pardonnés, il a payé toutes les dettes. Nous n'avons plus qu'une seule chose à faire, demeurer en lui comme il demeure en nous c’est à dire devenir pardon.

    Apprenons à pardonner, ne cessons pas de pardonner aux autres, à nous même, les mains ouvertes, le cœur ouvert. Prononçons des paroles de pardon, de bénédictions, même si au départ nous avons quelques réticences. Soyons humbles, ne cherchons pas tout de suite la perfection. Commençons petit,  habituons-nous. Faisons pleuvoir sur les autres et sur nous même des paroles de douceur, de tendresse, de compassion, de consolation, de lumière, jusqu'à la délectation, jusqu'à l'ivresse.

     

    Remets-nous nos dettes comme nous aussi nous avons remis à ceux qui nous doivent.

    De quelles dettes s’agit-il ? Les dettes d'argent certes, mais pas seulement.

    Il existe en effet une autre sorte de dette dont ne mesurons pas assez l'importance, dont nous sommes parfois ignorants, que nous ne soupçonnions même pas, et que nous trainons de générations en générations, tels de pesants fardeaux qui entravent notre marche et nous blessent.

    Les dettes du passé : celles de « notre arbre familial », le fameux karma, et celles de la grande Histoire des peuples... Les dettes du présent que nous contractons au jour le jour : nos haines, nos rancunes, nos désirs de vengeance que nous transmettons à nos enfants sans même nous en rendre compte.

    Nous payons, dans l'inconscient de nos existences ou en conscience, par fidélité, les vies blessées, manquées de nos arrières grands parents, de nos grands-parents, de nos parents. Nous ne voulons pas que leurs vies aient été vaines, aussi nous entretenons la flamme de ces dettes, nous voulons une revanche…

    C'est bien d'avoir de la mémoire, de faire mémoire mais pas pour ajouter à la haine, à la guerre, uniquement pour libérer, éclairer, pardonner, Seul le pardon, le refus de se venger, peut nous libérer de tous les sentiments négatifs qui nous enferment. Seul le pardon, nous permet de trouver la paix. La paix, shalom en hébreu a pour racine shalem qui signifie « être entier », lu shilem , il signifie "payer ses dettes. On trouve la plénitude de son être et son unicité en liquidant ses dettes, en pardonnant.

    Elisabeth

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  • DONNE-NOUS AUJOURD’HUI NOTRE PAIN DE CE JOUR

    Que Ton règne arrive...   Que Ta volonté... - Élisabeth

    Cette demande ne présente à première vue aucune difficulté tant elle est essentielle, vitale. Sans pain, nous mourrons. On aurait presque pu se passer de la formuler car si nous ne sommes plus rien n’est possible : « Dans le sheol, (la tombe) qui te louera ? » (Ps6, 4).

    Ce que nous demandons surtout c’est de ne pas connaitre les affres de la faim. Nous ne désirons pas non plus être nourri gratuitement « la manne qui tombe du ciel », mais que cette terre que nous aimons, que nous cultivons, donne son fruit. Un fruit, qui nous le savons, ne dépend pas seulement de notre travail mais de la pluie, signe de la bénédiction divine.

    Le pain est un aliment merveilleux parce qu’il est le fruit du labeur de l’attelage de l’homme avec son Dieu. C’est pour lui que nous prions, que nous rendons grâce ! Assis autour de la grande table familiale et fraternelle, les hommes, les femmes et les enfants, en communion de cœur, dans la joie, rompent le pain dans une même action de grâce.
    Mais s’agit-il  de parler uniquement ici de la nourriture de notre corps sachant, d’une part que nous avons la ressource de nous nourrir autrement qu'avec du pain pour éviter la famine ; et d’autre part : « Que l’homme ne se nourrit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de l’Eternel » (Dt 8, 3) . Nous demandons donc également un pain que nous ne pouvons pas nous procurer par nous-mêmes, Chouraqui dans son livre « Un Pacte nouveau » ajoute une précision très intéressante puisqu’il ne traduit pas le mot hébreu "houkénou" par "quotidien" mais par "notre part" : "Donne-nous aujourd'hui notre part de pain". Cette prière est donc une manière de demander à Dieu la juste part, celle qui convient, la "portion congrue" des moines, celle qui est ajustée à chacun sans risque de connaître ni la privation ni l’overdose à l’instar de la manne.

    Elle était donnée à tous selon les besoins exacts des membres qui composaient chaque famille. Toute nourriture, qu’elle soit spirituelle ou matérielle doit, pour être assimilée parfaitement, convenir à l'individu unique et singulier que chacun de nous est. Inutile de regarder dans le plat du voisin. De plus, nul ne devait en garder pour le lendemain, elle pourrissait. Pain pédagogique enseignant et renforçant notre confiance en l’amour de Dieu.

    ‘Houkenou vient du mot ’hoq qui signifie "décret". Parmi les lois que Dieu a données à Israël, il y a des lois qui sont appelées des ’houqim parce que, disent nos maitres notre raison ne peut ni les comprendre, ni les appréhender.

    Demander le le’hèm ‘houquénou c’est demander à Dieu de nous nourrir de ce qui nous dépasse, nous oblige à aller au-delà de notre raison, par-delà le visible, le connu pour entendre la voix de Celui qui donne la vie .de celui qui donne sa vie par amour… C’est demander à Dieu de nous nourrir à la fois du sens caché de Sa Parole, et de celui qui est né justement à Bethlehem, « la maison du Pain » : du ‘Pain de vie’ » (Jn 6, 35)

    Le mot lé’hèm lu le’ham signifie aussi combattre. Nous demandons au père de nous aider pour ce combat spirituel que nous menons chaque jour pour notre transformation intérieure, faire de notre corps à l’exemple du Christ, en communion avec lui, un pain rompu, qui se donne tout entier en nourriture.

    Elisabeth

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    Que Ton règne arrive...   Que Ta volonté... - Élisabeth

     Que Ton règne arrive

     Que Ta volonté soit faite sur la terre comme aux cieux"

     

    Le règne de Dieu c'est le règne du roi messie. Le Fils, c’est Dieu dans son humanité. La tâche du croyant est de travailler à devenir canal de la volonté de Dieu. : "Que Ta volonté soit faite sur la terre comme aux cieux"

    Son règne c'est le dévoilement de son Malkhout, sa royauté, le Messie, Son Oint. Venue historique du Christ dans son peuple ...grain de blé qui tombe en terre...ensemençant nos terres intérieures, sa venue en chacun d'entre nous; Sa Parousie sa venue en Gloire.

    Il s'agit d'un déroulement logique. Lorsque le royaume de Dieu est là, c’est Sa volonté qui s’exprime et se déploie dans toute sa diversité dans le très bas comme dans le très haut, sur le matériel comme sur le plan spirituel. Il y a un va-et-vient incessant entre le bas et le haut jusqu’au jour de leurs noces. La Volonté de Dieu se réalise à travers la volonté de l'être humain, lorsque ce dernier est capable de s'abandonner totalement à celle de Dieu, comme le Christ en a donné l'exemple au jardin de Gethsémani : "Mais non pas ma volonté mais Ta volonté mon Dieu (Lc 22, 42). 

    C’est pourquoi la question que doit se poser l’homme face au mal et à la violence n’est pas  "mais qu’est-ce que Dieu fait, où est-il ni comment peut-il permettre de telles souffrances" puisque Dieu s'en est remis à l’homme pour que celui-ci fasse Sa Volonté. La juste question serait plutôt : "mais que fait l’homme, où est-il ? Y a-t-il encore de l’homme dans l’homme, le comportement de cet être humain est-il humain ou inhumain, c’est à dire à la ressemblance du divin ou non?

    Sa volonté nous est connue par les commandements des Dix Paroles, sorte de charte qui régit les relations avec Lui et entre les humains, notre Alliance. Son Fils va plus loin encore, lorsqu’il nous demande de passer de l’amour du prochain à celui de ses ennemis, en allant à son exemple, jusqu’à donner sa vie pour ceux qu’on aime.

    Sa volonté c’est l’amour, c’est la circulation d’amour du Père et du Fils et du Saint Esprit entre nous et autour de nous. 

    Dans la Paix et la joie du Christ

    Elisabeth

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    QUE TON NOM SOIT SANCTIFIÉ

     

    Dans le judaïsme Dieu a un nom car il est Relation et, c’est par le nom que l’on entre en relation personnelle avec une personne. Deux personnes qui viennent de faire connaissance si elles veulent entrer en dialogue, commencent par se présenter. Notre nom nous sort de l'anonymat et dit quelque chose de nous. Dans le judaïsme, le nom d'une personne ou d'une chose dévoile son essence. Dieu donne son Nom à Moïse lors de l'épisode du buisson ardent. Il le fait à sa demande car ce dernier craint que les fils d’Israël ne le suivent pas, s’il ne le leur dit pas. En effet, on ne suit pas un inconnu.

    YHVH est son Nom, nom dont on a perdu la vocalisation depuis la destruction du second Temple et qui est remplacé par Adonaï qui signifie Seigneur. Un certain rabbi, nommé Jésus, a enseigné à ses disciples que la Trinité Une Père, Fils et Saint Esprit se cachait dans le Nom en révélant le sens ésotérique de chacune de ces quatre lettres.

    La lettre Yod, la plus petite lettre de l'alphabet hébraïque s'écrit comme une virgule qui peut se réduire à un point. Elle est assimilée au germe de Dieu. Elle est appelée Père.

    La lettre Hé c''est le rouah « le souffle », traduit en latin par spiritus « l'esprit ».

    La lettre yod descend féconder les mondes les plus bas, s'étirant jusqu’à devenir une ligne verticale, un Vav, qui symbolise Adam dont la mission est de relier le ciel et la terre pour que « son règne arrive ». Elle représente donc également le nouvel Adam dont la fonction est de ramener chacun des fils à la maison du Père. Il est le chemin. Il nous montre, par sa vie, la voie du retour. Celle-ci passe par la croix, c’est-à-dire par le don de notre vie pour l’autre.

    La coutume est dans le judaïsme, pour parler de Dieu, de dire Ashem, « le Nom » tout simplement, car le nom signe la présence d’une personne et que lui est tout entier Présence parmi nous, en nous.

    Ce Nom doit être sanctifié !

    Faire circuler l’amour du Père, du Fils et du Saint Esprit dans ce que nous vivons : les évènements, nos relations, et avec nous-mêmes. C’est cela sanctifier Son Nom : être ses mains, le regard, la parole, les pieds de Dieu.  La question ne sera plus en nos bouches et nos cœurs : « Qu’est-ce que Dieu fait pour nous » mais plutôt : « Qu’est-ce que l’homme fait ? Y a-t-il du divin en lui ?» Dieu s’en est remis à l’homme pour que l’homme « fasse Dieu » sur terre.  Ainsi on participe à la venue de Son règne.

    "Soyez saints car je suis Saint moi l’Éternel votre Dieu" est-il écrit dans le Lévitique au chapitre 19. Le mot "saint" se dit en hébreu "kadosh" et signifie "séparer". La sainteté, dans le Judaïsme, ne revêt pas le sens habituel du Christianisme, c'est à dire être un modèle de vertus. Pour le Judaïsme est saint ce qui est séparé, mis à part pour être la part de Dieu. Se sanctifier, et sanctifier son Nom c’est aussi dans un premier temps se séparer de la communauté, pour dans l’étude et la prière, dans la solitude de la chambre secrète, révéler le "Je serai qui je serai" (autre forme du Nom de Dieu), en nous, à mettre en action dans un second temps, pour déverser dans le monde l’amour du Père, du Fils et du Saint Esprit.

    Élisabeth Smadja

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