• Méditation : L'avenir de la Vie - Stéfan Thériault

    « Je te suivrai partout où tu iras »
    (Luc 9, 57-62) 


    Méditation : L'avenir de la Vie

    Le texte d'aujourd'hui nous parle de la mission à la suite du Christ
    et des attitudes nécessaires pour y adhérer. Trois aspects nous sont présentés.
    « Un homme dit à Jésus : Je te suivrai partout où tu iras. »
    Une telle affirmation est en soi une contradiction à l'égard de la mission,
    car personne ne peut réaliser une telle promesse,
    car seul le Christ peut accomplir sa mission en nous.
    Ce n'est jamais par notre propre force que nous marchons sur ce chemin.
    Jésus lui rappelle d'ailleurs
    que « le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »

    Nous sommes habitués dans notre vie à nous appuyer sur les choses de ce monde ou sur nos talents, notre intelligence, nos plans bien structurés, etc.
    pour réaliser nos projets.

    Le projet de Dieu sur nous implique plutôt un total abandon à Dieu.
    Tous nos points d'appui d'hier ou nos supports pour avancer
    doivent être abandonnés pour laisser faire Dieu
    ou pour laisser advenir la mission comme il le désire.
    Jésus nous dit que la mission exige que nous n'ayons rien où « reposer la tête ».

     

    Il nous demande une « expropriation » ou « désappropriation » de nous-mêmes
    et de tout ce que nous connaissons pour nous abandonner à la Parole,
    pour glisser dans le monde du Fils qui ne tient à rien,
    sinon qu'Il reçoit tout du Père et lui redonne tout.
    Nous devons, en quelque sorte, recevoir le Christ comme le Christ reçoit le Père. Nous devons être si transparents du Fils que le Fils, par, avec et en nous,
    puisse être transparent du Père.
    Assurément, un tel appel ne peut être le fruit de nos forces.
    Vivre en ce monde sans avoir aucun lieu où reposer la tête
    pour vivre dans l'abandon au Christ dont le seul appui est la volonté du Père
    n'est pas une œuvre humaine mais l'entrée obligée dans la mission du Fils
    afin que, par nous, il révèle le Père.

    Puis Jésus appelle un homme : « Suis-moi. »
    L’homme répondit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts.
    Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »
    D'un point de vue humain, la réponse de Jésus semble incompréhensible.
    Tout de même, enterrer son père n'est-il pas un acte de charité élémentaire ?

    En fait, à celui qui veut véritablement s'abandonner au Christ
    et entrer dans la mission qui lui est confiée, plus rien ne lui appartient.
    Tout ce qu'il est, tout ce qu'il dit, tout ce qu'il fait ou tout ce qu'il possède,
    toute sa vie, en somme, appartient à Dieu.
    Comme le Fils, une telle personne est appelée à entrer dans l'obéissance à l'Esprit,
    à agir uniquement selon la volonté de Dieu.
    Toute sa vie comme toute sa personne deviennent mission,
    lieu de la révélation de Dieu, lieu du don de Dieu par, avec et en elle.
    Tout lui est soumis, car toute la vie humaine est ordonnée à sa gloire,
    au resplendissement de son Amour.
    Si bien que la première exigence est d'aller « annoncer le royaume ».
    L'humain n'est plus appelé à « enterrer des morts » mais à engendrer des vivants, c'est-à-dire à faire couler sur le monde l'abondance de la Vie de Dieu.

    Disons-le, encore trop souvent dans nos vies,
    nous vivons comme des morts qui enterrent d'autres morts.
    La vie est là qui surgit et, continuellement,
    nous préférons le confort de nos tombeaux avec ses ombres bien connues,
    ses petites misères, ses vieilles habitudes d'enterrement avec ses ressentiments,
    ses jugements, ses rejets...
    Ou encore, en Église, nous tenons à nos façons de faire d'hier,
    nous maintenons des structures à tout prix au détriment de la mission,
    et nous nous refusons à nous laisser conduire là où l'Esprit veut nous mener.
    Nous sommes à défendre nos habitudes et nos vérités
    au lieu d'annoncer la Bonne Nouvelle de la Vie offerte et partagée de Dieu
    et de favoriser une Rencontre avec Dieu.

    Enfin, une autre personne lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ;
    mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. »
    Jésus lui répondit : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

    Prendre le chemin de la mission est de suivre Celui qui marche devant.
    Son royaume est une terre promise, un avenir tout grand ouvert
    vers lequel nous devons marcher et entraîner les autres.
    Mais Jésus nous met en garde ici de ne pas marcher vers l'avenir à reculons,
    c'est-à-dire dans un retour en arrière constant
    vers ce que nous avons peur de perdre ou de laisser.
    Comme ces morts que nous enterrons, Il veut nous voir quitter ce passé de mort qui envenime notre présent et empêche la liberté de notre marche.

    Cette marche libre est donc un détournement du mal (d'hier) en nous
    et de toutes ses chaînes et ce monde bien contrôlé
    que nous nous sommes construit, car le chemin de la Vie en est un de création
    et qui dit création signifie un éclatement, un trop grand, un dépassement,
    une résurrection...
    Ne laissons plus le mal, nos peurs ou nos habitudes nous enfermer dans le passé
    et osons, avec foi, l'avenir avec toutes ses promesses,
    lesquelles ne peuvent se découvrir qu'en marchant.

    La mission nous dit Jésus implique donc à « le laisser faire »,
    à le laisser accomplir par, avec et en nous l'œuvre du Père.
    Pour ce faire, nous devons oser la marche libre sur la terre des vivants,
    cessant de vivre comme un mort qui enterre ses morts
    ou comme une personne qui vit dans le passé du mal et de son petit monde
    au point de perdre l'horizon de la Vie qui ne cesse de s'ouvrir devant lui.
    Il nous demande de nous lever pour oser co-créer le monde avec Lui.
    Marchons ni dans la prétention d'être maître de la marche,
    ni en refusant la Vie nouvelle que la Parole même que nous annonçons nous offre
    et ni en marchant de « reculons » ! Marchons simplement dans l'ineffable de la Vie !

    Stéfan Thériault, directeur du Centre« Le Pèlerin »
    stheriault@lepelerin.org (www.lepelerin.org) 30 septembre 2020

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  • Commentaires

    1
    coeur léger
    Vendredi 9 Octobre à 17:07

    Merci Stéfan, c'est mon plus grand désir depuis mon enfance et voilà les mots qui font vibrer mon coeur et éclairer mes OUI à marcher avec Lui. Paix et Joie Madeleine

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