• L’EGLISE D’ALGERIE UNE EGLISE DE BÂTISSEURS DE PAIX (1) -Suzanne

    Un reportage de Suzanne Giuseppi Testut de sa récente mission en Algérie.. c'est à lire et relire ! Merci BEAUCOUP SUZANNE

    L’EGLISE D’ALGERIE

    UNE EGLISE DE BÂTISSEURS DE PAIX (1)

     

     

     

    « Si tu acceptes l’imprévu, tu peux venir ».Fr Hubert répare une chaise

     

    C’est ainsi qu’il y a bientôt deux ans, le Père Hubert LE BOUQUIN, capucin, m’a proposé de le rejoindre et de participer à sa mission qui s’exerce particulièrement auprès des jeunes étudiants subsahariens de la faculté de Tiaret.

    Bien que n’étant jamais allée en Algérie et n’ayant aucun membre de ma famille lié à ce pays, il ne m’était pas totalement inconnu. En effet, chaque été, depuis plusieurs années, nous nous retrouvons en montagne avec le père Bernard MALLET sj. Celui-ci qui vit en Algérie depuis longtemps nous parle souvent et avec enthousiasme de ce pays qu’il aime profondément Or, durant l’été 2011, Bernard me propose également d’intervenir au Ben SmenCentre de Ben Smen à Alger, lieu spirituel très actif où résident plusieurs pères jésuites. Bien plus, les frères capucins de Tiaret qui sont en relation avec les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie, me proposent en outre, de visiter toutes leurs communautés dispersées aux quatre coins de l’Algérie. C’était pour moi l’occasion de poursuivre auprès d’elles ce que j’avais déjà fait auprès des communautés FMM de Saint Brieuc, de Paris et de Bartrès. D’autre part, mes livres, « La Déposition » et « Les Mouvements Intérieurs de l’Âme » leur étaient déjà connus.

    Impossible de résister à cet appel. C’est justement cet imprévu de Dieu qui l’a emporté. J’ai donc pris ma décision et, c’est peu dire, elle n’a pas toujours trouvé un écho favorable auprès de mon entourage. L’insécurité a d’abord été invoquée, puis il m’a été demandé « ce que j’allais faire là-bas », dans un pays musulman, il y a tant à faire ici ! Parfois même, avec ironie, certaines personnes m’ont demandé si j’allais animer pour les musulmans, des « conférences spirituelles » sur « La déposition » et « Les Mouvements Intérieurs de l’Âme ».

    Me voilà donc partie, seule, en Algérie, ne sachant pas ce que j’allais devoir « faire » mais avec un programme de visites plutôt impressionnant : j’allais en permanence me déplacer, seule, dans un pays que je ne connaissais pas, du nord au sud, du sud à l’est, de l’est à l’ouest, de l’ouest au sud etc. Il m’était en quelque sorte demandé de faire comme Abraham, de regarder dans toutes les directions et vers le ciel, d’avancer et de faire confiance au Seigneur. Cela m’a demandé un grand dépassement personnel dans ce pays à la réputation inquiétante.

    L’Eglise d’Algérie, une Eglise de bâtisseurs de paix.

    Je suis accueillie à mon arrivée à l’aéroport d’Alger par le père Bernard Mallet. J’ai traversé « la mer blanche du juste milieu », c’est ainsi que s’appelle en arabe la Méditerranée. Ma joie est grande de le retrouver sur « l’autre rive », il m’en parle depuis tant d’années. L’Algérie est « sa vie ».  Il la décrit comme étant un peu la « Galilée des nations ».

    « La rencontre des autres traditions culturelles ou religieuses est devenue pour plusieurs d’entre nous le chemin où se vérifie notre rencontre avec Dieu »

    « A la question ‘Qui est mon prochain ?’Je crois pouvoir répondre aujourd’hui, ce sont ces algériens et ces algériennes que Dieu met quotidiennement sur ma route. J’ai trouvé ma « terre de mission » et, parmi les jésuites, je crois être l’un des plus vernis, puisqu’au travers de mes diverses activités, je rencontre pas moins de 140 enfants et de 27 jeunes adultes chaque semaine. Ces jeunes algériens sont l’avenir du pays : ils ont entre 3 et 31 ans ; ils viennent de toutes les régions du pays. Qui peut rêver d’une telle diversité ; elle m’apporte des trésors enfouis, à récolter quotidiennement. (Bernard Mallet)

    Bernard enseigne aussi au C.I.A.R.A, une association pour l’insertion professionnelle des jeunes. Fondé il y a une vingtaine d’année par un père jésuite, en collaboration avec des amis algériens, le CIARA a pour objectif premier d’aider à l’insertion professionnelle des jeunes à la recherche de leur premier emploi. Ses moyens d’action : des intervenants issus du milieu de l’entreprise, des formations courtes et très pratiques technologiques et aussi à la maîtrise des outils modernes de recherche d’emploi. Invitée par Bernard à participer avec lui à un cours de Français, j’ai pu rencontrer des jeunes, discuter avec eux et me rendre compte de leurs motivations mais aussi des liens qu’ils établissent avec leurs formateurs. Il y a un effectif d’environ soixante jeunes chaque trimestre dont la majorité trouve un emploi dans l’année.Notre Dame d'Afrique +á Alger

    En plus de toutes ces activités, Bernard, excellent musicien, chante, s’accompagne à la guitare et même, donne des concerts avec des jeunes. Pour lui, la rencontre, l’accueil et l’hospitalité sont des « passerelles de paix » pour rejoindre l’autre dans le respect de nos différences.

    Nous faisons un rapide passage à Ben Smen pour saluer les pères Jésuites et rejoignons ensuite la Basilique Notre Dame d’Afrique – « Notre Dame » comme l’appelle les algériens – attenante au lieu de résidence des sœurs. Située sur une hauteur d’Alger, près des jardins de la Nonciature, la vue sur la ville et la Méditerranée y est très belle. De nombreux algériens et algériennes viennent s’y recueillir ou rencontrer les religieuses qui y assurent une permanence. Lieu privilégié de dialogue avec nos frères et sœurs de l’Islam.

    Je vais résider chez les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie qui m’accueillent très fraternellement et où je rencontre Gosia-polonaise, Anne-Marie-italienne, Denise-française née en Algérie, Marian-espagnole, May-française et enfin Montserrat-espagnole-provinciale/Algérie-Tunisie-Lybie.

    Frère Hubert doit venir me rejoindre le 29 mars car nous allons participer aux JAJ - Journées Algériennes de la Jeunesse - organisées pour la première fois en Algérie. Les JAJ sont le prolongement des JMJ – « Journées Mondiales de la Jeunesse » de Madrid en 2011 où l’Algérie est le seul pays du Maghreb à y avoir été représenté. Très grand défi, courageux et audacieux exprimé en grande humilité par le père Bernard LEFEVRE, Père Blanc, recteur de ND d’Afrique : « C’est pour l’Eglise. Pour plus de détail, voir mon compte-rendu en annexe écrit à la demande du Vicaire Général d’Alger,JAJ Mgr Ghaleb Bader le Père Christian MAUVAIS.

    Hubert m’a fait un grand honneur et une très grande joie en me demandant de présenter au cours de cette manifestation, la spiritualité de saint François d’Assise. Très beau moment où j’ai vécu la présence de François d’une façon exceptionnelle. Un petit frère capucin et une petite séculière franciscaine se sont dirigés, en se tenant par la main, vers le cœur de la Basilique. Frère Hubert, avec beaucoup de finesse a introduit mon intervention en rappelant l’épisode de François et du Sultan. Il était 2h30 du matin quand nous sommes intervenus. Son Excellence, Monseigneur Ghaleb BADER, Archevêque d’Alger, m’a fait remarquer avec beaucoup de gentillesse, lorsque je suis revenue à ma place, que malgré l’heure tardive, cela valait la peine d’attendre et d’écouter. Toute fatigue s’était envolée.

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