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    Le Pape à la Curie: «laissons-nous évangéliser par l’humilité de Noël»

    Dans ses vœux de Noël prononcés devant la Curie ce jeudi, le Pape François a expliqué que la naissance du Christ était le mystère de Dieu qui vient dans l’humilité, et invité ses plus proches collaborateurs à poursuivre le parcours synodal dans lequel ils se sont engagés.
     

    Olivier Bonnel - Cité du Vatican

    Comme chaque année à l’approche de Noël, le Pape François a prononcé ses vœux devant la Curie dans la salle des bénédictions du Vatican. François a d’abord écouté le salut du doyen du collège cardinalice le cardinal Giovanni Battista Re qui est revenu sur le synode lancé au niveau universel dans l’Eglise. Cette phase du processus synodal «doit être une marche commune non seulement pour dialoguer, proposer et même rêver ensemble, mais avant tout pour "prier ensemble", chose qui ne semble pas avoir été pleinement perçue dans tous les diocèses dans sa signification profonde» a souligné le cardinal italien. Puis le pape a pris la parole pour un délivrer un long discours.

    «Si nous devions exprimer tout le mystère de Noël en un seul mot, je pense que le mot humilité serait celui qui pourrait nous aider le plus» a d’emblée expliqué le Saint-Père avant de développer sa réflexion. «Le Roi des rois vient dans le monde non pas en attirant l'attention, mais en suscitant une mystérieuse attraction dans le cœur de ceux qui ressentent la présence bouleversante d'une nouveauté sur le point de changer l'histoire. L'humilité a été sa porte d'entrée et il nous invite à la franchir».

    François est revenu sur l’histoire de Naaman le Syrien, rapporté par le Livre des Rois (2 R, 5). Cet ancien général prestigieux de l'armée araméenne, connu pour ses actes valeureux et son courage fut atteint de la lèpre. «Son armure, celle-là même qui lui apporte la gloire, recouvre en réalité une humanité fragile, blessée, malade» a expliqué le Pape. «Nous trouvons souvent cette contradiction dans nos propres vies : parfois, les grands dons sont une armure qui couvrent de grandes fragilités».

    Naaman a compris «une vérité fondamentale : on ne peut pas passer sa vie à se cacher derrière une charge, un rôle, une reconnaissance sociale» a poursuivi le Souverain Pontife.

    Mettre à nu son humanité

    Le général sera poussé par le prophète Elisée à se dévêtir, à faire tomber son armure pour se plonger dans les eaux du Jourdain. Il est finalement purifié. «L'histoire de Naaman nous rappelle que Noël est le moment où chacun de nous doit avoir le courage d'enlever son armure, de se débarrasser des vêtements de sa charge, de la reconnaissance sociale, de l'éclat de la gloire de ce monde» a expliqué François, soulignant que «nous sommes tous des lépreux qui ont besoin d'être guéris».

    Le Pape a souligné une nouvelle fois les pièges de la mondanité spirituelle qui, «à la différence de toutes les autres tentations, est difficile à démasquer parce qu'elle est recouverte de tout ce qui habituellement nous rassure : notre charge, la liturgie, la doctrine, la religiosité».

    Mémoire et avenir

    Face à la tentation de l’orgueil, contraire de l’humilité, le Pape s’est arrêté sur deux verbes : «se souvenir» et «engendrer». «Se souvenir signifie étymologiquement “ramener au cœur”. La mémoire vitale que nous avons de la Tradition, de nos racines, n'est pas un culte du passé mais un mouvement intérieur par lequel nous ramenons constamment au cœur ce qui nous a précédés, ce qui a traversé notre histoire, ce qui nous a conduits jusqu’à aujourd’hui».

    «Pour que le souvenir ne devienne pas une prison du passé, nous avons besoin d'un autre verbe : engendrer, a poursuivi le Saint-Père, la personne humble se soucie également de l'avenir, et non seulement du passé, parce qu'elle sait regarder en avant, elle sait voir les bourgeons, avec une mémoire pleine de gratitude.

    François a encore expliqué à la Curie que « la personne humble accepte d'être remise en cause, elle s'ouvre à la nouveauté ». Contrairement à l'orgueilleux, elle sait que ni ses mérites ni ses “bonnes habitudes” ne sont le principe et le fondement de son existence ; « elle est donc capable de faire confiance»  a-t-il précisé.

    Entrer dans la démarche synodale

    Dans la deuxième partie de son discours, le Pape François a invité ses collaborateurs à poursuivre le parcours synodal qui a été amorcé au mois d’octobre dernier. «Là encore, seule l'humilité peut nous mettre en juste condition pour nous rencontrer et nous écouter, pour dialoguer et discerner», a souligné le Souverain Pontife. En effet, ce chemin ne peut être fructueux que si chacun ne reste pas « enfermé dans ses propres convictions, dans son propre vécu, dans la coquille de son seul ressenti et de ses idées personnelles» a-t-il mis en garde.

    Le synode, a encore expliqué François n’est pas un «un événement réservé à l’Église comme entité abstraite et éloignée de nous», mais nécessite bien une démarche de conversion. «La synodalité est un style auquel nous devons nous convertir, surtout nous qui sommes ici et qui vivons l’expérience du service de l’Église universelle par le travail à la Curie romaine» a-t-il expliqué.

    La Curie n’est pas qu’un instrument bureaucratique

    Cette dynamique synodale vient ainsi mettre en lumière ce qu’est et doit être la Curie romaine, selon le Pape François : «elle n’est pas seulement un instrument logistique et bureaucratique pour les nécessités de l’Église universelle, mais elle est le premier organisme appelé au témoignage».

    «C’est précisément pour cela qu’elle acquiert toujours plus d’autorité et d’efficacité lorsqu’elle assume elle-même les défis de la conversion synodale à laquelle elle est aussi appelée, a poursuivi le Pape, précisant que l’organisation que nous devons mettre en place n’est pas sur le modèle de l’entreprise, mais sur un modèle évangélique».

    Le Pape, comme lors de l’inauguration du synode, a repris les trois mots-clés qui sont au cœur de ce parcours d’écoute à l’intérieur de l’Eglise : «participation, communion et mission ». «Trois exigences que je voudrais indiquer comme style d’humilité auquel il faut tendre, ici, à la Curie,  a précisé François. Trois façons pour faire du chemin de l’humilité, un chemin concret à mettre en pratique».

    Participation, communion, mission

    La participation «se manifeste souvent, surtout là où on laisse et où on trouve de la place pour chacun, même à ceux qui, hiérarchiquement, semblent occuper un poste marginal» a expliqué le Saint-Père.

    La communion naît fondamentalement de la relation avec le Christ. Ce qui la fortifie « c’est de pouvoir aussi prier ensemble, d’écouter la Parole ensemble, de construire des relations qui ne relèvent pas du simple travail et qui renforcent de bons liens en nous aidant les uns les autres». Dans la collaboration, « on est ensemble parce qu’on porte à cœur le bien de l’autre et, par conséquent, de tout le Peuple de Dieu que nous sommes appelés à servir» a encore expliqué François, qui a invité à ne pas «oublier le visage concret des personnes».

    La mission enfin, «est ce qui nous évite de nous replier sur nous-mêmes» a enfin expliqué le Pape. Et François de dénoncer sévèrement cette attitude de celui qui « fait ressortir continuellement les erreurs des autres et est obsédé par l’apparence qui n’apprend rien de ses propres péchés et n’est pas authentiquement ouvert au pardon ». Cette mission implique une «passion pour les pauvres» qui concerne toute l’Eglise.

    Apprendre à s’agenouiller

    «Je voudrais vous souhaiter, et à moi en premier, de nous laisser évangéliser par l'humilité de Noël, de la crèche, de la pauvreté et de l’essentialité par lesquelles le Fils de Dieu est entré dans le monde » a enfin conclu François.

    «Ce n'est qu'en servant et en considérant notre travail comme un service que nous pouvons vraiment être utiles à tous,  a-t-il rappelé. Nous sommes ici - moi le premier - pour apprendre à nous agenouiller et à adorer le Seigneur dans son humilité, et non d'autres seigneurs dans leur opulence vide. Nous sommes comme les bergers, nous sommes comme les Mages, nous sommes comme Jésus. Voilà la leçon de Noël : l'humilité est la grande condition de la foi, de la vie spirituelle, de la sainteté ». 

    Discours de vœux de Noël du Pape François à la Curie romaine
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    source  https://www.vaticannews.va/fr
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