• SAINT – Quand François ne laisse pas de pierre

    La paroisse St-François d’Assise et St-Rémy, à Vanves (92) va inaugurer prochainement une sculpture monumentale du Poverello sur le parvis de l’église. C’est le sculpteur Benoît Mercier qui a oeuvré, après avoir réalisé notamment un « Christ accueillant » dans la nouvelle cathédrale de Créteil.

    Et voici la présentation de l’oeuvre :

    SAINT – Quand François ne laisse pas de pierre - E&ESaint François est représenté comme chantre de la Création. Saint François est entouré d’animaux qui permettent de le reconnaître facilement : – Le loup : représenté familier et joueur. Symbole de rapport pacifié avec les créatures sauvages de notre terre, tel que François l’a vécu avec le loup de Gubbio. – Les oiseaux : à l’écoute de François, rappelant le nom de « Saint aux oiseaux » donné à François. Au pied de François, un faisan rappelant celui qu’il croisa à Sienne. – L’agneau portant la croix de San Damiano. Ce symbole est fondateur de la vie de François. L’agneau symbolise le Christ qui, par la croix de la chapelle de San Damiano, lui a demandé de rebâtir son église. Il prend tout son sens sur la face arrière de la sculpture tournée vers l’église. Saint François porte un globe terrestre, comme on porte un enfant. Ici la symbolique du cantique des créatures a été inversée, c’est François qui porte la terre. « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur notre mère la Terre, qui nous porte et nous nourrit, qui produit la diversité des fruits, avec les fleurs diaprées et les herbes. » Extrait du cantique des créatures.

    Dans le contexte actuel de bouleversement de la Création, cette inversion de symbolique prend tout son sens. Cette sculpture montre François qui prend soin de la terre, et nous invite à faire de même. C’est un symbole fort, allusion directe à l’encyclique « Laudato si » du pape François.
    Autre symbole franciscain, François porte la corde à la ceinture, en forme de Tau. La sculpture est volontairement simple. Elle se veut le reflet de Saint François dont Eloi Leclerc disait que le charisme essentiel était la sainte et pure simplicité. « Salut reine Sagesse, que le Seigneur te garde, avec ta sœur simple et pure Simplicité ».

    DL

    PS : A noter que la statue qui fait 2,3 m de haut est réalisée en acier corten, inox et en bronze pour la terre. Pas très développement durable dans le principe…

    source https://ecologyandchurches.wordpress.com

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  • Illusion d'un monde " hors souffrance ".

    Chacun poursuit toujours, d'une manière ou d'une autre, un rêve d'immortalité et de non-souffrance. La poursuite de ce rêve se manifeste dans les mécanismes de défense qui visent à occulter la réalité de la souffrance et à la rejeter hors du champ de la conscience ; on peut la voir, on détourne les yeux, on fait " comme si " elle n'existait pas. 

    Dénier la souffrance de cette manière, c'est se complaire dans l'image idéale de soi et du monde où la finitude et la mort ne sont pas reconnues. Ainsi le sujet peut-il entretenir, inconsciemment sans doute, une sorte de délire d'immortalité. Il se barricade dans un monde imaginaire en estimant que la souffrance et la mort, ce sont toujours celles des autres, mais jamais la sienne. Il se construit ainsi un univers conforme à son besoin de sécurité et de complétude sans faille. 

    Ainsi, par exemple, dans le discours publicitaire, on ne voit jamais que des êtres beaux, jeunes et sains. La souffrance n'y est jamais représentée. Lorsqu'elle l'est, c'est afin de proposer un produit qui en sera le remède miracle. Dans le discours publicitaire, on ne meurt pas... 

    L'éloignement des cimetières, la mise à l'écart des malades, la marginalisation des personnes handicapées, n'est-ce pas aussi pour les sociétés une manière de voiler la souffrance et la perspective de la mort ? 

    Cependant cette illusion d'un monde " hors souffrance " est tôt ou tard brisée. Car la souffrance finit toujours par s'insinuer dans la vie du sujet de manière insistante et persistante. Dans ce cas, malgré tout, on pourra encore tenter de se voiler les yeux. Par exemple, lorsqu'il s'agit de la souffrance des autres, on réagira par l'indifférence. Ainsi face au spectacle de la souffrance que montre la télévision, peut se créer une sorte d'accoutumance où l'on parvient à voir souffrir sans plus s'émouvoir. On acquiert alors un cœur endurci, incapable de compassion. Ou encore, lorsqu'il s'agit de souffrance personnelle, on peut chercher à s'étourdir dans le bruit, la drogue ou l'alcool afin de fuir le mal présent et poursuivre malgré tout son rêve déçu de complétude. 

    Le suicide même peut être une manière ultime d'éviter la souffrance et la perspective de devoir mourir : plutôt mourir vite que de devoir rencontrer la souffrance et la mort. Ainsi n'est-il pas rare de voir des personnes se donner la mort le jour où elles ont appris qu'un mal incurable les tenait. Le suicide dans ce cas est une sorte de précipitation dans la mort du fait qu'on ne l'a jamais acceptée ; ultime tentative pour fuir ce qui vient et ce que l'on a toujours voulu nier ; ultime refuge d'un rêve d'immortalité déçu. 

    Ainsi donc, à force de vouloir dénier la réalité de la souffrance, à force de poursuivre un rêve de complétude sans faille, on est amené à vivre la souffrance, qui vient tôt ou tard, dans la désespérance et la déréliction. La souffrance est alors sans espoir, sans chemin ; horreur aveugle, solitude de l'abandon, détresse suprême où vient s'exténuer un rêve d'immortalité déçu. Ainsi, vivre dans l'imaginaire d'un monde " hors souffrance ", c'est ajouter à la souffrance, lorsqu'elle vient, les traits de la désespérance. Le problème qui se pose est donc de pouvoir vivre l'inévitable expérience de l'altération sans cependant sombrer dans le désespoir. Cela implique le consentement à " vivre avec " la souffrance, non point pour la subir ou s'y complaire, mais pour négocier au mieux l'expérience du "devenir autre ". 

    Dans cette optique, le pas décisif à franchir est l'aveu par le sujet souffrant de la douleur qui le déchire, à un autre qui l'écoute. Le cri, l'appel, la parole adressée à l'autre est, à la fois, le consentement à la réalité de la souffrance et l'inscription de l'espoir au sein de la situation douloureuse elle-même. L'aveu de la souffrance, lui, par la relation qu'il institue, a un effet salutaire, thérapeutique. Le fait de parler à un autre libère de l'angoisse. Ainsi la souffrance comme expérience d'altération devient-elle, par la médiation de la parole, expérience de l'altérité, de la naissance à la rencontre de 'autre. 

    Et cette rencontre de l'autre délivre d'un réel et d'un devenir sans espoir. La rencontre d'autrui dans le creuset de la souffrance neutralise la désespérance, ranime le désir de vie et entraîne donc au combat commun contre la souffrance. 

    Bruno LEROY.

    source http://brunoleroyeducateur-ecrivain.hautetfort.com

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  • VERS DES PAROISSES PLUS FRATERNELLES

    VERS DES PAROISSES PLUS FRATERNELLESNous avons tous le désir de vivre la solidarité avec les plus pauvres dans notre communauté chrétienne et d’avancer sur le chemin de la fraternité… Mais comment s’y prendre ? Ce livre a le mérite d’ouvrir des pistes pour agir, et d’attirer notre attention sur les questions indispensables à se poser !

    Deux jésuites y relatent chacun une expérience différente mais allant toutes les deux dans le sens de la fraternité à vivre en paroisse : Etienne Grieu à Poissy en région parisienne et Vincent Lascève dans un ensemble paroissial proche de Toulouse.

    Extraits : 

    A Poissy… éveiller tous les paroissiens à la solidarité 

     « L’Eglise a souvent tendance à vivre la solidarité sur le mode de la sous-traitance. Une famille est en difficulté ? Allez voir l’équipe du Secours catholique ! On découvre qu’une personne est très isolée ? La Conférence Saint Vincent de Paul s’en chargera. (…)

    Bien sûr il faut dans l’Eglise, comme pour la société, des personnes formées et compétentes afin d’accompagner celles et ceux qui, aux yeux des autres, n’ont pas de valeur et ne sont plus invitées à entrer dans le jeu des échanges. (…) Mais il ne faut pas que l’engagement de ces personnes soit le prétexte pour que la communauté dans son ensemble, considérant que les problèmes sont pris en charge, se désintéresse de ceux qui sont en détresse.

    C’est précisément ce que vise le Réseau de fraternité et proximité mis en place dans le groupement paroissial de Poissy, Villennes et Médan (Yvelines) depuis 2006. Son projet est ‘d’éveiller tous les paroissiens à la solidarité de proximité : ouverture du cœur, attention aux autres… et les inciter à poser des gestes concrets.’ » p. 15-16

    A Castanet-Tolosan…avec la Famille Bartimée

     La démarche est un peu différente à Castanet-Tolosan, s’inspirant de ce que vivent les Sœurs de la Bonne Nouvelle avec les personnes du Quart-Monde.

    « La Famille Bartimée est un service paroissial qui fait partie, avec le Secours Catholique et le Café Amitié, du « service du frère » (ou diaconie) comme il existe aussi dans la paroisse, d’autres services comme la catéchèse, la liturgie, les équipes de baptême, de funérailles, etc. La dimension paroissiale est fondamentale pour ses membres, car ils croient à la fécondité d’une fraternité comme Bartimée au cœur d’une paroisse : la Famille Bartimée s’enrichit de la participation à la vie liturgique et festive de la paroisse ; et réciproquement les paroissiens sont ramenés à une foi plus profonde au contact des plus pauvres. Les personnes accueillies à Bartimée, une quinzaine actuellement, n’ont pas un profil-type défini. Elles ont cependant toutes en commun de vivre une vie très difficile en raison d’une forme d’exclusion sociale. »… p. 47-48

    Vivre la fraternité

    Le fruit majeur de ces expériences a pour nom fraternité, « ce mot qui est une invention chrétienne, apparaissant pour la première fois dans le Nouveau Testament (1 P 2, 17 et 5, 9), jamais employé auparavant par les auteurs non-chrétiens. Lorsqu’il fait irruption, il nomme une réalité jusqu’à présent jamais désignée comme telle : une communauté de frères, de sœurs, autrement dit des personnes qui se reconnaissent unis par des liens extrêmement forts. (…) Il s’agit de « se reconnaître adoptés comme frères par le Christ, qui, dans le même geste, remet les croyants dans la relation à leur Père. » p. 82-83

    Un beau défi à relever pour faire de nos communautés des lieux fidèles à l’Evangile ! 

    Marie-Dominique, Equipe France

    Vers des paroisses plus fraternelles – Etienne Grieu et Vincent Lascève – Ed. Franciscaines – décembre 2016

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    SOURCE https://www.prieraucoeurdumonde.net
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  • Homélie du 25ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

    Les ouvriers de la onzième heure 

     

    Textes bibliques : Lire

    Ces textes bibliques que nous venons d’écouter sont porteurs d’espérance. Ils nous disent l’amour gratuit de Dieu qui nous est offert à tous, sans mérite de notre part. Même quand tout va mal, il est là. C’est ce qui est annoncé par le prophète Isaïe dans la première lecture. Il s’adresse à un peuple très éprouvé par de longues années d’exil. Dieu l’invite à se nourrir de sa Parole dans un festin où tout est donné gratuitement. 

    Le Seigneur se veut proche de tous. Mais il faut le chercher, l’invoquer et le désirer. Il appelle les pécheurs que nous sommes à convertir leur pensée et leur conduite. Nous sommes tous invités à revenir vers Dieu qui est riche en pardon et en miséricorde. Sa sainteté et sa transcendance le placent à une immense distance entre le ciel et la terre. C’est le péché qui a creusé cet écart entre l’homme et le Dieu trois fois saint. Mais Dieu ne cesse de faire le premier pas vers nous. Son amour nous est toujours offert. Il nous rapproche ainsi de ses pensées et de ses chemins.

    L’apôtre Paul a lui aussi bénéficié de cette miséricorde du Seigneur. Depuis qu’il a été saisi par le ressuscité sur le chemin de Damas, sa vie n’a d’autre horizon que de diffuser la bonne nouvelle. Par sa vie, il rend gloire au Christ en le servant. Au moment où il écrit sa lettre, Paul est en prison. Il sait qu’il va être condamné à mort. Il affirme que pour lui, ce serait un bien, car il serait pour toujours avec le Seigneur. Mais si, en restant dans ce monde, il peut se rendre utile aux communautés chrétiennes, il est prêt à travailler pour elles. Il nous apprend à renoncer à notre manière de penser pour nous ajuster à celle de Dieu.

    Dans l’Évangile, nous lisons la parabole des ouvriers de la 11ème heure. Il y aura toujours quelqu’un pour dire : « Je ne suis pas d’accord ; il n’est pas normal que les ouvriers de la 11ème heure soient payés comme ceux de la première ». C’est vrai, mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit dans l’Évangile de ce jour. Le vrai message est ailleurs.

    On nous a appris qu’il faut faire beaucoup d’efforts pour chercher Dieu, le rencontrer, le « mériter » et ainsi pouvoir accéder à son Royaume. Aujourd’hui, l’évangile voudrait nous aider à corriger notre manière de voir les choses. Ici, c’est le Maître du domaine c’est-à-dire Dieu qui fait le premier pas vers l’homme. Lui-même sort cinq fois pour embaucher des ouvriers pour sa vigne. C’est Dieu qui, le premier, se met à la recherche de l’homme. Il le fait inlassablement sans jamais se décourager.

    L’important c’est d’entendre cet appel que le Seigneur nous adresse inlassablement tout au long des jours et des années : « Allez, vous aussi, à ma vigne. » Cette vigne, c’est un symbole très fort que nous retrouvons tout au long de la Bible. Pour l’Évangile, c’est le Royaume de Dieu. Jésus en est le cep et nous sommes les sarments. Il faut absolument que cette vigne produise du fruit. C’est en vue de cette mission que Dieu appelle des ouvriers. Travailler à la vigne du Seigneur c’est témoigner de l’espérance qui nous anime. Nous sommes envoyés vers ceux et celles qui nous entourent, en particulier vers ceux qui sont blessés par les épreuves de la vie, la violence, la maladie, les catastrophes naturelles.

    Travailler à la vigne du Seigneur, c’est tout faire pour redonner joie et espérance à ceux qui en manquent, c’est être artisan de paix, d’unité et de réconciliation, c’est tout faire pour que nos communautés deviennent plus vivantes et plus fraternelles. À travers notre accueil, nos paroles et nos actes, ceux qui nous entourent doivent pouvoir découvrir quelque chose de la bonté de Dieu. Ils sont nombreux ceux et celles qui doutent et qui cherchent un sens à leur vie. Ils ont besoin de rencontrer sur leur route de vrais témoins de la foi.

    En réponse à cet engagement, le Christ nous promet « ce qui est juste. » Dans notre esprit, il s’agit d’un salaire proportionnel au travail accompli. Celui qui travaille plus doit gagner plus. Mais la justice de Dieu n’a rien à voir avec cette conception distributive. Elle est fondée sur l’amour, un amour sans limite qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Le salaire qu’il promet, c’est d’être avec Jésus dans son Royaume. De ce fait, il est forcément le même pour tous. Il ne faudrait pas croire qu’en raison de nos mérites, nous avons des droits sur Dieu. Dieu ne nous donne pas en fonction de nos mérites mais en fonction de son amour qui sans limite.

    En célébrant l’Eucharistie, nous demandons au Seigneur de nous ajuster à cet amour qu’il ne cesse de nous porter. Qu’il nous apprenne à regarder les autres comme des frères et des sœurs. Il n’y a pas de premiers ou de derniers. Nous sommes tous appelés à la même table de famille, tous enfants du même Père.

    Sources : Revues Fiches dominicales – Feu Nouveau – Lectures bibliques des dimanches (Albert Vanhoye) – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes – dossiers personnels.

    Télécharger cette homélie : 25ème dimanche du temps ordinaire

     


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  • RENCONTRE : YVES DUTEIL, LE RÉSISTANT VULNÉRABLE

    Jeudi, 14 Septembre, 2017
     
    RENCONTRE : YVES DUTEIL, LE RÉSISTANT VULNÉRABLES’assoir une heure et demie avec l’auteur de Prendre un enfant par la main c’est comme prendre un café avec un ami de longue date. Les arbres du parc Lafontaine évoquent soudainement ceux du parc Monceau, à Paris. u gré des questions, l’artiste se livre tout entier. Dans son regard où se côtoient douceur et fragilité se lit pourtant la force tranquille du militant et du résistant.
     
     L’auteur-compositeur Yves Duteil était de passage au Québec pour présenter son livre Et si la clé était ailleurs? (Médiaspaul, 2017). Un ouvrage qui pose la question de l’attitude à adopter face aux multiples obstacles qui se dressent devant l’humanité. Yves Duteil a quant à lui décidé de revêtir une armure fissurée qui laisse passer sa propre lumière intérieure et celle de ceux qu’il croise dans son quotidien. Avec pour seules armes la délicatesse, la tendresse, la prière, la bienveillance, la douceur, l’espérance et le silence.
     
     «Chacune de ces notions pourrait être qualifiée de granola, de quétaine. C’est d’ailleurs contre cette perception que j’ai eu à me battre toute ma vie. Sauf que le temps, je dirais, impose le respect. J’ai l’impression que mon chemin, c’est de conquérir le respect par rapport à cet ensemble de choses qui constituent un essentiel, nos essentiels, et que nous avons tendance à oublier parce que cela est un murmure qui est recouvert par le tumulte du quotidien.»
     
     «La beauté, la bienveillance, le silence sont des notions que l’humanité a tendance à oublier, à perdre, à négliger, mais qui sont tellement importantes. Malgré moi, j’en suis un peu devenu le militant et le résistant. Je me sens aujourd’hui comme un résistant parce que j’ai le sentiment de défendre quelque chose d’un peu particulier, qui est hors des sentiers battus.»
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  • Les catholiques de CUBA lourdement touchés par IRMA
    Photos:  Après l’ouragan Irma – Archdiocèse de Camagüey – 11.09.2017  
    envoyé par S.E.R. Mons. Wilfredo Pino Estevez  

    L’Église de Camagüey directement touchée par Irma

    « On aurait dit une explosion » 

    À Cuba, Monseigneur Wilfredo Pino Estevez, archevêque de Camagüey, s’est rendu dans une zone de son diocèse où le passage de l’ouragan Irma a endommagé plusieurs maisons et édifices, dont une église récemment rénovée. Aide à l’Église en Détresse (AED) a réussi à le joindre pour faire le point. 

    Dimanche, au lendemain du passage de l’ouragan, l’archevêque s’est rendu dans la municipalité et y a trouvé « beaucoup de destructions, dont à Esmeralda, mais aussi dans le batey de Central Brasil (Jaronú), où l’église récemment rénovée a été endommagée ». À Jiquí aussi, la chapelle s’est effondrée. « On aurait dit une explosion » ont dit des gens à l’évêque. « Puis nous sommes arrivés à Esmeralda et nous avons célébré la messe avec les rares personnes qui pouvaient y assister. Là aussi, nous avons vu quelques maisons touchées : glissements de terrain, personnes sans-abris, etc. Des gens semblaient encore effrayés. “Quelle longue nuit !” est, à ce que l’on m’a dit, l’expression la plus entendue dans la population ».

    Selon le Conseil de défense municipale, l’ouragan Irma a frappé pendant neuf heures la commune d’Esmeralda, dans la province de l’est de Camagüey, avec des vents atteignant plus de 250 kilomètres-heure. Plus de 7 000 personnes ont dû être évacuées.

    « Monseigneur, la chapelle s’est effondrée, mais pas l’Église. »

    Dans son récit, Monseigneur Wilfredo raconte à l’AED qu’en arrivant à Jiquí, il lui a été « pénible de voir notre église complètement par terre, avec des bancs écrasés et les tableaux détruits ». Là-bas, malgré la pluie, il a rencontré Ismaela et Alberto, un couple de la paroisse. Les premiers mots d’Ismaela ont vivement impressionné le prélat : « Monseigneur, la chapelle s’est effondrée, mais pas l’Église. »

    Dans son message, Monseigneur Wilfredo décrit le travail de l’Église dans les différentes municipalités et paroisses touchées. Les prêtres et les religieuses à qui l’évêque a téléphoné pour savoir s’ils allaient bien ont été unanimes : « Nous, nous allons bien, mais nous allons sortir avec de la nourriture et d’autres choses pour aider les personnes dans le besoin ».

     

    Une procession de Notre-Dame de la charité de Cobre (ici en 2011). Cette année, les Cubains n’ont pu vivre la traditionnelle procession du 8 septembre à cause l’ouragan Irma.

    Enfin, Mgr Wilfredo rappelle que le 8 septembre, fête de la sainte patronne de Cuba (Notre-Dame de la charité d’El Cobre), « nous n’avons pu faire les processions de la Vierge de la charité, mais maintenant, comme en d’autres occasions, notre Bon Dieu nous invite à faire des “processions d’amour” comme celles que je viens de vous raconter. Je suis sûr que, demain lundi, quand les prêtres viendront à l’évêché, ils inventeront de nouvelles “processions” de ce genre… »

    Ulrich Kny, responsable des projets pour Aide à l’Église en Détresse à Cuba, pense que l’aide doit d’abord porter sur la reconstruction des églises détruites à Jaronú et Jiquí. L’AED songe aussi à envoyer une aide d’urgence « afin que l’Église ait la possibilité de servir d’instrument de la Miséricorde de Dieu et d’atténuer les dommages causés par l’ouragan, qui a également traversé impitoyablement d’autres diocèses tels que Ciego de Ávila, Santa Clara, Matanzas et La Havane ». 

    Texte par Maria Lozano, ACN International Press 
    Adaptation par Mario Bard, ACN Canada

    source http://www.acn-aed-ca.org/fr

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