• Homélie du 29e dimanche du temps ordinaire. - 18 octobre 2015

    Homélie du 29e dimanche du temps ordinaire.

    Abbé Jean Compazieu

     Un pouvoir, un service

    Textes bibliques : Lire

    La première lecture est extraite du livre d’Isaïe. Le prophète s’adresse à un peuple déporté vers une terre étrangère. Il lui fait comprendre que sa libération ne saurait venir d’un guerrier fort de sa puissance militaire. Elle ne peut venir que d’un homme capable de bouleverser le cœur de l’homme en l’arrachant à ses illusions. Ce texte est un message d’espérance pour chacun de nous. Il nous dit que Dieu n’abandonne  jamais son peuple. Le prophète parle d’un serviteur qui « justifiera les multitudes ». 

    Ce poème du serviteur souffrant, Jésus l’a fait sien. Il y a vu le programme de sa mission rédemptrice. Et aujourd’hui, il veut nous associer tous à cette mission. Il nous envoie vers les autres, en particulier vers ceux et celles qui sont douloureusement éprouvés par la souffrance, la maladie, l’exclusion. Cela passe par des visites, des gestes d’accueil, de partage et d’amitié. Aller vers celui qui n’a pas le moral, celui qui souffre, c’est une manière de participer à la mission du Christ serviteur. Quand nous allons vers eux avec Jésus et Marie, nos visites deviennent des « visitations ».

    La lettre aux hébreux nous montre le Christ, grand prêtre, qui a partagé nos épreuves. Il est celui qui nous fait grâce et nous obtient la miséricorde. Il fait le lien entre la terre et le ciel. Il parle des hommes à Dieu et de Dieu aux hommes. Il intercède pour leur salut. Nous sommes tous appelés à participer au sacerdoce du Christ. Notre mission c’est de faire miséricorde, de pardonner, d’accueillir ceux et celles qui le met sur notre route. Et surtout, ne manquons pas de les porter dans notre prière. C’est ainsi que nous deviendrons de fidèles témoins de l’Évangile.

    Mais la tentation de revenir en arrière est toujours bien présente. Dimanche dernier, l’Évangile nous parlait des richesses et de ses dangers. Aujourd’hui, il aborde la question du pouvoir. Ils sont nombreux ceux qui cherchent les bonnes places dans la profession, la politique nationale ou internationale. Cela nous conduit à une société fondée sur des rapports de force qui ne peut qu’entraîner violences et injustices.

    L’Évangile nous montre les disciples Jacques et Jean qui ont réclamé d’être à droite et à gauche de Jésus dans son Royaume. Les autres disciples s’indignent contre ceux qui ont voulu « se pousser ». C’est normal car ils se disent : « pourquoi pas nous ? » Mais Jésus ne s’indigne pas. Il sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme. S’il intervient, c’est pour les amener et nous amener à changer de perspective. Il dénonce les rapports de force et de supériorité. Le pouvoir comme écrasement des autres ne doit pas avoir sa place parmi les disciples.

    La gloire du Christ se manifestera sur la croix. À sa droite et à sa gauche, nous trouverons deux bandits. La coupe qu’il boira sera celle de sa Passion qui l’introduira dans le Royaume. Là, toutes les relations seront transformées. Chacun y découvrira que sa place est un don de Dieu. C’est ainsi que Jésus a aboli la loi du plus fort. Il l’a remplacée par celle du plus aimant. C’est une conversion de tous les jours que nous obtiendrons en contemplant et un accueillant « Jésus serviteur ». Il est celui qui « nous a aimés comme on n’a jamais aimé. »

    C’est très important pour nous aujourd’hui. Notre monde juge le christianisme à travers ceux qui le pratiquent, donc à travers nous. Notre première tâche c’est de nous laisser imprégner par l’Esprit Saint pour ne pas déformer le message de l’Évangile. Notre travail c’est de poursuivre la mission du Christ ; c’est d’annoncer une bonne nouvelle, celle de l’amour de Dieu pour chacun de ses enfants. Mais dans notre monde, deux hommes sur trois ne le connaissent pas. C’est une raison de plus pour témoigner à temps et à contretemps de la bonne nouvelle de l’Évangile.

    À l’occasion de la journée missionnaire, notre pape François nous rappelle que l’Évangile doit être annoncé à tous les peuples en particulier à ceux qui ne l’ont jamais entendu. Ces peuples qui ont besoin de l’annonce de l’Évangile sont aussi au milieu de nous, dans nos grandes villes ou zones rurales. Celui qui suit le Christ ne peut être que missionnaire. Il est envoyé pour annoncer l’Évangile qui est source de joie.

     En conclusion nous faisons nôtre les paroles de ce chant :
    « Allez vous en sur les places et sur les parvis !
    Allez vous en sur les places, y chercher tous mes amis,
    tous mes enfants de lumière qui vivent dans la nuit.
    Allez vous en sur les places
    Et soyez mes témoins chaque jour. » Amen

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    ADAP

    Sous le figuier avec Nathanaël

    Sources : Revue Signes – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes – Homélies du dimanche (Mgr Léon Soulier) – Reste avec nous quand vient le soir (Laurette Lepage) – Homélies pour l’année B (Amédée Brunot) – Internet

    source http://dimancheprochain.org
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