• Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

     Crédit image : Manuel Alvarez Bravo, La Hija de los Danzantes (détail), 1933, photographie, Wikiart. 

    Qui nous sommes est qui nous serons 

    Mon collègue Brian McLaren a longtemps exploré ce que cela pourrait signifier d'être un « nouveau type de chrétien ». Brian a écrit une fois une histoire fictive sur un pasteur posant des questions sur les bords de sa foi. Dan, le personnage principal du livre, se lie d'amitié avec un ancien pasteur plus âgé qui le guide vers un christianisme plus large, plus généreux et plus aimant. Ce pasteur guide Dan à travers une expérience de pensée :

    Imaginez que vous venez de mourir et que vous franchissez la porte de la mort. Et vous entrez au paradis. Et c'est un lieu d'une luminosité intense, un lieu parfumé de bonté, un lieu vivant d'amour. La présence de Dieu semble envahir tout le monde et tout. . . . Dans cet endroit, les gens sont humbles et sincèrement intéressés par les autres. . . . C'est un lieu de vraie liberté, de confiance et d'intimité. Et même si c'est un endroit d'une grande diversité, avec des gens de toutes les cultures, de toutes les langues et de toutes les époques conservant toute leur unicité, c'est un endroit où personne ne se dispute, personne ne se bat, personne ne déteste et personne ne se plaint - pas parce qu'ils n'y sont pas autorisés mais parce qu'ils ne le veulent pas, parce qu'ils s'acceptent et s'aiment complètement. Ils sont pleinement vivants. . . . Pensez à ce que vous ressentiriez en entrant dans cet endroit.

    D'ACCORD. Maintenant, je veux que vous imaginiez que quelqu'un a marché à vos côtés à travers cette porte de la mort. Et cette personne a vécu sa vie à l'étroit dans la haine et la peur, serrée dans la culpabilité et la cupidité, enracinée dans la luxure et l'égoïsme. Il a passé chaque jour de sa vie à se plaindre, à être amer, à blâmer les autres et à être ingrat. Il s'est méfié de ceux qui sont différents de lui, et il est devenu un expert pour mentir, tromper et utiliser les autres. Il est fier, arrogant, ne veut pas admettre qu'il a tort. . . . Maintenant, comment cette personne se sentirait-elle ?

    Se pourrait-il que la lumière même qui vous semble belle lui semble aveuglante ? La chaleur même de l'amour de ce lieu qui vous est si parfait pourrait-elle lui sembler horrible ? L'acceptation, l'amour, la confiance et l'ouverture qui vous accueillent pourraient-ils lui sembler dégoûtants, faibles, terrifiants, insipides ou repoussants ? . . . Ce n'est peut-être pas qu'il y a deux endroits au-delà de la porte de la mort, le paradis et l'enfer. Parfois, je me demande si l'enfer est juste ce que le paradis ressent pour ceux qui n'ont pas appris dans cette vie ce que cette vie est censée enseigner. Je crois de tout mon cœur que Dieu ne veut pas qu'une seule personne passe à côté de la joie et des gloires du ciel. . . . Nous devenons de ce côté de la porte de la mort le genre de personnes que nous serons de l'autre côté.

    Richard ici : Dans les évangiles, celui de Matthieu en particulier, Jésus enseigne que nous serons confrontés aux conséquences des choix que nous ferons au cours de notre vie, mais qu'ils ne le sont jamais pour le plaisir d'être punis. Au lieu de cela, ils sont une manifestation de l'amour rédempteur et guérisseur de Dieu, qui finira par prévaloir. 

    Brian D. McLaren, A New Kind of Christian : A Tale of Two Friends on a Spiritual Journey (Jossey-Bass : 2001), 90-91.

    Crédit image : Manuel Alvarez Bravo, La Hija de los Danzantes (détail), 1933, photographie, Wikiart . 

    source https://cac.org/

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  • L’Esprit souffle où il veut

     

     

    Textes bibliques et commentaire : Lire


    Nous avons pu être surpris et même choqués par la violence des paroles de Jésus. C’est vrai qu’il nous demande de couper et de trancher. En réalité, il ne s’agit pas de mutilation. Ce qui nous est demandé, c’est de rompre d’une manière radicale avec les habitudes qui nous entraînent au péché. 

    Dans l’Évangile de ce jour, Jésus nous donne trois exemples : il nous parle d’abord de la main : elle est faite pour recevoir les dons de Dieu et les partager. La main qui entraîne au péché, c’est celle qui accumule les richesses au détriment des plus pauvres. Elle n’hésite pas à frapper pour en avoir encore plus. C’est cette soif de richesses qui peut entraîner la chute d’un petit ; c’est extrêmement grave, surtout quand ça vient d’un chrétien.

    Le pied, c’est l’indépendance et l’autonomie ; il nous permet d’aller et venir. Tout l’Évangile que Dieu nous appelle tous à marcher à sa suite. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est par lui que nous allons vers le Père. On peut pécher avec le pied quand on court vers le mal et qu’on y entraîne les autres. Pécher avec le pied, c’est se détourner de Dieu et s’engager sur des chemins de perdition.

    Le péché de l’œil peut prendre diverses formes. L’œil mauvais, c’est celui qui ne voit que le mal chez les autres. Il a une attitude méprisante et orgueilleuse. De plus, il ne voit pas le pauvre Lazare au pied de sa porte. Son péché, c’est de ne voir que lui-même et ses intérêts personnels.

    C’est exactement cela que dénonce l’apôtre Saint Jacques dans la deuxième lecture. Ses paroles sont très violentes. Il s’adresse à ceux qui accumulent pour eux richesses et argent. Il s’en prend à ceux qui exploitent les travailleurs qui sont sous leurs ordres. Son but n’est pas de les enfoncer dans leur péché mais de les appeler à en sortir. Ces richesses qu’ils empilent sont pourries ; elles ne font que fausser les relations de fraternité et de justice. Si Dieu nous donne plus de biens, c’est pour faire plus d’heureux. Ce qui fait la valeur d’une vie, c’est l’amour. C’est à cela que nous serons jugés.

    Cet amour que nous sommes appelés à vivre trouve sa source en Dieu. C’est vrai, Dieu est amour. Cette révélation, nous la trouvons tout au long de la Bible, Ancien et Nouveau Testament. Il ne s’agit pas d’un amour tiède, mièvre ou romantique qui nous permettrait de nous installer dans une vie bien confortable. En fait, la Bible nous montre que l’amour de Dieu pour chacun de nous est passionné. C’est un feu dévorant, un amour qui passe par la mort du prophète, la mort à soi-même, la mort sur la croix.

    Pour nous chrétiens, l’image de l’amour de Dieu c’est la croix. On a peut-être perdu de vue la flamme dévorante de cet amour dans nos vies chrétiennes. L’amour vrai ne se vit pas à moitié ni aux trois quarts. Il prend l’homme dans sa totalité.

    Cet amour de Dieu total et sans limite explique la radicalité de l’Évangile de ce jour : il n’est pas réservé à quelques privilégiés comme les 70 anciens du livre des Nombres (1ère lecture). L’Esprit de Dieu est donné à tous sans distinction de religion. Tous peuvent vivre de l’amour de Dieu et partager sa vie. Mais nous ne pouvons entrer dans cette relation d’amour qu’en acceptant une transformation radicale de notre vie, en changeant le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur les autres. Nous sommes invités à laisser derrière nous notre ancienne vie pour en vivre une nouvelle. Ce n’est qu’en rejetant l’égoïsme, l’orgueil, la convoitise et la violence que nous pourrons vivre de l’amour et accéder à l’amour

    L’amour de Dieu pour chacun de nous est un feu violent qui nous purifie et nous libère des peurs et des angoisses ; il vient nous ouvrir à la liberté et à la vie ; il nous ouvre aux autres ; il nous permet d’être des hommes et des femmes debout. La violence de l’Évangile d’aujourd’hui, celle de Jacques, celle de l’Esprit de Dieu, sont là pour nous réveiller et rallumer en nous la flamme de l’amour et de la vie. Cette violence est nécessaire et salutaire car elle donne accès au bonheur et à la joie.

    Pour entrer dans cette vie, pour vivre de l’amour, il faut laisser derrière soi peut-être un pied, un œil, un bras ; il faut renoncer à des choses qui nous paraissent fondamentales mais qui nous empêchent de vivre et d’être heureux. Alors, nous serons libérés d’un grand poids et nous pourrons cheminer joyeusement au côté de Jésus.

    Télécharger : 26ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revues Feu Nouveau et Fiches dominicales – Homélies pour l’année B (Amédée Brunot) – Au service de la Parole (Bernard Prévost – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes (JP Bagot) Commentaires de Sœur Claire – François selon Saint Marc – Homélies des prochains dimanches (Diocèse de Blois)

    source https://dimancheprochain.org/

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  • François: la vieillesse n'est pas une maladie, mais un privilège

    Le Saint-Père a envoyé un message aux prêtres âgés et malades qui participaient ce 16 septembre à une Journée de la fraternité avec les évêques de Lombardie, au Nord de l’Italie. À cette occasion, une messe a aussi été célébrée en mémoire des prêtres décédés de la Covid-19 dans cette région durement frappée par la pandémie.
     

    Salvatore Cernuzio - Cité du Vatican

    Dans une lettre adressée aux participants à cette journée de retraite à Caravaggio, au sanctuaire Santa Maria del Fonte, le Saint-Père assure: «Vous vivez une saison, la vieillesse, qui n'est pas une maladie, mais un privilège», le privilège de «ressembler à Jésus qui souffre», en portant sa croix «comme Lui». La missive de François a été remise aux prêtres âgés et malades et aux évêques de Lombardie par l'évêque émérite de Mantoue, Mgr Roberto Busti.

    La communauté qui s'occupe des malades doit être «fermement enracinée en Jésus». Dans cette communauté, les prêtres âgés ne sont pas seulement des «objets d'assistance» mais des «protagonistes actifs», souligne le Souverain Pontife, car ils sont «porteurs de rêves chargés de mémoire, et donc très importants pour les jeunes générations».

    «De vous vient la sève pour s'épanouir dans la vie chrétienne et le ministère», souligne le Saint-Père dans les dernières lignes de sa lettre. Il conclut par son habituelle demande de prière, évoquant avec humour son état de santé après l'opération du côlon en juillet dernier: «Je vous demande, s'il vous plaît, de prier pour moi qui suis un peu vieux et un peu malade, mais pas si malade que ça !».

    Prière pour les prêtres emportés par le coronavirus

    La Journée de la fraternité, informe l'Église de Milan, a eu lieu à l'occasion de la réunion habituelle de la Conférence épiscopale de Lombardie et a été promue par des organismes et fondations catholiques locales. Une messe a notamment été célébrée dans le sanctuaire de Santa Maria del Fonte, présidée par l'archevêque de Milan, Mgr Mario Delpini, et les autres évêques de Lombardie. Des prières ont été dites en mémoire de tous les prêtres lombards victimes de la pandémie de Covid-19: 92 des 300 prêtres environ morts en Italie étaient originaires de Lombardie.

     


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  • L'Art au service du témoignage de Vie.

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    Bref, qu’il soit devant le peuple chrétien à témoigner au monde, dedans pour faire grandir l’Église ou derrière pour préserver des traces, l’artiste, par son art sera le prophète de son Dieu. 

    La création artistique est-elle une sorte de « sécrétion » de l’esprit humain, née d’une alchimie mystérieuse de la personne ? Dans ce cas, l’artiste serait alors amené à « se dire », à témoigner de lui-même d’une façon décalée par rapport aux strictes nécessités de la productivité ? Son esthétique renverrait à des douceurs ou des beautés enfouies au fond de l’être.

    Mais nous sentons bien que l’art n’est pas le produit unilatéral d’un artiste. L’art est dialogue. Il l’est déjà dans l’esprit et le cœur du créateur, dans ce rapport entre le JE, dans sa solitude, et le NOUS qui l’unit à d’autres. En tant que créateur je me refuse à l’isolement, à la fermeture, à « l’étanchéité », je suis donc uni à d’autres par d’innombrables liens. 

    Ce que je vais dire par mon geste artistique sera donc le produit de ce dialogue entre moi-le-solitaire et moi-parmi-d ’autres. Je ne témoignerai pas de « moi » seulement, mais de « moi qui se pense NOUS ». 

    Mais le dialogue ne s’arrête pas à cette recherche intérieure, il est aussi bien concret dans le résultat de ma création. Je propose mon art, je le donne à voir, à toucher, à entendre etc. Va t’on accueillir cette proposition ? Que va-t-on en faire ? Quelles seront les réactions ? Dialogues multiples avec les destinataires de la création artistique. 

    L’art peut-il être au service du témoignage ? Ne risque-t-on pas de « purger » l’art en l’enrégimentant, en lui donnant mission ? Oui, il ne peut s’épanouir que dans la liberté ; Mais si cette liberté est « la glorieuse liberté des enfants de Dieu », si l’artiste est -comme tout chrétien pourrait l’être- un véritable disciple de Jésus-Christ, son expression artistique témoignera de la Vie qu’il a reçue. 

    Alors, que l’artiste soit ce sculpteur du XIe siècle juché en haut d’une église romane qui crée une œuvre que seul verra un photographe acrobate du XXe siècle ; qu’il soit ce compositeur au nom oublié mais dont on chante et joue l’œuvre pendant des générations ; qu’il soit ce peintre dont une couleur de la toile résonne curieusement en moi et me parle. 

    Bref, qu’il soit devant le peuple chrétien à témoigner au monde, dedans pour faire grandir l’Église ou derrière pour préserver des traces, l’artiste, par son art sera le prophète de son Dieu. Il sera prophète, « porte-parole », comme chaque chrétien doit l’être, et l’art sera alors un merveilleux reflet de l’Espérance que nous accueillons sans cesse et qui se renouvelle sans cesse.

    Bruno LEROY.

    SOURCE  http://brunoleroyeducateur-ecrivain.hautetfort.com/

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  • Conférence de presse du Pape François : l'Église est proche et compatissante, pas politique

    S'adressant aux journalistes sur son vol de retour de Slovaquie, François a évoqué le dialogue avec les autorités hongroises, l'antisémitisme et les vaccins, ainsi que la question de l’accès à la communion pour les politiciens qui approuvent les lois sur l'avortement.
     

    Vatican News

    «L'avortement est un meurtre» : le Pape a répété que l'Église ne change pas de position, tout en remarquant que «chaque fois que les évêques n’ont pas traité un problème en tant que pasteurs, ils ont pris parti pour le côté politique». C'est ce qu'a déclaré le Pape François en s'adressant aux journalistes sur le vol Bratislava-Rome, au terme de son voyage à Budapest et en Slovaquie.

    Voici une traduction intégrale de son échange avec les journalistes :

    Istávan Károly Kuzmányi (Magiar Kurir) :

    Saint-Père, merci pour votre visite à Budapest où vous avez cité le cardinal Mindszenty qui avait dit: «S'il y a un million de Hongrois qui prient, je n'ai pas peur de l'avenir...». Pourquoi avez-vous décidé de participer après 21 ans au Congrès eucharistique de Budapest et comment voyez-vous le christianisme en Europe ?

    Certains ont mal vu la visite à Budapest, c'était prévu comme ça, mais j'ai promis à votre Président de voir si je peux revenir l'année prochaine ou la suivante. Il y a tellement de valeurs des Hongrois, j'ai été frappé par le sens de l'œcuménisme avec une grande, grande profondeur.

    De manière générale, l'Europe - je le dis toujours - doit reprendre les rêves de ses pères fondateurs. L'Union européenne n'est pas une réunion pour faire des choses, il y a un esprit derrière l'UE dont Schuman, Adenauer, De Gasperi ont rêvé. Il y a un risque qu'elle ne soit qu'un bureau de gestion, et ce n'est pas bon, elle doit aller jusqu'à la mystique, chercher les racines de l'Europe et les faire avancer. Et tous les pays doivent aller de l'avant. Il est vrai que certains intérêts, peut-être pas européens, tentent d'utiliser l'Union européenne à des fins de colonisation idéologique, et ce n'est pas bon.

    J'étais avec vous l'année dernière en Transylvanie, cette messe était magnifique. (ndr : en 2019, lors de sa visite en Roumanie, le Pape avait célébré une messe à Sumuleu-Ciuc, dans l’ouest du pays, en présence de nombreux catholiques de la minorité hongroise et de pèlerins venus directement de Hongrie).

    Bohumil Petrik (Dennik Standard) :

    La vaccination a divisé les chrétiens en Slovaquie. Vous dites que c'est un acte d'amour de vacciner, mais il y a eu différentes approches dans les diocèses. Comment pouvons-nous nous réconcilier sur cette question ?

    C'est un peu étrange car l'humanité a une histoire d'amitié avec les vaccins : rougeole, polio... peut-être que cette virulence est due à l'incertitude, pas seulement de la pandémie. Il y a la diversité des vaccins et aussi la réputation de certains vaccins qui sont un peu plus que de l'eau distillée, et cela a créé une crainte. Il y en a d'autres qui disent que c'est un danger parce qu'ils disent qu'avec le vaccin on reçoit le virus en soi.

    Même dans le collège des cardinaux, il y a des négationnistes, et l'un d'entre eux, le pauvre, est hospitalisé avec le virus. L'ironie de la vie. Je ne peux pas bien l'expliquer… Certains disent que les vaccins ne sont pas suffisamment testés. Il faut que ce soit clair: tout le monde au Vatican est vacciné, à l'exception d'un petit groupe qui fait l'objet d'une étude pour l'aider.

    Daniel Verdú Palai (El Pais) :

    Dimanche matin, vous avez eu une réunion avec Orban et vous pouvez comprendre certaines des différences. Nous avons voulu savoir comment s'est déroulée la rencontre, s'ils ont abordé la question des migrants et ce qu'il pense des lois sur les homosexuels qu'il a promulguées.

    J'ai reçu une visite, le président est venu me voir, il a eu cette courtoisie, c'est la troisième fois que je le rencontre, et il est venu avec le premier ministre et le vice-ministre. Le Président a pris la parole. Il a expliqué comment ils purifient les rivières, des choses que je ne connaissais pas. J'ai ensuite demandé quel était l'âge moyen, car je m'inquiète de l'hiver démographique.

    En Italie, l'âge moyen est de 47 ans, et je pense que c'est encore pire en Espagne, où de nombreux villages sont vides ou comptent de nombreuses personnes âgées. Comment résoudre ce problème? Le président m'a expliqué la loi dont ils disposent pour aider les jeunes couples à se marier et à avoir des enfants. C’est intéressant. C'est une loi qui est assez similaire à la loi française, mais plus développée.

    Ils m'ont expliqué cela, là ils ont ajouté quelque chose, le premier ministre et le vice-ministre sur comment était cette loi. Sur l'immigration, rien. Puis nous sommes retournés à l'écologie aussi.

    La famille, au sens de la démographie : vous pouvez voir qu'il y a de nombreux jeunes, de nombreux enfants. En Slovaquie aussi, il y a beaucoup de jeunes couples. Le défi consiste maintenant à trouver des emplois, afin qu'ils ne se mettent pas à en chercher. Mais ce sont les choses... Le président a toujours parlé, les deux ministres ont ajouté quelques données. La réunion a duré assez longtemps, environ 40 minutes.

    Gerard O'Connell (America) :

    Je voulais tout d'abord vous dire que nous sommes tous ravis de l'opération, qui a donné un résultat splendide, vous êtes rajeuni!

    On m'a dit que certaines personnes voulaient faire l'opération..... Mais ce n'était pas une chose esthétique !

    Vous avez souvent dit que nous sommes tous pécheurs, et que l'Eucharistie n'est pas une récompense, mais un médicament et une nourriture pour les faibles. Comme vous le savez, aux États-Unis, après les dernières élections, il y a eu une discussion entre les évêques sur le fait de donner la communion aux politiciens qui ont soutenu les lois sur l'avortement. Certains évêques veulent refuser la communion au président et aux autres officiels. D'autres évêques y sont favorables, d'autres disent de ne pas utiliser l'Eucharistie comme une arme. Qu'en pensez-vous et que conseillez-vous de faire aux évêques? Et avez-vous, en tant qu'évêque, pendant toutes ces années, refusé publiquement l'Eucharistie à quelqu'un ?

    Je n'ai jamais refusé l'Eucharistie à personne, je ne sais pas si quelqu'un est venu dans ces conditions! Ceci en tant que prêtre. Je n'ai jamais été conscient d'avoir en face de moi une personne comme celle que vous décrivez, c'est vrai.

    La seule fois où il m'est arrivé quelque chose de sympathique, c'est quand je suis allé servir la messe dans une maison de retraite, j'étais dans le salon, et j'ai dit : qui veut la communion? Toutes les personnes âgées ont levé la main. Une petite vieille dame a levé la main, a pris la communion et a dit: «Merci, je suis juive». Et j'ai dit : «Ce que je t'ai donné aussi est juif!».

    La communion n'est pas une récompense pour les parfaits - pensons au jansénisme - la communion est un don, un cadeau, c'est la présence de Jésus dans l'Église et dans la communauté. Ensuite, ceux qui ne sont pas dans la communauté ne peuvent pas prendre la communion, comme cette dame juive, mais le Seigneur a voulu la récompenser à mon insu. Ils sont hors de la communauté - excommuniés - parce qu'ils ne sont pas baptisés ou se sont éloignés.

    Le deuxième problème, celui de l'avortement: c'est plus qu'un problème, c'est un meurtre. Qui pratique l'avortement tue, sans demi-mesure. Prenez n'importe quel livre sur l'embryologie pour les étudiants en médecine. La troisième semaine après la conception, tous les organes sont déjà là, même l'ADN... C'est une vie humaine, cette vie humaine doit être respectée, ce principe est tellement clair!

    À ceux qui ne peuvent pas comprendre, je poserais cette question : est-il juste de tuer une vie humaine pour résoudre un problème? Est-il juste d'engager un tueur à gages pour tuer une vie humaine? Scientifiquement, c'est une vie humaine. Est-il juste de la supprimer pour résoudre un problème? C'est pourquoi l'Église est si dure sur cette question, car si elle accepte cela, c'est comme si elle acceptait le meurtre au quotidien. Un chef d'État m'a dit que le déclin démographique avait commencé parce que à l’époque, la loi sur l'avortement était si forte que six millions d'avortements furent pratiqués, ce qui a entraîné une baisse des naissances dans la société de ce pays.

    Maintenant, allons vers cette personne qui n'est pas dans la communauté, qui ne peut pas recevoir la communion. Ceci n'est pas une punition, cette personne est en dehors (de la communauté, ndr). Mais le problème n'est pas théologique, il est pastoral, comment nous, évêques, gérons ce principe d’un point de vue pastoral. Si nous regardons l'histoire de l'Église, nous verrons que chaque fois que les évêques n'ont pas géré un problème en tant que pasteurs, ils ont pris parti sur un versant politique.

    Pensez à la nuit de la Saint-Barthélemy, les hérétiques, oui, «égorgeons-les tous»... Pensez à la chasse aux sorcières, à Campo di Fiori, à Savonarole. Lorsque l'Église ne défend pas un principe de manière non pastorale, elle se positionne sur le plan politique, et cela a toujours été le cas, il suffit de regarder l'histoire. Que doit faire le pasteur ? Être un pasteur, ne pas condamner. Être un pasteur, car celui qui est pasteur l’est aussi pour les excommuniés. Des pasteurs avec le style de Dieu, dans la proximité, la compassion et la tendresse. La Bible toute entière le dit. Un pasteur qui ne sait pas gérer en tant que pasteur...

    Je ne connais pas très bien les détails des États-Unis... Mais si vous êtes proches, tendres, et que vous donnez la communion? C'est une hypothèse. Le pasteur sait ce qu'il doit faire à tout moment. Mais si vous sortez de la pastorale de l'Église, vous devenez un politicien, et vous pouvez le voir dans toutes les condamnations non pastorales de l'Église... Si vous dites que vous pouvez donner ou ne pas donner, c'est de la casuistique...

    Vous souvenez-vous de la tempête qui s’est soulevée avec Amoris laetitia«Hérésie, hérésie!» Heureusement, il y avait le cardinal Schönborn, un grand théologien, qui a clarifié les choses... Ce sont des enfants de Dieu et ils ont besoin de notre proximité pastorale, au pasteur de résoudre les situations comme l'Esprit l'indique...

    Stefano Maria Paci (Sky Tg 24):

    Je pense que vous considérerez le message que je vais vous remettre comme un cadeau, c'est Edith Bruck, l'écrivaine juive que vous avez rencontrée chez elle, qui m'a demandé de vous le remettre. Un long message signé «votre sœur Edith», dans lequel elle vous remercie pour vos gestes et vos appels contre l'antisémitisme au cours de ce voyage.

    L'antisémitisme resurgit, il est à la mode, c'est une chose affreuse, affreuse.....

    Vous en avez parlé avec les autorités hongroises et une résolution est venue de Strasbourg demandant la reconnaissance des mariages homosexuels. Qu'en pensez-vous ?

    Le mariage est un sacrement, l'Église n'a pas le pouvoir de changer les sacrements tels que le Seigneur les a institués. Il existe des lois qui tentent d'améliorer la situation de nombreuses personnes ayant une orientation sexuelle différente. C'est important, les États ont la possibilité civilement de les soutenir, de leur offrir une sécurité sur l'héritage, la santé, etc., pas uniquement pour les homosexuels, mais pour toutes les personnes qui veulent s'associer.

    Mais le mariage est le mariage. Cela ne signifie pas les condamner, ce sont nos frères et sœurs, nous devons les accompagner. Il y a des lois civiles, pour les veuves par exemple, qui veulent s'associer grâce à une loi pour accéder à des services... Il y a le PACS français, mais rien à voir avec le mariage comme sacrement, qui est entre un homme et une femme.

    Parfois, la confusion se crée. Tous sont frères et sœurs égaux, le Seigneur est bon, il veut le salut de tous, mais s'il vous plaît, ne faites pas renier sa vérité à l'Église. De nombreuses personnes d’orientation homosexuelle font une démarche de pénitence. Ils demandent conseil au prêtre, l'Église les aide, mais le sacrement du mariage, c'est autre chose.

    Le Saint-Père a ensuite ajouté:

    J'ai lu une belle chose sur l'un d'entre vous, qui disait que cette journaliste est disponible 24 heures sur 24 pour travailler et qu'elle laisse toujours les autres passer en premier et elle derrière, elle donne la parole aux autres et elle reste silencieuse. C’est Manuel Beltran qui le dit, à propos de notre Eva Fernandez, merci !

    (traduction de travail)

    source https://www.vaticannews.va/

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  • « Pour un réveil écologique » est une initiative qui a émergé dans la continuité du Manifeste Étudiant pour un Réveil Écologique, lancé en septembre 2018 et signé par près de 30 000 étudiants provenant de plus de 400 établissements d’enseignement supérieur. Benoît Halgand est un jeune chrétien engagé dans l’opération.

    «Né dans une famille catholique de six enfants, à Angers (Maine-et-Loire), j’ai hérité de mes parents une foi fondée sur l’Évangile, et un désir de suivre le Christ avec un amour vrai pour chaque être humain. Mon engagement pour la question écologique a débuté lors de mon entrée en école d’ingénieur. Je me sentais particulièrement privilégié dans mes études, dans ma famille, et me disais que je ne pouvais pas garder tout cela pour moi. Il fallait que je puisse redonner au monde ce que j’avais reçu. Lors d’un stage de six mois à l’Arche, où j’ai pu prendre le temps de me renseigner sur la question environnementale, j’ai pris conscience de l’urgence et de l’ampleur du changement écologique à effectuer. J’étais déjà sensible à cette question, mais c’est là que je me suis dit qu’il y avait besoin de s’y investir, et que ça pouvait être le combat pour lequel je m’engagerais.

    En septembre 2018, je suis entré dans l’association écolo de Polytechnique. Au même moment sortait le Manifeste étudiant pour un réveil écologique, qui milite pour l’intégration des questions environnementale dans l’enseignement supérieur et au sein des entreprises. J’ai rejoint l’équipe nationale qui porte ce message auprès des décideurs. À partir de 2019, nous sommes allés rencontrer les directions de différentes entreprises. Le message que nous leur portions est le suivant : si elles ne se transforment pas, elles auront de plus en plus de mal à recruter des jeunes talents. Parallèlement à cet engagement, je suis devenu président de la communauté chrétienne de l’X. Je crois que ma foi a beaucoup joué dans la naissance de mon engagement écologique, jusqu’à aujourd’hui. Elle continue de me porter chaque jour et donne du sens à ce pour quoi je fais cela. Car s’engager sur ces combats n’est pas simple tous les jours, la lutte est même un peu désespérante, quelquefois. Les changements à opérer sont tellement immenses qu’on sait qu’il n’y a qu’avec l’aide de Dieu que nous y arriverons. Alors c’est ma foi qui me permet de prendre de la hauteur, et de tout remettre entre Ses mains.

    Je suis aussi entouré d’amis chrétiens très engagés sur la question écologique. Pouvoir vivre notre foi et notre engagement ensemble me porte beaucoup. Je pense que quand on est chrétien, on devrait aller dans les milieux écolo, et être écolo soi-même, car c’est une façon de suivre le message du Christ. Je trouve dommage que beaucoup de jeunes chrétiens refusent encore de s’attaquer à la question écologique alors que c’est la première chose que notre foi nous invite à faire : regarder le monde tel qu’il est, pour pouvoir ensuite l’aimer et le changer ! D’autant que la cause écologique peut être un projet fédérateur au sein de l’Église, nous sommes tous concernés par les transformations à réaliser, les modes de vie à réinventer. Ce n’est pas un combat que l’on peut mener seul ; nous devons réapprendre, collectivement, à vivre sur cette terre. (…)»

    Le journal La Croix lui donne parole dans un entretien récent. Extraits

    Qui sommes-nous = https://pour-un-reveil-ecologique.org/fr/qui-sommes-nous/ 

    Source : La Croix / Recueilli par Claire Riobé,

    et https://eglisesetecologies.com/

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  • Jesus Homelessness Montreal. Sculpture de Timothy P. Schmalz (photo © Renaude Grégoire).

    Rendre visibles celles et ceux que l’on ne veut pas voir!

     Rendre visibles celles et ceux que l’on ne veut pas voir ! - InterBible RENAUDE GRÉGOIRE | 13 SEPTEMBRE 2021

    Qu’on en commun les trente familles sans logis de Sherbrooke au mois d’août 2021, Agar et son fils, Moïse, Ruth et Noémi, le pauvre Lazare et l’homme taré dans les tombeaux? Ce sont toutes des personnes expérimentant le sans-abrisme, soit de manière temporaire ou de manière permanente. Ce n’est que récemment que le sans-abrisme a été reconnue au niveau mondial afin de rendre plus visible celles et ceux que l’on ne veut pas voir. Le 10 octobre est maintenant la journée internationale de l’itinérance et du sans-abrisme.

    Chaque année, à l’approche du 1er juillet, plusieurs médias font état de la crise de logements au Québec et au Canada. Dans le métro de Montréal, ce n’est pas difficile de voir dormir sur un banc une personne itinérante. Au Canada, plusieurs autochtones se trouvent dans les grandes villes sans endroit où être en sécurité le jour et surtout la nuit. Cette crise peut être qualifiée de crise permanente pour certaines couches de populations plus vulnérables.

    En République dominicaine, 5 ou 6 familles haïtiennes partagent un petit 4 ½ dans la capitale Santo Domingo, les enfants dormant dans la cuisine. Au Brésil, les occupants de terrains non utilisés vivent dans la crainte de voir les bulldozers entrés pour détruire leur toit et être chassés. D’autres ont trouvé refuge dans les camps au bord de la frontière d’un pays voisin ou ont pris le chemin de l’exil. Dans certains pays d’Asie et d’Amérique latine, des familles paient pour s’installer dans des cimetières. Alors que des étrangers n’ont pas le choix de construire leur habitation de fortune sur des terrains pollués, sur l’ordre du gouvernement.

    Au niveau international, c’est seulement en février 2020 que la Commission de développement social des Nations Unies a consacré ses travaux sur le sans-abrisme. Une première pour cette organisation internationale. Cette avancée est le fruit d’un engagement de plusieurs organisations non-gouvernementales, dont UNANIMA International. Soulignons d’emblée que UNANIMA International réunit plus d’une vingtaine de communautés religieuses, dont plusieurs ont été fondées ici, engagées depuis près de 20 ans.

    Un des apports de la société civile à l’ONU est d’avoir donné la voix aux personnes et aux familles expérimentant le sans-abrisme et par conséquent d’avoir mis en lumière les divers visages du sans-abrisme. Soulignons entre autres :

    • Celles et ceux qui vivent dans la rue ou dans des espaces à ciel ouvert (parc, cimetière, sous les ponts, etc.)
    • Celles et ceux qui se trouvent dans des refuges d’urgence, des abris temporaires, des camps de réfugiés, des motels ou hôtels en attente d’une solution, sur le sofa d’amis, etc.
    • Celles et ceux qui se logent dans des habitations non adéquates et des lieux non sécuritaires (tentes, abris de fortune, plusieurs familles dans un lieu restreint, lieux désertiques, environnement pollué, sans eau, sans énergie comme l’électricité, lieu à risque d’inondations, etc.). N’oublions pas celles et ceux qui ne peuvent pas accéder à des habitations ou logement qui répondent à leurs besoins physiques comme les personnes handicapées et les personnes âgées.
    • Celles qui sont victimes de violence conjugale, des travailleuses domestiques qui ne peuvent dormir chez leur employeur que les jours où elles travaillent, les victimes de traite humaine, d’exploitation sexuelle, d’exploitation par le travail forcé, ou qui fuit une situation de violence peu importe leur statut légal.

    Et dans la Bible? La suite ICI

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  • Homélie du 25ème dimanche du Temps ordinaire - 19 septembre 2021

    25ème dimanche du Temps ordinaire

    19 septembre 2021

    « Si quelqu’un veut être le premier,
    qu’il soit le serviteur de tous »

     

    MONITION D’ACCUEIL
    Nous pensons « suivre le Christ » … mais ne sommes-nous pas, comme les disciples, avant tout préoccupés de nous-mêmes, de « qui est le plus grand » ? Faisons-nous vraiment attention à ce qu’il dit ? Sûrs d’en sortir meilleurs, engageons nos vies derrière le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen !

    LITURGIE DE LA PAROLE
    1ère lecture Sg 2, 12.17-20 : Le juste doit s’attendre à être en butte aux critiques et à la méchanceté…

    Psaume Ps 53, 3-6.8 : Je mets mon espoir dans le Seigneur, je suis sûr de sa parole…

    2ème lecture Jc 3, 16 à 4, 3 : Sommes-nous artisans de paix ou semeurs de discorde ?

    Évangile Marc 9, 30-37

    Homélie
    Textes bibliques : Lire
    Chacun des trois textes qui nous sont proposés en ce dimanche nous montre deux logiques qui s’opposent : l’une est animée par le désir de justice et de paix, par l’ouverture à l’autre et à Dieu ; l’autre cherche le pouvoir, la domination, le plaisir, la satisfaction immédiate. Chacun de ces textes ouvre des pistes pour nous interroger sur ce qui nous guide dans nos choix quotidiens.

    La première lecture est un extrait du livre de la Sagesse. Elle nous renvoie au premier siècle avant Jésus Christ. Beaucoup de juifs sont partis à l’étranger. Dans le cas présent, il s’agit de ceux qui vivent à Alexandrie. Les grecs les tournent en dérision parce qu’ils disent avoir une connaissance particulière de Dieu ; ils se disent « fils de Dieu » et « mis à part ». Même parmi leurs compatriotes, beaucoup ont abandonné la pratique religieuse. Ils ont fini par renier leur foi. Ils ne supportent plus la fidélité des croyants car elle est devenue un reproche pour eux.

    Les difficultés et les épreuves de ces croyants sont aussi les nôtres. Nous vivons dans un monde où beaucoup sont devenus indifférents ou hostiles à la foi. Les scandales qui ont été mis en évidence ces dernières semaines ne font qu’alourdir cette souffrance. Mais nous avons la ferme espérance que le mal et la haine n’auront pas le dernier mot. Toutes ces épreuves qui frappent l’Église sont un appel à nous attacher fermement au Seigneur. Nous pouvons toujours compter sur lui. Rien ne peut nous séparer de son amour.

    Dans la seconde lecture, saint Jacques dénonce « la jalousie et les rivalités mènent au désordre et à toutes sortes d’actions malfaisantes. » L’apôtre nous recommande de nous attacher à « la sagesse qui vient d’en haut ». Cette sagesse « est d’abord pure, puis pacifique, bienveillante, conciliante, pleine de miséricorde et féconde en bons fruits, sans parti pris, sans hypocrisie. » Se laisser guider par la sagesse terrestre conduit au désordre et au mal. La soif de s’enrichir justifie emploi de tous les moyens, y compris la violence et le meurtre. C’est la convoitise qui est à l’origine des guerres, des violences et du mal. La vraie Lumière, nous ne pouvons la trouver que dans la Sagesse qui vient de Dieu ; elle est « droiture, paix, tolérance, compréhension, féconde en bienfaits ». Elle transforme notre cœur et fera de nous des artisans de paix.

    L’Évangile de saint Marc dénonce une tentation qui divise l’Église ; selon l’expression du pape François, c’est « l’envie mondaine d’avoir le pouvoir », l’envie et le désir « d’aller plus haut ». Tout cela arrive au moment où Jésus parle « de service et d’humiliation ». Il annonce à ses disciples que « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »

    En lisant cet Évangile, nous voyons bien que les apôtres n’ont rien compris ; Jésus vient de leur parler un langage d’humiliation, de mort et de rédemption. Eux, ils parlent « un langage d’arrivistes ». Leur seule préoccupation c’est d’aller le plus haut possible dans le pouvoir. Ils sont tentés par la façon de penser du monde. Pour Jésus, c’est l’occasion de faire une mise au point très ferme : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »

    Cet enseignement de Jésus vaut aussi pour nous tous. Sur la route que Jésus nous montre pour aller de l’avant, le service est la règle : le plus grand est celui qui sert, celui qui est le plus au service des autres. Ce n’est surtout pas celui qui se vante ni celui qui cherche l’argent et le pouvoir. La vraie grandeur c’est l’accueil et le service des petits. Ce service est élevé au rang de service de Dieu.

    À travers ces trois lectures, c’est Dieu qui nous parle ; le juste qui souffre (1ère lecture) nous renvoie aux chrétiens persécutés qui sont obligés de fuir leur pays. Nous pouvons aussi nous reconnaître à travers l’intriguant dont nous parle saint Jacques. Le Seigneur veut nous libérer de cette recherche de nous-mêmes. Et dans l’Évangile, il nous rappelle que les vrais grands ne sont pas ceux qui recherchent les premières places et les honneurs mais ceux et celles dont le cœur est ouvert aux autres.

    Nous sommes donc appelés à être une Église « au service » des autres, en particulier des plus fragiles. Nous nous rappelons ce que Jésus a dit un jour : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait ». Pour cette mission, nous ne sommes pas seuls. À chaque messe, le Seigneur est là pour nous nourrir de sa Parole et de son Corps. Cette rencontre avec lui c’est vraiment LE moment le plus important de la journée. Le Christ est présent avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. Il veut nous entraîner à sa suite jusqu’au bout de l’amour. Son Pain Eucharistique nous est distribué pour nous donner la force d’aimer comme lui et avec lui. Prions-le qu’il nous donne force et courage pour rester en « tenue de service ».

    Télécharger pour imprimer : 25ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revue Feu Nouveau – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes – Missel des dimanches et fêtes des trois années (Bayard) – François selon saint Marc Dossiers personnels

    source https://puiseralasource.org/

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