• Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

     Crédit d'image: Belinda Rain, Californie - Région de la baie de San Francisco (détail), 1972, photographie, domaine public.
     
     Le tout est dans les parties 
     

    Saint Augustin (354–430) a proclamé dans l'un de ses grands sermons: «La fin sera le Christ unique, s'aimant lui-même.» [1] Paul a précédé saint Augustin quand il a écrit que, à la fin, «Dieu sera tout en tous» (1 Corinthiens 15:28). Ils ont vu la création comme boucler la boucle.

    Augustin et Paul soulignent tous deux que l'Éternel est sorti et a pris forme et manifestation dans toute la création: les humains, les animaux, les plantes, les éléments, les galaxies et toutes les formes et visages sans fin qui sont sortis de Dieu. Tout dans la création est l'auto-vidange infinie de Dieu, et en tant que tel a une dignité inhérente et mérite le respect et l'appréciation.

    Comme Christ l'a dit à Lady Julian de Norwich (1342–1416) lorsqu'il lui a montré une petite chose de la taille d'une noisette nichée dans sa main: «C'est tout ce qui est créé.» Julian a compris que « tout ce qui est a son être par l’amour de Dieu». [2] Le philosophe contemporain Ken Wilber l'exprime ainsi: tout est un holon - une partie qui reproduit le tout.

    Saint Bonaventure (1221–1274) a enseigné que, pour travailler à aimer Dieu, commencez par la leçon la plus facile d'aimer les choses les plus humbles et les plus simples, puis progressez à partir de là. «Plaçons notre premier pas dans l'ascension par le bas, nous présentant tout le monde matériel comme un miroir, à travers lequel nous pouvons passer à Dieu, l'Artisan Suprême», écrit-il. Et de plus, "Le pouvoir suprême, la sagesse et la bienveillance du Créateur brillent dans les choses créées." [3]

    Je vous encourage à appliquer littéralement cette vision spirituelle. Ne commencez pas par essayer d'aimer Dieu, ni même les gens. Aimez d'abord les roches et les éléments, déplacez-vous vers les arbres, puis les animaux, puis les humains. Ça marche. En fait, c'est peut-être la seule façon d'aimer, car comment faire quoi que ce soit, c'est comment tout faire.

    Notre travail en tant qu'humains conscients est de nous éveiller tôt à cette beauté et à cette bonté innées dans toute la création. Pourquoi attendre le ciel alors que nous pouvons profiter du flux divin dans toute la nature maintenant?

    Être pleinement présent à l'âme de toutes choses nous permet de dire: «C'est bien. C'est assez. En fait, c'est tout ce dont j'ai besoin. Nous sommes maintenant situés dans le regard aimant unique qui unit toutes choses dans une attraction et une appréciation universelles. C'est l'illumination et nous n'avons pas à nous asseoir sur un coussin pendant quarante ans pour le reconnaître et en profiter. En fait, je peux presque garantir que nous le reconnaîtrons et l'apprécierons davantage à mesure que nous passerons plus de temps dans le monde naturel avec une réalisation lente et silencieuse. Et puis un bond de contentement profond!

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    [1] Augustine, homélie sur 1 Jean 5: 1–3, dans Augustine: Travaux ultérieurs , éd. et trans. John Burnaby (Westminster Press: 1955), p. 341.

    [2] Julian, Showings, chapitre 5, dans The Showings of Julian of Norwich: A New Translation , Mirabai Starr (Hampton Roads: 2013), 13.

    [3] Bonaventure, Le voyage de l'âme vers Dieu , 1.9–10, trad. Ewert Cousins ​​(Paulist Press: 1978), 63.

    Adapté de Richard Rohr, Just This (CAC Publishing: 2017), p. 36–37; et

    Le Christ universel: comment une réalité oubliée peut changer tout ce que nous voyons, espérons et croyons (Convergent: 2021, 2019), p. 57.

    Crédit d'image: Belinda Rain, Californie - Région de la baie de San Francisco (détail), 1972, photographie, domaine public . 

    Inspiration d'image:  nos frères et soeurs abondent: oiseau, baie, truite, arbre. Puissions-nous honorer le sacré en chaque être.

    source https://cac.org/

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  • Homélie du 4ème dimanche de Pâques

    Abbé Jean Compazieu

    Jésus berger de toute humanité… 

     

    Textes bibliques : Lire


    À cause de cette page d’Évangile, c’est aujourd’hui la journée de prière pour les vocations. Le pape Paul VI l’a instituée en 1963 et l’a fixée au 4ème dimanche de Pâques. Quand nous parlons des vocations, nous pensons aux prêtres, aux religieux et religieuses qui prennent de l’âge. Mais dans les textes bibliques de ce dimanche, les lamentations stériles n’ont pas leur place. Le plus important, c’est de découvrir le Christ qui se présente à nous comme le bon berger. 

    Ce bon berger est un observateur attentif ; il connaît chacune de ses brebis ; aucune ne se ressemble ; elles sont toutes uniques. Qui que nous soyons, nous avons du prix à ses yeux. Cette conviction de foi doit nous conduire à l’action de grâce pour tout ce qui nous est donné. Cela signifie également que chacun a une vocation propre : tous les états de vie sont des vocations, non seulement les prêtres et les religieux, mais aussi le mariage, la présence au monde. Nous sommes tous appelés à une vocation particulière au service de tous. C’est ensemble, en communion avec toute l’Église que nous participons à la mission du Christ Bon Berger.

    Dans un deuxième temps, le Christ nous dit que le bon berger donne sa vie pour ses brebis. Il reste solidaire. Il ne les abandonne pas quand vient le loup, quand vient l’épreuve. Jésus expose sa vie pour protéger ses brebis. Il va jusqu’au bout en se donnant totalement à ceux qui viennent l’arrêter. Il donne sa vie pour le salut du monde. Lui-même nous l’a dit : “Ma vie, nul ne la prend mais c’est moi qui la donne”. Et quand nous chantons “Jésus Berger de toute humanité”, nous proclamons que nous voulons le suivre et lui donner la première place dans notre vie.

    Enfin, le Bon Pasteur nous dit qu’il a d’autres brebis dans d’autres bergeries. Il s’en préoccupe ; il veut les rassembler toutes en un seul troupeau dans l’unité. Quand il dit cela, il ne pense pas seulement aux bons chrétiens ; il pense aussi à tous ceux et celles qui ne connaissent pas Dieu, ceux et celles qui organisent leur vie sans lui et en dehors de lui ; il voit aussi ceux et celles qui combattent l’espérance chrétienne ou la tournent en dérision. Les uns et les autres sont connus et aimés de Dieu. Nous sommes envoyés dans ce monde tel qu’il est pour être les témoins et les messagers de cette bonne nouvelle.

    Depuis la Pentecôte, les apôtres sont devenus les messagers de l’Évangile. Après la résurrection de Jésus, Pierre a connu une transformation très forte. Lui qui avait peur au moment de la Passion fait preuve d’une force merveilleuse. Il n’hésite pas à proclamer devant tous ses adversaires qu’en dehors de Jésus, il n’y a pas de salut. Ce n’est que grâce à lui que nous pouvons obtenir la vie nouvelle qui fait de nous des enfants de Dieu. C’est de cela que nous avons à témoigner tout au long de nos journées. Les évêques, les prêtres, les diacres, les laïcs sont tous donnés à l’Église et au monde comme le Christ notre berger. Nous ne sommes pas à notre compte mais à celui de Jésus qui nous appelle et nous envoie pour être les témoins de la Bonne Nouvelle de l’Évangile.

    La lettre de saint Jean (2ème lecture) va dans le même sens. Nous sommes peut-être trop habitués à entendre que Dieu nous aime. C’est vrai que nous sommes devenus des enfants gâtés. Mais il nous faut imaginer le bouleversement de cette révélation d’amour a pu provoquer à l’époque. Elle s’adressait aux grandes cités de l’empire Romain, à des gens exploités et méprisés, à des mal-aimés de Corinthe et d’Éphèse. Pour eux c’était un véritable renversement. Le monde de l’amour n’avait rien à voir avec celui du pouvoir.

    Ce qui est premier c’est cette révélation inimaginable d’un Dieu dont le nom est “Amour”. Nous y avons été plongés au jour de notre baptême. “Mes bien-aimés, voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés. Il a voulu que nous soyons enfants de Dieu”. C’est une expérience vraiment extraordinaire. Il s’agit moins d’aimer que de se savoir aimés par lui. Pour nous, cela a commencé au jour de notre baptême et cela se développe tout au long de notre vie. Un jour viendra où nous atteindrons la parfaite ressemblance avec le Fils de Dieu. “Nous luis serons semblables parce que nous le verrons tel qu’il est”. Il suffit de se laisser aimer.

    Si nous allons communier au Corps et au sang du Christ c’est pour puiser à la source de cet amour qui est en Dieu, c’est pour entrer dans ce projet qui anime Jésus. Alors oui, nous te prions Seigneur : donne-nous force et courage pour rester fidèles à cette mission que tu nous confies.

    Télécharger : 4ème dimanche de Pâques

    Sources : Revues Fiches dominicales, Feu Nouveau, homélies pour l’année B (Amédée Brunot), La Parole de Dieu pour chaque jour de 2012 (Vincenzo Paglia), Lectures bibliques des dimanches B (Albert Vanhoye) dossiers personnels…

    source  https://dimancheprochain.org/

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  • La guérison doit s’effectuer à l’intérieur de vous.

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    Avez-vous l’impression qu’on vous exploite, que tout le monde se sert de vous? 

    Vous pensiez que l’on vous aimait et soudain vous découvrez que les autres n’ont fait que se servir de vous, et vous vous sentez trahi. Cela est normal, car vous avez certainement placé votre vie entre les mains d’autres humains. N’oubliez jamais qu’aucun être humain ne peut créer quoi que ce soit: il ne peut que se servir de ce qui existe déjà ! Vous venez de vous énervez face au comportement de vos enfants. Vous venez peut-être de vous emporter contre un collègue de travail. 

    Ou encore vous hurlez votre rage à l’encontre du chauffard qui vient de vous couper la route. Vous avez eu une discussion envenimée avec votre compagnon ou votre compagne. Et maintenant vous déversez votre ressentiment sur vos proches ou sur n’importe quel autre humain qui se trouve à portée de voix ! 

    Avez-vous jamais songé que peut-être votre colère est l’expression de l’amertume que vous avez laissée libre d’envahir votre âme? La solution n’est pas de déverser votre rancune sur ceux qui vous entourent, c’est de l’amener aux pieds du Seigneur grâce à la prière, et de Lui permettre de vous en guérir. La guérison doit s’effectuer à l’intérieur de vous avant de s’extérioriser. Voilà pourquoi vous devez passer du temps auprès du Seigneur, Lui permettant de pardonner vos rancunes, de guérir la souffrance, de cicatriser les souvenirs, et de remplir votre cœur de Son amour, afin que vous puissiez aimer les autres comme Lui sait le faire. 

    Laissez-Le faire Son travail en vous: n’essayez pas de Le remplacer par vos efforts personnels ! Essayez de prier cette prière: “Ô Père, je désire agir avec amour, pas réagir avec amertume. Aide-moi à montrer de la patience envers tous. Que Ton amour, aujourd’hui contrôle ma vie et mes attitudes, au nom de Jésus. Amen”. 

    Bruno LEROY.

    source http://brunoleroyeducateur-ecrivain.hautetfort.com/

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    Articles récents
     
    1. * Nouvelles des Franciscains de Trois-Rivières - Echo
    2. * Pape François: une vraie politique agit "pour et avec le peuple"
    3. * Prière en temps de détresse - CECC
    4. Vidéo no 2 de 5 - LAUDATO SI - L'Écologie ? " La nature se porterait mieux sans l'être humain ! "
    5. Méditation Le don d'amis sages - Richard Rohr
    6. Emmaüs, prise 2! - InterBible
    7. Homélie du 3ème dimanche de Pâques -18 avril 2021

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  • Pape François: une vraie politique agit "pour et avec le peuple"

    Dans un message vidéo, le Pape François se fait l’avocat d’une politique au service du peuple et enracinée dans ses valeurs, qui n’agit pas seulement pour lui mais avec lui, au contraire d’une vision populiste qui finit par empêcher le peuple d’être acteur de son destin.

     

    Ce message s’adresse aux participants d’une conférence internationale qui se déroule ce jeudi à Londres, sur le thème : «Une politique enracinée dans le peuple» (a Politics rooted in the people), basé d’ailleurs sur le livre du Pape, Un temps pour changer (2020), rédigé dans le contexte de la pandémie de coronavirus. L’événement est organisé par le Centre pour la théologie et la communauté de Londres, et réunit les représentants de mouvements populaires et les organisations qui les soutiennent. Leur mission: accompagner le peuple dans sa lutte pour «la terre, le toit et la travail» (les fameux trois T, «Tierra, techo, trabajo» en espagnol) ; un combat rendu d’autant plus nécessaire à l’aune d’une pauvreté exacerbée par la pandémie.

    Popularisme vs paternalisme politique

    «L’un des objectifs de votre rencontre est de montrer que la vraie réponse à la montée du populisme n’est pas du tout l’individualisme mais le contraire: une politique de fraternité, enracinée dans la vie du peuple», soit un «populisme inclusif» ou un «popularisme», comme préfère le nommer le Pape, dont le but est de trouver des mécanismes pour garantir à toutes les personnes une vie digne.

    Cette «politique avec un grand P», que le Saint-Père a développée longuement dans son livre publié en octobre 2020, se conçoit comme un service «pas seulement pour le peuple mais avec le peuple», à rebours des populismes qui suivent une autre devise : «tout pour le peuple mais rien avec le peuple». Dans cette vision, que le Pape assimile à du «paternalisme politique», «le peuple n’est pas acteur de son destin, mais finit par être débiteur d’une idéologie». Car lorsque le peuple est rejeté, il se voit privé de «la dignité d’agir» sur son histoire, son destin, «de s’exprimer avec ses valeurs et sa culture, de sa créativité, de sa fécondité».

    C’est justement pour cela que l’Église ne peut séparer la promotion de la justice sociale de la reconnaissance de la culture et des valeurs du peuple, explique le Pape. «Dans les communautés chrétiennes, ces valeurs naissent de la rencontre avec Jésus Christ (…) qui parvient jusqu’aux limites de l’existence pour être visage et présence de Dieu, pour être ‘Dieu avec nous’».

    Reconnaitre l'importance des valeurs religieuses du peuple

    Il ne s’agit pas pour ces mouvements d’ «imposer la religion» -accusation récurrente à leur encontre- mais de respecter les institutions, également religieuses, du peuple, en somme, de marcher avec lui.

    “«C’est pourquoi le vrai pasteur d’un peuple, le pasteur religieux, est celui qui a le courage de marcher devant, au milieu et derrière le peuple. Devant pour indiquer un peu le chemin, au milieu pour sentir son peuple et ne pas se tromper, et derrière pour aider ceux qui sont restés en arrière et pour laisser le peuple trouver à son tour des chemins».”

    Le Saint-Père réitère donc la conviction qu’il partageait dans Un temps pour changer : que tous les diocèses du monde aient une collaboration étroite avec les mouvements populaires. «Aller à la rencontre du Christ blessé et ressuscité au sein des communautés les plus pauvres nous permet de retrouver notre vigueur missionnaire, parce que l’Église est née ainsi, aux périphéries de la croix».

    De même, une politique qui se désintéresse des pauvres et des périphéries ne pourra jamais promouvoir le bien commun, et confondra le futur avec son reflet dans le miroir. Pour François, le mépris des peuples, de leurs cultures, de leurs valeurs religieuses amorce l’abus de pouvoir. À l’inverse, la politique se régénère en reconnaissant l’importance de la spiritualité dans la vie des peuples ; il est donc fondamental que les communautés de foi se rencontrent, se familiarisent afin de travailler «pour et avec le peuple», conclut l’évêque de Rome.

    source https://www.vaticannews.va/

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  • Vidéos conçues par des jeunes de Dom Basco  sur un thème très d'aujourd'hui, soit l'environnement avec LAUDATI SI du Pape François.

    (suite la semaine prochaine)

     Don Bosco Aujourd'hui  

    Et si notre existence sur terre avait un sens et une utilité pour la Création ? Ce deuxième épisode de la série “Des idées éclaircies avec Laudato Si” se penche sur la question à l’aide du chapitre 2 de l’encyclique “Laudato Si”. “Chacun de nous est voulu, chacun est aimé, chacun est nécessaire” (LS 65) Prêts à le croire ?

    Vidéo no 2 de 5 - LAUDATO SI - L'Écologie ?  " La nature se porterait mieux sans l'être humain ! "

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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

     Crédit d'image: Suzanne Szasz, Regard sur la nature à High Rock Park à Staten Island (détail), 1973, photographie, domaine public.
     
     Le don d'amis sages 

    En tant que franciscain, j'ai toujours été curieuse de la fructueuse amitié entre François d'Assise et sa compagne Claire. Ils n'étaient pas amoureux, mais ils étaient profondément dévoués les uns aux autres, construisaient leurs ordres ensemble et se tournaient les uns vers les autres pour obtenir du soutien et de la sagesse. Mon amie Mirabai Starr propose une vignette basée sur des histoires sur François et Claire, et montre une amitié mutuelle construite sur leur dévouement partagé au Christ:

    Claire a tout abandonné pour être avec François, pour vivre comme il vivait, pour voir le visage du Divin dans les visages des pauvres et des opprimés et pour les aimer comme il les aimait. «Son but dans la vie», dit Robert Ellsberg à propos de sainte Claire, «n'était pas d'être le reflet de François mais d'être, comme lui, le reflet du Christ. [1]

    Tandis que Francis guidait son ordre croissant de Petits Frères, il désigna Clare comme chef des Poor Ladies.

    Quand François se sentait le plus seul au monde, le plus persécuté et incompris, c'était à Claire qu'il se tournait pour la clarté, la sagesse et un amour dénué de sentimentalité. «Tout ce que je veux, c'est vivre en ermite et aimer mon Seigneur en secret», lui a-t-il avoué. «Et pourtant, je suis ému de prêcher l'évangile de la sainte pauvreté dans le monde. Que devrais-je faire?"

    Claire n'a pas équivoque: «Dieu ne vous a pas appelé pour vous seul, mais aussi pour le salut des autres.» [2]

    Vers la fin de sa vie, alors que la confrérie avait explosé si rapidement qu'elle menaçait d'imploser, la santé physique de Francis reflétait la maladie qui se propageait dans sa communauté. Agressé par une douleur incessante dans ses articulations et sa chair, et presque aveugle, l'ascète de quarante-quatre ans se réfugie dans un ermitage attenant au couvent des Clarisses à San Damiano [où Clare vécut et mourut].

    Là, près de la femme qui connaissait son âme et l'aimait d'un amour parfait, et enveloppé des sons et odeurs sacrés de la création, François composa son hymne extatique, «Le Cantique du Soleil».

    Lorsque François ne pouvait plus cacher la gravité de son état, les frères l'ont ramené chez lui pour mourir. Clare est immédiatement tombée gravement malade, partageant la souffrance de sa bien-aimée dans son propre corps. Quand Francis a appris que Claire était malade de chagrin, il lui a envoyé un message.

    «Je vous promets, écrit-il, que vous me reverrez avant de mourir. [Il a accepté et apprécié combien elle l'aimait! —Richard Rohr]

    Quelques jours plus tard, les frères ont porté le corps sans vie de François au couvent cloître de San Damiano et se sont arrêtés sous la fenêtre de Claire. Ils l'ont élevé pour que Clare puisse presque tendre la main et toucher ses cheveux. Les frères sont restés là aussi longtemps que Clare le souhaitait, tandis qu'elle remplissait ses yeux de lui et pleurait.

    Clare vécut encore vingt-sept ans sans son «pilier de force et de consolation», mais contente dans les bras de leur mère commune, «Notre-Dame, Très Sainte Pauvreté». Elle est devenue une grande et aimée chef spirituelle, dont l'enseignement principal était sa vie de simplicité radicale et de joie tranquille.

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     [1] Robert Ellsberg, Tous les Saints: Réflexions quotidiennes sur les saints, les prophètes et les témoins de notre temps (Carrefour: 2002, 1997), p. 345.

    [2] Les actes du bienheureux François et de ses compagnons, chapitre 16. Voir François d'Assise: Premiers documents , vol. 3: The Prophet (New City Press: 2001), 468–469.

    Mirabai Starr, Saint François d'Assise: Frère de la création (semble vrai: 2013), 74–76.

    Crédit d'image: Suzanne Szasz, Regard sur la nature à High Rock Park à Staten Island (détail), 1973, photographie, domaine public .

    Inspiration d'image: des amis de toutes sortes nous entourent et nous tiennent.

    SOURCE https://cac.org/

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    Ils le reconnurent à la fraction du pain. Léon-Augustin l’Hermite, 1892. Huile sur toile, 155,5 x 230 cm. Musée des Beaux-Arts, Boston (Wikimedia).

    Emmaüs, prise 2!

    Alain Faucher

    ALAIN FAUCHER | 3E DIMANCHE DE PÂQUES (B) – 18 AVRIL 2021

    L’apparition aux Onze : Luc 24, 35-48
    Les lectures : Actes 3, 13-15.17-19 ; Psaume 4 ; 1 Jean 2, 1-5a 
    Les citations bibliques sont tirées de la Traduction liturgique officielle.

    Depuis quelques années, l’Église convoque tous ses fidèles engagés dans l’aventure de la foi à adopter une mentalité et un comportement de disciples missionnaires. Cette formule de « disciple missionnaire » n’est pas juste un mantra passager, un effet de mode... Agir en témoins du Ressuscité, cela ne s’improvise pas. C’est une tâche nouvelle et essentielle des disciples de Jésus. Il s’agit de prolonger notre suite de Jésus dans des prises de paroles vécues dans nos réseaux de vie. C’est un geste sérieux!

    Car le témoignage des disciples missionnaires ne se livre pas n’importe comment. Certains éléments du témoignage sont incontournables. Nous les rencontrons aujourd’hui dans le récit d’évangile qui fournit un suivi à l’expérience d’Emmaüs, dans un discours de Pierre à Jérusalem et dans la réflexion d’une lettre johannique ultérieure. Restera à nous investir sérieusement dans le transfert de ces contenus vers notre propre aventure de rencontre du Ressuscité, vers notre vie de témoignage au sujet de la présence transformatrice du Seigneur de la vie... C’est une manière de penser et de vivre qui traduit un regard différent sur la vie humaine liée à celle de Dieu. C’est par conséquent un mode de vie supporté par une vision du monde et de la vie avec Dieu…

    Cette proposition de témoignage qui pétrit les écrits du pape François n’est pas une invention de la dernière pluie. Cette proposition s’enracine profondément dans les textes bibliques qui décrivent les suites de la Résurrection de Jésus. L’Église des débuts y révèle la source de ses élans vers les nations du monde. En proclamant à notre tour ces textes bibliques, nous explorons le premier jet du petit manuel du parfait disciple missionnaire!

    Évangile : Luc 24, 35-48

    Nous apprécions beaucoup le récit des disciples d’Emmaüs. Nous connaissons peut-être moins la suite des événements. C’est l’objet du récit évangélique de ce dimanche. Il nous offre un récit de suivi riche en enseignements. Pour certaines précisions, on va même plus loin dans cette « prise 2 » que dans le récit de base…

    Chose étonnante : il se passe quelque chose d’important quand les disciples racontent leur rencontre avec Jésus qui leur avait partagé le pain. Cette simple évocation permet la présence de Jésus au milieu du groupe. Telle est la force de la parole : parler de la fraction du pain prolonge son effet présentiel… La venue de Jésus suscite frayeur et crainte, une profonde expérience spirituelle et religieuse que viennent étayer des références corporelles données par Jésus. Ce n’est pas seulement avec le toucher ou la vue que le Ressuscité s’impose à notre foi. Le corps qui s’alimente vient confirmer que la présence réconfortante du Seigneur est acquise à ses amis. Il n’est pas un pur esprit… Il est « in-corporé ».

    Ce qui s’avère décisif pour rencontrer le Ressuscité, c’est la relecture d’expérience à la lumière des textes sacrés. Il s’agit de donner sens à des événements fondateurs selon les modalités proposées par Jésus lui-même. Une plongée dans le Premier Testament s’avère indispensable. Certes, les croyantes et les croyants d’aujourd’hui ne sont pas séduits à l’idée d’explorer l’Ancien Testament. Pourtant, c’est là que Jésus trouve les arguments pour relier la mort honteuse sur la croix au relèvement glorieux voulu par Dieu le Père… À partir de ce moment, la conversion peut être proclamée en son nom par ses mandataires, qui sont alors centrés sur l’essentiel.

    Pour lire la suite.... http://www.interbible.org/interBible/cithare/celebrer/2021/b_paques_03.html

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