• EXTRAIT (5) du LIVRE - Méditer au temps du Covid: - ElisabethAujourd'hui pour commencer je vous offre un spécial, prenons 12 minutes pour écouter Élisabeth en entrevu à Radio-Notre Dame qui sera suivi de l'extrait no 5 de Méditer au temps du Covid

     « Démasquons la mort » 

        Si pour le judaïsme la mort est une impureté c’est parce qu’elle est un mensonge existentiel c’est ce qui la rend impur : c’est la raison pour laquelle le Cohen, le « prêtre » homme consacré au Dieu vivant,  ne doit pas avoir de contact physique avec elle. 

    En guise de conclusion 

     Il existe plusieurs prières d’invocations au Saint Esprit,  je propose au lecteur de méditer avec trois d’entre elles

    « Ô Esprit de Dieu »

    Prière de Sainte Faustine(1905-1938) - Petit Journal N° 1411).


    « Ô Esprit de Dieu »

    « Ô Esprit de Dieu, Esprit de vérité et de lumière, demeure constamment en mon âme par Ta grâce divine, que Ton souffle dissipe les ténèbres et que dans Ta lumière les bonnes actions se multiplient. 

    Ô Esprit de Dieu, Esprit d’amour et de miséricorde, qui verses en mon cœur le baume de la confiance, Ta grâce confirme mon âme dans le bien, lui donnant une force invincible : la constance. 

    Ô Esprit de Dieu, Esprit de paix et de joie, qui réconfortes mon cœur assoiffé, verse en lui la vivante source de l'amour divin, et rends-le, intrépide dans la lutte.

    Ô Esprit de Dieu, le plus aimable hôte de mon âme, je désire de mon côté T'être fidèle, tant aux jours de joie qu'aux heures de souffrances, je désire, Esprit de Dieu, vivre toujours en Ta présence. 

    Ô Esprit de Dieu, qui imprègnes mon être et me fais connaître Ta vie Divine et Trinitaire et m'inities à Ton Être divin, ainsi unie à toi, j'aurai la vie éternelle. Ainsi soit-il. 

     

    « Ô Esprit de Dieu, Esprit de vérité et de lumière, demeure constamment en mon âme par Ta grâce divine, que Ton souffle dissipe les ténèbres et que dans Ta lumière les bonnes actions se multiplient. 

    Souffle de vie qui justifie ma vie, lumière originelle qui a chassé et continue de chasser les ténèbres : obscurité qui embrume mon cœur, voile mon horizon, me faisant douter de ta présence ! Donne-moi sinon de te voir du moins de te ressentir afin que l’amour de celui qui est amour par mon corps puisse se répandre autour de moi.


    Ô Esprit de Dieu, Esprit d’amour et de miséricorde, qui verses en mon cœur le baume de la confiance, Ta grâce confirme mon âme dans le bien, lui donnant une force invincible : la constance. 

    Respiration d’amour paternel et matriciel du Père, dans le Fils, la fontaine d’eaux vives de tes flots me donne cette force de persévérer jour et nuit, heure après heures, dans la tourmente comme dans le calme plat, dans le chemin de ma vie, confiant que tu la vis avec moi. 

     

    Ô Esprit de Dieu, Esprit de paix et de joie, qui réconfortes mon cœur assoiffé, verse en lui la vivante source de l'amour divin, et rends-le, intrépide dans la lutte.

    Tu me donnes ta paix, tu unifies par ton souffle tous mes souffles divisés, tu accordes mon être afin que son oui soit oui et son non soit non. Cet alignement de mon verbe me donne cette force de chanter : plus de fausses notes ! Chanter le chant nouveau celui qui, comme le dit le psalmiste, éveille l’aurore du huitième jour : jour de l’avènement dans sa gloire du messie. 

     

     Ô Esprit de Dieu, le plus aimable hôte de mon âme, je désire de mon côté T'être fidèle, tant aux jours de joie qu'aux heures de souffrances, je désire, Esprit de Dieu, vivre toujours en Ta présence. 

    Esprit saint, que ton souffle se mêle et s’unisse au battement silencieux qui pulse la vie dans chacune de mes cellules, que pas une d’entre elles ne soient oubliées : sois ma respiration !

     

    Ô Esprit de Dieu, qui imprègnes mon être et me fais connaître Ta vie Divine et Trinitaire et m'inities à Ton Être divin, ainsi unie à toi, j'aurai la vie éternelle. Ainsi soit-il. »

    Esprit consolateur, esprit de vérité, de paix, de conseil du Christ, l’eau qui s’écoule de ton côté blessé sur nos terres arides, l’ huile d’onction qui s’égoutte du sang de tes blessures sur nos têtes, me fait mourir chaque jour à moi-même pour renaitre chaque jour un peu plus en ton corps. Corps de résurrection pour la vie éternelle.

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    MORT 

    *toutes les notions sont touchées*

    Avec la Covid 19, la mort a frappé soudainement et brutalement à bien des portes. Des portes qui nous étaient chères, parents, amis, ou connues, voisins, collègues.

    Nous en sommes restés comme tétanisés : nous avions presque oublié que nous étions mortels, que la mort pouvait toucher à tout moment chacun d’entre nous.

    Nous avions tout fait pour écarter sa mémoire de notre quotidien : on ne la nomme plus, aucun signe ne suggère sa venue comme au temps de mon enfance où un rideau noir était mis à l’entrée des maisons tandis qu’un vêtement noir revêtait l’endeuillé, le noir d’ailleurs n’est plus sa couleur.

        Comment avons-nous pu l’oublier ?Comment avons-nous pu penser qu’elle nous oublierait ? Affolés, nous avons redressé la barre mais si brutalement que nous avons chaviré dans la peur. Une peur qui nous fait trop souvent voir notre prochain comme un ennemi potentiel susceptible du seul fait de sa présence de nous contaminer : sur son front clignote en lettres incandescentes imaginaires le mot « Covid 19 .

          Tous les hommes en responsabilité et de bonne volonté se mobilisent, chacun dans leur domaine de compétence pour trouver le remède, à défaut du vaccin,  qui nous délivrera de ce virus quitte à en oublier de vivre !

        Les hommes de toutes confessions ou spiritualités cherchent des réponses pour apporter des paroles d’espérance, accompagner les malades, les endeuillés, les familles pour tenter à défaut de pouvoir poser sinon un sens du moins du sens à cette pandémie mondiale. Certains croient y voir le signe de la venue des temps apocalyptiques ou messianiques mais beaucoup, dans le silence et le recueillement, se recentrent sur la prière et l’étude ou sur leur souffle pour une respiration consciente qui lave de tous les stress.

       Pour le chrétien, la situation parfois peut se doubler d’une interrogation oubliée ou mise de côté : « Le Christ n’a-t-il pas vaincu la mort ! Alors pourquoi est-elle encore là ? » 

       Murmurer, gémir, roucouler, émettre des sons…Nous savons bien que méditer sur un tel sujet n’est pas chose aisée et que ces quelques lignes que nous donnons à lire, ne pourront ni consoler ni combler le vide insupportable causé par l’absence de celui qui s’en est allé. Juste tenter de percer la nuit de nos deuils, la prison de nos douleurs, de soulever le couvercle de nos interrogations et le tournis de nos doutes en rappelant notre espérance : la mort est passage,  il y a une vie après cette vie. C’est la foi d’Israël, du Christ et de tout chrétien. Vie, mort et résurrection, tout est « rou’ah » « souffle ».

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      Nous y sommes : en ce début de rentrée scolaire de l’année 2020 - 2021,  le port du masque est rendu obligatoire dans l’espace public. Il l’était dans les espaces clos, il le devient dans la rue. Un nouveau slogan du salut est lancé :« Protégeons-nous les uns les autres, sortons masqués. » . Cette règle d’hygiène publique est en passe de devenir une règle éthique : sortir masqué c’est « aimer son prochain comme soi-même ».

    Le port de ce masque qui cache nos visages , qui gênent, lui aussi, notre respiration, qui rend notre élocution moins audible, en chagrine et impatiente plus d’un ! De plus, derrière ce bout de tissus opaque, impossible de deviner si la personne qui nous fait face est gaie ou triste, soucieuse ou peinée, en colère ou enthousiaste, si elle rit, ricane ou fait la grimace…

    On ne voit plus que des yeux, et des oreilles !

        La bonne nouvelle : le fait de ne plus voir avec évidence, de ne plus savoir, nous permettra peut-être de de mieux écouter, être présent à celui qui me fait face et peut-être, verrons-nous se révéler, par-delà tous ces visages voilés, celui qui en nous, est visage: le fils, le christ et par-delà, le Père. 

        Le mot visage en hébreu se dit panim, il est toujours pluriel parce que le visage n’est jamais unique, il se perçoit sous forme de multiples facettes. Toutes les espèces animales ont le même faciès, tandis qu’aucun homme n’a le même visage: ils sont tous différents parce que tous sont à l’ image de Dieu. Cela signifie que nous pouvons capter quelque chose de notre créateur dans la singularité du visage de l’autre, comme du nôtre.

    Nous oublions cette réalité ontologique tant ce visage divin est enfoui sous tous les masques dont nous le recouvrons consciemment ou non, pour diverses raisons en notre personne. Le substantif français « personne » dérive du latin « persona » qui signifie « masque de théâtre ». Il laisse à penser que chaque personne se sert d’un masque, d’un écran dans son rapport à l’autre, un écran qu’on ne voit généralement pas soi-même tant on s’y identifie, confondant notre être profond et notre « persona ». Chacun est un étranger pour l’autre et peut être aussi pour lui-même s’il ne prend pas le temps du « face à face », du panim el panime en hébreu.

    Élisabeth

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  • Il est né le divin enfant 

     « Il est né le divin enfant »

    C’est le refrain d’une chanson, l’expression d’une foi vibrante pleine d’espéranceCe peut-être aussi l’objet d’une interrogation, d’un étonnement : pourquoi dit-on de cet enfant qu’il est divin ? Chaque naissance n’est-elle pas en elle-même un miracle, une grâce ? Qu’a donc cet enfant de si singulier ? Il est si particulier que l’Église donne à sa maman, une fille d’Israël qui s’appelait Myriam, Marie, le nom de : « mère de Dieu ».

    Il faut savoir que cette appellation a suscité, en son temps, dans le monde de la chrétienté, bien des polémiques avant d’être approuvée définitivement au concile d’Éphèse en 431. J’avoue qu’elle heurte mes oreilles de juive chrétienne aussi je ne l’emploie jamais. Lorsque je prie, je dis : « Marie, mère du verbe incarné ou mère du christ, du messie. Je ne l’emploie jamais par ce que je ne sais pas ce que l’on met sous ce terme de Dieu ; j’ai besoin qu’il soit défini. J’ai remarqué cependant que cela ne posait de problème pour personne.

        Je vais cependant tenter de dire ici ce que cette appellation « Marie, mère de Dieu », si je devais la dire, signifierait pour moi. En aucun cas, mère du créateur du ciel et de la terre et de toutes les créatures qui se meuvent ici-bas car c’est ainsi que j’entends le mot Dieu.

    Pour moi elle est la mère de l’anthropos, c’est-à-dire de l’être humain totalement achevé, qui a intégré en lui l’humain et le divin, ces deux dimensions ontologiques qui le fondent. Comme il est écrit : « Dieu fit l’homme à son image et à sa ressemblance » (Gn 1).
    Dieu crée l’homme adam à partir de la poussière de la terre ; le peuple d’Israël, l’épouse, la mère, reçoit en son sein, au Sinaï,  la parole de l’époux, du Père, de Dieu, comme une semence. Après des siècles de gestation Israël met au monde en une de ses filles, Marie, « bénie entre toutes les femmes », celui qui est tout à la fois fils de l’homme et fils de Dieu : un adam engendré dans la chair, travail de l’homme et de Dieu,  et non plus créé. C’est ainsi que je comprends le dogme de la foi chrétienne : Marie est mère du christ, vrai Dieu, vrai homme.

    Nous avons tous à notre tour, à l’échelle individuelle, à la suite de Marie, à mettre au monde « ce divin enfant » que nous sommes. Le projet divin de l’avènement de Dieu dans l’homme et de l’homme dans Dieu est pour tous les hommes. Toute réalité humaine se doit d’être pour s’accomplir le lieu d’une union avec le divin : Dieu est dans la matière. C’est pourquoi, nous sommes tous appelés à cet enfantement. C’est à cela que le Christ, fils ainé d’une humanité renouvelée de fils d’un même Père, nous appelle et nous conduit. Si Israël, en Marie, donne naissance au christ dans son histoire singulière, le corps du christ, son église, doit lui donner naissance à son corps de gloire dans l’Histoire universelle, en donnant naissance à cette semence christique qu’il a mis en nous par le sang de la Croix. 

    1. « Il est né le divin enfant » 

    Qui est-il ? Quel est son nom ?  D’où vient-il ? Ce « divin enfant », c’est celui qu’on appelle le christ, il porte le nom hébreu de Yéhoshoua, « Josué » en français, yésus en grec devenu Jésus en français. Ce nom signifie « Dieu sauve ».Il est né en terre de Judée dans la ville de Bethlehem  « la maison du pain ».

    Christ n’est ni un nom de famille, ni un prénom, c’est un mot grec qui traduit le terme hébreu mashia’h,  « messie » qui dit une fonction, une vocation.

    Le mot mashia’h vient du verbe masha’h  «oindre ». Trois personnes en Israël reçoivent l'onction: le prêtre, le roi et le prophète. Cette onction faite avec de l’huile d’olive pure consacrée attirait sur celui qui la recevait pour un temps plus ou moins long, l’Esprit saint. Seul le roi David bénéficia de cette visitation tous les jours de sa vie:  «Et Samuel prit la corne à huile et il l' oignit au milieu de ses frères et depuis ce jour-là l'esprit divin ne cessa d'animer David ».(Samuel 16 ,13). C’est de sa maison que doit naitre le messie.

    Nombreux sont les noms que la Torah, à savoir la Bible, donne au messie : « le consolateur », « le conseiller », « le prince de la Paix » « le rejeton de justice » « le sauveur » « le rédempteur », l’Immanuel « Dieu avec nous » : il m’arrive de penser que le terme Noël pourrait dériver de ce nom quand on le dit de plus en plus rapidement, en finissant par avaler les mots !

    Le messie est considéré comme le « fils de Dieu » : « Je raconterai un décret, l'Éternel m'a dit : tu es mon fils, moi aujourd'hui je t'ai engendré ». (Ps 2, 7). 

    On appelle messianisme l'attente en Israël d'un roi oint qui viendra sur le trône de David pour apporter une ère de paix. Ce messie est évoqué à plusieurs endroits dans la Bible. Nous ne citerons ici que deux exemples parce qu’ils font sens par rapport à cette fête de la nativité : 

    Dans le livre de la Genèse, chapitre 49, verset 10, le patriarche Jacob avant de mourir rassemble ses fils pour leur révéler ce qui arrivera à la fin des temps, il leur dit: « Le sceptre n'échappera pas de Judas jusqu'à ce que vienne shilo ».

    Les rabbins s’accordent à dire que le mot shilo désigne le messie, il vient des halit qui signifie « nouveau-né » comme dans le verset: veshiliata et « envers son nouveau-né »(Dt 28, 57) .Jacob nous dit que le sceptre n'échappera pas de Judas jusqu'à ce que vienne le nouveau-né. On peut s’interroger : pourquoi employer un terme si singulier, si peu usité,  si ce n’est pour nous donner une indication bien particulière. 

    Le psaume 72 précise à propos du messie : « Son nom sera à jamais devant le soleil, yinon , son nom ». Le mot hébreu Ynon est traduit dans toutes les Bibles par « se perpétue ». Ce terme vient du verbe ninon« se perpétuer », « durer », de la racine nin qui signifie « descendant », « fils ». On pourrait lire ainsi ce verset:  « Son nom sera à jamais devant le soleil, « le descendant » ou « le fils » est son nom ». 

    Elisabeth 

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    Distanciation 

        La distanciation est notre nouveau modèle relationnel. Peut-on accueillir autrement que par une grimace, une impatience, une désolation, « cette distanciation » qu’il nous est demandé de respecter pour nous protéger les uns les autres d’une éventuelle contamination au corona virus ? Peut-on envisager de considérer comme un bien cette impossibilité à nous embrasser, à nous chérir tendrement, à nous tenir les mains? Peut-on s’en saisir, dans le souffle de l’esprit, pour transformer cette contrainte, opérer un travail d’alchimiste, donner un nouveau souffle à toutes nos relations et à notre manière de regarder, d’écouter l’autre ainsi que toutes les situations qui se présentent à nous ? 

        Distanciation : espace relationnel sacré de l’Esprit saint.

      Le mot roua’h » » souffle » « esprit » lu réva’h’, signifie  « intervalle » « espace » ce qui renvoie à l’idée de distanciation. Peut-on trouver cette manière d’être en relation dans les Écritures ? Voyons comment se réalisait la relation entre Dieu et Moïse :

    « Lorsque Moïse entrait dans la tente d’assignation pour parler avec l’Éternel, il entendait la voix qui lui parlait du haut du propitiatoire placé sur l’arche du témoignage, entre les deux chérubins. Et il parlait avec l’Éternel. » (Nb 7, 89) Dieu, nous dit explicitement le texte, parlait entre les deux chérubins qui se faisaient face et se regardaient, c’est là dans cet « entre-deux » qu'il parle à Moise, que se fonde le dialogue entre Dieu et l'homme.

    Le souffle de sainteté, le Saint esprit est cette distance, cet intervalle du plus large au plus étroit, qui permet non seulement la relation mais la juste relation, la relation ajustée qui donne de l’espace à chacun des deux interlocuteurs pour qu’ils puissent s’exprimer en vérité. Sans cet « entre-deux »,  il y a danger de confusion, de fusion ou d’annulation de soi dans le rapport à l’autre, à Dieu, tout autant que dans notre relation à une situation donnée.

      S’il y a deux lettres , deux lettres qui disent le souffle, l’espace, dans le nom divin YHVH c’est afin que le Père et le Fils dans le souffle de l’Esprit, puissent communiquer et communier sans être ni confondus, ni annulés 

        Nous écrivons nos histoires avec des mots que nous alignons les uns à côté des autres et afin que le texte soit lisible, compréhensible, nous insérons des blancs, « un intervalle » entre eux, plus même, au moyen de la ponctuation, nous incluons du rythme, autre sorte d’espace. De la même manière, n’ayons pas peur de mettre du souffle, des temps de respirations, d’arrêts, de l’espace dans nos relations.

    Élisabeth

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    Élisabeth
    Paix et joie


    PREMIERE MEDITATION 

    En hébreu « l’Esprit saint » se dit roua’haqodesh.

     

    EXTRAIT (1) du LIVRE - Méditer au temps du Covid: - ElisabethLe mot roua’h signifie « souffle », « vent », « esprit » et » âme »La traduction latine de ce terme n’a hélas retenu que le mot esprit, perdant à la fois par ce choix l’âme et le souffle. 

    1. L’âme

    Cinq mots désignent l’âme en hébreu,  Nefech, Roua’h, Nechama, 'Haya et Ye'hida. Chacun d’entre eux exprime, dans l’ordre croissant, un état de conscience et de communion avec Dieu. Les trois premiers appartiennent au champ lexical de la respiration et participent à la création de l’homme adam, mais cela ne s’entend que lorsqu’on lit le texte de la Genèse en hébreu :« YHVH Elohim forma adam, poussière de la terre, il insuffla vaypa’h dans ses narines, nishmat « âme » de vie, et adam devint une nefesh« âme » vivante » (Gn 2). Ces trois niveaux constituent une même unité à unifier, nous accèderons alors aux deux autres : nous serons ‘haya « vivants » et yé’hida, unis à Dieu. 

    Nefesh vient de nafashqui signifie « animer », « réanimer », « se reposer » « âme », « vie », « respiration ».

    C’est le souffle vital qui anime toutes les créatures. Elle se situe dans le sang, raison pour laquelle, on ne doit pas le consommer (Lv 17, 14). Elle désigne également toute la personne, le « sujet ». Dans la prière du schéma Israël, nous disons : « Tu aimeras l’Eternel ton Dieu de tout ton nefesh », ce mot est traduit par  « âme » mais cela signifie plus justement « de toute ta personne », avec tout ce que tu es. 

    Roua’hsignifie« vent »,« esprit », « souffle », « âme ».  C’est l’ensemble des émotions, pulsions et autres forces intérieures qui nous poussent en avant et nous font exister. Elle loge dans le cœur et éveille l’amour et la crainte de Dieu. Les sages du Talmud en parlent donc comme du « labeur du cœur ».

    Le roua’h est associé à la parole. Le targuomOnkelos, en effet, traduit le verset « Il devint un être vivant » par « Il devint un souffle parlant »(Gn 2).

    Nechama vient de la racine Nashem qui veut dire « respirer » c’est l’âme proprement dite.Pour la Kabbale elle est véritablement une partie de Dieu. Elle est appelée « fille » du Père. Rabbi Shimon Bar Yo'haï, auteur du Zohar, déclare à son sujet: « Mon âme est une avec Lui, comme une flamme attachée à Lui. 

    C’est la dimension la plus intellectuelle. Elle loge dans le cerveau. La respiration se dit neshima en hébreu, « nashem » « respirer » yah, un autre nom de Dieu : respirer c’est se nourrir de son Nom.

    La langue de la Bible, l’hébreu,  langue dite sainte, établie, d’une manière indéniable, dans ses mots une corrélation entre le souffle, la respiration, l’âme et la parole offrant à tout croyant, à tout homme en quête d’une recherche existentielle et spirituelle, la possibilité d’inscrire en confiance, son processus de guérison physique dans la prière et l’étude, la méditation et la respiration consciente : pour elle, la vie de l’âme et la vie du corps sont intrinsèquement liées ensemble.

    Apprenons à respirer c’est-à-dire à concilier sinon réconcilier en nous ces deux souffles, physique et spirituel, qui nous animent : l’un se nourrit de l’air et l’autre du verbe de Dieu, mais c’est la même source qui les fait vivre.

    Mon souffle, ma parole, ma respiration touchent au sacré. Tout mon être est pétri de fini et d’infini. Le Nom, la Trinité Une, est inscrit dans mon corps physique, ma matière. Que je sois canal de ce souffle, de ce feu, de cette eau, de ce Nom qui est tout amour.

    (autres à venir) 

    Élisabeth 

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    Élisabeth
    Paix et joie

    Extraits de l’ouvrage
    Méditer avec le Covid

    Méditer

    Il me parait important d’explorer tout d’abord, le sens voir les sens du mot « méditer » en hébreu , afin dans nos méditations, de nous laisser bousculer par eux,
    d’aérer nos terres intérieures pour laisser surgir d’autres pousses.
    « Méditer » se dit hégué mot qui signifie également : murmurer, gémir, roucouler, proférer des sons. Entrer dans l’imaginaire de chacun d’entre eux, se laisser porter au plus haut, au plus loin qu’ils puissent nous conduire. Soyons tour à tour murmure du chant de l’eau et des arbres agités par le vent ; gémissement d’une prière priée en nous par l’ Esprit saint ; colombe de paix posée sur le faîte du monde.
    La première occurrence de ce mot se trouve en Josué : « Ce livre de la Torah( le Pentateuque) ne doit pas quitter ta bouche, tu le méditeras jour et nuit afin d'en observer avec soin tout le contenu; car alors seulement tu prospéreras dans tes voies, alors seulement tu seras heureux »(Josué 1, 8) . La seconde occurrence de « hégué » est dans le livre des psaumes, au second verset du premier des psaumes.: « Heureux l’homme qui ne suit point les conseils des méchants… » (Ps 1, 1-2)
    Le mot achré, « heureux » en hébreu, vient du verbe achar qui signifie « marcher ». Tout travail méditatif de la parole de Dieu, de notre parole, est donc une « béatitude », une marche qui nous met en mouvement pour marcher le « Chemin ».
    Si dans la dialectique juive l’homme heureux est un homme en mouvement, c’est parce que la vie est un perpétuel devenir pour advenir à ce que nous sommes, comme l’exprime un des Noms de Dieu qui nous accompagne sur notre route, le « Je serai qui Je serai ».

    Dans ce psaume, Le roi David compare l’homme heureux à un arbre planté auprès des cours d’eau. Le mot « cours d’eau » se dit pélèg en hébreu. Ce mot vocalisé palag signifie « diviser », « opposer », « partager ». Un homme heureux est un homme qui reste debout, bien droit, au milieu des eaux contraires, au cœur des tensions. Ce roi nous dit : « Quand tu es au milieu des eaux tumultueuses, ne lâche pas, ne crains rien, ne désespère pas car tu es sur le chemin du bonheur. Il te faut tenir, jusqu'à ce que le fruit mûrisse « en son temps ».
    Méditons sur cette image étonnante du bonheur qui ne ressemble en rien à l’idée que l’on s’en fait normalement, à savoir, celle d’un long fleuve tranquille.

    Élisabeth 

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    Élisabeth
    Paix et joie

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  • Je désire témoigner en ces pages du fait invraisemblable et étonnant, que si je n’ai pas guéri de ma maladie, j’ai guéri là où je ne savais pas que j’étais malade, là où nous tous, sans exception, bien portant ou mal portant, nous sommes malades sans le savoir : dans « notre être en relation ».  (LIVRE- Journal d’un malade ordinaire - Elisabeth Smadja)  -MERCI ÉLISABETH DE NOUS AVOIR PARTAGÉ CES EXTRAITS

    Recouvrir la santé, se maintenir en bonne santé : un challenge pour chacun d’entre nous. Mais qu’est-ce qu’être « en bonne santé » ?

    « Santé » se dit briout בריאות (bèt, rèch, yod, aleph, vav, tav) en hébreu. Sa racine bra (bét, réch, aleph) écrit les mots « créer »bara, « création » bria, « bien portant » bari.

    Ainsi la santé ressort d’un acte créateur, plus précisément d’une parole créatrice.

    La parole créatrice, nous enseigne les premiers versets du livre de la Genèse, est une parole qui fait surgir la lumière ; opère des séparations, nomme chaque chose lui donnant à travers son nom, sa vocation, nous sortant du tohou, « désordre », « mélange » où la terre se trouvait ; une parole qui pour finir, ramène, ce qui avait été séparé afin d’exister dans sa différence, à sa source : l’Un.

    « Il fut un soir, il fut un matin, jour « UN », é’had אַָחַדַ en hébreu, mot dont la guémaria 13, est la même que celle du motahavah אַהֲָבָהָ « amour ».

    L’obscurité et la lumière, la nuit et le jour, tout est Un, participe du même don d’amour.

    Être en bonne santé, c’est, non pas ne pas être malade, handicapé ou souffrant de tout autre blessure, mais c’est parvenir

    à réaliser dans notre vie, en notre histoire, dans notre univers, ce jour Un. Ce premier acte créateur - extraordinaire - qui du soir fait sortir le jour, qui nous montre qu’il ne saurait y avoir de jour sans nuit, plus, que c’est seulement ensemble qu’ils constituent une journée pleine et entière de 24 heures : leur union fait que la création est Une, est Amour.

    Le « soir » se dit érèv עֶֶרֶבֶ en hébreu, mot qui signifie aussi

    « mélange » ; le « matin » se dit boquer בֹּ ֶקֶֹרֶ en hébreu, ce mot lu biquer signifie « visiter ».

    Ce qui a permis qu’il y eût un soir et un matin, un jour

    Un, à partir duquel s’inscrira et se déroulera jour après jour le commencement d’une histoire divino-humaine et humano-divine, c’est cette visitation du mélange, de la nuit, pour qu’en sorte une aurore du salut.

    Être en bonne santé, c’est - par sa parole - devenir créateur de son monde ; le demeurer, c’est en rester le maître et l’amener à son achèvement « le chef-d’œuvre », l’œuvre aboutie, en bon et fidèle artisan .

    Artisan se dit ouman en hébreu, mot construit sur la racine amn qui signifie également : foi, certitude, confiance, artiste, ainsi soit-il.

    Il s’agit pour chacun d’entre nous d’être à tout instant

    « l’amen », « l’ainsi soit-il » de son histoire en sa vie.

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  • Je désire témoigner en ces pages du fait invraisemblable et étonnant, que si je n’ai pas guéri de ma maladie, j’ai guéri là où je ne savais pas que j’étais malade, là où nous tous, sans exception, bien portant ou mal portant, nous sommes malades sans le savoir : dans « notre être en relation ».  (LIVRE- Journal d’un malade ordinaire - Elisabeth Smadja)

    (...) En Janvier 2009, j’ai subi une deuxième intervention chirurgicale, cette fois ci une prothèse totale du genou droit. Compréhension à cette occasion en ma chair torturée de l'incarnation : l'important c'est le corps physique, la matière. Descendre dans ce fini et révéler son exceptionnelle grandeur puisqu'il est à la fois le réceptacle et le véhicule de l'infini.

    3ème EXTRAIT du LIVRE- Journal d’un malade ordinaire - ÉlisabethTu es mon Dieu, en Christ, ta parole faite chair, partout et partout l'on peut te prier et te parler, qui que nous soyons, Israël ou les nations ; où que nous soyons, dans ton Temple ou dans la plus misérable des prisons. Ainsi moi, en cet instant, dans ma misère physique, je ne suis pas lavée et je vais en gémissant dans les toilettes et je te sens, comme c'est étrange, au plus intime de mon corps : je sais que tu es là. Je sais que cela risque de choquer plus d’un ce que je raconte et ressens mais c’est ainsi. Je me permets de leur dire ce que Jésus a dit à la samaritaine : « Si tu savais le don de Dieu ! », si nous savions ! Qu'il est grand ton amour et ton abaissement pour nous rejoindre, nous porter et nous étreindre, là où nous sommes, tel un père ou une mère. Tu acceptes de me rejoindre là où je suis. Peut-être que ce niveau de proximité pourrait correspondre à un autre de tes noms, mon Dieu, le maquom. Mot hébreu qui signifie « le lieu, l’endroit ». Tu es, mon Dieu,  « mon lieu ».

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