• Revue WEB - Chemins franciscains

    L’HUMANITÉ À L’AUBE DE RETOMBÉES

    CLIMATIQUES CATASTROPHIQUES


    ÉDITORIAL

    GASTON SAUVÉ

     

    Nous sommes entrés dans une période où l’humanité et toute la planète terre sont confrontées à d’immenses revirements climatiques. Nous sommes au début, à l’aube de ces bouleversements dans l’environnement et le climat qui affectent pratiquement tous les pays, toutes les communautés humaines où qu’elles soient.

    Les retombées du climat provoquent des catastrophes à grande échelle. En tentant de faire face et d’agir, nous réalisons que tout est lié dans cette crise, la croissance et la conception que nous en avons, la consommation démesurée, le mode de vie, l’attitude égoïste et cupide dans l’usage des biens, l’individualisme aveugle, un orgueil sans limite.


    Nous sommes mis à l’épreuve et interpelés à retrouver l’humilité et le respect face à la création et à toute vie, tournés vers « la sauvegarde de la maison commune » qui est menacée. LAUDATO SI, ce texte phare que le Pape François a lancé en 2015, continue d’ouvrir notre prise de conscience.

    L’HUMANITÉ À L’AUBE DE RETOMBÉES CLIMATIQUES CATASTROPHIQUES. -Chemins franciscains

    Dans ce numéro, nous avons des collaborateurs qui viennent du Québec, de la Belgique, de l’Afrique, soulignant ainsi que c’est l’humanité qui est touchée dans sa totalité. 

    Le premier texte de notre Dossier, que signe Mgr Bertrand Blanchet est un article scientifique très pertinent. La crise climatique est observée depuis un bon moment et le travail des scientifiques sonne l’alarme, proclame l’urgence d’agir et de changer et identifie des pistes d’action. Un groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié des rapports depuis 1990. L’ensemble des phénomènes climatiques observés sont décrits, mesurés, analysés. Chaque fois, « on détecte l’influence des activités humaines dans le réchauffement de l’atmosphère et de l’océan… » Les décideurs ont les outils pour agir, l’individu peut, à son échelle, modifier sa façon de vivre et adopter une attitude nouvelle marquée par la reconnaissance et le respect. 

    Dans un deuxième texte, Sylvain Richer, franciscain capucin, vivant au Lac Bouchette à l’Ermitage Saint Antoine, nous dévoile comment il prend soin de l’aménagement et des plantes dans son lieu de vie. Habité par l’amour de la nature, il nous partage toute cette beauté qu’il découvre. »… L’émerveillement est une vertu à cultiver dans notre monde actuel». 

    Depuis deux ans, les pèlerins peuvent bénéficier dans leur prière d’une approche « écologie et spiritualité ». « Si chacun fait de ces gestes quotidiens, habituels, des gestes qui semblent souvent banals, qui sont du domaine de se soucier de son environnement, il agira localement ». 

    Le troisième texte nous transporte en Belgique sous la plume de Jean Cambier. L’expérience des inondations vécues au mois de juillet 2021, le week-end du 10-11 juillet, a été un véritable traumatisme pour les populations vivant dans les régions de Liège et Verviers dans l’est du pays. La rapidité de débordement destructeur d’un petit cours d’eau prend tout le monde par surprise et les précipite dans un drame où surviennent la destruction des habitations et des biens, les noyages et les disparitions, la rupture des services essentiels touchant la vie quotidienne. 

    Bien sûr, on y vit une grande solidarité, mais le désarroi domine. « Ces inondations nous laissent une grande leçon d’humilité devant les éléments de la nature déchaînée et surtout beaucoup de questionnement… » On sent dans cette réflexion l’impact inouï sur chaque personne et son moral d’une catastrophe climatique. Nous sommes vulnérables. 

    Dans le quatrième texte, Sœur Marie-Florence Razanadramanana, nous parle de l’île de Madagascar, terre d’espoir maintenant contrainte au « désespoir ». Là vit une population de 27 millions de personnes réparties à travers cette île, la cinquième plus grande au monde. Les effets du réchauffement sont concrets et très éprouvants, chaleur torride exceptionnelle et desséchement des rivières dont le niveau d’eau diminue, élevage difficile, maladies aviaires, feux de forêts. Le pays est à cours de ressources pour affronter l’ensemble des effets de la crise climatique et aider adéquatement ceux qui cultivent la terre. 

    Le portrait est sombre mais l’on voit comment le gouvernement, les forces vives, et les différents mouvements du pays font des efforts.

    L’HUMANITÉ À L’AUBE DE RETOMBÉES CLIMATIQUES CATASTROPHIQUES. -Chemins franciscains

    Nous vous offrons trois chroniques dans ce numéro, toutes en lien avec le thème proposé. 

    Gens qui inspirent que rédige le frère Roger Bélisle met en valeur l’action de Claude Lefebvre, un homme au grand cœur. Il se joint à la communauté des Fils de la Charité vers l’âge de 24 ans. Il s’est engagé comme prêtre ouvrier dans les paroisses où il a été envoyé. Sa formation à l’École Missionnaire d’Action Catholique et d’Action Sociale à Lille en France l’a marqué profondément et a déterminé son orientation ainsi que son engagement comme prêtre et comme animateur social. 

    Il ressort de ce texte que là où la personne vit, elle peut agir et influencer son environnement, mobiliser sa communauté, humaniser le milieu. « Claude Lefebvre, un homme à la foi enracinée ». 

    En pleine action, chronique de Lévi Cossette, franciscain, nous partage les réflexions de jeunes de 15 ans sur le thème de l’environnement. Ils estiment « vivre en un pays aux multiples avantages devant les changements climatiques ». « Ils sont scolarisés très jeunes et sensibilisés sur les questions environnementales ». « On pourrait dire qu’il faut une mondialisation de l’effort et une vision renouvelée sur l’évolution de la planète. Loïc et Ilam affirment clairement que c’est la mondialisation de l’engagement qui déterminera l’ampleur de la catastrophe ou la non catastrophe ».

    Écologie. « Espérer malgré tout » nous dit Bernard Hudon, jésuite, biologiste, membre du Centre Justice et Foi. « Face à la crise climatique, j’ai pris la position éthique d’espérer malgré tout en l’humanité ». 

    Nous sommes en présence de percées technologiques positives qui contribueront à la solution du problème climatique. Les gouvernements, les partis politiques prennent position. Et souvent les populations sont rendues plus loin que leurs dirigeants. 

    Nous espérons que ce numéro et le thème abordé vous rejoindra dans vos préoccupations. Comme dans toute crise, nous sommes interpelés à discerner la voie à prendre et à nous y engager. 

    Bonne lecture.

    Pour tout lire, c'est ICI

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  • Plus que jamais l'humain et l'environnement ne feront qu'un... ou !

    Plus que jamais l'humain et l'environnement ne feront qu'un... ou !

     

    (Ce titre est de OFS de Sherbrooke)

    Plus que jamais l'humain et l'environnement ne feront qu'un... ou !

    Connaissez vous Lützerath ? Il s’agit d’un tout petit village à l’est de l’Allemagne, à mi chemin entre Düsseldorf et le Luxembourg. Et malheureusement pour lui, il est appelé à disparaître dans quelques mois si rien n’est fait.

    C’est Alma qui m’alerte, militante locale qui lutte contre la destruction successive de villages menacés par l’extension permanente de la plus grosse mine de charbon d’Europe, Garzweiler. La carte ci dessous donne un état des lieux, avec à gauche notamment l’évocation des villages déjà disparus

    L’entreprise RWE, qui gère le site, a de gros projets en ce sens tout au long de la décennie 2020. Mais sur place, la résistance s’organise, avec notamment un agriculteur local qui refuse de céder ses terres, soutenu par des activistes depuis plus d’un an.

    Alma explique :

     » Nous savons qu’à partir du premier octobre la police va venir déloger les activistes, l’entreprise exploitante couper les arbres, et à partir du 1er novembre, le fermier se verra exproprier de force, ses bâtiments détruits. Nous cherchons à rallier autant de soutien à l’international que possible afin de faire pression sur les décideurs politiques locaux et nationaux, mais aussi pour rendre publiques les actions en justice en cours pour protéger ces terres. Sous celles-ci se trouvent en effet l’équivalent de 650 millions de tonnes de CO2. Soit 500 de plus que ce qu’il ne reste dans le budget carbone de l’Allemagne pour ne pas dépasser les 1.5°C. L’absurdité de la situation est sans nom (et je ne parle même pas de la perte de culture, de la richesse des terres, du déracinement, de la pollution locale, de l’autoroute que l’Etat déplace toutes les quelques années aux frais du contribuable pour que la mine puisse continuer à grandir…). »

    Ce qui est intéressant dans cette histoire, c’est que la destruction d’un village s’accompagne aussi de la destruction… des églises qui s’y trouvent. Dans ce cas, il faut désacraliser la bâtisse. Ce qui a été fait par exemple pour l’église d’Immenrath en 2018

    https://www.youtube.com/watch?v=wSJLkdyrHNM 


    Depuis, un mouvement est né pour s’opposer à de telles opérations (Kirche in die Dörfer lassen : « Laissez les églises dans leur village ») invitant les responsables chrétiens à s’pposer d’avantage à  » l’absurdité de la destruction de la maison de Dieu pour du charbon.  » Visiblement l’évêque local, Mgr Helmut Dieser, n’entend pas (encore) leur appel. Récemment une personne a même commencé une grève de la faim sur les marches de l’église menacée de Keyenberg pour protester contre son destin. Du côté de Lützerath, il reste une croix locale avec 2m2 autour qui appartient encore à l’Eglise et qui pourrait paradoxalement être un lieu de résistance contre la destruction de ces territoires.

    Mais les responsables oseront-ils tenir tête à ces grands industriels pourvoyeur d’emplois… et de pollutions.

     A gauche, le village en plan serré. A droite, le même village, avec l’immense mine de charbon à ciel ouvert qui grignote les terres environnantes.

    Source  https://eglisesetecologies.com/

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  • « Pour un réveil écologique » est une initiative qui a émergé dans la continuité du Manifeste Étudiant pour un Réveil Écologique, lancé en septembre 2018 et signé par près de 30 000 étudiants provenant de plus de 400 établissements d’enseignement supérieur. Benoît Halgand est un jeune chrétien engagé dans l’opération.

    «Né dans une famille catholique de six enfants, à Angers (Maine-et-Loire), j’ai hérité de mes parents une foi fondée sur l’Évangile, et un désir de suivre le Christ avec un amour vrai pour chaque être humain. Mon engagement pour la question écologique a débuté lors de mon entrée en école d’ingénieur. Je me sentais particulièrement privilégié dans mes études, dans ma famille, et me disais que je ne pouvais pas garder tout cela pour moi. Il fallait que je puisse redonner au monde ce que j’avais reçu. Lors d’un stage de six mois à l’Arche, où j’ai pu prendre le temps de me renseigner sur la question environnementale, j’ai pris conscience de l’urgence et de l’ampleur du changement écologique à effectuer. J’étais déjà sensible à cette question, mais c’est là que je me suis dit qu’il y avait besoin de s’y investir, et que ça pouvait être le combat pour lequel je m’engagerais.

    En septembre 2018, je suis entré dans l’association écolo de Polytechnique. Au même moment sortait le Manifeste étudiant pour un réveil écologique, qui milite pour l’intégration des questions environnementale dans l’enseignement supérieur et au sein des entreprises. J’ai rejoint l’équipe nationale qui porte ce message auprès des décideurs. À partir de 2019, nous sommes allés rencontrer les directions de différentes entreprises. Le message que nous leur portions est le suivant : si elles ne se transforment pas, elles auront de plus en plus de mal à recruter des jeunes talents. Parallèlement à cet engagement, je suis devenu président de la communauté chrétienne de l’X. Je crois que ma foi a beaucoup joué dans la naissance de mon engagement écologique, jusqu’à aujourd’hui. Elle continue de me porter chaque jour et donne du sens à ce pour quoi je fais cela. Car s’engager sur ces combats n’est pas simple tous les jours, la lutte est même un peu désespérante, quelquefois. Les changements à opérer sont tellement immenses qu’on sait qu’il n’y a qu’avec l’aide de Dieu que nous y arriverons. Alors c’est ma foi qui me permet de prendre de la hauteur, et de tout remettre entre Ses mains.

    Je suis aussi entouré d’amis chrétiens très engagés sur la question écologique. Pouvoir vivre notre foi et notre engagement ensemble me porte beaucoup. Je pense que quand on est chrétien, on devrait aller dans les milieux écolo, et être écolo soi-même, car c’est une façon de suivre le message du Christ. Je trouve dommage que beaucoup de jeunes chrétiens refusent encore de s’attaquer à la question écologique alors que c’est la première chose que notre foi nous invite à faire : regarder le monde tel qu’il est, pour pouvoir ensuite l’aimer et le changer ! D’autant que la cause écologique peut être un projet fédérateur au sein de l’Église, nous sommes tous concernés par les transformations à réaliser, les modes de vie à réinventer. Ce n’est pas un combat que l’on peut mener seul ; nous devons réapprendre, collectivement, à vivre sur cette terre. (…)»

    Le journal La Croix lui donne parole dans un entretien récent. Extraits

    Qui sommes-nous = https://pour-un-reveil-ecologique.org/fr/qui-sommes-nous/ 

    Source : La Croix / Recueilli par Claire Riobé,

    et https://eglisesetecologies.com/

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  • Dans une tribune récente du journal La Croix, le grand rabbin de Bruxelles, Albert Guigui, appelle à une mobilisation citoyenne pour le respect de la Création, en commençant par prendre soin des arbres. Extraits de son texte

    (…) Parlant du respect et de la protection de l’environnement, la Bible écrit : « Si tu es arrêté longtemps au siège d’une ville que tu attaques pour t’en rendre maître, tu ne dois cependant pas en détruire les arbres en portant sur eux la cognée : ce sont eux qui te nourrissent, tu ne dois pas les abattre. Car l’homme est un arbre du champ, tu l’épargneras dans les travaux du siège (Dt 20, 19). »Dans ce précepte biblique, nous trouvons l’idée qui est aujourd’hui au premier plan des préoccupations de l’homme : la conservation de l’environnement, la prévention de la destruction des plantes et du cheptel, les limitations de la pollution de l’air, de l’eau douce et de l’eau de mer pour protéger le système écologique qui rend la vie possible. Une lecture attentive du récit biblique de la création révèle un sentiment de profond respect de la nature. Adam le premier homme, est placé dans le jardin d’Eden « pour le cultiver et le protéger ». La surveillance et l’entretien de l’environnement sont les deux premiers commandements que Dieu a donnés à Adam, l’homme universel.

     

    (…) Dans la tradition juive, nous célébrons une petite fête appelée, la fête de l’arbre. Durant cette fête, la seule obligation que nous avons est celle de planter un arbre. Aussi, en ce jour, en Israël, les enfants des écoles primaires et secondaires, se rendent avec leurs enseignants dans les forêts et plantent chacun un arbre. En un jour, on plante des centaines de milliers d’arbres. Je propose de créer la journée européenne de l’arbre. Durant cette journée, les enfants des 27 pays de l’Europe devront se rendre dans les forêts de leurs pays respectifs et y planter chacun son arbre. Combien de forêts nous reboiserons en un jour. Chose tellement facile à réaliser et tellement importante pour notre environnement. Mais ce qui importe le plus, c’est l’aspect pédagogique de cette journée, journée qui sera l’occasion pour les enseignants de sensibiliser la génération montante aux problèmes de l’environnement. Nous donnerons ainsi à nos enfants la possibilité d’enfoncer leur racine dans le terreau européen et surtout de se familiariser avec cette nature sauvage et belle. Autre proposition que j’aimerais avancer : dans la tradition juive, toutes les cérémonies religieuses et familiales se conjuguent avec les arbres. On plante des arbres à l’occasion d’une naissance, d’un mariage, d’un anniversaire, d’un décès etc. Ainsi on contribue non seulement au bien-être de l’humanité mais surtout à immortaliser le souvenir d’un événement ou le souvenir d’un être cher. Adoptons alors, le slogan suivant : « En Europe, disons-le avec des arbres. » et lançons une action de plantation d’arbres tous azimuts. Le chapitre 25 du Lévitique et le chapitre 35 du livre des Nombres constituent un corpus important des lois bibliques sur l’environnement. Il s’intéresse essentiellement à l’urbanisme. Une des idées de base de l’urbanisme dans le texte biblique est l’idée de visibilité verte. C’est-à-dire que la ville soit encerclée par un anneau de végétation verte et rafraîchissante. Trois objectifs majeurs étaient devant les yeux du législateur biblique : empêcher l’expansion incontrôlée de la zone urbaine ; créer une séparation claire entre les zones industrielles et résidentielles et renforcer le contact entre les résidents de la ville et le monde naturel en permettant au parc de la ville d’être accessible à tous.

     

    (…) Oui ! Porter atteinte à un arbre, c’est porter préjudice à l’humanité tout entière. C’est mettre en danger l’homme et son environnement.

    SOURCE https://eglisesetecologies.com/

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  • Extrait du Bulletin Arc-en-ciel no 17 de la fraternité de Lons le Saunier. Merci à Bernadette et Guy.

    Humains, Chrétiens....Responsables !

    Voilà si longtemps, lorsque j'ai donné la vie à mon premier enfant, on parlait déjà de "protection de la Nature". C'étaient les années 70. L'écologie c'était éviter de détruire les milieux de vie des espèces sauvages, en particulier, les oiseaux. ...Et à ce moment, ceux qui étaient sensibles étaient les scientifiques, les "naturalistes" disait-on.

    Et les choses ont pris petit à petit une tournure différente...Bref, petit à petit la réflexion s'est approfondie : c'était toute une société, tout un mode de vie, qu'il fallait repenser.


    Pape François a complété cette évolution vers une réflexion élargie avec la publication des Encycliques "Laudato Si" en 2015 et Fratelli Tutti en 2020.

    Il me semble aujourd'hui, à la suite des temps que nous avons vécus depuis plusieurs mois qu'on ne pourra soigner l'Homme sans soigner la Terre...(et réciproquement!).

    Et je vois les "soins possibles" à quatre niveaux différents, pour y parvenir :

    - individuellement, "à la maison" et cela est à la portée de la bonne volonté de tout un chacun, vivre la "sobriété heureuse", selon l'expression maintenant adoptée, en refusant la consommation abusive (voire dangereuse), en faisant la différence entre l'utile et le futile (selon l'expression de l'un d'entre nous) ! On choisira par exemple les aliments non emballés, les objets "faits pour durer". On privilégiera les productions locales dans tous les domaines où cela sera possible.

    Il n'est pas nécessaire de développer davantage cette idée, chacun au jour le jour découvre les moyens de diminuer son impact sur la santé de Soeur-Mère Terre.

    - toujours sur le plan individuel, réfléchir à la portée de ses actes, et aider à la réflexion personnelle par l'information et l'observation :
    Pour cela, on limitera l'usage de ce qui risque de devenir rare en évitant le gaspillage de l'eau, du carburant, de l'électricité...
    J'ai envie d'imaginer l' "en deça "de la prise de courant nous fournissant les 220 volts : la ligne à haute tension, la centrale électro-nucléaire, et le fleuve qui devra fournir l'eau de refroidissement . Quel est le coût énergétique de la construction de tout cela ?...Est ce que "toujours plus" est possible sur une Terre dont les ressources sont limitées ?

    Plus proche de nous ....C'est le printemps, les pâquerettes commencent à fleurir sur les pelouses, dans les lotissements et les jardins publics, les pissenlits aussi...il faut que tout cela soit "propre". La ronde des tondeuses alors commence autour des pavillons, privant les insectes, et en particulier les abeilles, du pollen des pissenlits, pour ne citer qu'eux. Mais j'ai aussi remarqué la Cétoine dorée sur mon pied de rhubarbe, les abeilles et les bourdons sur les bourraches, dont je mets par ailleurs quelques feuilles dans le potage, les abeilles sur les pieds d'oeillettes, splendides coquelicots de couleur parme dont les graines servaient autrefois à faire de l'huile et qui se ressèment chaque année !

    - Dans les milieux non urbanisés, en particulier dans notre région où les parcelles ont longtemps été limitées par les murets de pierre sèche sur lesquels s'est accroché le lierre, l'observation nous permet de voir l'affluence des insectes et en particulier des abeilles sur le lierre en fleur à l'automne. Elles reconstituent et arrondissent leurs réserves pour l'hiver après le prélèvement sur les provisions réalisé par l'apiculteur amateur ou professionnel. (même chose d'ailleurs avec le fruit des ronces qu'on cherche tant à éliminer).
    Les milieux dont on vient de parler, et d'autres d'ailleurs, sont aussi d'excellents refuges, pour de nombreuses espèces, pour l'hiver..."Tout est lié !"

    - au-delà, nos capacités d'intervention pour la préservation de notre Soeur Mère Terre semblent plus réduites. Cela ne dépend plus qu'indirectement de nous par les choix d'intervention et de consommation que nous aurons faits.
    Toujours dans les milieux ruraux dans lesquels ou à proximité desquels nous vivons, nous remarquons les changements dans le mode d'exploitation de la terre nourricière...d'ailleurs on a oublié la profession de paysan au profit de l'"exploitant agricole" ! L'élevage intensif dans nos régions a fait perdre beaucoup d'importance à la fenaison en juin. Les herbages souvent ont été remplacés par des semis de "ray-grass" et l'utilisation d'engrais azotés, la fenaison trop précoce sans respect des dates de nidification des oiseaux fait avorter bien des couvées et tue bien des insectes (1) Autant de perdu pour la biodiversité.

    De la même manière, certains oiseaux nichent à terre au bord des routes, (bruants, traquets, bergeronnettes...). L'habitude de faucher les talus coûte cher en énergie, temps de travail, et nuit à la reproduction de ces espèces. Il serait souhaitable que les communes rurales évitent la fauche prématurée des banquettes herbeuses le long des chemins peu utilisés par les promeneurs. Même chose le long des routes.

    Toujours en zone rurale, où les atteintes au milieu sont les plus visibles, le recours au drainage des zones humides ou mésophiles est une erreur pour le présent, : suppression de milieux permettant la vie des espèces végétales et animales inféodées (batraciens, insectes, mammifères, reptiles... faisant partie de la chaîne alimentaire), mais aussi pour l'avenir, compte tenu des changements climatiques en cours dont elles pourraient limiter les effets(2).
    Toutes les situations que nous venons de décrire restent encore dans nos pouvoirs d'intervention, peu ou prou, par l'attitude personnelle, l'information et l'influence possibles sur les pouvoirs locaux...Mais il y a, au-delà, bien d'autres atteintes gravissimes à la "santé" de la Terre et de la Vie.

    - Plus nous nous éloignons de nos milieux de vie, plus il nous semble que nous sommes dénués de tout pouvoir : .C'est ainsi qu'il est nécessaire que tout un chacun tienne à être informé des besoins de la Vie et des mesures que prennent parfois les Etats :. Ces mesures vont trop souvent à l'encontre des besoins des habitants, mais aussi de toutes espèces animales et végétales. Les citoyens sont ainsi amenés à se sentir responsables des décisions de leurs représentants sur lesquelles ils peuvent agir de manière non violente, personnellement, et par l'intermédiaire des mouvements associatifs (3) .

    "La sagesse ne se forge pas [...] avec une somme d'informations dont la vérité n'est pas assurée" , nous rappelle Pape François (p.37 Fratelli Tutti). Il faut être conscient du rôle considérable de l'information dans notre société ; les médias sont ainsi généralement peu critiques vis à vis de ces problèmes et nous laissent dans l'ignorance ou le doute. Les services de l’État, pour leur part, sont souvent décevants quant à leur gestion des problèmes de protection des milieux (gestion des forêts, ou organisation de l'activité de chasse et protection de la faune sauvage, qui vont à l'encontre de la protection de la nature. Là encore ,"tout est lié" .


    - La dernière étape de ma réflexion concerne notre situation de société mondialisée : au-delà ou avec les États, nous trouvons des accords commerciaux qui vont, par le libre-échange (4), amener l'exploitation des pays pauvres par les riches qui ont besoin de terres, de bois, de minerais, de terres rares, etc...
    Les grands projets internationaux, avec les Etats eux-mêmes, se réalisent toujours au détriment des populations qu'ils concernent : gazoduc- Alaska-Etats-Unis, voie ferrée Lyon-Turin, destruction de la forêt amazonienne, surexploitation des océans (Océan Indien en particulier) pour ne citer que ceux là.
    Là encore, la réflexion de Pape François nous propose responsabilité et activité, même à ce
    niveau (page 122 de Fratelli Tutti) :"Il est impossible de résoudre les graves problèmes du monde en ne pensant qu'à des formes d'entraide entre individus ou petits groupes"

    Il semble pour conclure cette réflexion que les quatre niveaux sur lesquels l'on peut agir sont

     
    complémentaires. On aura peut-être l'impression que seule l'action individuelle dans les gestes de tous les jours est possible, mais, si elle est plus facile, elle n'est pas pour autant suffisante. L'information juste de chacun est indispensable et entraîne le sens de la responsabilité et de l'action possible au-delà.
    L'Evangile de Matthieu 20,25-26 :"Vous savez que les chefs des Nations dominent sur elles en maîtres, et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Il ne doit pas en être ainsi parmi vous" (p.238 Fratelli Tutti)

    Seules l'information, la conscience évoluée des peuples, leur volonté d'agir dans le cadre du "bien commun" permettent la pérennité de la vie de tous et de tout sur notre unique Terre.

    (1) de nombreuses espèces nichent au sol : courlis, busards, alouettes....Il serait souhaitable que l'agriculteur, dans le pire des cas, après observation des allées et venues des oiseaux connaisse leur existence et après avoir balisé à l'aide d'un piquet par exemple, pratique une fauche centrifuge, en laissant autour du lieu de nidification un espace élargi où il pourra revenir une ou deux semaines plus tard et en s'éloignant ainsi de plus en plus de la couvée.
    (2)La loi sur l'eau de 1992 a abordé le problème ; les décrets d'application limitent cette activité par une étude préalable, mais la plupart du temps les exploitants eux-mêmes ignorent cette réglementation et réalisent ou font réaliser ces travaux sans qu'il en soit tenu compte.
    (3) penser aux manifestations qui se sont déroulées dans plus de 160 villes de France, le 9 Mai dernier, après le vote de la "Loi Climat" qui n'a rien retenu des propositions des 150 citoyens qui y avaient travaillé pendant plusieurs mois à la demande du gouvernement.
    (4) Nous avons déjà parlé des problèmes de libre-échange et de traités commerciaux signés par des Etats au détriment des pays pauvres, en particulier d'Amérique Latine, de l'usurpation des terres qu'elle permet pour les plantation de soja, pour l'or rouge (ketchup), le rôle de l'Union Européenne serait à étudier, en particulier vis à vis des pays de l'ancienne Europe de l'Est.
    Voir aussi nos n°15 et 16 d'Arc en Ciel.

    Bernadette Janin

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    VERS UNE MOBILISATION TRANSFORMATRICE SANS PRÉCÉDENT FACE À LA CRISE ENVIRONNEMENTALE


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  • Prière de CATHII : 22 avril 2021 , Jour de la Terre
    Cet évènement a été célébré pour la première fois le 22 avril 1970.
    Le Jour de la Terre est aujourd'hui reconnu comme
    l'événement environnemental populaire le plus important au monde.

    * 22 avril 2021 - Jour de la Terre - CATHII

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