• Solennité du sacré cœur, cœur du Christ ce Vendredi 19 Juin 2020.

    Réflexions autour du mot cœur à partir de la bible.

    Elisabeth Smadja

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    Nous devons l’institution de cette fête à sainte Marguerite Marie Alacoque, religieuse du monastère de la Visitation de Paray le Moniale. Le Christ, lui a demandé, lors d'une apparition privée en juin 1675 :« Que le premier vendredi après l'octave du saint sacrement soit dédié à une fête particulière pour honorer mon cœur... ». 

    Variations autour du mot cœur.

    Nous allons étudier ce mot que nous connaissons si bien dans une autre langue, l’hébreu, pour tenter de savoir ce qu’il peut encore nous dire de lui.

    Lecœurse dit LEV en hébreu, mot qui s’écrit avec deux lettres, le lamèd L et lebeit B .

    La lettre lamedsignifie« enseigner ». Elle libère la dynamique de l’enseignement intérieur qui est l’essence même de la kabbale, « lecture ésotérique et mystique » de la Bible. Le mot hébreu kabbale signifie « recevoir ».On peut le décomposer en deux autres mots : Lev « cœur » et qol« voix ».

    Recevoir ce niveau d’interprétation de l’Ecriture sainte, c’est être capable d’écouter par le cœur, la voix : voix du Père, voix du Fils en nous et en dehors de nous, voix du souffle du Saint Esprit.

    La lettre beit signifie « maison » . Elle symbolise notre corps, le Temple, l’univers tout autant que notre intériorité, notre intimité.

    Aller à l’intérieur de nous-mêmes, à notre écoute pour écouter « la voix de fin silence » qu’Elie entendit au mont Horeb.

    Rabbi Akiba, un éminent sage de l’époque du Talmud, enseigne que les lettres du mot lamed sont les initiales de la phraseLév Mévine Daât  "le cœur comprend  la connaissance", on pourrait dire l’union. La première occurrence de ce mot se trouve dans Genese 3 « Adam connut Eve ».
    Par le cœur se réalise l’union mystique. 

    Le mot cœur contient toute la Torah« le Pentateuque ». En effet le premier mot de la Genèse commence par la B avec le mot béréchit « au commencement » et se termine dans le livre du Deutéronome par la lettre L du mot Israëlécrivant le mot lev « cœur ». En ce livre saint le cœur de Dieu s’adresse au cœur de l’homme. 

    La guématria du mot cœur est 32, la même que celle du mot kavod« gloire ». Ce mot signifie aussi poids. Glorifier c’est donner du poids, de l’importance, de la consistance, du « corps ».

    « Père, glorifie-moi ! » Prie le Christ

    . « Père, donne-moi mon poids, celui de « mon corps-église ». Nous ployons tous sous le lourd fardeau de nos vies, déposons à ses pieds notre charge pour nous charger du seul poids qui allège, qui redresse et qui transfigure, le sien. Faire de Jésus, notre gloire, c’est, devenir cellule de son corps.

    « Père, unit à mon cœur,le cœur de chaque membre « de mon corps-église » ; en moi, il sera cœur de chair, cœur brisé d’amour et nous battrons à l’unissons pour le salut du monde ! ».

    A la vue de l’enfant lors de sa présentation au Temple, le vieillard Siméon saisi par l’Esprit Saint dans un chant de grâce, l’a appelé : « lumière des nations, gloire d’Israël » (Lc2, 32).

    Jésus est la « gloire d’Israël ». Mon Christ, tu es notre seul poids, toi seul nous donne notre importance, justifie notre existence si singulière de nation mis à part, parmi toutes les nations, pour te glorifier et donner naissance au Rédempteur. Tu es notre cœur, mon cœur. 

    Le chiffre 32 représente aussi la structure sur laquelle repose la puissance créatrice du verbe de Dieu à travers les22 lettres de l’alphabet hébraïque. Par elle le monde fut créer : 10 « dire » divinqui fixent les lois de la nature ; par elle,une chartre relationnelle entre Dieu et les hommes fut révélé :10 « paroles »du Sinaï pour nous dire comment il peut résider au milieu de nous et en nous. 

    « …j’enlèverai votre cœur de pierreet je vous donnerai un cœur de chair » Ezéchiel 31, 26).Le cœur de chair est un cœur qui respire, un cœur brisé.—

    En hébreu, cœur de chair se dit lèv bassar.  En permutant entre elles les trois lettres du mot bassar chair, on lit le mot chevar, brisé. Un cœur de chair c’est un cœur brisé de la divine blessure.

    Tout baptisé, en Christ, bat du même battement que son cœur, un cœur brisé, d’où s'échappent les grâces d'amour pour le monde.

    La parabole du « Jugement dernier » nous enseigne comment on passe d’un cœur de pierre à un cœur de chair : en revêtant notre humanité, le christ a donné à chaque homme son visage le visage du Père, le visage de Dieu.

    C'est ce que Mère Térésa a vu, compris, non pas avec sa tête, mais avec ses sens, dans sa chair, en marchant dans les rues de Calcutta. Une évidence, comme un coup de poignard, c'est Lui, ce lépreux, ce mendiant, ce visage défiguré, souffrant, c'est Lui, c'est Toi Seigneur ; et à chaque fois c’est lui véritablement qu’elle a porté, lavé, soigné, embrassé, aimé.

    Chaque fois que nous allons vers l’autre, c’est Notre Seigneur, lui-même, que nous rencontrons, que nous touchons.

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  • Fête du saint sacrement

    Fête du saint sacrement - Élisabeth

    Réflexions et méditations autour de l’Eucharistie à l’occasion de la Fête du Saint Sacrement qui se tiendra cette année le 11 Juin 2020 (14 juin au Canada)

                                                            Elisabeth Smadja

    Nous fêterons l’évènement qui commémore le jour où, si l’on peut le dire ainsi, l’institution du sacrement de l’eucharistie a été donné.

    Alors qu’il célébrait la fête de Pessa’h, « Pâques » au milieu de ses disciples, Jésus de Nazareth en prenant le pain et le vin pour la bénédiction, transmuta la matière même de ces derniers en prononçant ces paroles :« Mangez et buvez ceci est mon corps et mon sang livrés pour vous et pour la multitude en rémission des péchés pour le salut du monde ». 

    Mais pourquoi le Christ a-t-il choisi ces deux espèces,  le pain et le vin?

    Le pain se dit léhem en hébreu. Ce mot se compose de trois lettres: l’hm qui lorsqu'elles permutent donnent d’autres mots:

    Mela’h « sel », ‘halom « rêve », ma’hol « ronde »,  ma’hal « maladie », mo’hel « pardon ». 

    Le Christ, nous apporte aussi en son corps devenu pain rompu, donné en nourriture pour la vie éternelle, le pardon, le rêve, la guérison en nous libérant de tous nos cercles vicieux, ces rondes infernales qui nous enfermaient. 

    Ainsi, délivrés, lavés, purifiés, il nous conduit dans la demeure du Père pour avec tous nos frères vivre pleinement en sa présence de Sa présence qui est tout amour.

    Il nous prodigue également ce sel qui donne du goût et du sens à notre  « lectio divina » et à la relecture de notre vie. 

    Le pain est un aliment d'après la chute d'Adam et Ève qui au Gan Eden ne mangeaient que des fruits. Après la chute, Adam dut gagner son pain à la sueur de son front... 

    Le Christ, nouvel Adam, venu racheter l'homme pécheur,  fait de ce pain, signe de notre chute, un instrument de résurrection. Mais pour cela, il faut passer par la mort à l’ancien.

    Le grain de blé contient en lui une phase de mort et de résurrection en un nouveau corps. En effet, il n'y a rien de plus dissemblable qu'un grain de blé et l’épi qu’il devient, après être « mort » enfoui dans la terre.

    Le grain de blé, se dit bar en hébreu, mot qui signifie aussi « fils », en araméen. 

    La croix, lieu du don de notre vie, de notre mort est le lieu de passage pour notre résurrection. Elle est notre Pâque, « notre saut » vers l’infini pour nous jeter dans les bras du Père, faisant de nous des Fils. 

    Le vin est le produit de la vigne.

    Le raisin a lui aussi une phase de mort et de résurrection.... Récolté, foulé aux pieds, pressés, il est mis en fût dans des caves. Par un travail souterrain de lente maturation du temps, il fermente, prend de l'expansion, change de nature. Il devient du vin, une boisson riche, enivrante, servie à la table des rois, indispensable à tous les festins, particulièrement celui des Noces. Vin qui se change sur l’Autel, en coupe du salut, sang du Christ.

    Le vin rouge est comme le sang de la ressemblance qui coule dans les veines du premier adam créé à « l’image » et à la « ressemblance » demouténou en hébreu, de Dieu

    Le mot démouténou, « ressemblance », contient dans ses lettres le mot dam, « sang » et celui de ot, « signe ». Signe représenté par la lettre hébraïque Tav, qui anciennement s’écrivait comme une croix. 

    Le sang versé du Christ qui a revêtu notre humanité pour que nous revêtions sa divinité, conduit l’homme à la ressemblance. De Dimanche en Dimanche, d’eucharistie en eucharistie l’homme se divinise. 

     

    Prions :

    « Seigneur,

    Je ne suis pas digne de te recevoir mais dis seulement une parole et je serai guéri ».

     

    En marche,

    Dans le rang de la procession, je viens vers Toi.

    Je viens à Toi,avec tout mon arbre :

    Mes ascendants, mes descendants, tout mon troupeau, toutes les personnes que je connais.

    En moi, Ta sève coule en eux. 

    Je Te reçois

    Moment d'intimitésuprême : noce mystique, union des corps.

    Toi en moi, moi en Toi. 

     

    Nos offrandes, Seigneur :

    Ce pain, ce vin, fruits du travail des hommes.

    Notre sueur, nos rires et nos larmes.

    Sacrifice de toute l'église « la communauté des priants », rassemblée en un seul « corps »par l'Esprit Saint : Ton corps. Par lui, en lui, nous participons à ta Passion, à ton œuvre de Rédemption et nous vivons de Ta vie. 

    Tu as dit:

    « S'il est possible que cette coupe s'éloigne de moi. »

    Mais Tu as bu la coupe : nos vies meurtries.

    Tu l'as élevée en coupe du Salut devant Ton Père, qui est Notre Père, pour la Bénédiction. 

    Puissance du Sacerdoce,

    Folie d' Amour du Verbe incarné.

    Dans la permanence du don, ce pain et ce vin,

    Devenus ton corps,ton sang,nourriture de Ton église,

    Organisme vivant qui ne cesse d'Eucharistie en Eucharistie,

    de croître et de fructifier pour Ta venue dans La Gloire.

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  • COVID-19 «comme une véritable Pâques» - AliceChers amis, en ces jours extrêmement difficiles, voire douloureux que le monde entier traverse comme une véritable Pâques, chacun se demande ce qu’il peut faire pour aider, accompagner, consoler, soutenir, donner, donner sans cesse : aimer en un mot, pour le salut du monde.

    Je propose une réflexion, une méditation sans prétention, sur ce virus qui nous terrasse ; virus qui attaque principalement notre système respiratoire, bloquant nos poumons, entravant notre souffle.

    Nous sommes touchés dans ce qu’il y a de plus vitale, de plus naturel aussi : notre respiration physique.

    Peut- être le moment pour nous de se brancher à une autre respiration, plus essentielle car originelle, pour soutenir la nôtre, la revivifier : celle que Dieu insuffla dans les narines du premier homme, Adam, dont nous descendons tous, et aussi dans celui que le Christ, notre Pâques, nous a généreusement donné, le Saint Esprit.

    Le premier verset du Cantique des cantiques s’ouvre sur ces paroles de feu que la Bien-aimée, (vous ou moi, chacun d’entre nous) murmure à son Bien-aimé (Dieu, le Christ).

    « Qu'il me baise des baisers de sa bouche :

     Mon Dieu, quand Tu insufflas dans les narines de mon ancêtre, cette haleine de vie puisée au creux de Tes « entrailles », re’hem en hébreu, lieu de Ta « miséricorde » ra’hem, Tu me donnas un espace pour que je puisse dire « je », que je puisse naitre.

    Depuis, Ton souffle, l’intime de Ton intime, ton « expire »ne cesse de déplier dans le secret, nos êtres recroquevillés, afin qu'ils se déploient et se redressent dans ce bienheureux mouvement qui, dans nos corps, te mettra en marche dans ce monde.

    Je l’oublie trop souvent, je t’oublie ! Oh mon Père, laisse-moi m’abreuver à ton haleine, qu’elle m’irrigue tout entière,  déployant bien grand mes poumons ainsi que ceux du monde entier : mes frères.

    Qu’il me baise des baisers de sa bouche :

    « Viens que je me délecte de Ton haleine de vie jusqu'à mon dernier souffle qu’en Christ je Te remettrai. Ton expiration d'amour, oh mon Dieu,  est ma respiration de vie . 

    50 jours après Pâques, les apôtres reçurent l’effusion du Saint Esprit, promis par le Christ. Depuis, chaque baptisé, en revêtant le Christ, le reçoit aussi.

    Nous le recevons et nous l’oublions. Il demeure caché, assoupi, quelque part à l’intérieur de nous.

    Il est temps, car le monde perd son souffle, sa vie, de l’éveiller, de le solliciter, de l’appeler, de lui faire de la place en nous, en dehors de nous,  jusqu’à ce qu’il devienne notre poumon, celui de notre humanité.

    Le saint Esprit se dit rouah aquodesh en hébreu. Roua’h signifie souffle, vent, esprit.

    Ce mot a été traduit en grec par les Septante par le mot pneuma « souffle » et en latin par spiritus, »esprit »...En passant du grec au latin, il a malheureusement pris une connotation mentale, perdant son souffle.

    Il est temps de le retrouver ! 

    Mais qu’est-ce que l’Esprit saint ?

    L’Eglise enseigne : c’est la circulation du souffle d'amour du Père vers le fils, du Fils vers le Père ; et par le Fils, le nôtre, celui de ses frères. En un mot c’est un esprit de famille ! 

    Saint Paul nous dit: «… L’Esprit que vous avez reçu fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l’appelant Abba» ( Rom 8).

    Le Saint-Esprit est une circulation incessante d'amour paternel, filial et fraternel. « Il ne faut pas le contrister » (St Paul), c’est-à-dire empêcher ou gêner cette communication par nos « nos manques d’amour » car celui qui blesse le frère, blesse le fils, et celui qui blesse le fils, blesse le Père.

    Respirons tous de cette respiration d’amour. Insufflons la dans le monde.

    Saint Paul nous dit encore qu’il prie en nous en d’ineffables gémissements : Il est prière. 

    Certains, soucieux de leurs frères en humanité pourraient se demander à juste titre : « mais qu’en est-il de ceux qui ne sont pas baptisés ? Ont-ils eux aussi accès au Saint Esprit ? »

    Jésus leur répond : « L’esprit souffle là où il veut… »( Jn3)

    Le « souffle de sainteté » comme son nom l’indique, est souffle, haleine, vent. IL est impalpable, invisible. Il s’introduit là où il veut, chez qui il veut, nul ne peut le capturer ou l’arrêter et c’est tant mieux, et c’est une grâce.

    Car, s’il est vrai que cet Esprit Saint a été donné en un lieu et à un moment particulier de l’histoire d’Israël à seulement un petit groupe de personnes, dans le même temps il a été donné au monde entier : de la même manière que les 10 Paroles reçues au mont Sinaï furent ensuite reçues et entendues au fil des siècles par tous.

    Pour que le projet divin d’une terre où Dieu résiderait s’accomplisse, il a bien fallut commencer quelque part. Dieu s’est choisi une famille, un peuple avec lequel il contracte une Alliance ; de ses entrailles naîtra le messie, celui qui étendra cette alliance à tous les hommes : le projet d’amour de Dieu est  universel.

    Ce processus est comparable à la petite flamme d’une bougie solitaire qui en allume d’autres, encore et encore et de flamme en flamme c’est finalement un incendie d’amour qui embrase la terre tout entière.

                                                                                                                                       Elisabeth Smadja

     

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  • S’immerger dans le sens profond du Carême

    Le Carême avec ses pratiques d’abstinence, de jeûne, nous interpelle, nous appelle, nous interroge, creuse en nous une place : une place pour Dieu, pour le Christ.

    Cette période de dévotion a été instituée par l’Eglise catholique au IV siècle en référence aux 40 jours de jeûne de Jésus Christ dans le désert.

    Mais le Carême, ne nous prépare-t-il pas aussi à autre chose ? Une montée, un accompagnement, une dépossession de soi, un appauvrissement, une méditation…une marche aussi, mais en vue de quoi ? Qu’est-ce qui nous attend ? Qu’allons-nous commémorer ? Où allons-nous ?

    C’est un temps, et nous avons peut-être tendance à l’oublier, à nous préparer, nous qui sommes son corps mystique à la Passion du Christ. Sommes-nous prêts, là où nous sommes, à comme lui, de choisir librement, par amour, en accord avec le Père,  à donner notre vie pour racheter celle de nos frères en humanité ?

    Le Carême nous prépare, ni plus ni moins à la Croix. 

    O croix de Jésus Christ, O croix dressée sur le monde ! 

    Durant la fête de Pâques nous fêtons la mort et la résurrection du Christ. Nous commémorons la Passion du Christ, nous exaltons sa croix : croix douloureuse, croix dressée sur le monde, croix glorieuse.

    La célébration de cette croix qui témoignage de la souffrance et de l’agonie du Christ, reste encore aujourd’hui, comme il y a deux mille ans, difficilement compréhensible, même pour le croyant. Bien sûr, il ne la qualifiera pas de folie ou de scandale comme à l’époque, il se satisfera de la vivre comme l’objet d’une grâce incompréhensible ; elle demeura pour lui,  un mystère insondable.  

    Le sens de cette croix est si difficile à saisir qu’il est devenu dans le langage courant, synonyme de difficultés de toutes sortes, de fardeaux, d’épreuves, dont on n'aimerait bien se passer, se débarrasser mais qu’il nous faut supporter vaille que vaille.

    Il n’est pas rare, lorsqu’une personne vous raconte ses soucis, qu’elle termine sur un ton résigné : « C'est ma croix », comprendre c’est mon « boulet » ; à moins que ce ne soit nous qui lui disions en soupirant, pour très étrangement la réconforter : « Eh oui, c’est difficile ce que tu vis mais c'est ta croix ; on a chacun la nôtre ».

    Tout est dit. 

    Vraiment ? 

    Si la croix c'est réellement cet « enfer » comment comprendre que le christ nous demande de la prendre pour le suivre : « Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive. » ? (Mathieu 16,24) Comment comprendre qu’elle est le signe du plus grand amour ?

    Et si nous la regardions autrement, avec le regard du Christ ? 

    Qu’est-ce que la croix ? Un « saut » (pessa’h en hébreu, mot traduit par « pâques ») de la mort à la vie. 

    Un lieu de passage. L’unique, qui transmute notre nature humaine en une nature divine. 

    Elle est passage parce qu’elle est ouverture ; elle est ouverture parce qu’elle est blessure. Une brèche est faite dans notre armure, « notre égo ». Par cette entaille, nous sommes devenus vulnérables et parce que nous nous sommes touchés, nous pouvons être touché par la blessure de l’autre : nous nous humanisons, nous divinisons. 

    Car plus je m’humanise, je devrais écrire, plus je « m’admise », plus je deviens à la ressemblance de Dieu, plus je me divine. 

    La croix est le point de jonction et de rencontre entre l'homme et Dieu,  le passage par lequel l’Adam né de la adama « la terre » accède à la ressemblance, devient fils du Père à la suite du Fils qui lui a montré ce chemin.

    La croix que le christ me demande de porter est le lieu de ma transfiguration , si je ne la fuis pas, si je ne la maudis,  si je ne me laisse pas écraser par elle ; si je l'empoigne avec amour et la dresse sur le monde. Ce n'est qu' ainsi, prise à plein bras,  debout, qu'elle est le lieu de toutes les grâces : « Il faut que le fils de l'homme soit élevé de terre... ».

     Ce n'est qu' ainsi qu'elle est offrande, parce que don totalement consenti. Ce n'est qu' ainsi qu'elle est Salut pour le monde.

    Aussi, prendre ma croix et te suivre, Seigneur, c'est à ton imitation réalisée toutes ces choses. Tu viens m’apprendre que c'est là, au cœur de ma blessure et seulement la, que peut s'accomplir l'œuvre du grand alchimiste qui transforme le plomb en or, l'obscurité en lumière.

    Si je sais faire de cette croix pesante un formidable levier qui me propulse hors de moi, alors mon cœur de pierre deviendra cœur de chair, cœur du Christ, cœur de Dieu.  

    Je pourrai crier : « J’ai soif ! »  Soif de toi mon Dieu,  soif d'un Dieu qui a soif de moi,  qui n’hésite pas à boire la coupe,  pour me rejoindre au seul endroit où je me laisse atteindre : ma blessure.  

    Tout le long du livre du Cantique des cantiques, la bien-aimée compare son Bien Aimé à une gazelle et à un faon, le petit du cerf.  

     Le cerf est le roi de la forêt. Par sa haute ramure qui se renouvelle périodiquement il est comparé à l'arbre de vie et symbolise la fécondité, les rythmes des croissances et la lumière car il guide vers la clarté du jour. Quand il a soif, quand il recherche une compagne son appel rauque est irrésistible ainsi en est-il de l'appel de Dieu. 

    Son amour plus fort que la mort,  nulle ne saurait l’entendre sans en être ébranlé jusqu'en ses fondements et sans y répondre. 

    En hébreu gazelle se dit, tsvi.

    Dans le verset l'expression employée est: létsvi. La préposition de comparaison est collée au nom. On peut alors lire en permutant les lettres, le mot tselvi qui signifie, « ma croix ».

    Mon Bien Aimé est comme l'arbre de la Croix,  qui dégoutte de myrrhe... de ses blessures suintent une résine de prix,  sang et larmes, sève de vie pour le rachat, le pardon et la vie éternelle.  Saisissons-nous des branches de cette croix lyre pour en extraire les plus beaux chants d'amour et de louanges, pour chanter le chant nouveau de la délivrance. 

    Le faon se dit, Opher. Ce mot, lu Aphar signifie « cendre ». Cendre sur mon front, poussière du mercredi des cendres, signe de la folie d’amour d’un Dieu qui nous aime jusqu’à nous donner son « fils » pour qu’aucun d’entre nous ne se perde. 

     

                                                                               Elisabeth Smadja

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  • Elisabeth Smadja. Je suis juive orthodoxe et catholique. 

    03/01/2020

    Élisabeth Smadja se présente comme une juive orthodoxe en recherche qui a trouvé le Christ en 1999 et qui a reçu le baptême. Mère de 7 enfants, elle a vécu un divorce difficile et une séparation momentanée, mais très douloureuse, de tous ses enfants. Sur le plateau d’Un Coeur qui Ecoute, elle raconte sans fards ses épreuves et son chemin de conversion, montrant qu’il n’y a pas rupture entre judaïsme et christianisme, entre la Torah et les Evangiles, mais continuité et accomplissement en la parole des saintes écritures.

    source https://www.ktotv.com/video

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  • Le Nouvel an

     

    La bible nous raconte l’histoire d’une alliance entre Dieu et l’homme à travers la marche d’un peuple Israël, fils aîné d’une humanité de frères, tous fils d’un même Père. Ce livre porte en lui une « bonne nouvelle » : celle de la venue d’un messie rédempteur pour le salut du monde. Ce divin enfant est en gestation dans les entrailles maternelles d’Israël, appelé par les prophètes « la vierge de Sion ».

    Après des siècles d’affinement de sa « matrice » par l’étude, la prière et la pratique des commandements, Israël donne enfin naissance à ce fils en une de ses filles, Myriam, Marie. Cet enfant, appelé Jésus, en hébreu Yéshoua « Dieu sauve »,  ouvrira les portes de l’Alliance d’Israël à tous les hommes.

    Cependant, pour prendre conscience de ce long travail de gestation de génération en génération jusqu’à la mise au monde, il aurait peut-êtrefallu compter le temps selon le calendrier hébraïque qui commence à la création de « adam ».

    Jésus christ serait né aux environs de l’an 3758,  1343 ans après le don en 2448 de la Torah au mont Sinaï- Torah dont il est l’accomplissement. Il serait mort et ressuscité vers l’an 3791.

    Mais l’empereur Constantin en a décidé autrement, les compteurs du temps ont été remis à zéro, et avec la naissance du divin enfant,  a commencé une nouvelle ère, c’est pourquoi, nous passerons de l’an 2019 à l’an 2020.

    Dans quelques jours nous fêterons la nouvelle année. Qui se souvient encore que plus précisément, ce jour-là, nous fêtons la cérémonie de la circoncision de notre seigneur Jésus Christ ? 

    Dieu établit avec Abraham et sa descendance par Isaac une alliance éternelle, scellée dans la chair par le rite de la circoncision. Depuis, tout enfant mâle juif passe par ce rite pour entrer dans l'alliance. On fête la circoncision de Notre Seigneur Jésus le Jour de l'An, huit jours après sa naissance, le 25 décembre : « Et quand les huit jours furent accomplis pour circoncire l'enfant, alors son nom fut appelé Yéshoua, Dieu sauve »(Lc 2, 21). 

    Pratiquer la circoncision dans la chair, c'est en retrancher le prépuce (orlaen hébreu) suivant le commandement de Dieu (Gn 17,9-12). Le mot orla vient de la racine arèl qui signifie : « laisser intact »,  « incirconcis ». Ce terme est employé pour construire les expressions : « dur d'oreille », « cœur endurci » et « bègue » . En voici des exemples dans les Écritures :

    «Circoncisez donc le prépuce (orla) de votre cœur » (Dt 10, 16).

    Moise avait dit devant l’Éternel : « Je suis incirconcis des lèvres » (Ex 6, 30). Il signifiait par là qu'il bégayait, ce qui lui semblait être un handicap pour parler à Pharaon.

    «A qui parlerai-je, qui sommerai-je afin qu'ils écoutent ? Voici, leur oreille est incirconcise et ils ne peuvent entendre» (Jr 6, 10) !

    Être circoncis, c'est être blessé et être incirconcis, c'est refuser la blessure pour demeurer intact. Or justement ce qui ouvre le cœur et les oreilles de l'homme à un autre que lui, c'est la blessure. Par elle seule, nous devenons humains, c'est à dire perméables à la souffrance de l'autre et attentifs à l'écoute de la voix du Tout Autre qui murmure en nous. C'est tout le sens de la prophétie d’Ézéchiel :« J’ôterai leur cœur de pierre et je leur donnerai un cœur de chair.»  En hébreu, cœur de chair se dit lèvbassar.  En permutant entre elles les trois lettres du mot bassar chair, on lit le motchevar, brisé. Un cœur de chair, c’est un cœur brisé de la divine blessure. 

    Cependant, si le chrétien ne passe pas par le rite de la circoncision de la chair, ce n'est pas parce qu'elle serait caduque, le commandement de Dieu est éternel : c'est parce que tout baptisé revêt le corps du christ, un corps déjà circoncis.

    Il lui reste à pratiquer les autres circoncisions, celles du cœur, des lèvres, des oreilles.

    Être tout entier circoncis, c'est être crucifié, donné, profondément humain, c'est à dire divin.

    Être crucifié avec le Christ, c'est être tout entier « circoncis ». Par cette blessure-ouverture, la compassion, la tendresse, la charité, l'amour et la grâce, pénètrent notre chair et la densité de notre matière se divinise, son opacité fond, elle devient transparente, vitrail laissant passer la lumière de Celui qui est la lumière du monde. Tout baptisé, en Christ, bat du même battement que son cœur, un cœur brisé, d’où s'échappent les grâces d'amour pour le monde.

    Élisabeth

    Mille mercis Élisabeth et Bonne Année ! Richard

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  • Le coin biblique               Il est né le divin enfant… 

    il est né le divin enfant

    Qui est-ce « divin enfant » ?

    Le « divin enfant », l’enfant tant attendu, c’est le messie d’Israël : le christ.

    Christ est le mot grec pour traduire le terme hébreu mashia’h« messie ». Ce mot vient de la racine masha’h« oindre » avec de l'huile d'olive. Trois personnes reçoivent l'onction dans la Torah « le Pentateuque »: le prêtre, le roi et le prophète.Cette onction s’accompagne de la venue du roua’hakodesh « le Saint Esprit ». 

    On appelle messianismel'attente en Israëld'un roi oint qui viendra sur le trône de David pour apporter une ère de paix et de connaissance de Dieu au monde entier.

    Ce messie, fils de David, est considéré dans le livre des Psaumes, comme le « fils de Dieu » : « Je raconterai un décret, l'Eternel m'a dit : tu es mon fils, moi aujourd'hui je t'ai engendré ».(Ps 2, 7). 

    Il y a plus de deux mille ans, un rabbi « maitre, guide » nommé Yéshoua « Jésus » parcourt les villes de la Judée et de la Galilée enseignant aux foules, guérissant les malades, et chassant les démons. Sa parole de feu, qui ouvre la Torah « Pentateuque » à de nouveaux niveaux de compréhension qui jusque-là étaient demeuré cachées, éveille les cœurs de ceux qui l’écoutent. Il est considéré par ses disciples comme le messie. 

    La naissance du messie, c’est la venue en l’Histoire des hommes, dans l’histoire singulière d’un peuple particulier Israël, avec lequel Dieu a contracté une Alliance éternelle, d’un rédempteur pour le salut du monde. Mais ce « divin enfant », en vérité, chaque individu, parce qu’il est fait à l’image et à la ressemblance de Dieu, le porte également en ces entrailles et doit, pour s’accomplir pleinement,  le mettre au monde. 

    Dans « ce monde -ci », l’homme, chacun d’entre nous, est en gestation de son être ultime, ressemblant en cela à une femme enceinte. Nous sommes, tout au long de notre existence, en cours d’enfantement de notre être ultime. Nous avons à devenir des hommes faits à l’image et à la ressemblance de Dieu, autrement dit des hommes divinisés : Dieu s’est humanisé dans l’homme, en le créant à sa ressemblance, pour que l’homme se divinise, en incarnant dans sa chair cette ressemblance.

    Lorsque Dieu révèle son nom à Moïse au buisson ardent, il lui dit « Je serai qui je serai » et « Je serai » avec toi. Ce Nom divin, l’homme le porte en ses entrailles : il est présence de Dieu en devenir en lui, en cours de mise au monde.

    Il ne nous ait pas demandé d’être un surhomme mais un homme véritable. Cela passe par des vies bouleversées, des vies retournées avec la fourche de la prière pour que notre matière devienne une matière humanisée, c’est-à-dire divinisée.

    « Telle est l’histoire des origines du ciel et de la terre lorsqu’ils furent créé ;

    Lorsque l’Eternel Dieu fit une terre et des cieux »(Gn 2, 4).

    Élisabeth

    La suite ICI Télécharger « Il est né le divin enfant.docx »

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  • Autre format texte

    Prier le Notre Père

    Je médite depuis des mois sur les mots du  Notre Père. Ces mots se sont emparés de moi…Plus je réfléchis à chacun d’entre eux, plus il m’apparaît qu’ils sont à mettre sur toutes les lèvres car ils concernent tous les hommes.

    C’est la prière d’un Juif nommé Yéshoua. Il l’a transmise à ses disciples, Juifs comme lui, et eux l’ont transmise au monde. Au cours de ce processus de transmission, par le fait de l’histoire d’un empire, celui de Rome, elle est devenue la prière d’une nouvelle religion. Telle n’était probablement pas la volonté du Christ lorsqu’il l’enseigna à ses disciples – son message était universel. Cette prière concerne l’homme, « adam » dans son essence, fait à l’image de Dieu et appelé à être à sa ressemblance. C’est en ce sens que le « Notre Père » est une prière adamique ».
    A travers l’éclairage et la richesse de la langue hébraïque, il s’agit de ramener dans une marche bienheureuse des fils à leur Père. Un « Abba » (papa) qui, comme nous le montre la parabole du fils prodigue, guette le retour de chacun de ses enfants pour festoyer avec lui et ses frères dans la maison familiale.
    Une véritable rencontre avec une prière qui nous ramène dans les racines juives de la foi chrétienne !

    Disponible ICI 

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  • Bonjour mes amis-es, notre collaboratrice Élisabeth souffre depuis un certain temps et nos pensées positives et prières la réconforteraient. Si vous le souhaitez, laisser lui un message dans la section commentaire de cet article. Pour elle, je vous en remercie. Richard

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    Prier le Notre Père

    Prière juive, prière chrétienne, prière « adamique » 

    (dans une prochaine publication je vous présenterai le nouveau livre d'Élisabeth sur le même titre.)

     

    Prier le Notre Père  Prière juive, prière chrétienne, prière « adamique » - ÉlisabethLe Notre Père n’est pas seulement une prière, c’est aussi un manifeste, c’est à dire un programme de vie qui concerne tous les hommes, parce qu’il concerne l’Homme.

    Pour le judaïsme, ce monde, appelé en hébreu olamazé  « ce monde ci », a un commencement et une fin. Il est l’antichambre d’un autre monde, olamaba , « le monde futur » ou littéralement « le monde qui vient », monde dont parlent les prophètes et le Christ.

    Dans « ce monde -ci », l’homme, chacun d’entre nous, est en gestation de son être ultime, ressemblant en cela à une femme enceinte. Et de même qu’on ne saurait juger l’enfant à naître à son état embryonnaire d’après une échographie, de même nous ne pouvons commettre l’erreur de croire que la manière dont nous existons est notre être définitif, alors que nous sommes en cours d’enfantement de notre être ultime. Nous avons à devenir des hommes faits à l’image et à la ressemblance de Dieu, autrement dit des hommes divinisés. Dieu s’est humanisé dans l’homme, en le créant à sa ressemblance, pour que l’homme se divinise, en incarnant dans sa chair cette ressemblance.

    Lorsque Dieu révèle son nom à Moïse au buisson ardent, il lui dit « Je serai qui je serai » et « Je serai » avec toi. Ce Nom divin, l’homme le porte en ses entrailles : il est présence de Dieu en devenir en lui, en cours de mise au monde. 

    Le Notre Père n’est donc pas uniquement la prière d’un croyant qui appartiendrait à une religion donnée, c’est une manière d’être Homme, d’être au monde dans les trois modalités relationnelles qui fondent tout être humain : relation à soi, à l’autre et à la transcendance.

    Les sept demandes de cette prière répondent aux questions existentielles que tout homme peut se poser un jour ou l’autre au cours de son existence. Des réponses qui, à mon avis,  peuvent convenir et satisfaire chaque homme dans le respect et la liberté de ses choix religieux et spirituels car aucune référence à une religion particulière n’y figure. Des réponses à la fois simples et compliquées qui peuvent toucher et emplir le cœur d’un savant comme celui d’un ignorant, d’un adulte comme celui d’un enfant.

    D’où est-ce que je viens ? Je reçois ma vie du créateur, qui est mon Père.

    Qui suis-je ? Son fils.

    Ce monde a-t-il une finalité ?  La venue de son règne.

    Qui est l’autre ?  Mon frère.

    Quelle est ma vocation ?  Amener le monde et mon être à son achèvement en aimant le Père et mon prochain comme moi-même, jusqu’à donner ma vie pour lui.

    Ces sept demandes nous enseignent tout à la fois : comment transformer notre être pour faire de lui un fils du Père et un frère ; comment passer de l’image à la ressemblance ; du septième jour au huitième jour ; de l’existence à la vie éternelle ; comment nous humaniser pour nous diviniser. 

    Pour nous résumer : la vie nous est donnée,  il nous reste à acquérir notre être en donnant à notre tour. Seuls le don et l’attention à l’autre justifient notre existence. Chaque fois que je me donne, je justifie la création de mon être, de cette vie que je reçois gratuitement. En cette existence, je suis en gestation de moi-même : je porte en moi plus que moi. Je porte à la fois l’autre et mon être messianique. C’est cette réalité oubliée que le Christ est venu rappeler à chacun de nous. Il nous montre le chemin : la croix, c’est-à-direle don de sa vie pour le prochain quel qu’il soit. 

    Le Notre Père nous a été donné par le Christ, pour nous apprendre à prier. Prier se dit leitpalel en hébreu, verbe qui signifie aussi « juger » ou plus justement, ce verbe étant à la forme pronominale, « se juger ».

    Prier le Notre Père, c’est prendre chaque jour, un temps pour se repositionner vis à vis de soi-même, des autres, de Dieu. Se demander, où j’en suis à cet instant précis de mon existence, où est-ce que je vais ? Se souvenir de qui je suis, de qui me donne la vie, du projet divin. Me réorienter.

    Le Notre Père est la prière personnelle de Jésus, il l’a donnée à chaque homme,  sans acception de personne,  pour qu’il renoue le lien avec son créateur qui est son Père et qu’il révèle le fils et le frère qu’il est, afin de réaliser, pour la plus grande joie du « Père » la merveilleuse farandole de la fraternité humaine.

    .Avant l’épisode de la Tour de Babel tous les hommes avaient une même langue qui les reliait entre eux leur permettant de se comprendre parfaitement. Ils n’ont pas su en user pour le bien, aussi Dieu a multiplié les langues. Cependant en chacun de nous demeure cette nostalgie de retrouver une langue commune, un langage universel. Beaucoup ont essayé mais hélas cette entreprise s’est toujours soldée par l’échec, ces acteurs confondant, langue une avec pensée unique. Je me demande aujourd’hui si cette langue universelle, cette langue Une, qui regrouperait et intégrerait en son unité, toutes les différences pour le plaisir de tous, ne serait pas celle du Notre Père : chaque individu, quel qu’il soit, où qu’il soit, peut dire : « Notre Père », Chaque individu, quel qu’il soit, qui le souhaite, peut être fils, peut être frère.

    Avec le Notre Père, nous découvrons que la langue universelle après laquelle nous avons tous couru, dont nous avons tous rêvé est celle de la famille : la famille humano- divine, divino - humaine.

    Pratiquons tous, sans retenue, avec bonheur, avec délice, cette extraordinaire langue qui en nous rattachant à notre origine, en nous rappelant nos responsabilités, nous relie les uns aux autres. Chacun de nous tenant désormais la main du père, la main du frère pour amener ce monde et son être à sa réalisation, sa plénitude.

     On s’écrit avec le psalmiste : « Comme il est bon et agréable de voir des tribus de frères ensembles ». Il est écrit : « tribus » donc des groupes bien distincts avec des talents, des coutumes et des sensibilités différentes.  C sont néanmoins des frères qui demeurent ensemble, avec leur singularité, pour le plus grand plaisir du Père.

     

    Élisabeth

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    16 commentaires
  • Voici un extrait aménagé de ''Prier le Verbe'' du dernier livre d'Élisabeth qu'elle nous offre, Merci...

     

    Mois de mai, mois de Marie

     

    Qui es-tu Marie ?

    Nous te prions, nous t’adorons, nous ne tenons la main, tu es dans notre vie, tu es notre maman. Mais que savons-nous de toi ? Qui es-tu Marie ?

    Marie, Myriam

    Marie est la transcription en français du prénom hébreu Myriam porté pour la première fois par la sœur de Moïse et d'Aaron qui était prophétesse. Ce nom peut signifier : mar(goutte) yam(mer), goutte de la mer latinisée en stella maris« étoile de la mer » ; ou mar(amère) maïm(eaux) « eaux amères » préfigurant les souffrances de son cœur de mère, ou encore ram(élevé), yam (mer) qui symbolise les eaux élevées ; les eaux d'en haut, du monde invisible qui furent séparées d'avec les eaux d'en bas par Dieu au second jour de la création. (Gn1,7)

    Marie, fille d’Israël

    Myriam est une fille d’Israël. La séparer de son peuple, de ses parents, de ses racines et de son Dieu, c'est passer complètement à côté de la profondeur et de la réalité historique de son être, c'est la trahir.

     

    Marie vierge de Sion

    1.  Sion

      Pour les Pères de l’Église, elle est la fille de Sion. Ce nom, est le nom donné par les prophètes à la communauté d'Israël en son entier. Sion, c'est le mont Moriah, lieu de la ligature(sacrifice) d'Isaac, appelé aussi mont du Temple, lieu que Dieu a choisi entre tous pour y résider, car là Abraham lui a montré sa parfaite fidélité, sa foi et sa confiance. Là, Isaac s'est abandonné à la volonté de son père qui abandonnait la sienne à celle de son Dieu ; c'est un haut lieu d'amour filial et théologal. Les psaumes nous disent : « De Sion on dira, tout homme est né là-bas ». (Ps 86).

      Le prophète Céphonia (3, 14, 17) s’écrie : « Entonne de joie fille de Sion...L’Éternel ton Dieu est au milieu de toi !» Au milieu se dit bequirbe’h qui peut aussi se traduire par, à l'intérieur de toi. Réjouis toi fille de Sion, réjouis toi Marie, l’Eternel ton Dieu, YHVH Elohim, est à l'intérieur de toi, dans tes entrailles.

    2. Vierge

    Vierge physiquement mais pas seulement…ce qui nous donne la possibilité de suivre son chemin en nous « virginisant ».

    Ce que j'appelle se « virginiser », c'est faire un travail d'enquêteur pour traquer et trouver les milliers de mots que nous avons entendus, lus, dits et qui nous ont formés, informés, que nous employons pour nous construire et pour entrer en relation. En mesurer l'action positive ou négative, en nommer les auteurs, peser la portée d'ombre ou de lumière qu'ils ont mis dans nos vies, repérer leurs empreintes dans sa chair et se dés- imprimer. Sur la page gommée, n'écrire désormais que des mots venant du Très haut ou de soi-même dans le Souffle de l’Esprit.

    Marie, servante de YHVH.

    C'est le titre qu'elle se donne. Le plus grand, le plus beau entre tous, celui que Dieu donne à Abraham qui marchait avec lui, à Moïse avec qui Il parlait face à face, et à David, le chantre bien aimé.

    Marie, mère du Verbe de Dieu.

    Marie est mère du verbe incarné, mère de celui qui accomplira totalement la volonté du Père, en manifestant l'étendue de son amour pour l'humanité.

    Elle est l'Arche de la nouvelle alliance qui n'annule pas la première mais l'étend à tousDans l'Arche de l'Alliance du désert et du Temple il y avait les Tables des 10 paroles et la manne. Dans Marie, en son sein, bat le cœur du Verbe et prend corps le Pain vivant descendu du ciel.

    Devenir, à notre tour, « mère du verbe », mettre au monde ce « grain de blé », planté en nos terres intérieures, par le fruit de « l’arbre de la Croix » ; semence messianique s'égouttant de la divine blessure. Se mettre à l'école de la mère du verbe incarné, s'asseoir aux pieds de Marie.

    Marie, mère de tout baptisé.

    Son fils, notre Seigneur, sur la croix nous a donné l'un à l'autre en héritage :

    - « Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d'elle le disciple qu'il aimait dit à sa mère : « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple : « Voici ta mère ». Dès cette heure-là, le disciple l'accueillit chez lui » (Jn 19, 25 à 27).

    Telle une maman, elle se tient toujours présente au côté de ses enfants. Elle est là aux noces de Cana pour nous dire : « Tout ce qu'il dira, faites-le !», elle est là au pied de la croix, présente au jour du sacrifice, au jour de la douleur, elle est là au Cénacle pour recevoir le souffle du Saint Esprit, le Paraclet consolateur qui vient prier en nous. Elle nous accompagne, nous soutient, nous reçoit dans tous nos chemins de croix, de meurtrissures et d'élévation pour le grandir, pour mourir à l'ancien, pour renaître. Une présence silencieuse et attentive, elle nous tient la main, nous lui donnons la nôtre. Les perles du chapelet s’égrènent une à une, main dans la main, nous marchons sur le chemin.

    La prendre dans nos maisons, devenir son enfant, c’est aussi boire la sève de ses racines ; c’est dans le même temps s’abreuver à l’eau de la Torah et s’enivrer du vin de la Bonne nouvelle du Royaume de Dieu. La venue de l’Imanou El (Dieu avec nous) dans notre histoire, la grande et la petite pour le Salut du monde.

     

    Élisabeth 

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