• Quand rien ne va plus

    Quand rien ne va plus

     
    Quand rien ne va plus Dans le Québec d’aujourd’hui, il n’y a pas de plus grand contraste que « l’orgie de consommation » de décembre et le blues de janvier. En cette période-ci de l’année : tout est lourd. Les factures arrivent; on a pris du poids, etc. Bref, le temps est venu de constater les dégâts. Beaucoup sombrent dans la déprime, ou même le découragement. Pour moi, le mois de janvier est le meilleur moment pour vérifier si l’on a vécu un Noël chrétien ou non.


    Car, j’ai moi-même des défis d’humeur en ce mois-là. Depuis toujours, je crois. J’ai bien tenté d’en trouver la cause, mais pour le moment, c’est sans succès. J’ai même habité dans l’Arctique, où j’ai appris à vivre avec la déprime de janvier. Les médecins et infirmières, là-haut, enseignent à prendre soin de soi, par des promenades aussitôt qu’il fait jour, par un rythme régulier. « Soyez confiants : vous verrez, on s’en sort ». Là-haut, le mois de janvier est universellement reconnu comme un défi que tous doivent relever ; ce n’est pas seulement un phénomène individuel. 


    Depuis que je dirige des chorales, je peux mesurer avec précision la perte d’énergie et de motivation qui frappe les gens en cette période-ci de l’année. J’ai souvent dit : « Si vous traversez janvier, vous vaincrez tous les obstacles ». En toute situation, quel que soit l’objectif que l’on s’est fixé, il y aura des passages à vide, des moments où l’on voudrait « tout lâcher ». Le nier serait se faire illusion. 


    Or, on peut en sortir, pas seulement « convenablement », mais franchement et solidement. Pour ma part, j’ai toujours cru en la victoire de Jésus sur la mort, de la lumière sur la ténèbres. Et très souvent, j’ai vu ces situations où tout est sur le point « de craquer ». En fait, toute grande victoire est précédée d’un échec ou d’une impression d’échec. Aujourd’hui, je sais que cela « fait partie de la vie », que cela est vrai. Tellement vrai.

     

    Ignace de Loyola est probablement l’un des saints de l’Église qui peut, le mieux, nous aider à comprendre ce qui se passe. Dans ses exercices spirituels, il nous apprend à discerner les « fruits de l’Esprit », en particulier celui de la paix. Il a pris conscience de cela alors qu’il était immobilisé, suite à une blessure de guerre (un boulet de canon sur la jambe, je crois). Il lisait tour à tour des récits de chevaliers et des vies de saints ; des passages évangéliques et des légendes de héros militaires. Il a constaté une chose : certaines histoires laissaient en lui une paix et une joie durables ; d’autres, non. Après l’euphorie du moment, tout s’évanouit et le laisse déçu et amer.


    Ce fut le début de toute son école de discernement. Dans notre vie, certains événements nous laissent le cœur en joie, des jours durant ; d’autres sont vécus dans la joie, pendant l’événement, mais après, il reste un arrière-goût d’amertume et de déception. Rien de plus. Saint Ignace enseigne que ce qui laisse un goût d’amertume n’appartient pas à l’Esprit de Dieu ni à son Royaume. Pour moi, il est de plus en plus clair que nos Noëls commerciaux relèvent de cette dernière catégorie.


    Depuis plusieurs années, j’ai décidé de « décrocher » de ce type de Fêtes. Je ne cours plus les boutiques, je ne donne plus de cadeaux — ou pas beaucoup —, et je m’organise pour qu’on ne se sente pas obligé de m’en donner. Par contre, je visite personnellement les gens, dans leur maison ; je passe du bon temps avec ma famille. J’invite mes amis à des activités de plein air ; je fais du bénévolat (Nez-Rouge, encore cette année, et quelques bons moments passés avec des personnes seules). Meilleure décision que j’ai prise!


    J’arrive en janvier, le cœur rempli de souvenirs : de paysages magnifiques et des visages rayonnants. Je commence mon année plein d’énergie et ressourcé. Oui, janvier sera toujours un défi pour moi, mais les 7-8 dernières années m’ont permis de vérifier quelque chose : ce n’est pas une fatalité. Choisir un bonheur vrai, durable et résistant — même au mois de janvier —  n’est pas si difficile si l’on sait comment discerner. Bonne année !

    Frère Guylain Prince, ofm

    source http://www.freresfranciscains.ca

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  • Commentaires

    1
    Damay-Gouin
    Mercredi 24 Janvier à 10:23

    Un jour de fêtes  serait-il synonyme d'orgies ?  Ne peut-il pas être synonyme de joie de rencontrer famille et personnes amies , Ceci malgré la fatigue du bruit, du dérangement dans ma vie habituelle? ... Ce fut un merveilleux Noël et aussi merveilleuses fêtes de fin d'année !

    Et en janvier, il me faut me reposer  tout en continuant à être proche des autres !!!

    Paix et Joie

    Alice

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