• Homélie du 6ème dimanche du temps ordinaire (16 février 2014)

    Homélie du 6ème dimanche du temps ordinaire (16 février)

    Abbé Jean Compazieu

      Dieu veut « habiter les coeurs droits et sincères ».

     

    Textes bibliques : Lire   ou  Ecouter

    Dans la liturgie de ce dimanche, nous trouvons une parole qui pourrait être le fil conducteur de notre méditation. Nous le lisons dans la prière du célébrant, juste avant les textes bibliques : nous nous sommes adressés à « Dieu qui veut habiter les cœurs droits et sincères ». C’est vrai, notre Dieu a fait sa demeure en ceux qui gardent sa parole. Ailleurs, la Bible nous dit que nous sommes le Temple que Dieu veut habiter. Les textes bibliques de ce jour nous montrent comment garder un cœur « droit et sincère ».

    La première lecture est un appel à rester fidèle. Notre intérêt est là, dans cette fidélité de tous les jours. Mais devant Dieu, nous ne sommes pas des robots. Il nous a créés libres et responsables. Chacun peut choisir entre l’eau ou le feu, la vie ou la mort. Ce qui nous est demandé, c’est d’observer les commandements. C’est en Dieu que nous trouvons la vie. Le problème c’est que beaucoup confondent la liberté avec l’absence de règles morales.  Il est toujours difficile de rester vraiment libres devant les séductions de l’argent, du plaisir et du pouvoir. Et nous voyons bien que c’est catastrophique. La vraie liberté s’obtient par un combat de tous les jours contre nos tendances égoïstes.

    Dans sa lettre aux Corinthiens, saint Paul nous invite également à faire le choix de Dieu. Les habitants de Corinthe ne pouvaient imaginer un Dieu crucifié. Pour eux, c’était de la folie. Mais, nous dit saint Paul,  ce qui est folie aux yeux des hommes est sagesse aux yeux de Dieu. Et c’est  dans cette sagesse que nous trouvons la vraie vie. C’est son Esprit qui fait de nous des adultes dans la foi. C’est lui qui nous rend capables de dire non à l’esprit de domination. Si nous choisissons de suivre Jésus, nous prendrons le même chemin que lui, celui du service. C’est à cela que nous serons reconnus comme disciples du Christ.

    Dans l’Evangile, nous avons entendu le discours de Jésus sur la montagne. Il y rappelle la loi qui avait été transmise à Moïse sur la montagne du Sinaï. Les dix commandements nous montrent une discipline de vie où l’on apprend des choses essentielles. Malheureusement, on a trop souvent présenté ces commandements comme des interdits. En fait, le premier de ces commandements porte sur l’amour. Les autres ne sont là que pour protéger celui de l’amour. Ils nous enseignent une discipline de vie qui ne supprime pas notre liberté. Bien au contraire, ils sont là pour la structurer. Beaucoup de jeunes sont peut-être désœuvrés, anxieux, insécurisés. Mais sont-ils vraiment structurés. La loi n’a jamais traumatisé personne.

    En ce jour, nous sommes invités à faire un pas de plus : il nous faut passer de la montagne de Moïse à celle des béatitudes. Les premiers commandements étaient des simples balises pour montrer le minimum vital. C’était nécessaire pour que la vie de société soit possible. Ne pas tuer, ne pas voler, ne pas tromper. Au long des siècles, cette loi s’est affinée. Au fur et à mesure que les exigences morales avançaient, on l’a progressivement précisée.

    Jésus s’inscrit dans cette progression. Il ne supprime pas les étapes précédentes. Il nous appelle à en franchir une nouvelle : « On vous à dit… Moi je vous dis… » Cet évangile est un appel à une véritable conversion. Nous devons réapprendre à régler notre vie sur Jésus et non sur la manière de faire des hommes. Il est urgent de tout faire pour être vrais devant Dieu et devant nos frères. Aller toujours plus loin dans l’amour, voilà la vraie sagesse. Nous vivons dans un monde qui a bien du mal à prendre ce chemin. Les violences, les meurtres, l’hypocrisie, les familles qui se disloquent…. Voilà des fléaux qui empoisonnent la vie de notre société.

    Face à cette situation dramatique, Jésus nous invite à couper et à trancher. Il ne s’agit pas de nous mutiler mais de trancher dans nos modes de vie. Ce qu’il faut éliminer c’est l’égoïsme, l’orgueil, le regard méchant ou indifférent que nous portons sur les autres, la rancune qui n’en finit pas de diviser les familles ou les voisins. Bien sûr, nous chrétiens, nous n’avons pas le monopole de l’amour. Mais la véritable exigence pour un chrétien c’est d’aimer toujours davantage, c’est de nous  laisser habiter par l’amour de Dieu. Notre Dieu n’arrête pas de nous placer la barre un peu plus haut.

    Voilà un chemin difficile. Mais nous ne sommes pas seuls. Jésus est toujours là avec nous. Il nous donne la force nécessaire pour nous engager dans cette direction. Il ne se contente pas de nous donner des commandements. Il nous donne sa grâce. Son Esprit déploie sa force dans notre faiblesse. Il nous relève et nous affermit.

    En ce jour, nous le prions en union avec tous les chrétiens : Dieu notre Père, nous te confions ton Eglise ici rassemblée. Que la Parole du Christ, dans ses exigences et sa bienveillance soit toujours notre nourriture.  Amen

    Sources : revues Signes, Feu Nouveau et Dimanche en paroisse – L’intelligence des Ecritures (Marie Noëlle Thabut) – Textes bibliques des dimanches (A.Vanyoye) – Répertoire ADAP (site du diocèse de Nouvelle Calédonie) – Homélies Année A (Patrick Chauvet)

    source http://dimancheprochain.org

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